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Regard par El-Guellil

17 juin 2010

Contributions

Il ne s’en remettra pas de si tôt. Il faut avoir la vie longue et la mémoire courte pour oublier. Il faut avoir le coeur au vestiaire avant de regarder. Il faut oublier que l’on sait écrire et, par conséquent, oublier avoir lu «Les Misérables». Il faut aussi marcher vite et oublier que l’on circule à Oran. En Algérie. Dans son propre sang qui circule sous la peau de l’autre. Il faut aussi baisser la tête et se dire que ce n’est pas la faute du Guellil. Il faut changer de nationalité et d’espèce pour pouvoir passer à côté, en touriste. En colon. En observateur insensible. Dans cette avenue, il faut s’occuper du brillant de ses chaussures et de la peinture des immeubles coloniaux pour ne pas troubler la chemise propre de sa propre conscience. Car, c’est dans cette rue que cela se passe. A Oran. A la rue d’Arzew. A la rue Larbi Ben M’hidi.



La rue était presque vide et donc la scène plus criarde. Accrochées aux barreaudages qui protégeaient la large vitrine de ce large magasin de vêtements, deux fillettes, mal habillées, mal nourries, absorbées, regardaient avec des yeux avides les articles derrière la vitrine. Derrière les barreaudages. Derrière la vie possible. Et puis elles commentaient et rêvaient à voix haute. Et montraient du doigt. Et riaient parfois de ces richesses de l’au-delà.

Et derrière elles, plus rien n’existait, car elles avaient tout oublié, sauf qu’El-Guellil n’a pu se résoudre à déchirer la page et à passer son chemin. Il le pouvait de moins en moins heureusement. Mais c’était quand même rien. Il faut beaucoup d’efforts pour oublier. Et ce n’est pas du misérabilisme. C’est seulement l’habitude qui mena El-Guellil à passer à côté de l’Algérie. Celle du moment qui est accrochée aux résultats de l’équipe de foot. Celle qui attend vendredi pour prier collectivement pour que notre onze batte le onze mécréant. Je ne sais pas si yadjouz ou yadjouz pas au deuxième tour, le farik el-watani.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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