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Un cœur à conquérir Par K. Yerbi

15 août 2013

Non classé

Ainsi va la vie
Un cœur à conquérir
Par K. Yerbi

Retour - Il sourit, ému : c’est bien la voix de sa grand-mère. Une voix qu’il n’a plus entendue, depuis dix ans, qu’au téléphone.

Lyès a de la peine à retrouver la maison de ses grands-parents. C’est que le petit bourg, où il n’est pas revenu, depuis une bonne dizaine d’années, a tellement changé ! Là où il y avait un terrain vague, des maisons ont surgi.
Il croise des enfants qui jouent.
— La maison de Si Tayeb, demande-t-il
— C’est par là !
Il suit le doigt… C’est bien la maison du grand père. Il reconnaît maintenant la porte de bois, qui tranche sur les portes en fer des nouvelles maisons. Et à deux mètres, sur le même trottoir, la maison de son oncle Saïd. Il appuie fortement sur la sonnette.
«Voilà, j’arrive !»
Il sourit, ému : c’est bien la voix de sa grand-mère. Une voix qu’il n’a plus entendue, depuis dix ans qu’au téléphone, et qui a gardé, en dépit des années, sa mélodie. La porte s’ouvre. Une vieille femme apparaît. Elle le regarde, en fronçant les sourcils.
— Oui ? demande-t-elle
Il fronce les sourcils et imite son ton surpris :
— Oui ?
Elle le reconnaît aussitôt et pousse un cri :
— Lyès !
Elle tombe dans ses bras. Il l’embrasse et la serre contre lui.
— Mon petit !
Elle pleure et rit à la fois, elle se détache de lui pour le regarder puis l’enlace de nouveau.
— Grand-mère, laisse-moi entrer !
Elle se détache de lui. Il entre.
— Tu ne savais donc pas que j’arrivais…
— Si, ta mère a appelé mais je ne t’attendais que pour demain !
Il sourit.
— Maman voulait te faire une surprise !
— C’est réussi… Comme tu as grandi… Mais dis-moi ta mère, ne devait-elle pas t’accompagner ?
— Oui mais elle est un peu enrhumée, alors je n’ai pas voulu lui imposer le voyage…
— De toute façon, j’ai préparé ta chambre… Ainsi donc, mon petit, tu as décidé de t’installer ici, d’y travailler…
— Oui, grand-mère, en attendant de trouver un poste en ville… Je chôme depuis six mois, alors quand on m’a fait la proposition de ce poste au ministère, je n’ai pas refusé.
La vieille Fatma joint les deux mains, dans un geste de prière.
— Mon petit-fils médecin et dans mon bourg… Ah, que j’aurais aimé que ton grand-père soit toujours de ce monde… Il aurait été si fier de toi !
— Que Dieu ait son âme, grand-mère ! Toi, tu es bien là et j’ai l’intention de te garder en vie très, très longtemps ! 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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25 Réponses à “Un cœur à conquérir Par K. Yerbi”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (3e partie)
    Par K. Yerbi

    Il range ses affaires et se prépare à se débarbouiller quand sa grand-mère l’appelle.
    — Lyès ! Lyès ! Tu veux bien descendre un moment ?
    — Qu’y a-t-il grand-mère ?
    — Nous avons de la visite !
    La visite, il est au courant, puisqu’il a vu une jeune fille arriver, mais il ne savait pas que c’était pour lui.
    Il se regarde dans la glace de la coiffeuse, se donne un coup de peigne et descend.
    — Lyès, je te présente ta cousine Rosa !
    C’est bien la jeune fille de tout à l’heure, seulement elle a enlevé le châle qu’elle avait sur la tête.
    — Enchanté, dit-il.
    Il tend la main. Rosa la prend timidement, l’effleure plus qu’elle ne la serre et la relâche aussitôt, comme si elle avait peur.
    — Lyès, dit la grand-mère, tu te souviens de la cousine Rosa…
    — Rosa, Rosa… répète-t-il, comme pour se rappeler quelque chose.
    — La fille de ton oncle Saïd… Elle est plus jeune que toi, mais tu dois t’en souvenir !
    — Oui, dit-il
    — En tout cas, Rosa a appris que tu venais et comme elle a préparé des beignets, elle t’en a apporté !
    Il sourit.
    — Ah, merci, c’est très gentil.
    Elle bredouille quelque chose que Lyès ne comprend pas et elle demande aussitôt à prendre congé.
    — Mais reste, dit la grand’ mère, je vais préparer le café, tu le prendras bien avec nous !
    — Non, non, ma tante, je dois rentrer ! Maman me gronderait !
    — Pas du tout, tu es chez ton oncle ici, et Lyès est ton cousin !
    — Je sais ma tante mais je dois rentrer, je dois aider maman…
    — Alors vas-y ma fille.
    — Demain, si tu veux que je te fasse le ménage, je viendrai.
    — C’est d’accord ma fille… Les douleurs me reprennent au dos, je me baisse difficilement ! (elle pointe l’index vers Lyès) Je serai ton premier patient !
    Rosa prend congé. Elle s’en va sans se retourner.
    — Elle est très timide, dit Fatma, mais c’est une brave fille ! Elle m’aide à faire le ménage et les travaux pénibles !
    — Toi, dit Lyès il faudrait un jour te décider à aller vivre avec ta famille !
    — Elle fait la grimace.
    — En ville, dans votre étroit trois-pièces ? Jamais de la vie ! Ici, j’ai tout l’espace que je veux, et il y a de braves gens pour m’assister !

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (4e partie)
    Par K. Yerbi

    Il s’est levé très tôt pour se rendre à l’hôpital.
    Il a appelé la veille et le directeur l’attend pour l’installer.
    La grand-mère est déjà debout et l’accueille avec un large sourire.
    — Bonjour mon petit !
    Il l’embrasse.
    — Tu n’aurais pas dû te lever, grand-mère !
    — Je n’allais pas te laisser partir, pour ton premier jour de travail, sans petit-déjeuner !
    — J’aurais préparé du café !
    — Le café ne suffit pas !
    Elle prend des œufs et les casse dans un saladier.
    — Qu’est-ce que tu fais ?
    — Une omelette au miel… C’est de bon augure…
    — Grand-mère, grand-mère !
    — Pour que tu prennes racine dans ton travail, mon petit, et pour que tu sois comme du miel avec tes supérieurs et tes collègues !
    — Incha’Allah, grand-mère !
    Les œufs prêts, il déjeune, puis s’apprête à partir.
    — Ton oncle t’invite à souper chez lui ce soir !
    — Alors, dit-il, j’apporterai des gâteaux.
    Il sort. La grand-mère jette un verre d’eau sur son passage. Encore le fal.
    L’hôpital est à la sortie du bourg. La grand-mère lui a dit que des fourgons peuvent l’y conduire, mais il préfère y aller à pied.
    Il a toujours aimé marcher surtout le matin très tôt. Il fait des rencontres : les gens savent déjà qu’il est là et le saluent en lui adressant un retentissant :
    — Bonjour docteur !
    Il ne reconnaît personne, mais il est touché par leur souhait de bienvenue. C’est si bon de sentir qu’on est désiré et respecté : il sent qu’il va aimer ces gens, se plaire dans cet endroit.
    A l’hôpital, le directeur lui réserve un accueil chaleureux et, cherchant à lui faire plaisir, lui dit qu’un logement de fonction, à l’intérieur de l’hôpital, sera mis à sa disposition, dès que la peinture sera refaite.
    — J’habite chez ma grand-mère, dit-il.
    Le directeur sourit.
    — Je sais que vous êtes un enfant du pays ! Notre vœu est de vous garder ici !
    — Incha’Allah, dit-il.
    Il le présente à ses collègues et lui dit qu’il pourra prendre son service le lendemain.
    — Je commence tout de suite, dit-il.
    Et, à la surprise générale, il sort de son cartable sa blouse et l’enfile.
    — Conduisez-moi dans les services !

