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Les sacrifices 1re partie Par : Adila KATIA

5 septembre 2013

Adila Katia

Dimanche, 25 Août 2013

Les sacrifices 1re partie  Par : Adila KATIA dans Adila Katia SACRIFICE%201_200_150

- Tu es en train de plaisanter Maya ? Dis, tu plaisantes ?
- Pourquoi ? Je te parais si jeune
que ça ?
- Oui… Tu as vraiment quarante ans ?, insiste Farid qui n’en revenait toujours pas.
- Oui…
Cela faisait des mois depuis qu’ils se fréquentent, et à aucun moment, Farid n’avait imaginé et pensé un seul instant qu’elle peut être aussi âgée. Elle paraissait si jeune. Il lui aurait donné moins de trente ans. Elle est si belle. Grande blonde aux yeux verts, au sourire chaleureux, elle avait bien du succès auprès des hommes, des femmes. Tous sollicitaient son amitié mais Maya ne l’accordait qu’à de rares personnes.
Pharmacienne, elle était en contact avec tout le village, tous la connaissaient pour sa gentillesse et sa serviabilité. Mais Maya les surprenait tous. En dehors de son travail, elle passait le regard lointain et évitait tout contact avec eux, hommes et femmes. Ils étaient nombreux à être surpris par son comportement, même Farid l’était au début mais il n’avait jamais cherché à comprendre pourquoi.
Il s’était souvent posé des questions mais il n’avait jamais osé l’interroger. Quand il s’était installé au village, il y a un peu plus de deux ans, il n’avait pas prêté attention à elle. Elle lui avait paru si jeune qu’il avait craint d’attirer la foudre de ses proches. Même s’il s’intéressait à elle.
Pendant des mois, il s’était contenté de la regarder de loin.
Il a eu la chance de sa vie en découvrant qu’elle s’était inscrite à la maison de la culture, pour des cours d’informatique, entre 17h et 19h.
Maya, qui avait acheté un ordinateur, voulait suivre ces cours. Farid était dans le même groupe qu’elle. En fait, il s’était arrangé pour l’être. C’est là-bas qu’ils firent connaissance. Au début, parce qu’ils avaient le même ordinateur pour s’exercer.
Farid s’était montré sous son meilleur jour, sociable, chaleureux, plein d’humour quand il le voulait. Il avait réussi à gagner sa sympathie.
Maya et Farid discutaient de tout sauf d’elle et de sa vie privée. Elle savait tout de lui, qu’il était fils unique et qu’il enseignait depuis peu.
Il avait connu une fille avant et ils auraient été jusqu’au mariage si elle n’était pas décédée d’une tumeur au cerveau. Depuis, il n’avait plus fréquenté. Seulement depuis qu’il la connaissait, il s’était mis à espérer.
Il ignorait si c’était de l’amour ou uniquement l’envie de réussir là où tous ont échoué. En ayant gagné sa sympathie, Maya l’avait autorisé à lui rendre visite quand son emploi du temps le lui permettait.
Les gens du village s’étaient mis à parler, choqués par le fait qu’il passe son temps libre à la pharmacie. Certains n’avaient pas hésité à aller trouver Farid pour le mettre en garde.
- Ne t’avise surtout pas à profiter d’elle ! Elle est si jeune et si vulnérable que même sans sa famille près d’elle, on se sent responsable de sa sécurité et de son bien-être !
On serait coupable s’il lui arrivait quelque malheur !
- Il ne lui arrivera rien, avait promis Farid. Je ne suis pas en train de la harceler… Elle veut bien que je reste avec elle…
- Mais as-tu de bonnes intentions ? Tu es sérieux ?
- Bien sûr !
La réponse les avait satisfaits, et plus personne ne vint le voir au sujet de Maya, même si on le regardait parfois de travers. Farid s’était souvent demandé jusqu’où il irait avec Maya. Leur relation n’était ni amicale ni amoureuse.
Et pour connaître ces sentiments, un jour il lui avait fixé rendez-vous en ville. Ils seront bien plus à l’aise loin du village. C’est ce que croyait Farid. Il s’inquiète en remarquant qu’elle était plus tendue que d’habitude…
(À suivre) 

http://www.liberte-algerie.com/la-nouvelle-de-adila-katia/les-sacrifices-1re-partie-205785

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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45 Réponses à “Les sacrifices 1re partie Par : Adila KATIA”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 2e partie
    Par : Adila KATIA

