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Du HCA, le Haut Conseil à l’arabisation… à l’AUF par Ali Derbala

19 septembre 2013

Ali DERBALA, Contributions

«Il n’y a pas de fumée sans feu Mais un tas de fumier chaud fera aussi bien l’affaire» Roda Roda.

Par le biais du mass-média le plus utilisé, un quotidien national diffusé en français (1), j’ai su que l’Agence universitaire de la francophonie (AUF) a organisé le 2 septembre à partir de 9h30, au campus Mentouri, une rencontre à l’échelle maghrébine, regroupant les présidents et recteurs d’universités et directeurs des grandes écoles du Maghreb. Plus de peur que de mal ! 

Il n’y a pas lieu de s’affoler car il n’est pas question de  » franciser  » quoi que ce soit. L’ordre du jour était l’auto-évaluation des universités. Même pour défendre l’arabisation, je ne peux pas le faire comme l’avait fait le professeur Mahmoud Ariba dans son  » article fleuve « , article en six parties. Il s’intitulait  » L’arabisation en Algérie sous le regard croisé de la francophonie  » (2). Comme il l’a mentionné dans sa conclusion :  » Le débat sur la langue arabe en Algérie est loin d’être clos puisque toujours d’actualité. A cet égard, il mérite donc d’être soulevé à nouveau, chaque fois que nécessaire, ne serait-ce que pour remettre les pendules à l’heure et ne pas se tromper sur la ligne « .

Comment peut-on abandonner l’arabisation au milieu du guet après 40 années de dur labeur ? Jacques Attali, une éminente personnalité politique française contemporaine, reconnait que  » L’arabe est parmi les langues comme le printemps parmi les saisons  » [3, p.28]. Les dysfonctionnements actuels de notre société ont été si bien prévus et analysés il y a plus d’un demi-siècle. Est-ce parce que plus curieusement réglées que des langues sont devenues plus riches que d’autres ? Nous sommes confrontés à l’exigence de se définir par une identité culturelle, par une langue, et non pas seulement par un territoire. La traduction d’une langue à une autre offre à la confusion un terrain fertile, qui s’étend largement au-delà des erreurs de traduction pures et simples ou des traductions tout bonnement mauvaises. Beaucoup plus intéressante est la confusion résultant de la variété de significations d’un même mot ou de mots semblables. Le langage ne se contente pas de transmettre des informations mais exprime en même temps une vision du monde. Il n’y a pas de petites ou de grandes langues, toutes les langues se valent. Le second pilier de l’islam est la  » prière  » qui se fait cinq fois par jour et doit se lire impérativement en  » arabe  » selon la loi divine. Dans la prière, Allah n’accepte pas des traductions. Si l’hypothèse est que la prière est l’un des cinq piliers de l’islam et qu’elle doit se faire en arabe, ne pas prier en arabe  » prouvera  » donc qu’on a manqué de foi. D’où la raison et la primordialité pour un musulman d’apprendre l’arabe. Par le nombre de musulmans, un milliard cinq cents millions, l’arabe est de ce fait la première langue ou la langue la plus parlée du monde.

Histoire des mathématiques arabes

L’auteur de l’article (3), ignorant l’histoire de l’arabe, a écrit des mensonges du genre que :  » L’arabe classique n’a jamais réussi à s’étendre hors des cercles restreints des élites lettrés venues de divers horizons, auxquelles il servait d’ailleurs de lingua franca scientifique et littérature. Son laborieux apprentissage et son délicat maniement expliquent l’arriération scientifique et culturelle d’alors « . Du fichier disponible sur le web [5], dans l’Histoire des mathématiques, on désigne par l’expression de mathématiques arabes une des époques les plus importantes du développement de cette science. Il s’agit des contributions apportées par les mathématiciens du monde islamique, du début de la conquête au milieu du XVIIe siècle. Les textes sont essentiellement écrits en arabe, qui était une des langues des sciences et de la culture à cette époque, d’où le nom, mathématiques arabes. Les sciences arabes, et en premier lieu, les mathématiques, s’exercent à travers les califats islamiques, établis en Moyen-Orient, en Asie centrale, en Afrique du Nord, dans la péninsule ibérique, et au sud de la France au VIIIe siècle. Par la ville d’Almeria, port d’Andalousie face au détroit de Gibraltar, à quelque distance du rocher, que, selon la tradition, le futur pape Sylvestre II avait, un siècle et demi plus tôt, vers l’an 950 après J.C, fait pénétrer en Europe les mathématiques arabes [3, p.120]. Des peuples employant une multitude d’écritures et de langages emploient aujourd’hui le même système numérique arabe. Le  » nombre  » arabe est le concept le plus universel. On mesure mal, en Europe, l’importance de l’apport des mathématiques arabes. Non seulement ils ont conservé l’héritage grec, mais de plus, de récentes recherches ont démontré que beaucoup d’idées qu’on pensait apportées par les mathématiciens du XVIe, XVIIe, ou XVIIIe siècle, furent en réalité développées par des mathématiciens arabes quatre siècles auparavant. Les mathématiques étudiées aujourd’hui sont plus proches des