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (7e partie)
    Par K. Yerbi

    Après le dîner, il est resté à discuter avec l’oncle Saïd et ses deux fils, Omar et Zoubir, qui ont un commerce au bourg. Comme la grand-mère a manifesté des signes de fatigue, Saïd lui a dit d’aller dormir et de laisser Lyès veiller un peu. Mais le jeune homme s’est levé, arguant qu’il devait se rendre à l’hôpital, tôt le matin.
    «Tu as raison, a dit Saïd, il ne faut pas arriver en retard au travail, de toute façon, la maison t’est ouverte, tu peux venir quand tu veux !»
    A l’étage, alors que ses sœurs dorment à poings fermés, Rosa, elle, est restée debout. Elle est sortie à plusieurs reprises dans le couloir pour s’assurer que Lyès n’est pas reparti, et quand elle a entendu le portail de la cour grincer, elle s’est précipitée vers la fenêtre. Et elle l’a suivi du regard jusqu’à ce qu’il disparaisse de sa vue. Puis, elle s’est mise au lit, non pas pour dormir mais pour rêver.
    A vingt-deux ans, Rosa est une fille plutôt corpulente. Sans ces kilos en trop et surtout sans un nez trop long pour un visage étroit, elle aurait été jolie : de beaux yeux noirs, avec de longs cils, des sourcils bien dessinés, une bouche gracieuse, et de longs cheveux d’un noir de jais, et pour couronner le tout sur une peau blanche et fraîche…
    Après des études très médiocres au collège du bourg, elle a suivi, au centre culturel, des cours de couture, puis elle est rentrée, pour attendre un hypothétique époux. Elle a reçu la visite de matrones, auxquelles des âmes charitables l’ont montrée, mais aussitôt qu’elles voient son nez, elles s’en vont pour ne plus revenir.
    «Ne désespère pas, ne cesse de lui répéter sa mère, à chaque fois qu’elle la voit désespérée, Dieu t’enverra le mari qui t’est prédestiné !»
    Et Lyès est arrivé. Elle s’est dit aussitôt que ce garçon qui vient de la ville va la remarquer : lui, il ne doit pas avoir de préjugés, comme les gens d’ici. Elle peut, par sa gentillesse et surtout son dévouement pour sa vieille grand-mère, susciter son intérêt.
    Elle a été particulièrement heureuse d’entendre, la veille, quand elle lui a apporté des beignets, la vieille Fatma faire son éloge ! Et puis, s’il doit vivre ici, il va sans doute, comme le lui a dit sa mère, chercher à prendre racine. Et, comme chacun sait, c’est par le mariage qu’on prend racine !
    Elle se prend à rêver : pourquoi Lyès ne la demanderait-il pas en mariage ? La cause sera gagnée si c’est sa grand-mère qui lui choisit une épouse : elle lui rend tellement de services qu’elle voudrait l’avoir à ses côtés tout le temps. Ce qu’il faut maintenant, c’est marquer sa présence chez elle, se rendre indispensable : Lyès finira par la remarquer…
    «Mon dieu, qu’il est beau !», soupire-t-elle.
    En passant devant lui, elle sent comme une chaleur l’envahir. La jeune fille qui n’a jusqu’à présent songé qu’à trouver un mari, quel qu’il soit, découvre qu’elle est amoureuse ! Elle lève les bras au ciel et, à voix basse, pour ne pas réveiller ses sœurs, qui partagent sa chambre, elle adresse à Dieu cette prière :
    «Mon dieu, faites que Lyès soit à moi : faites de lui ma quote-part dans ce monde… C’est tout ce que je demande !»

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (9e partie)
    Par K. Yerbi

    Comme convenu, Lyès et sa grand-mère déjeunent chez l’oncle Saïd. Dahbia ne cesse de tarir d’éloges… sur sa fille !
    — C’est Rosa qui a préparé le plat !
    — C’était délicieux, dit Lyès, qui pense réellement ce qu’il dit.
    — Et il faut voir tout ce qu’elle sait faire, continue Dahbia : la cuisine, la pâtisserie … !
    — C’est un trésor, cette fille, dit Fatma, la grand-mère.
    Rosa, qui va et vient, saisit des bribes de conversation. Et elle est heureuse d’entendre qu’on parle d’elle. Elle est surtout heureuse que Lyès, à chaque éloge que sa mère ou la grand-mère du garçon fait, acquiesce. C’est pour elle, la preuve qu’il la trouve intéressante !
    Comme sa mère le lui a recommandé la veille, elle s’est faite belle. Elle a revêtu une jolie robe rouge et mis des chaussures d’intérieur neuves. Elle a enlevé le foulard qu’elle porte habituellement et lâché ses beaux et longs cheveux noirs, tirés au séchoir.
    — Elle est jolie ! dit la grand-mère.
    Rosa, qui débarrasse la table, rougit de plaisir.
    — On va prendre le café dans la cour ? propose Saïd, le père de Rosa.
    — Oui, dit Lyès, il commence à faire chaud.
    — On sera bien sous la tonnelle !
    Tout le monde se déplace. C’est encore Rosa qui apporte le café, sous la tonnelle, où on a dressé une table.
    — C’est toi qui as fait ces gâteaux ? demande Fatma.
    — Oui, dit Rosa.
    — Ils sont délicieux, ma fille !
    — Tu n’en as pas pris, dit Dahbia à Lyès.
    Elle pousse l’assiette de gâteaux vers lui. Il en prend un et en croque un bout.
    — C’est très bon, en effet, dit-il. Mais j’ai beaucoup mangé…
    — Rosa te le mettra dans un sachet, tu les mangeras plus tard !
    — Ma tante, proteste Lyès…
    — Non, non, c’est sans façon, nous sommes de la même famille, non ?
    Rosa est très heureuse. Elle retourne dans la cuisine mais revient peu après : elle trouve, comme prétexte, pour justifier sa présence, du linge à étendre.
    Elle commence l’opération quand la corde à linge cède. Le linge, déjà étendu, glisse, menaçant de tomber. Elle le retient mais elle ne tiendra pas longtemps. Lyès se précipite.
    — Attends, je vais t’aider !
    Il s’approche d’elle, tient la corde, tandis qu’elle enlève le linge. Rosa est troublée que son cousin soit si près d’elle. Mais ce qui la trouble le plus, c’est la voix de la vieille Fatma, qui lui parvient, comme dans un rêve. «Regardez quel joli couple ils font, tous les deux !»
    Elle manque de s’évanouir.

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (10e partie)
    Par K. Yerbi

    Une fois Lyès et sa grand-mère repartis, elle est allée se réfugier dans sa chambre. Et en dépit de sa mère qui n’a cessé de l’appeler, elle refuse de sortir. Il réfléchit à ce qui vient de se passer, se délecter des moments de bonheur qu’elle vient de vivre.
    La vieille Fatma a dit : «Regardez quel joli couple ils font tous les deux !», mais à force de se répéter cette phrase, elle se demande si c’est bien ce qui a été dit.
    A-t-elle dit : «Quel joli couple, ils font» ou «Quel joli couple, ils feront» ? La différence est de taille, si elle a employé le futur, cela veut dire qu’elle a jeté son dévolu sur elle, qu’elle pense qu’elle est la femme qu’il faut à son petit-fils !
    Mais présent ou futur, finit-elle par se dire, qu’importe : l’essentiel est qu’elle ait parlé de couple ! Un couple, elle et Lyès, Lyès et elle : oui, ils formeront un joli couple, le plus beau qu’on ait jamais vu dans la région !
    Elle lève les bras au ciel et s’écrie, dans un grand élan de tendresse :
    «Merci, merci mon Dieu d’avoir entendu ma prière !»
    Quand elle sort de la chambre, elle est comme transfigurée : son visage rayonne et elle sourit malgré elle.
    — Tu as fait un bon effet sur Lyès, lui dit sa mère.
    — Tu crois ? demande-t-elle.
    — Oui, il a apprécié tout ce que tu a fait : la cuisine, les gâteaux… tu ne l’as pas entendu te louer ?
    — Oui, dit la jeune fille.
    En fait, c’est sa mère qui louait et Lyès ne faisait qu’acquiescer, mais qu’importe ce détail ? L’essentiel est que Lyès ait aimé sa cuisine et sa pâtisserie.
    — Tu as plu aussi à la vieille Fatma, continue Dahbia.
    — Ah oui ?
    — Beaucoup ! elle aussi te louait !
    — Qu’est-ce qu’elle a dit ?
    — Des choses très gentilles !
    Rosa aurait aimé qu’elle répète la phrase qu’elle a prononcée : «Ils forment un joli couple !» mais Dahbia ne la répète pas, et la jeune femme n’ose pas la lui dire.
    Ce fait va jeter comme une ombre sur son bonheur : et si elle s’était trompée ? Et si Fatma avait dit autre chose ? Mais Rosa finit par chasser le doute ; la vieille Fatma a bien dit «ils forment» ou «ils formeront un joli couple», sa mère a oublié ou n’a pas entendu, c’est tout !
    — Il faudra que tu ailles plus souvent chez Fatma, dit Dahbia.
    — Tu crois ? demande Rosa.
    — Oui, Lyès doit te voir le plus souvent possible, et surtout te voir en train d’aider sa grand-mère !
    — Je l’ai toujours aidée !
    — Tu dois aussi flatter Fatma, c’est elle qui, le moment venu, montrera à son petit-fils la fille qu’il devra épouser !