    - Je voudrais bien savoir quel âge tu as !, insiste Farid au moment du dessert. Si possible avec la date, comme ça je t’emmènerais déjeuner le jour de ton anniversaire… Alors ? Je peux savoir ?
    - Si… Je suis désolée, s’excuse Maya. Ce déjeuner a été insupportable pour nous deux… Et c’est de ma faute… Ta question m’a surprise… Elle m’a rappelé tant de choses…
    - Tu pourrais me dire lesquelles ?
    Maya a un soupir avant de répondre à ces questions précisément, le premier mai, elle a eu trente-huit ans. Elle les a fêtés seule parce que sa famille vit très loin d’ici. Des larmes mouillent ses yeux. Maya les lève vers le plafond du restaurant pour qu’elles ne coulent pas sur ses joues. En pensant à sa famille, son cœur se déchire comme chaque fois.
    - Qu’est-ce qui se passe Maya ? Pourquoi es-tu si triste ? Ta famille te manque à ce point ?
    - Plus que tu ne peux te l’imaginer, répond elle. Ces deux années loin d’elle ont été très dures pour moi. Je n’ai pas l’habitude d’être séparée d’eux !
    - Tu n’as pas trouvé de travail proche de chez toi ?
    - Si. Je pensais bien faire, maintenant je le regrette. J’ignorais que je souffrirais autant, confie-t-elle.
    - Tu as toujours été seule Maya ? Je veux dire… avant moi ?
    - Non, figure-toi que j’étais mariée.
    - Ce n’est pas vrai ! Ne me dis pas que tu as divorcé !, s’écrie Farid qui n’en revenait pas.
    Depuis toujours, il l’avait crue bien plus jeune, et jamais l’idée qu’elle ait pu déjà être mariée ne l’avait effleuré.
    Farid la presse de questions pour qu’elle se confie à lui. Il découvre avec peine qu’elle était mariée, et que si son mari n’était pas mort dans un accident, elle ne serait pas seule actuellement.
    Maya a du mal à avaler son dessert. Elle a encore mal en songeant à son défunt mari. Routier de profession, il allait d’un pays à un autre pour importer des marchandises. Il lui avait souvent raconté combien les routes étaient glissantes quand il pleuvait, de ses peurs de ne plus revenir sur ses jambes.
    La jeune femme se rappelle les nuits d’angoisse durant les mauvaises saisons. Ce qu’ils avaient redouté le plus arriva. Il a fait un accident en voulant éviter un tracteur qui sortait d’une ferme, se dirigeant droit vers lui. Celui qui le conduisant était ivre. Rahim l’avait payé de sa vie en voulant l’éviter.
    Maya avait eu du mal à s’accrocher à la vie. Elle avait tant redouté de se retrouver seule, sans lui, ce mari qu’elle aimait tant.
    Pendant des semaines, elle est restée au lit parce que, pour elle, la vie n’avait plus aucun sens. Elle voulait vite le rejoindre. Plus rien ne la retenait sur terre. Elle le croyait fermement. Pourtant, il y aura un fait nouveau dans sa vie. Un fait qui la fera sortir de sa torpeur, qui la forcera à ouvrir les yeux sur son nouvel état. Elle y était forcée même si c’était encore plus difficile sans le soutien de son mari. Car il aurait été le premier à sauter de joie…
    Farid était suspendu aux lèvres de Maya. Jamais il ne s’était douté qu’elle puisse avoir un passé aussi “chargé”. Il se demande ce qui a bien pu se passer pour qu’elle remonte la pente subitement.
    - Continue !, la prie-t-il.
    - J’hésite ! J’ignore si je dois te le dire aujourd’hui, murmure-t-elle, fuyant son regard. Si tu veux bien, une autre fois…
    Mais Farid accepterait tout sauf d’attendre. Il tenait à tout savoir maintenant. Elle ne devait plus avoir de secrets pour lui.

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 3e partie
    Par : Adila KATIA