mathématiques arabes que des mathématiques grecques. Les mathématiques grecques ont joué un rôle dominant dans les premiers développements des mathématiques arabes. Beaucoup de textes grecs ont survécu à travers leur traduction en arabe. Les mathématiques indiennes ont influencé le développement des mathématiques arabes. Les mathématiques chinoises ont aussi eu une influence sur le développement des sciences arabes.

La progression fulgurante de l’islam

Le président de l’association Migrants CANADA [6] a dénoncé le climat d’islamophobie au Canada en écrivant que :  » Les médias publics (canadiens) ont fait trop de bruits, ces dernières semaines, autour de la venue de certains prédicateurs pour des conférences à Montréal… Toute la classe politique est sur le qui-vive et cherche les meilleurs voies et moyens pour leur refuser l’entrée à nos aéroports (canadiens). « . L’Islamophobie en Europe ou ailleurs est décrite d’une façon académique par le même auteur Mahmoud Ariba [7]. Le sujet est sensible et porteur depuis le fameux 11 Septembre 2001. On veut affabuler l’Islam de tous les maux de la société occidentale, violence, meurtres, etc. On veut le faire passer pour être vecteur de fanatisme, d’intolérance et de tout ce qui est socialement négatif. La finalité de l’islam ne serait plus de dominer la planète mais de l’éclairer. L’islam est une religion née dans la chaleur et le sable du désert ; l’islam est une foi des hommes et des femmes du désert. Le paradis est un salut, une espérance pour les assoiffés du désert.

Sa morale et son éthique sont des vertus pour des nomades du désert. Le bien suprême, la grande charité, l’essentiel de ses œuvres chez le musulman, recommande d’alimenter, d’approvisionner le prochain en eau potable [8, p.356]. Dans l’esprit de notre article, la contribution des arabo-musulmans dans les mathématiques, il faut rappeler qu’en 476, la chute de Rome marque l’effondrement de l’Empire romain d’Occident. L’instabilité politique en Europe ne fut pas favorable à la recherche scientifique qui de toute façon n’était pas le fait de l’Empire romain. Parallèlement, l’Islam connait dès sa naissance au VIIe siècle une fulgurante progression.

En un siècle, les territoires musulmans s’étendent d’Espagne jusqu’en Chine. A chaque nouvelle conquête, l’héritage culturel du peuple conquis est préservé et assimilé. Le monde islamique a vu, vers la fin du huitième siècle, l’apparition de trois entités politiques concurrentes, abbassides, Idrissides et Omeyyades. Ce qui a amené a l’apparition de la série des chiffres: 0,1,2,3,4,5,6,7,8,9 utilisée à Fez et à Cordoue. Fez est la capitale culturelle et spirituelle du Maroc où se trouve Quaraouiyine l’établissement éducatif existant le plus âgé dans le monde. Bagdad, ville créé par les califes abbassides pour servir de capitale de l’Empire, devint très vite un centre culturel avec notamment la création d’une Maison de la Sagesse sous le règne du calife Al-Mamun. Parmi les membres de cette maison on compte le mathématicien Al-Khawarizmi. Deux de ses traités ont eu un impact considérable sur les mathématiques européennes au XIIe siècle. Le premier, dont seule la traduction latine a été conservée, transmet la numérotation décimale. Le second traite, Kitab fi’l-jabr wa’l-muqabala (Livre sur la restauration et la confrontation) traite de manipulations sur les équations. Le mot al-jabr a donné algèbre. Il y donne la résolution des équations du second degré, par une complétion en carrés. Le nom de ce mathématicien, latinisé en Algoritmi a donné un autre des mots les plus courants des mathématiques : l’algorithme. L’algèbre, branche nouvelle des mathématiques, continuera de s’épanouir avec la civilisation islamique. Il faut retenir les noms de Abu Kamil qui emploie les irrationnels, Al-Karaji. Autre mathématicien arabe du IXe siècle, Tabit ibn Qurra non seulement s’emploie à traduire les textes grecs, mais étudie de près les nombres amicaux. L’astronome et mathématicien Al-Battani pose les bases de la trigonométrie moderne en employant le sinus et la tangente dans ses calculs d’astronomie, et en réalisant des tables pour les calculer. Le premier déclin des sciences arabes commence au XIIe siècle suite à des conflits divisant le monde musulman. Astronome et mathématicien perse, Al-Kashi a donné les 16 premières décimales de ? (pi). Sa mort en 1430 sonne le glas des mathématiques arabes. Certains attribuent la fin de l’ère des mathématiques arabes à la domination turque et son ambition d’orienter la recherche. Ce dernier avis est discutable.