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  6. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (11e partie)
    Par K. Yerbi

    Mais elle se rend compte, les jours suivants, qu’elle n’est pas seule sur le terrain. Elle va chez Fatma, avec des crêpes qu’elle vient de faire quand elle entend des rires. Elle se précipite au salon et trouve Lyès en compagnie de deux femmes, une vieille et une jeune fille. Elle fait mine de reculer.
    — Entre, entre, dit Fatma, c’est Fazia, une cousine à ma mère, que Dieu ait son âme, et sa fille Lynda !
    Rosa reconnaît Lynda, avec qui elle a suivi des cours de couture.
    — C’est la fille de mon oncle Saïd, dit Lyès, nous sommes voisins !
    La jeune femme reconnaît à son tour Rosa.
    — On a fait de la couture ensemble !
    Elle se lève et l’embrasse. Rosa est gênée par son assiette.
    — Je vais à la cuisine, dit-elle à Fatma.
    — Tu t’es encore dérangée, dit Fatma.
    Et aux deux femmes; Fatma ajoute :
    — Depuis que Lyès est là, elle ne cesse de le gâter, des beignets par-ci, des crêpes et des gâteaux par-là, cette fille est un vrai bijou !
    — Je comprends, dit la femme.
    Rosa a perçu toute l’ironie de cette réponse, sans rien dire, elle va à la cuisine.
    Elle trouve, posée sur la table, une assiette recouverte d’un joli torchon. Elle s’assure que personne ne l’a suivie et soulève un pan du torchon : ce sont des gâteaux, et apparemment des gâteaux aux amandes… Les gâteaux aux amandes sont un luxe, ici !
    C’est sûrement cette femme et sa fille qui les ont apportés ! elle regarde ses crêpes et elles lui semblent misérables devant ces gâteaux. Elle a l’idée de les remporter, mais elle se dit que ce ne serait pas convenable.
    Elle retourne au salon où elle trouve Lynda.
    — Elle voit déjà en elle une rivale dangereuse qui est en train de discuter avec Lyès.
    — Tante Fatma, dit-elle, avec une forte envie de pleurer, je rentre.
    — Mais reste, dit Fatma, tu discuteras avec nous !
    — Oui, reste, dit Lynda.
    Elle secoue la tête, mais elle se dit que si Lyès lui demande de rester, elle restera ! Mais il ne dit rien.
    — Alors, ma petite, dit Fatma, tu remercieras ta mère.
    C’est trop tard, Fatma la congédie, même si elle veut rester maintenant, elle ne pourra pas. Elle rentre donc.
    — Déjà de retour ? demande sa mère.
    — Ils ont des invitées ! clame la jeune femme.
    — Des invitées, des femmes ?
    — Oui, une cousine à Fatma et sa fille !
    — Elle est jeune cette fille ?
    — Oui, dit Rosa, les larmes aux yeux.
    — Alors, ma fille, il faut te méfier !

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  7. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (12e partie)
    Par K. Yerbi

    Lynda ! Elle la connaît bien, puisqu’elles ont suivi des cours de couture ensemble. Elle habite à l’autre bout du bourg, ce qui fait qu’elle ne s’est aperçue que tardivement de l’arrivée de Lyès. Elle ne se rappelle pas les avoir déjà vues chez la vieille Fatma, ni elle ni sa mère. C’est Lyès donc qui a fait qu’elles se sont remémoré leur parenté !
    Sa mère lui a dit de se méfier : elle a raison. Lyès est un beau parti que les femmes vont certainement se disputer ! Mais cette Lynda, espère-t-elle avoir une chance de l’emporter ?
    — Elle n’est pas jolie ! se dit Rosa.
    D’abord, elle est maigre, si maigre que ses jambes, à travers les jeans qu’elle porte, ressemblent à un manche à balai ! Son visage est anguleux, ses cheveux sont courts et bouclés, ses doigts trop effilés et, par-dessus tout, elle s’est outrageusement maquillée : trop de rouge sur les lèvres et trop de fond de teint !
    — Il aurait fallu que tu la voies, dit-elle à sa mère, à qui elle fait ce portrait peu sympathique.
    — Alors, dit Dahbia, rassurée, tu n’as rien à craindre. Lyès ne s’intéressera pas à elle !
    Mais en réfléchissant, Rosa se dit que Lynda n’est pas aussi maigre qu’elle le dit : elle est juste mince. Une chose est sûre : elle n’a pas sa corpulence ! Son visage n’est pas émacié et ses cheveux coupés court et bouclés l’encadrent joliment ! Quant à ses traits, ils sont fins et gracieux : ce n’est pas elle qui traîne un gros nez au milieu de la figure !
    Et, changeant complètement son opinion sur sa rivale, Rosa trouve qu’elle est jolie ! Jolie et moderne, avec ses jeans, son maquillage, ses allures ! Tout à fait le contraire de ce qu’elle est ! Elle n’aura aucune peine à séduire Lyès !
    Elle se regarde dans la glace et elle se trouve plus laide que d’habitude : ces yeux entourés de longs cils, cette peau blanche et satinée, cette bouche sensuelle : tout ce qui lui paraissait joli en elle est gâché par ce gros nez disgracieux ! C’est comme un beau portrait sur lequel une grosse tache de peinture est tombée !
    Et elle se met à pleurer : non, elle n’a aucune chance devant Lynda ! Aucune ! elle va revenir, elle va inviter Lyès chez elle, peut-être même aller le retrouver à l’hôpital ! Elle le séduira, elle gagnera son cœur !
    Et elle, eh bien elle va continuer à tourner entre les jupes de Fatma, lui faire le ménage comme une boniche !
    Si seulement ses parents se montraient moins sévères avec elle : elle s’habillerait, elle aussi, comme les filles des villes, elle se maquillerait, elle irait le voir à l’hôpital… Mais eux la briment, l’enferment, surveillent sa façon de s’habiller et de se comporter, au nom des sacro-saints principes de la «horma», l’honneur !
    Fatma… La vieille est sa seule chance : seule elle peut pousser Lyès vers elle, seule elle est en mesure d’orienter son choix… elle doit donc multiplier les actions de charme… en sa direction !
    «Je le veux !», dit-elle.

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  8. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (13e partie)
    Par K. Yerbi

    Elle se lève de bonne heure, fait une belle omelette qu’elle arrose de miel, elle sait que Lyès aime ce genre de pâtisserie traditionnelle et va frapper à la porte de Fatma. C’est Lyès qui lui ouvre. Elle fait le geste de reculer, intimidée, mais elle se rappelle les manières décontractées de Lynda et elle l’apostrophe :
    — Bonjour cousin, comment vas-tu ?
    Cette réaction surprend Lyès qui n’est pas habitué à ce genre de familiarité.
    — Bonjour, cousine, dit-il.
    — J’ai fait une omelette, dit-elle.
    — Mais entre, entre, dit Lyès.
    — Khalti Fatma…
    — Elle dort encore… Comme elle est un peu fatiguée, je n’ai pas voulu la réveiller.
    Elle a encore une autre réaction : ne pas rester seule avec un homme, mais elle fait l’effort de vaincre cette appréhension et elle entre dans la maison. Elle va directement dans la cuisine et pose son assiette sur la table. Lyès, qui la suit, soulève le torchon et pousse un cri de surprise :
    — Hum ! ça à l’air délicieux !
    — Tu aimes, n’est-ce pas ?
    — Oh, oui, dit-il.
    Et elle ne trouve plus rien à dire ! Lyès l’invite à s’asseoir et à prendre un café.
    — Non, non, dit-elle, je dois rentrer, préparer le petit-déjeuner.
    Elle espère que Lyès insistera : elle fera alors mine de se faire violence et elle restera.
    — Alors, dit le jeune homme, je te remercie !
    Elle se dirige vers la sortie.
    — Attends, dit Lyès.
    Son cœur bat la chamade : il veut qu’elle reste. Le jeune homme ouvre un placard et tire une assiette :
    — Tu prendras bien un gâteau aux amandes, dit-il, c’est la cousine de grand-mère, Lynda, qui les a faits ! Ils sont délicieux ! A Alger, on n’en fait pas de pareils !
    Elle veut refuser, il insiste. Il lui met quelques gâteaux dans son assiette et elle repart, la tête basse.
    — Alors ? demande sa mère. Comment t’a-t-il reçue ?
    — Bien, dit-elle. La vieille dormait encore !
    — Alors vous avez discuté tous les deux ?
    — Oui, dit la jeune fille.
    — Qu’est-ce que tu rapportes là ?
    Elle soulève le torchon et découvre les gâteaux. Elle en prend un et le goûte.
    — C’est délicieux ? Ne me dis pas que c’est Fatma qui fait ce genre de gâteaux !
    — Non, dit Rosa, c’est sa cousine…
    Elle soupire.
    — Je croyais te l’avoir dit hier !
    Et elle réprime une forte envie de pleurer !