    - J’ai deux filles…
    Farid n’en revient pas. Il pousse son assiette et se prend la tête entre les mains. Qu’allait-il encore découvrir ? Cela faisait deux ans depuis qu’il la connaissait et ce n’était que maintenant qu’elle le jugeait digne de sa confiance.
    - Pourquoi ne m’as-tu rien dit depuis ? Elles ont quel âge ?
    - Six ans… Elles sont jumelles. Elles sont chez mes parents…
    - Pourquoi t’en être séparée ?, l’interroge Farid. Pourquoi es-tu si loin d’elles ?
    - Il faut bien que je travaille, prétexte-t-elle. Elles ont besoin de mon argent…
    - Et de toi, ajoute Farid. Pourquoi sont-elles chez tes parents ?
    - Parce que je suis en pension ici… Chez mes parents, c’est très étroit… Je ne peux pas m’imposer en plus de mes filles… Plus tard, je les récupérerais… Pas avant…
    - Où habitais-tu avant la mort de ton mari ?, veut savoir Farid.
    - Chez mes beaux-parents, avec mes beaux-frères… C’était très difficile de vivre avec eux après la mort de Rahim, lui confie-t-elle. Ils voulaient gérer ma vie, la pension de mon mari… J’en ai eu assez… Un jour, j’ai pris mes affaires et mes filles… Et je suis partie… Je n’en pouvais plus… Je n’avais plus le choix…
    - Mais comment fais-tu pour supporter leur absence ?, s’écrie Farid. Je sais que tu les vois rarement, vu que tu ne t’absentes presque jamais ! Pourquoi t’imposer cette torture ?
    - Je leur parle chaque jour au téléphone, répond Maya. La situation ne changera pas tant que je n’aurais pas de maison à moi… Si Dieu veut bien, dans quelques mois, je vais réaliser mon rêve le plus cher ! Je vais acheter un appartement et y amènerai mes filles… On vivra heureuses, loin de ceux qui ne nous comprennent pas ou ne nous aiment pas… Plus rien ne nous séparera !
    - Je l’espère pour toi Maya ! Si tu veux, je peux te prêter de l’argent, lui propose Farid de bon cœur. J’ai quelques économies… Tu pourrais en faire bon usage si tu le veux !
    - Vraiment ?… Et je te rembourserai quand ?
    - Dès que tu le pourras, lui assure-t-il. Je n’ai pas de projet… J’ai tout ce dont j’ai besoin : un appartement meublé, une belle voiture ! Maya, je te donne une occasion en or pour avoir ce que tu veux ! Ne fais pas l’erreur de refuser !
    - Mais je n’ai pas dit non ! Merci Farid, merci…
    La proposition devient plus concrète le lendemain lorsque Farid va lui apporter la somme promise. Maya est si heureuse qu’elle se presse d’appeler une agence immobilière pour lui confier une mission. Elle veut une maison avec cour et jardin. Ainsi, Lisa et Maria pourront y jouer après l’école. Maya avait tant de choses à rattraper. Elle en avait tellement raté depuis qu’elle était ici, en pension chez un cousin éloigné de son père. Elle avait hâte de retrouver ses filles, de leur prouver qu’elle les aimait toujours autant et qu’elles sont toute sa vie.
    Seul leur bonheur comptait à ses yeux. Sans elles, elle n’aurait jamais eu la force de continuer à vivre après la mort de Rahim.
    Maya a repris espoir. Le sourire ne la quitte plus. Son regard est plus brillant que d’ordinaire. Ceux et celles qui les remarquent pensent et croient que quelque chose est en train de se tramer à leur insu, imaginant un mariage entre elle et Farid. Ils tomberont des nues en découvrant ce qui la rendait plus heureuse. Ils lui en voudront même de l’avoir tenu à l’écart…

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 4e partie
    Par : Adila KATIA

