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Histoires vraies Morte sous la torture Lounès Benredjal

7 septembre 2013

Lounès Benredjal

Publié dans Info Soir le 09 – 07 – 2003

« Soupçons »

Sa femme le tromperait-elle ? Cette interrogation s’insinuait perfidement et dangereusement dans son esprit torturé.

«Tu te rends compte un peu de la légèreté des femmes ? Toutes les mêmes !».
«Oui, infidèles et sans scrupule. Avant le mariage, elles s’évertuent à ne faire voir que les bons côtés de leur personne, mais une fois épousées?».
«Pauvre, pauvre Moussa, dire que cela fait moins de 3 ans qu?il est marié. En plus, il ne se doute de rien».
«Ne dit-on pas que les maris trompés sont les derniers le à savoir ? Pour ma part, je ne vois pas qui aurait le courage de l’informer».
«Si cela ne tenait qu’à moi,?»
Le reste de la phrase est emporté par les flots de la musique émise par le transistor allumé à ce moment précis par le cafetier. Cela suffit pourtant à Khaled qui cesse alors de tendre l’oreille vers la table derrière lui, occupée par deux inconnus et fixe son regard sur une mouche survolant sa tasse.

La conversation, happée quelques minutes plus tôt, ravive des inquiétudes enfouies au plus profond de lui-même et des soupçons refoulés. Drôle de coïncidence, se dit-il, «trois ans moi aussi, je suis marié depuis 3 ans».
Depuis plusieurs mois, Khaled a constaté un changement dans le comportement de sa femme.
Il a l’impression, à tort ou à raison, qu’elle s’intéresse de moins en moins à lui. Elle, si passionnée au début, affiche trop souvent des airs rêveurs et absents.
Quant à leur vie sexuelle, il n’en reste que des moments ternes et espacés, lesquels sans ses sollicitations insistantes n’existeraient certainement plus depuis longtemps.

Sa femme le tromperait-il ? Cette interrogation douloureuse s’était insinuée dans son esprit lentement et dangereusement.

Et c’est en ce moment précis alors qu’il observe la mouche qui semble se délecter de petits grains de sucre, égarés sur le bord de sa tasse, qu’il réalise pleinement que ses doutes ne l’avaient jamais réellement quitté, que ses efforts n’avaient fait que les refouler.

La conversation des deux hommes les a fait rejaillir à la surface, les lui imposant de plus belle.

À 25 ans, Fella, sa femme, est d’une beauté peu commune. Même s’il a l’atout de jeunesse pour lui, ne la dépassant que de 4 années, Khaled est conscient qu’une femme aussi belle ne peut qu’être exposée aux tentations les plus folles et les plus alléchantes.
Le jeune homme se rend compte tout d’un coup qu’il sert ses poings tellement fort qu’il en a mal. Il respire un bon coup, se lève de la table, paye sa consommation et sort.
Après sa journée de travail, Khaled rentre chez lui, et bizarrement, il a l’impression que l’accueil de sa femme est plus froid que jamais.

De toutes façons, il lui semble que tout ce qu’elle fait est différent ce jour-là. Son imagination échafaude les scénarios les plus fous où il fait à chaque fois figure du mari trompé, ridiculisé et montré du doigt.
«Tu ne te couches pas encore ?», lui dit sa femme se dirigeant vers sa chambre. Ils s’étaient levés de la table depuis deux heures et n’avaient échangé aucune parole. «Je te rejoins», murmure-t-il.
Plus tard, vers 2 heures, Khaled qui n’avait pas fermé l’oeil regarde, sans en avoir l’air, sa femme se lever précautionneusement du lit, se glisser très doucement de la chambre laissant la porte entrouverte pour ne pas faire de bruit. Il attend quelques minutes et la suit dans le couloir.
De loin, il l’aperçoit dans l’obscurité, debout face à ce qui lui semble être une ombre. Voulant la prendre sur le fait, il bute contre un grand pot en terre qui se casse dans un vacarme assourdissant.

L’homme disparaît en un éclair et c’est en vain que Khaled lui court après. Personne à l’horizon. Il revient alors vers sa femme, la tire par les cheveux et l’entraîne dans la chambre, la soumettant à un interrogatoire.

Fella nie tout. Elle soutient mordicus qu’elle ne parlait à personne. Khaled commence alors à la battre, à mains nues d’abord, ensuite avec un tuyau. Il la bat sans arrêt sur le visage et sur le corps.

De temps en temps, il s’arrête, la réinterrogeant, elle continue à nier à crier son innocence. Il se remet à la battre encore.

A un moment, elle tente de fuir, elle trébuche et tombe se brisant le nez contre une chaise. Elle lui demande alors un peu d’eau. Il refuse et se remet à la battre.

Deux heures plus tard, à 4 h du matin, Khaled sort de la chambre enfermant sa femme à double tour. Il va retrouver son beau-père dans une ville voisine pour l’informer du décès de sa fille.

Arrêté, Khaled fait des aveux complets. Le décès de Fella est situé par le médecin-légiste aux environs de 4h30, soit une demi-heure après que son mari l’eut enfermée.

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À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “Histoires vraies Morte sous la torture Lounès Benredjal”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    [ EXPRESSION ]
    « Maintenir / soutenir / affirmer mordicus »

    [ SIGNIFICATION ]
    Maintenir / soutenir / affirmer avec ténacité, obstinément.

    [ ORIGINE ]
    ‘Soutenir’ doit être pris ici dans son sens qui date du XIIIe siècle « affirmer, faire valoir en appuyant par des raisons » ou bien « invoquer des arguments à l’appui d’une opinion ».
    Il en est de même pour ‘maintenir’.

    Venons-en maintenant à l’élément le plus important : ‘mordicus’.
    Certaines personnes très culturées vont croire qu’il vient du nom d’un centurion dans un épisode d’Astérix. Mais il n’en est rien !

    ‘Mordicus’ est un mot qui date de la fin du XVIIe siècle et qui vient du latin ‘mordere’ signifiant ‘mordre’.
    Au sens propre, il signifie « en mordant ». Au figuré, il prend le sens de ‘obstinément’, à l’image du gentil toutou qui a planté ses dents dans le bras de celui qui voulait le caresser et qui ne veut plus du tout lâcher prise.

    Si ‘soutenir’, c’est déjà affirmer avec force, ‘mordicus’ le renforce encore.

    [ EXEMPLE ]
    « Justement une de leurs amies habitait aux environs et s’engageait à fournir un alibi très acceptable, en affirmant mordicus les avoir retenues toute la journée. »
    Pierre Loti – Les désenchantées

    http://www.expressio.fr/expressions/maintenir-soutenir-affirmer-mordicus.php

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