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  9. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (15e partie)
    Par K. Yerbi

    Il pense encore à la jeune femme en rentrant, aussi ne voit-il pas Rosa arriver. Il manque de la heurter.
    — Oh, pardon, dit-il, je ne t’avais pas vue !
    — J’apporte des beignets, dit-elle.
    — Ah, oui, s’exclame-t-il, agréablement surpris, mais tu ne devrais pas te donner tout ce mal !
    — Tu aimes les beignets, dit-elle.
    Elle aurait voulu dire «mes» beignets, puisqu’elle lui en avait déjà préparé à plusieurs reprises, mais elle n’ose pas. La réponse de Lyès la satisfait quand même.
    — Bien sûr ! j’adore les beignets !
    Il pousse le portail de la maison.
    — Entre !
    Elle entre. La grand-mère accourt.
    — C’est toi, Lyès.
    — Khalti Fatma, dit Rosa, j’apporte des beignets !
    — Comme c’est gentil, ma fille, mais entre, entre !
    Tandis qu’elle va à la cuisine, elle entend Fatma dire à Lyès.
    — Ta cousine te gâte ! C’est une brave petite !
    — Je sais, répond Lyès, je suis très touché !
    Elle va à la cuisine, pose l’assiette et va rejoindre la grand-mère et le petit-fils au salon.
    — Il faut les manger maintenant, dit-elle, tant qu’ils sont encore chauds !
    — Je vais préparer du café, dit Fatma.
    — Je peux le faire si tu veux, dit Rosa.
    — C’est d’accord, dit Fatma.
    Elle va à la cuisine. Tout en préparant le café, elle tend l’oreille, espérant que Lyès parlera encore d’elle. Mais c’est de son travail que le jeune homme parle. Il a quand même dit, tout à l’heure, qu’il est touché que sa cousine s’occupe de lui… Touché… elle aurait aimé qu’il dise : enchanté, ébloui, émerveillé et surtout, surtout qu’il l’aime bien. Mais c’est déjà bien qu’il dise «touché», cela signifie qu’elle ne lui est pas indifférente.
    Aujourd’hui, il se dit touché, demain, il tombera à ses pieds, follement épris. Et ce n’est pas «je suis touché» qu’il dira, mais «je t’aime».
    Elle est si prise dans ce rêve délicieux qu’elle laisse déborder le lait. Elle s’empresse d’essuyer la cuisinière, puis elle prépare le plateau, avec les beignets et elle se rend au salon.
    — Ah, merci, ma fille ! s’exclame Fatma.
    Elle met deux tasses, les remplit de café et de lait et s’apprête à se retirer.
    — Mais tu restes, dit Fatma.
    — Oh non, ma tante, je dois rentrer… Une autre fois !
    — C’est ce que tu dis toujours !
    — Allons, reste, dit Lyès, tu me feras plaisir !
    Elle rougit de plaisir.

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  10. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (16e partie)
    Par K. Yerbi

    Sa mère, Dahbia, l’accueille par un reproche.
    — Tu as mis tout ce temps pour remettre des beignets alors que j’ai besoin de toi, ici !
    — Khalti Fatma m’a demandé de préparer le café !
    — Elle t’a demandé ou tu as proposé de le faire ?
    — Qu’importe, dit la jeune femme, le visage souriant, l’essentiel, c’est que Lyès m’ait retenue à le prendre avec lui !
    — Il t’a demandé de rester ?
    — Oui, il a même insisté. Il a dit «cela me fera plaisir».
    — Il a dit cela ?
    — Oui, dit la jeune femme et il n’a pas cessé de me regarder ! D’ailleurs, cela m’a intimidée et j’ai rougi et gardé les yeux baissés !
    — S’il t’a mangée du regard, c’est qu’il s’intéresse à toi !
    Rosa feint de prendre un air sceptique.
    — Tu crois ?
    — Bien sûr, grosse bête ! Tu dois lui plaire !
    La jeune femme rougit de plaisir.
    — Oh, maman !
    — Il ne faut plus le lâcher ! Il doit te voir tout le temps, tu dois montrer que tu t’occupes de lui et de sa grand-mère !
    — Celle-là, qu’est-ce qu’elle attend pour lui dire de m’épouser !
    — Patiente, ma fille, il faut que ce soit Lyès qui te découvre…
    Les deux femmes ignorent qu’au même moment, le vieille Fatma parle d’elle à son petit-fils :
    — Rosa est une brave fille, mon petit.
    — Je le sais, répond Lyès, elle te rend beaucoup de services !
    — Alors si tu l’apprécies, est-ce que ça te dirait de demander sa main ?
    Lyès regarde sa grand-mère, surpris par la proposition.
    — Demander la main de Rosa ? Mais tu n’as pas idée !
    — Mais tu viens de reconnaître que c’est une brave petite !
    — Oui, mais de là à demander sa main…
    — Mais pourquoi ? Elle est charmante, bien qu’elle ait le nez un peu gros… Et puis, l’essentiel est qu’elle est une fille de bonne famille et une bonne ménagère. Elle te tiendra ton ménage et elle te donnera de beaux
    enfants !
    Il secoue la tête, amusé.
    — Je suis d’accord avec tout ce que tu viens de dire, mais Rosa n’est pas mon genre !
    — Pourquoi dis-tu cela ?
    Ce n’est pas le genre de femme que je veux épouser !
    La grand-mère feint de se fâcher puis elle dit.
    — C’est vrai, tu es instruit, toi, et elle, elle ne l’est pas… Après tout, mon petit, c’est à toi de choisir la femme avec laquelle tu partageras ta vie !

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  11. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (17e partie)
    Par K. Yerbi

    Il ouvre le portail pour sortir quand il tombe sur Rosa.
    — Bonjour, dit la jeune femme, en souriant, je t’apporte des brioches !
    Lyès la regarde, surpris. Les beignets de la veille ne sont pas encore terminés qu’elle lui apporte des brioches.
    — Il ne fallait pas te donner cette peine, dit-il
    — Je les ai faites pour toi, répond-elle
    Elle le regarde avec une telle ferveur qu’il comprend aussitôt : cette fille est éprise de lui ! Cela explique les beignets, les galettes et autres gâteries dont elle le gave depuis son arrivée ! Cela explique surtout la proposition que lui a faite sa grand-mère afin de l’épouser ! Et si, se demande-t-il, les deux femmes étaient
    complices ? Grand-mère, dans un geste de reconnaissance pour tout ce qu’elle fait pour elle, aurait été embobinée et Rosa ou sa mère lui aurait suggéré de faire la proposition.
    — Tu sortais ? demande Rosa
    — Oui, dit Lyès
    — Reviens à la maison pour manger une brioche !
    — Non, dit Lyès, je dois partir, je suis en retard.
    Et avant qu’elle n’insiste, il s’en va, sans même lui dire au revoir.
    — Oh ! gémit Rosa qui réprime une forte envie de pleurer.
    Fatma arrive à ce moment-là.
    — C’est toi, Rosa ?
    — Oh, ma tante, j’apportais des brioches toutes chaudes à Lyès, et il n’a pas voulu rester pour les manger !
    — C’est qu’il a déjà pris son petit déjeuner, dit la grand-mère.
    Elle remarque la larme de désespoir qui perle à l’œil de la jeune femme et elle comprend qu’elle a été éconduite par Lyès.
    — Il t’a dit quelque chose de désagréable ?, demande-t-elle
    — Non, non, juste qu’il est pressé ! Mais j’aurais aimé qu’il mange les brioches que j’ai faites pour lui !
    — Pour lui seulement ?
    — Pour toi aussi, ma tante !
    L’œil de la vieille s’allume.
    — Il te plaît, n’est-ce pas ?
    — Qu’est-ce que tu vas chercher là, ma tante ?
    — Eh bien sache que Lyès apprécie tout ce que tu fais pour moi !
    — C’est vrai ?
    — Oui !
    Et elle n’en dit pas plus. Elle fait entrer la jeune femme à la maison et lui demande de faire le ménage. Rosa, éperdue de reconnaissance, est prête à tout faire pour la vieille femme. Elle croit, la pauvre, qu’elle peut avoir de l’influence sur son petit-fils !

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  12. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (18e partie)
    Par K. Yerbi