De nombreux textes arabes ont été traduits en latin et ont joué un rôle important dans l’évolution des mathématiques européennes.

De la résonance physique

Je ne suis pas prétentieux en déclarant le plus calmement qu’on doit obliger les autres à nous lire en arabe mais à condition de produire et de publier en arabe. Ce que les américains et les européens font mieux que nous ne prouve pas qu’ils ont de l’esprit. Selon René Descartes, dans son discours de la méthode, une horloge, qui n’est composée que de roues et de ressorts, peut compter les heures et mesurer le temps plus justement que nous avec toute notre prudence. De nos jours, c’est dans la mesure où l’école des lettres arabes reste attachée à l’arabe qu’elle conserve son originalité et sa force. Pour ne pas avoir à modifier vos opinions et selon Soljenistsyne, il suffit d’éviter toute rencontre avec des gens qui pensent différemment.

Vous récoltez vos pensées dans des conversations avec des gens comme vous, dans des journaux et des livres écrits par des gens comme vous. En physique, on appelle ça la résonance. Vous commencez par des convictions sans grande importance, mais elles s’accordent et se soutiennent les unes les autres jusqu’à un point de non retour.

CONCLUSION

Un ami qui vit en Amérique du Nord rappelle qu’à ceux qui prônent le « tout anglais » que de nombreux faits viennent aujourd’hui montrer que la langue anglaise elle-même est victime de la mondialisation… d’autre part, aux USA, elle est en perte de vitesse et sera bientôt supplantée par la langue majoritaire qu’est devenu l’espagnol…Il faut donc continuer à militer pour un multilinguisme équilibré. Le partage de l’Afrique était décidé par les Etats chrétiens à la conférence de Berlin en 1885. Il est inadmissible de laisser aux portes de l’occident une république arabe et musulmane moderne exister librement.  » Il faut l’écraser  » avait dit le président Mitterrand chargé du néocolonialisme [8, p.258]. L’arabe a été cultivé par les plus excellents esprits qui aient vécus depuis plusieurs siècles. Un frein à l’épanouissement de la langue arabe est le fait que l’édition dans le monde arabe est avant tout conformiste et commerciale. Les arabo-musulmans n’ont faibli que lorsque la conformité a assombri leurs esprits. Algérie ou Canada ou ailleurs ? L’une est une jolie prison et les autres de bels exils. Parfois, je préfère la prison chez moi à la liberté en exil.

REFERENCES

[1] A. Mallem. Recteurs d’universités et directeurs des grandes écoles du Maghreb en conclave. Le Quotidien d’Oran, Constantine, Lundi 02 Septembre 2013, p.08.

[2] Mahmoud Ariba. L’arabisation en Algérie sous le regard croisé de la francophonie.

Le Quotidien d’Oran, Opinion, Mercredi 1er Juillet 2009, p.09. http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5123316&archive_date=2009-07-22

[3] Jacques Attali. La confrérie des éveillés. Roman, Fayard, 2004.

[4] Abderrahim Youssi. Analyses/Opinions : Liberté pour la langue arabe. http://www.ajd-mr.org/modules.php?name=News&file=article&sid=5171

[5] Fichier pdf. Histoire des mathématiques, mathématiques arabes, pp.51-53, à : http://www.fichier-pdf.fr/2013/02/16/histoire-mathematiques/

[6] Ahcéne Moussi. Prédicateurs ou Prestidigitateurs ? Courrier du  » Le Quotidien d’Oran « , Samedi 07 septembre 2013, p.21.

[7] Mahmoud Ariba. Entre orientalisme et occidentalisme. L’Islamophobie en Europe encore et toujours… Le Quotidien d’Oran, Débat, Samedi-Lundi 24-26 Octobre 2009, p.07, p.09 et p.07. http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5128326&archive_date=2012-10-29

[8] Ahmadou Kourouma. En attendant le vote des bêtes sauvages. Editions du seuil, 1998.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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