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Histoires vraies Pour 40 kg de kif Lounès Benredjal

6 septembre 2013

Lounès Benredjal

Publié dans Info Soir le 05 – 09 – 2003

Habitude

Une fois que l’on goûte au gain facile, il est difficile de se remettre à se retrousser les manches.Batouche sort de sa poche son pistolet de calibre 7,65 mm et tire en l’air pour intimider les gendarmes.
Ces derniers se mettent à plat ventre et dégainent leurs armes. M. Hamed, le complice de Batouche profite de la confusion pour appuyer à fond sur le champignon de la 504. La voiture démarre sur les chapeaux de roue dans un infernal crissement de roues. Des coups de feu éclatent, les gendarmes tirent ensemble dans la direction de la 504, pour tenter de l’immobiliser. Leurs tirs font mouche, la voiture lancée à toute allure perd l’équilibre, fait quelques mètres et s’arrête sec. Les gendarmes s’approchent des deux individus, font les sommations d?usage ! «Halte ou nous faisons feu !» Ils s’avancent doucement et demandent aux deux hommes de sortir du véhicule les mains en l’air et de jeter leurs armes.

Batouche lance son pistolet aux pieds des gendarmes. En une fraction de seconde, les deux hommes sont maîtrisés, menottés et embarqués pour un interrogatoire en règle. Ce ne sera pas une nouveauté pour eux puisque ce sont tous deux des repris de justice.

Batouche, âgé de 38 ans et son complice M’hamed, 41 ans, ont, en effet, derrière eux dix ans de prison chacun. Avant d’avoir purgé totalement leur peine, un «miracle» s’est produit pour eux. La prison d’El-Asnam où ils étaient enfermés a subi de gros dégâts lors du séisme qui a secoué la région. Dans les moments de panique qui ont suivi, presque tous les prisonniers ont pris la clef des champs.
Une telle chance ne se produit pas souvent, ils ne la ratent pas et par un heureux concours de circonstances, Batouche trouve dans une habitation à moitié détruite un pistolet de calibre 7,65 mm et une boîte de cartouches.

Libres comme l’air, les deux compères s’éloignent de la région, ne donnent aucun signe de vie à leur famille et louent un petit studio sous de faux noms. Ils dorment le jour et ne sortent que la nuit. Comme ils ont besoin d’argent, le seul moyen de s’en procurer est de voler. Seulement, ils ont été échaudés, car c’est à cause d’un vol effectué de nuit, par effraction, qu’ils ont été surpris, arrêtés et condamnés à de lourdes peines de prison. Ils se décident donc de changer de fusil d’épaule. Au lieu de voler, ils deviendront désormais des trafiquants de stupéfiants.

Ils partent pour Maghnia et ramènent du kif qu’ils revendent aux dealers locaux. En l’espace de quelques mois, ils se font une clientèle fidèle et beaucoup d’argent. Et fini pour eux le menu fretin. Ils achètent une Peugeot 504 et ramènent des pains de kif traité.

L’appétit venant en mangeant, les quantités qu’ils ramènent sont de plus en plus importantes.
Pour ne pas prendre de risque, ils ont une tactique infaillible. Des complices partent en éclaireurs et signalent à l’aide de talkies- walkies toute présence de barrage sur la route (le mobile n’existait pas à cette époque).

Mais un jour, manque de peau, suite à un léger retard, les gendarmes ont mis en place un barrage juste après le passage des éclaireurs. Batouche et M’hamed, confiants, tombent dans le filet.
Quand le gendarme qui les contrôle lui demande d’ouvrir la malle où il y avait 40 kg de kif traité, Batouche panique et dégaine son arme pour l’effrayer.
Et c’est ainsi que tout bascule pour eux.

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À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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3 Réponses à “Histoires vraies Pour 40 kg de kif Lounès Benredjal”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    « (Prendre/donner) la clé des champs »

    Signification
    Partir, s’enfuir, s’évader, se sauver, prendre sa liberté / donner la liberté.

    Origine
    Cette expression date du XIVe siècle.

    Nous avons ici une métaphore qu’il ne faut surtout pas comprendre comme « la clé qui permet d’ouvrir l’enclos qui entoure les champs », mais plutôt comme « la clé du lieu fermé dans lequel on est et qui va permettre d’accéder aux champs » et donc à la liberté.
    Car anciennement ‘champs’ au pluriel avait le sens de « espace libre », par opposition aux différents espaces clos qu’il était possible de trouver.

    Au XVIe, chez Montaigne, on trouve l’expression « donner les champs » qui voulait aussi dire « donner la liberté », les clés en moins.

    « Quelques-uns [des prisonniers] sont vêtus de casaques et de pantalons jaunâtres zébrés de noir : ce sont ceux à qui l’air de la liberté a manqué et qui, pour le respirer à tout prix, ont essayé de prendre cette belle clef d’or qu’on appelle la clef des champs. »
    Maxime du Camp – En Hollande

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  2. Artisans de l'ombre Dit :

    menu fretin (n.m.)
    1.(familier)petits poissons (que le pêcheur remet souvent à l’eau).

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  3. Artisans de l'ombre Dit :

    Manque de peau

    [ EXPRESSION ]
    « Avoir du cul / Avoir du pot / Avoir du bol »

    [ SIGNIFICATION ]
    Avoir de la chance.

    [ ORIGINE ]
    Quelqu’un de vulgaire (ni vous ni moi, bien entendu) pourrait dire aujourd’hui de quelqu’un qui a de la chance : « il a du cul ! ».
    Parce qu’en argot, depuis 1960 (semble-t-il), le ‘cul’ c’est aussi la ‘chance’ et pas seulement la partie postérieure et charnue d’un être humain.

    Or, il se trouve que, toujours en argot, le ‘pot’ et le ‘bol’ sont deux termes qui, depuis la fin du XIXe siècle, désignent à la fois l’orifice excrêmement important servant à évacuer les déchets produits par notre usine intestinale, à savoir l’anus, mais aussi ce qui l’entoure, le ‘cul’ ou postérieur [1].
    Alors à moins de n’avoir que deux ou trois neurones, on comprend très vite pourquoi « avoir du cul », « avoir du pot » et « avoir du bol » ont exactement la même signification.

    On peut aussi dire « avoir de la veine », mais c’est une autre histoire.

    [1] Ne dit-on pas, d’ailleurs, « en avoir ras le bol » pour « en avoir plein le cul » (et inversement), ou bien « manque de pot » pour « manque de chance » ?
    Ce ‘pot’-là a aussi donné des expressions amusantes comme « avoir le pot près des talons » pour « être de petite taille », ou bien « rire du pot » pour « avoir de belles fesses » (ou « de belles foufounes », pour nos amis les Québécois).
    Et c’est ce même ‘pot’ qui nous a donné le ‘popotin’…

    [ COMPLEMENTS ]
    Il est intéressant d’ajouter que le mot ‘cul’ (du latin ‘culus’) a gagné en vulgarité au cours des siècles.
    Il y a ainsi de nombreux mots non vulgaires qui en ont été tirés (reculer, acculer, cul-de-sac, culotte…) à une époque où il n’avait pas la même signification de mauvais goût, chose qui serait impensable de nos jours.

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