    Après Rosa, c’est au tour de la fille de la cousine de sa grand-mère, Lynda, à tenter de le conquérir. Il la trouve, en revenant du travail. Il l’a déjà vue une fois, en compagnie de sa mère, cette fois-ci elle vient seule, mais toujours des gâteaux à la main. Et, comme la dernière fois, elle s’est aussi outrageusement maquillée.
    — C’est Lynda, lui dit Fatma, elle nous rend visite !
    Il répond, grognon.
    — Je vois, je vois.
    Comme il veut monter dans sa chambre, Fatma, lui dit, indignée.
    — Tu ne viens pas lui dire bonjour !
    — Tout à l’heure, dit-il.
    — Non, non, maintenant, elle sait que tu viens d’arriver !
    — Bon, je lui dis bonjour et je me sauve, j’ai envie de prendre une douche !
    — Regarde-la bien, dit Fatma en clignant de l’œil.
    D’abord il ne comprend pas et quand il comprend, il s’irrite, mais Fatma le tire par la manche.
    — Viens !
    Il la suit.
    — C’est Lyès !
    La jeune femme se lève et, sans gêne, lui fait la bise.
    — Comment vas-tu cher cousin ?
    — Bien, dit Lyès, surpris par cet accueil.
    — Je passais par là, dit-elle, et j’ai pensé vous dire bonjour !
    — Tu as bien fait, dit Lyès. Ta mère va bien ?
    — Oh, elle souffre de rhumatismes… D’ailleurs c’est pour cette raison qu’elle ne m’a pas accompagnée !
    — Accompagne-là à l’hôpital, je l’examinerai !
    — C’est vrai, je peux ?
    — Bien sûr !
    Il veut se retirer.
    — Où vas-tu ? demande sa grand-mère.
    — Je vais prendre une douche, puis me reposer… Je suis fatigué, la journée a été très pénible !
    Et avant que la vieille ne réagisse, il salue la jeune femme et se retire.
    — Excuse-le, dit Fatma, il est fatigué.
    — Je vais rentrer ma tante, quant à Lyès, je le reverrai à l’hôpital…
    — C’est ça, ma fille, ça me ferait plaisir que vous fassiez connaissance !
    Lynda s’en va, le cœur joyeux : à elle aussi, la grand-mère, a fait une promesse. Un peu plus tard, quand elle revoit le jeune homme, elle lui dit :
    — Alors, tu as bien regardé Lynda ?
    — Je vois où tu veux en venir, dit Lyès, sache qu’elle, non plus, n’est pas mon genre !
    Elle s’emporte :
    — Mais alors, qui est ton genre ?
    — Tu le sauras en temps voulu, grand-mère, ne t’impatiente pas !

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  13. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (19e partie)
    Par K. Yerbi

    Cette après-midi, en rentrant, Lyès découvre que les fenêtres de la maison située à une vingtaine de mètres de la sienne, sont ouvertes. Or, cette maison, il l’a toujours connue fermée. Il sait vaguement qu’elle appartient à un oncle qui vit en France et que cet oncle n’est pas revenu au pays depuis de nombreuses années. Quand il était enfant et qu’il venait passer ses vacances au bourg, il se rappelle avoir tenté, mais en vain, avec des garnements de son âge, d’entrer dans la maison. Une maison qu’on appelait la «maison de l’ogre» parce qu’on croyait qu’elle avait été la demeure d’un monstre anthropophage.
    — Grand-mère, les fenêtres de la maison de l’Ogre sont ouvertes !
    — Oui, dit la vieille Fatma.
    — Mais je croyais que la maison était abandonnée !
    — Elle l’a toujours été…
    — Mais alors, ces fenêtres ?
    — C’est la fille de Ramdhan, le propriétaire… Il paraît qu’elle va s’installer au bourg ! Lyès est étonné.
    — S’installer au bourg. Mais je croyais que la famille de ce Ramdhan avait quitté définitivement le pays !
    — Eh bien, sa fille revient, avec un petit garçon qui semble son fils !
    — Qui semble ? tu ne lui as pas parlé ?
    — Moi lui parler ? dit la grand-mère. C’est plutôt à elle de venir me parler, me saluer… D’ailleurs, elle n’a parlé à personne. C’est son oncle maternel qui l’a accompagnée, il lui a ouvert la porte, lui a fait des courses et il est reparti !
    — Comment sais-tu tout cela ?
    — C’est Dahbia et Rosa qui me l’ont raconté !
    — Cette femme ne connaît personne au bourg.
    — Et alors, ce n’est pas une raison pour s’isoler comme ça. Je crois qu’elle agit de la sorte par condescendance !
    — Grand-mère, il ne faut pas juger les gens ! Cette pauvre femme ne connaît personne ici, elle doit se sentir perdue.
    — Tant pis pour elle, elle n’avait pas à venir ici.
    — Mais c’est chez elle !
    — Elle a humilié sa famille !
    — Tu connaissais son père et sa mère ?
    — Oui, mais je crois qu’il sont morts !
    — Tu vois, cette femme est perdue ! A mon avis, il faut aller la voir, lui parler, la mettre à l’aise, elle doit avoir besoin d’aide !
    — Moi ? dit Fatma, jamais de la vie !
    — Ce serait une bonne action, grand-mère !
    — Eh bien, fais-la ta bonne action !
    — Si elle avait un jour besoin de mon aide, je la lui donnerais !
    — Voilà Rosa qui arrive, elle va nous donner des nouvelles !

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  14. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (20e partie)
    Par K. Yerbi

    Rosa arrive, essoufflée.
    — Khalti Fatma, Khalti Fatma, j’apporte des nouvelles !
    Elle aperçoit Lyès et recule aussitôt.
    — Oh, pardon…
    — Ce n’est rien, c’est ton cousin, lui aussi veut avoir des informations.
    Lyès ne répond pas. S’il est vrai qu’il est curieux de connaître l’histoire de cette femme mystérieuse qui vient d’arriver au bourg, il n’aime pas cette façon dont sa grand-mère et maintenant sa cousine, en parlent. Il y a, dans leur curiosité à elle, quelque chose de malsain.
    — Raconte, dit Fatma
    — Ma tante, je viens d’apprendre que la femme, qui s’appelle Soraya, est veuve !
    — Veuve ? Mais elle paraît très jeune !
    — Je sais, mais j’ai appris qu’elle vient de perdre son époux… elle a rapatrié le corps qui a été enterré dans son village natal, et elle est venue ici…
    — Pour passer des vacances ?
    — Je ne pense pas… On dit qu’elle s’installe ici ! Elle n’a plus de parents, mais il y a la famille de son mari… Elle a un petit garçon !
    — Et de quoi va-t-elle vivre ici ? demande Fatma. Elle va travailler ?
    — Oh, ne t’inquiète pas pour elle. Elle va avoir la pension de son mari… une pension en devises qu’elle va monnayer au change parallèle : elle sera la plus riche du village !
    — Donc elle va dominer tout le monde !
    — Certainement, ma tante !
    Fatma sourit.
    — Bravo, ma fille, pour ces informations !
    — J’en aurai d’autres, ma tante !
    Fatma regarde Lyès et sourit.
    — Cette fille est très intelligente… nous savons beaucoup de choses sur cette émigrée !
    Lyès fronce les sourcils et se tourne vers Rosa.
    — Comment as-tu appris tout cela ?
    Elle sourit, heureuse qu’il lui parle.
    — J’ai discuté avec des voisines, elles sont au courant de tout ! On m’a promis d’autres informations…
    Elle sourit encore, heureuse de se rendre utile, de satisfaire ce qu’elle croit être la curiosité de Lyès. Elle murmure doucement :
    — Je pourrai avoir d’autres informations !
    Mais celui-ci, changeant de ton, s’écrie :
    — Et si on laissait tranquille, cette pauvre femme ? Elle ne fait de mal à personne, pourquoi cette curiosité maladive ?
    — Mais… Mais…, balbutie Rosa.
    Lyès se retire sans laisser à la jeune femme le temps de se justifier. Elle cherche du regard la grand-mère mais celle-ci, honteuse, se dérobe.

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  15. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (21e partie)
    Par K. Yerbi

    Le lendemain, en se levant, il ouvre la fenêtre de sa chambre. C’est une habitude qu’il a prise depuis qu’il s’est installé au village. Il regarde et il hume, à pleins poumons, l’air frais du matin.
    Première surprise, les volets, habituellement clos de la maison d’en face sont ouverts. Seconde surprise, il y a une jeune femme à la fenêtre ! il se rappelle aussitôt la voisine qui vient d’arriver. Et il est ébloui.
    C’est une femme assez jeune — elle a trente ans environ, peut-être moins — et elle est d’une grâce incomparable. Un petit visage doux, comme on en voit sur les peintures de la Renaissance, entouré de cheveux châtains, coupés court et joliment bouclés. De grands yeux en amande, un nez légèrement retroussé, un mélange de douceur et de naïveté qui charment le jeune homme.
    Elle regarde dans la rue et ne fait pas attention à lui. Quand elle lève enfin les yeux, il lui sourit. Elle sourit aussi, mais comme si elle regrettait ce geste, elle rentre précipitamment.
    «Qu’est-ce qui lui prend ?», se dit Lyès.
    Il entend aussitôt la voix de sa grand-mère.
    — Lyès ! Lyès !
    — J’arrive, dit-il.
    Il descend au rez-de-chaussée où sa grand-mère l’attend.
    — Bonjour, dit-il.
    — Tu l’as vue ? demande-t-elle.
    — Mais qui donc ? dit-il.
    Il sait bien de qui il s’agit, mais il feint de l’ignorer.
    — Elle, l’émigrée !
    — Mais de quelle émigrée parles-tu ?
    — De la fille de Ramdhan… tu sais, celle qui vient d’arriver, dans la maison d’en face.
    Il fait mine de se rappeler.
    — Ah, oui ! non, non, je ne l’ai pas vue. Elle est venue à la maison ?
    — Tu parles ! elle vient de pointer à la fenêtre, je croyais que c’était toi qu’elle regardait !
    Voilà qui explique que la fille se soit retirée brusquement.
    — Elle peut regarder, dit-il, la rue appartient à tout le monde !
    — Il ne sied pas à une femme de regarder de la sorte dans la rue ou chez les voisins ! On n’est pas en France ici, mais dans un pays musulman, il faut de la retenue et de la discrétion…
    — J’ai l’impression qu’elle est très discrète, dit Lyès, on ne l’a, jusqu’ici, pas entendue !
    Il fronce les sourcils :
    — Ce n’est pas comme certaines…
    La grand-mère a compris à qui il faisait allusion.
    — Elle a intérêt à rester tranquille, dit la grand-mère. Ce comportement le scandalise, mais il se garde de manifester de la sympathie pour la jeune femme : la grand-mère y verrait de l’intérêt et elle poursuivra encore davantage de sa hargne la pauvre femme !

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  16. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (22e partie)
    Par K. Yerbi

    En sortant de la maison, il jette un coup d’œil du côté de la maison. Les volets de l’étage sont ouverts mais les rideaux sont tirés. De toute façon, se dit-il, il verra la jeune femme, puisqu’ils sont voisins, et peut-être même se parleront-ils.
    En passant devant la boulangerie, il sursaute. C’est la jeune femme, tenant à la main un jeune garçon. Sans réfléchir, il entre dans la boulangerie.
    — Bonjour docteur ! lance le boulanger.
    — Bonjour, dit-il.
    L’homme sourit. Il allait servir la jeune femme mais il la laisse pour venir vers lui.
    — Qu’est-ce que ce sera, pour notre docteur ?
    — Oh, dit Lyès, servez la dame, j’attendrai !
    La «dame» le regarde et baisse aussitôt les yeux : elle l’a sans doute reconnu. Le petit garçon la tire par la main.
    — Maman, je veux ce gâteau !
    Il a parlé en français et c’est dans cette langue que sa mère lui répond.
    — Non, tu as déjà mangé un gâteau, ce matin ! ça va te faire mal !
    — Je veux le gâteau !
    Lyès s’approche.
    — Il faut écouter ta maman ! Manger trop de gâteaux peut faire mal ! Très mal même…
    L’enfant le regarde et, apeuré, se cache derrière sa mère.
    — Excusez-moi, dit la jeune femme.
    Elle prend le pain que lui tend le boulanger, elle le paye et sort.
    — Peuh, dit le boulanger, on n’a pas idée d’apprendre à son fils une langue étrangère !
    — Cette femme et cet enfant sont émigrés, je pense, dit Lyès.
    — Oui, mais ce n’est pas une raison ! en tout cas, si elle a l’intention de vivre ici, elle a intérêt à s’adapter et à devenir comme les autres.
    Il y a comme une menace dans cette phrase. Le boulanger se remet de nouveau à sourire et il lui demande, amicalement.
    — Qu’est-ce que ce sera pour vous, docteur ?
    Il n’a pas le temps de réfléchir.
    — Eh bien, dit-il, donnez-moi ce gâteau.
    Le boulanger le regarde, étonné : c’est le gâteau que voulait le petit
    garçon ! comme il hésite, Lyès reprend :
    — Oui, oui, c’est ce gâteau que je veux.
    — Bon, bon, je vous le donne !
    — Faites vite, je dois partir !
    Le boulanger le lui donne, il le prend, le paye et s’en va.
    Il espérait trouver dans la rue le jeune garçon mais il a disparu. Une fillette passe.
    — Hé, petite !
    Il lui met le gâteau dans la main et s’en va !

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  17. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (23e partie)
    Par K. Yerbi

    Tout en se rendant à l’hôpital, il n’arrête pas de s’interroger sur cette femme qui vient de surgir brusquement dans sa rue. Des femmes, il n’en manque pas, à commencer par sa cousine Rosa, qui ne lui laisse pas un instant de répit. Mais c’est la première fois qu’il en rencontre une de ce genre : jolie, et très discrète.
    — Lyès !
    Il se retourne : c’est sa collègue, le docteur Nadia.
    — Tu vas bien ? demande-t-elle.
    — Oui, dit-il, et toi ?
    — ça peut aller, dit-elle.
    Elle a mis une jolie robe rouge assortie à son rouge à lèvres, d’une couleur écarlate.
    — Et cette sortie que nous devions faire ? demande-t-il.
    Elle sourit, en faisant une légère moue.
    — Ah, oui, je sais. Ici, pas de sortie, dit-il. Mais on peut trouver un moyen de prendre un pot ensemble !
    — Nous allons essayer, dit-elle.
    Mais il sait que ce ne sera pas possible : la jeune femme lui a expliqué qu’au bourg, il serait mal vu qu’une femme se rende dans un restaurant ou un salon de thé. Ici, tout le monde se connaît et les «filles de bonne famille» ne sortent pas avec les garçons. Le seul endroit où ils peuvent se voir, c’est l’hôpital où ils travaillent et le seul endroit où ils peuvent «prendre un pot» c’est à la cafétéria ou le réfectoire de l’hôpital, c’est-à-dire des lieux publics où on n’a aucune intimité !
    Ils entrent dans l’hôpital. Lyès se rappelle la jeune femme qu’il vient de voir à la boulangerie. Que dirait-elle, elle, s’il lui demandait de sortir avec elle ? Refuserait-elle aussi, parce qu’elle pense également que les «filles de bonne famille» ne sortent pas avec les garçons, ou alors, accepterait-elle, parce qu’elle trouve que les filles et les garçons devraient sortir ensemble, pour faire connaissance ?
    — Dis-moi, demande-t-il à la jeune femme.
    Elle retourne vers lui un visage radieux.
    — Oui ?
    — Comment font ici les jeunes gens, pour courtiser une femme ?
    La question la surprend mais ne la désarme pas. Peut-être même qu’elle s’attendait à ce qu’il la lui pose.
    — Eh bien, dit-elle, ils vont trouver ses parents !
    — Trouver ses parents ? interroge Lyès.
    Elle éclate de rire.
    — Je ne comprends pas ! dit-il.
    Elle le regarde encore et s’en va.
    — Eh bien, qu’est-ce qui lui a pris ?
    Il a bien sûr compris ce qu’elle a voulu dire et il se dit que cette fille, qu’il croyait «être son genre» est comme les autres. Tout ce qui l’intéresse, c’est le mariage !

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  18. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (24e partie)
    Par K. Yerbi

    La voix stridente de Rosa le fait reculer.
    — C’est la vérité, khalti Fatma, puisque je te le dis !
    Il pousse le portail et entre. Sa grand-mère et sa cousine sont dans la cour en train de discuter. Rosa, qui ne l’a pas vu arriver, crie.
    — C’est une femme de mauvaise vie !
    — Lyès revient ! dit Fatma.
    La jeune femme se retourne et pousse un petit cri : son cousin a dû l’entendre.
    — Oh, pardon ! dit-elle
    — Tu as bien fait de tout me dire, dit Fatma, ainsi Lyès sera sur ses gardes !
    Et à son petit-fils :
    — Tu as entendu ? Rosa vient de m’apprendre que la voisine est une femme de mauvaise vie et que l’enfant qu’elle a, est illégitime !
    — Oh, ma tante, gémit Rosa, atterrée qu’elle ait rapporté ces propos à son cousin. Des propos qu’on ne rapporte pas devant les hommes !
    — Ne te désole pas, dit la vieille, c’est une bonne chose que ton cousin sache qui habite avec nous !
    — Je rentre, ma tante !
    Lyès, outré par ce qu’il vient d’entendre, foudroie la jeune femme du regard.
    — Ce n’est pas croyable ! dit-il
    — Oui, dit la grand-mère, tu as raison, ce n’est pas croyable, dans quel monde, mon Dieu, nous vivons !
    Il s’emporte.
    — Ce n’est pas de la voisine que je parle mais de cette Rosa ! Quelle mauvaise langue elle est ! C’est à croire qu’elle collectionne les ragots !
    — Ce ne sont pas des ragots mais des informations ! Et des informations vérifiées !
    — Vérifiées ? Par qui ? Par cette mégère de Rosa ?
    Rosa qui vient de sortir de la maison a eu le temps d’entendre ces propos. Elle est si bouleversée qu’elle a envie de retourner dans la maison et de se jeter aux pieds de Lyès pour lui demander pardon.
    Mais un sursaut d’orgueil la retient et elle se sauve chez elle, où elle éclate en larmes.
    — Qu’est-ce qui se passe ? s’alarme sa mère
    — Lyès, dit-elle, Lyès
    — Quoi, Lyès ?
    Elle raconte ce qui vient de se passer
    — Tu ne tiens pas ta langue ! s’exclame la mère. Tu es tout le temps en train de jacasser ! Cela va te créer des ennuis !
    — Mais je croyais plaire à khalti Fatma !
    — Tu as agacé Lyès !
    Elle se met à pleurer.
    — Je ne voulais pas…

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  19. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (25e partie)
    Par K. Yerbi

    Dès qu’il s’est levé, le lendemain, il s’est précipité à la fenêtre, dans l’espoir de la revoir, en vain : les volets sont clos. En sortant, il a regardé du côté de la maison, mais elle est fermée. Il est allé au travail et, le soir, au retour, il a constaté que les volets sont ouverts mais il a beau guetter, elle n’est pas sortie. L’enfant, non plus, ne s’est pas manifesté.
    Le lendemain et les jours suivants, elle ne s’est pas non plus montrée.
    — La voisine est repartie ? demande-t-il à sa grand-mère
    — Non, dit la vieille. Pourquoi me poses-tu cette question ?
    — Parce qu’on ne la voit plus !
    Fatma le regarde d’un œil soupçonneux.
    — Tu t’intéresses maintenant à elle ?
    — Non, dit-il, je voulais simplement savoir, par simple curiosité !
    — Ah, bon, sourit la vieille, je croyais…
    — Ne crois rien, dit Lyès, irrité
    — Ne te fâche pas… Eh bien, j’ai vu la voisine, elle m’a même dit bonjour !
    Et tu lui as répondu ?
    — Bien sûr ! est-ce un péché de ne pas répondre aux salutations !
    Il sourit.
    — J’aime mieux ça !
    En fait, dit la grand-mère, cette fille paraît très paisible, elle ne ferait pas de mal à une mouche !
    — Tu vois, je t’avais dit de ne pas juger les gens sans rien savoir d’eux !
    — En tout cas, si elle a besoin d’aide, et qu’elle m’en demande, je n’hésiterai pas à répondre favorablement !
    — Tu es une brave femme, grand-mère !
    — Mais cela ne veut pas dire que ce que l’on dit sur cette femme n’est pas vrai ! Rosa m’a dit l’autre jour…
    Il fait la moue ;
    — N’écoute pas ce que dit Rosa ! C’est une commère !
    — Chut, ne dis pas cela de ta cousine… tu pourrais la décevoir, si elle t’entendait !
    — C’est elle qui me déçoit avec ses ragots !
    — Elle croyait nous faire plaisir en rapportant ce que disent les gens !
    — Elle me ferait plaisir, si elle se taisait et respectait la vie privée des autres. Dieu, comme cette fille est bavarde !
    Comme pour confirmer ce qu’il dit, la voix stridente de Rosa retentit.
    — Tante Fatma, je t’apporte des informations !
    Elle entre, aperçoit Lyès et recule, effrayée.
    — Oh, pardon…
    Et elle retourne sur ses pas, honteuse. Lyès est furieux.
    — Elle est incorrigible !

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  20. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (26e partie)
    Par K. Yerbi

    Quelques jours après, il est à l’hôpital, quand le docteur Nadia vient le retrouver.
    — On vient d’amener un enfant victime d’un traumatisme…Sa mère est affolée, je voudrais que tu viennes me donner un coup de main !
    Il la suit aussitôt, dans la salle de soin.
    Il recule, en apercevant sa voisine. Elle pleure et tremble comme une feuille. Il s’approche d’elle.
    — Que s’est-il passé ? demande-t-il
    Elle lève les yeux vers lui, le reconnaît et s’écrie.
    — Mon fils !
    — Oui, dit Lyès, que lui est-il arrivé ?
    — Il est tombé d’une chaise !
    — Sur la tête ?
    — Oui !
    Il s’approche du petit, étendu. Il a les yeux grands ouverts et semble hébété. Lyès lui tapote la joue, le soulève, l’examine attentivement.
    — Il est juste choqué, dit-il, je ne pense pas que ce soit grave ! Mais nous allons le garder en observation quelques heures.
    — Mais je ne peux pas le laisser seul… il ne peut pas se passer de moi depuis qu’il a perdu son père, il a peur de tout !
    — Vous pouvez rester avec lui, dit Lyès… Nous allons l’emmener dans une chambre, vous serez avec lui ! vous n’avez rien à craindre.
    Elle le regarde de ses grands yeux en amande qui ont, la première fois qu’il les a vus, subjugué le jeune homme.
    — Merci, merci !
    — Nous sommes voisins, dit Lyès
    — Je sais, dit-elle
    Elle ne dit plus rien. Elle s’occupe de son fils. Le petit pleure quand un infirmier vient le prendre pour le conduire dans la chambre dont a parlé Lyès.
    — Tu n’as rien à craindre ! dit Lyès
    L’enfant le regarde.
    — Maman, dit-il, c’est l’homme de la boulangerie !
    — C’est le docteur, dit la mère, c’est lui qui va te soigner !
    Il se recroqueville.
    — Je ne veux pas qu’on me fasse une piqûre !
    — Rassure-toi, dit Lyès, je ne te ferai pas de piqûre !
    Et il l’accompagne jusqu’à la chambre.
    — Je reviendrai le voir dans deux heures, dit-il, à la mère. Le temps d’examiner mes malades…
    Elle demande inquiète :
    — On s’occupera de lui ?
    — Oui, oui, je serai avec lui !

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  21. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (27e partie)
    Par K. Yerbi

    Il a envoyé quelqu’un acheter des gâteaux et des jus de fruits et il est allé voir l’enfant dans sa chambre.
    — Alors, demande-t-il à la mère, comment va-t-il ?
    — Apparemment, il s’est calmé !
    — S’est-il plaint de douleurs ?
    — Non !
    Il l’examine de nouveau et déclare, satisfait.
    — Bien, tout est rentré dans l’ordre !
    Il ouvre son sachet.
    — Tu as dit tout à l’heure que j’étais l’homme de la boulangerie, eh bien, je t’ai apporté le gâteau que tu voulais manger !
    Il lui donne le gâteau.
    — Oh, merci, monsieur !
    — Tu prendras aussi le jus de fruit, ça te redonnera des forces ! Et à l’avenir ne grimpe plus sur les chaises !
    — Oh, oui, monsieur !
    Et il se met à manger de bon appétit le gâteau.
    — Il y en a un pour vous, dit Lyès !
    — Oh, non, dit-elle, je n’ai pas faim !
    — Vous aussi, vous avez besoin de reprendre des forces, après l’émotion que vous avez eue !
    Comme il insiste, elle prend le gâteau qu’il lui offre.
    — Nous sommes voisins, dit-il
    — Oui, dit-elle, en baissant les yeux
    — Ne soyez pas timide, dit-il, les voisins sont faits pour s’entendre et s’entraider !
    — Oui, dit-elle encore
    — Je sais que vous avez été éprouvée par un malheur, c’est une raison de plus de vous rapprocher des gens !
    Elle lève vers lui ses beaux yeux.
    — Les gens colportent sur moi des choses affreuses !
    — N’écoutez pas les gens… Moi, je vous trouve très sympathique !
    Elle rougit, ce qui la rend encore plus charmante.
    — En fait, dit Lyès, je voulais faire votre connaissance mais il me semblait que vous vous dérobiez, alors je n’ai pas insisté… Mais maintenant, je crois que la glace est rompue !
    Elle le regarde de nouveau est sourit.
    — C’est mieux comme ça ! dit-il, je m’appelle Lyès
    — Et moi, dit-elle, Soraya Il lui donne une petite tape amicale sur l’épaule.
    — C’est un beau nom, Soraya ! Le docteur Nadia entre à ce moment-là et surprend ce geste. «Oh, pardon» dit-elle, et ressort aussitôt.

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  22. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (29e partie)
    Par K. Noubi

    Ce soir-là, il pense beaucoup à elle. C’est non seulement une très jolie fille mais elle paraît si différente des autres, de toutes celles qu’il a connues, notamment au bourg. Différente de sa cousine Rosa, certes bonne et généreuse, mais mauvaise langue et bavarde invétérée, différente de Lynda, la fille à la cousine de sa grand-mère, charmante mais prétentieuse, différente même du docteur Nadia, sa collègue pour laquelle il a eu de la sympathie et a même cru avoir de l’amour !
    Non, l’amour, c’est pour cette femme, cette voisine, veuve et, apparemment, peu appréciée par son entourage. Il ne peut pas définir avec exactitude la nature du sentiment qui le porte vers elle mais il se sent attiré comme par un aimant !
    Ses yeux, ses cheveux, son visage, doux et effacé, tout le passionne en elle ! Elle est vraiment différente des autres !
    Le lendemain, il guette, à l’hôpital, le moment où il la verrait apparaître. Elle devait repasser pour faire examiner l’enfant, mais il a beau attendre, elle ne vient pas !
    En rentrant, il passe devant sa porte. Elle est entrouverte et il entend des rires d’enfant. C’est son fils, et elle lui parle doucement.. il regarde autour de lui et comme il n’aperçoit personne, il entre.
    — Soraya !
    La jeune femme accourt et s’étonne de le voir.
    — Je voulais avoir des nouvelles de l’enfant… Vous deviez passer à l’hôpital !
    Elle s’effraye.
    — On vous a vu entrer ?
    — Non, dit-il
    Elle s’affole.
    — Il faut partir. Vous allez me créer des ennuis.
    Il la prend par la main.
    — Soraya, je t’aime !
    Elle éclate en larmes.
    — Non, s’il vous plaît !
    Elle veut le repousser.
    — Ne me repousse pas ! Je ne te veux aucun mal, je suis prêt à t’épouser !
    — C’est de la folie ! Allez-vous-en !
    Elle le pousse vers la porte.
    — Je ne peux pas partir ainsi !
    — Je passerai vous voir à l’hôpital !
    — Demain ?
    — Oui…
    Il consent à sortir. Il ne sait pas il ignore que, de chez elle, Rosa l’a vu. Elle court aussitôt alerter sa mère.
    — Il est allé chez la dévergondée !
    — De qui parles-tu ?
    — De cette satanée émigrée !

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  23. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (30e partie)
    Par K. Yerbi

    Il est si agité qu’il a de la peine à trouver le sommeil. Voilà donc la fille qu’il cherchait, la femme qu’il voulait ! Une émigrée et de surcroît veuve avec un enfant. Mais quand on aime, on ne s’arrête pas à ce genre de détails !
    Rosa l’a vu sortir de chez Soraya et elle a parlé à sa mère ! Elle redoutait que Lynda, une cousine à sa grand-mère le lui enlève, et c’est cette nouvelle arrivée sur qui il jette son dévolu ! Mais Rosa, dans son malheur, est presque heureuse : Soraya est une adversaire plus facile à affronter, parce qu’elle est veuve et a un enfant ! Jamais la famille de Lyès ne le laisserait l’épouser !
    Elle brûle d’aller apporter la nouvelle à la vieille Fatma mais elle n’ose pas, Lyès étant à la maison. Sa mère lui a conseillé d’attendre le lendemain, quand le jeune homme sera parti au travail. Le lendemain, c’est un Lyès impatient qui part à l’hôpital. Lui, l’amateur de petits déjeuners copieux, il a juste pris un café noir. Il ne sait pas à quelle heure va arriver Soraya mais il veut être sur place quand elle arrivera. Elle arrive vers dix heures, tenant à la main son petit garçon. Elle semble très intimidée et il a de la peine à la mettre à l’aise.
    — Pourquoi as-tu peur de moi ? demande-t-il
    — Ce n’est pas raisonnable ! dit-elle
    — Mais je t’aime ! Pourquoi me rejettes-tu ?
    — Parce que ce n’est pas possible !
    Comme il insiste, elle lui dit, les larmes aux yeux.
    — J’ai été mariée ! J’ai un enfant !
    — Je le considérerai comme mon fils.
    Elle le regarde de ses grands yeux fascinants et dit.
    — Que penseront les autres ? Ta famille ?
    — Je suis majeur, personne n’a le droit de décider à ma place !
    Elle reste un moment silencieuse, fascinée, ne sachant quoi dire.
    — Je t’aime, répète-t-il
    Comme elle ne parle pas, il la prend par les épaules et la secoue.
    — Parle… Je te fais horreur, à ce point !
    Elle le regarde.
    — Non !
    Ces mots le remplissent d’aise.
    — Je veux t’épouser !
    Mais elle ajoute aussitôt :
    — Il faudrait que je réfléchisse et que je consulte les parents qui vivent ici !
    — Tu as besoin d’une autorisation ?
    — Elle lui sourit.
    — Non, j’ai juste besoin de réfléchir un peu…Donnez-moi un peu de temps !
    — D’accord, dit-il, mais cesse de me vouvoyer !
    Elle sourit et s’en va.

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  24. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (31e partie)
    Par K. Yerbi

    Elle n’a pas dit «oui», mais c’est tout comme : elle lui a souri, elle a dit qu’elle réfléchira, elle a surtout dit, quand il lui a demandé de lui dire s’il lui faisait horreur : «Non, au contraire !» Non, au contraire, signifie «Tu ne me fais pas horreur, au contraire, tu me plais» et s’il lui plaît, c’est qu’elle l’aime !
    Elle l’aime ! Quel bonheur ! bien sûr, tout n’est pas gagné car il lui faudra affronter sa famille : ce n’est pas dans une société aussi fermée que la sienne, qu’un jeune homme, jamais marié, épouse une veuve et de surcroît, avec un enfant ! Mais il saura défendre son amour, l’imposer même… Et si, par hasard, on s’oppose à lui, il partira… avec Soraya !
    Il rentre, le cœur léger. Il aime et il est aimé ! Mais voilà qu’en arrivant chez lui, il entend la voix stridente de Rosa :
    «Voleuse d’hommes, je ne te laisserai pas prendre mon cousin !»
    Il se précipite et trouve Rosa en train de tambouriner à la porte de Soraya. Sa mère est à ses côtés, il y a aussi Fatma, la grand-mère de Lyès, et d’autres femmes.
    Il tire sa grand-mère par la manche.
    — Dis-moi, ce qui se passe !
    C’est Dahbia, la mère de Rosa, qui répond.
    — Ah, mon fils, ne te laisse pas prendre au piège de cette vaurienne !
    — Vous êtes folles ! s’écrie Lyès atterré.
    Rosa, en le voyant, se calme un moment mais sa fureur reprend aussitôt.
    — Sors, te mesurer à moi, si tu es une femme !
    Lyès la tire par la main ;
    — Va-t-en, rentre chez toi, tu te donnes en spectacle !
    — Je veux te défendre ! crie la jeune femme d’une voix pathétique
    — Je n’ai pas besoin de toi, dit-il, avec colère, quand comprendras-tu que tu m’agaces plus que tu ne m’aides ?
    Du coup, la colère et l’enthousiasme de Rosa tombent. Elle regarde son cousin, incrédule, puis s’enfuit, suivie par sa mère.
    — Rentrez chez vous ! dit Lyès aux autres femmes.
    Il oblige lui-même sa grand-mère à rentrer. A la maison, il apprend ce qui s’est passé. Rosa l’a vu sortir de chez Soraya la veille, elle n’a pas pu le supporter !
    — J’aime Soraya, dit Lyès.
    — Tu… tu… aimes cette femme ?
    — Oui, je compte demander sa main !
    La grand-mère le regarde, incrédule.
    — Je vais lui faire de nouveau la demande, dit-il
    La grand-mère soupire.
    — Je vais appeler tes parents !
    — Je le ferai moi-même, dit-il
    — Et s’ils ne sont pas d’accord ?
    — Je l’épouserai quand même, si elle, elle l’est !

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  25. Artisans de l'ombre Dit :

    Ainsi va la vie
    Un cœur à conquérir (32e partie et fin)
    Par K. Yerbi

    Il a eu beaucoup de peine à se faire ouvrir. Soraya tremble et redoute de sortir, de peur de rencontrer Rosa, qui a promis de l’étriper.
    — Je l’ai remise à sa place, dit Lyès, elle ne s’attaquera plus à toi ! Maintenant que tout le monde sait que je t’aime, tu ne peux refuser ma demande !
    Elle détourne la tête. Il s’alarme.
    — Tu ne veux pas de moi ! Tu ne m’aimes pas.
    — Non, dit-elle.
    — Non quoi ?
    — Je t’aime aussi ! dit-elle. et elle éclate en larmes.
    Il la prend dans ses bras et la berce comme un enfant.
    — Alors, tu acceptes ?
    — Oui, dit-elle, mais il va falloir que je parte d’ici quelque temps…
    — Où veux-tu aller ?
    — Dans le village de mes beaux-parents…
    — D’accord, dit-il, ensuite tu reviendras, ma mère viendra et demandera officiellement ta main…
    — Je pars demain !
    Le lendemain, en effet, il remarque que les volets de la maison sont de nouveau fermés. Mais il sait qu’ils ne le resteront pas longtemps.
    Les jours passent. Avec Rosa et sa famille, c’est la brouille : plus personne ne lui parle ni le salue. Mais il n’en a cure ! L’essentiel est qu’il va épouser Soraya. Mais les semaines passent sans qu’elle ne donne signe de vie. Il commence à s’inquiéter puis il décide d’aller la voir au village où elle s’est réfugiée.
    — Soraya ? lui dit-on, mais elle est repartie en France !
    — Repartie ? dit-il atterré.
    — Tu n’es pas le docteur Lyès ?
    — Oui, dit-il.
    — Elle t’a laissé une lettre.
    Il prend la lettre et repart, le cœur serré par l’angoisse, pressentant un grand malheur.
    «Quand tu liras cette lettre, je serai loin… Sache que je t’aime mais sache aussi que notre amour est impossible. Nous serions tous les deux malheureux ! Inutile de chercher à me retrouver, personne ne saura où je m’installerai… Mais ne t’inquiètes pas, je ne t’oublierai jamais, tant que je serai de ce monde.»
    Lyès éclate en larmes.
    — Pourquoi a-t-elle fait ça ?
    Quelques jours après, il s’est dit que Soraya a, sans doute, pris la décision qu’il fallait prendre…
    Le mois suivant, il demande à être muté dans une ville voisine.

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