    - Merci Farid… Grâce à toi, mes petites et moi sommes de nouveau réunies ! Je n’aurais jamais pu réaliser mon rêve sans ton aide !
    - Ce n’est rien par rapport au bonheur que tu affiches, lui assure ce dernier. C’est ce qui compte le plus !
    Maya laissera tous ceux qui la connaissent sans voix lorsqu’elle ira inscrire ses filles à l’école primaire. Tous, comme Farid, l’avaient crue célibataire. Ils n’en revenaient pas qu’elle fut mariée et mère et n’acceptaient pas qu’elle le leur ait caché. Certains n’hésiteront pas à le lui reprocher. Ils lui faisaient confiance. Ils pensaient tout connaître d’elle.
    - Mais c’est ma vie privée !, se défend-elle. C’est mon passé… J’ai le droit de taire ma vie privée et de me confier à qui je veux ! Je ne suis pas une jeune fille… Je suis une femme adulte et responsable !
    - Quand même ! Même à nos femmes, vous n’avez rien dit !
    - Je sais !, répond-elle. Elles ne s’intéressaient pas à ma vie privée, encore moins à mon passé… Et puis, durant le peu de temps où nous parlions, elles en profitaient pour se confier à moi ! Je ne pouvais pas les interrompre pour leur raconter mes soucis !
    - Dire, s’écrie un villageois, que je n’avais pas hésité à sermonner le prof pour qu’il n’abuse pas de votre naïveté ! Vous nous avez bien eus !
    - C’est très gentil, mais ce prof est quelqu’un de très bien, leur affirme-t-elle. Il ne peut rien m’arriver de mal avec lui !
    - C’est sûr ! On ne devra pas être surpris quand on apprendra votre mariage !, lui dit un autre. Au rythme où vous allez…
    - Il s’agit encore de ma vie privée, l’interrompt Maya. Farid est quelqu’un de très bien… Mais il n’est pas question de mariage entre nous… Désolée de vous l’apprendre…
    - Cause toujours ! Entre toi et Farid, il y a quelque chose !
    Lorsque Maya rapporte la discussion à Farid, il n’en est pas surpris. Une lueur dans son regard inquiète Maya. Depuis quelques jours, il semblait hésiter à lui dire quelque chose. Maya se demande quoi. Aussi lorsqu’un soir il vient la voir chez elle, elle pense au pire. Que peut-il bien lui vouloir ? Doit-elle le rembourser rapidement ? Ne lui avait-il pas dit qu’elle le fera plus tard ? Parce qu’il n’avait aucun projet… Ou avait-il des soucis dont il ne lui aurait pas parlé ? S’agirait-il de sa famille ?
    - Qu’y a-t-il Farid ?
    - Rien… Rien de grave et de pressant… Je te le dirais en temps voulu, lui répond-il évasivement. Est-ce que je peux venir quand je veux ?
    - Bien sûr, mais je préférerais que ce soit à la pharmacie ! Tu seras toujours le bienvenu, lui assure-t-elle.
    Quoi que puisse dire les gens… Maya ne voit aucun mal à ce qu’il lui rende visite. Seulement elle remarque qu’il est moins à l’aise qu’avant. La présence des filles semble le gêner. Il ne parle pas devant elles, et quand elle est dans leur champ de vision, il les regarde bizarrement. Maya l’a remarqué mais elle n’arrive pas à se l’expliquer. Elle lui pose la question à la première occasion.
    Ils sont alors, à la pharmacie, seuls. Farid a sa bonne humeur habituelle et elle en profite. Les réponses qu’il lui donne la surprennent. Elle ne s’était pas attendue à ce qu’il lui déclare sa flamme.
    - Je t’aime Maya… Est-ce que tu ressens quelque chose pour moi ?
    - Oui… Tu comptes beaucoup pour moi, répond-elle, effrayée au fond d’elle-même quand il tente de la mettre au pied du mur.
    - Ne fuis pas ma question, la presse-t-il. Je parle d’amour… Je voudrais savoir à quoi m’attendre avec toi !
    Maya ne sait pas quoi lui répondre. Elle feint d’être occupée pendant un moment, en rangeant quelques médicaments. Elle se demande s’il l’aime vraiment ou si sa requête est intéressée. Veut-il profiter d’elle en échange du prêt financier qu’il lui a accordé quelques semaines auparavant ?
    - Farid, tu me prends au dépourvu ! Tu sais combien je tenais à mon mari… J’ignore encore aujourd’hui si je pourrais refaire ma vie avec un autre homme ! Même s’il est aussi bon et gentil que toi !

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 5e partie
    Par : Adila KATIA

    - Personne ne parle de gentillesse et de bonté !, s’écrie Farid. Je te parle d’amour… Je t’aime…Est-ce que tu veux bien de moi ?
    - Bien sûr, tu es un ami formidable, d’agréable compagnie… Sans toi je n’aurais pas pu réaliser mon rêve, lui rappelle Maya. Je sais combien tu es exceptionnel ! Je ne pourrais jamais me passer de toi !
    - Est-ce que c’est de l’amour ? Est-ce que tu m’aimes ?, veut-il savoir.
    - Ça pourrait l’être… Farid, si tu te montrais un peu plus patient, je suis sûre que tu ne serais pas déçu… N’essaie pas de bousculer les choses ! Laissons les choses évoluer d’elles-mêmes…
    Farid aurait bien voulu suivre la recommandation de Maya, mais maintenant qu’il lui avait avoué son amour, il ne pouvait plus s’empêcher de la regarder langoureusement, de vouloir prendre sa main. D’en profiter pour la caresser. Il la mettait dans la gêne et ne semblait pas s’en rendre compte.
    Il surprenait parfois Maya en train de soupirer, le regard lointain et larmoyant. Il donnerait cher pour savoir ce qui la tourmente à ce point.
    Quand il l’interrogeait, elle ne répondait pas, ou quand elle le faisait, il sentait qu’elle lui mentait.
    - Tu sais, tu peux te confier à moi, lui dit-il. On est amis ! à quoi penses-tu ?
    - À nous… à ce que tu attends de moi… J’hésite à te parler d’un grave problème, répond-elle, lasse d’avoir tout gardé pour elle pendant des mois. Je… J’aurais des problèmes si je veux me remarier un jour !
    - Ah oui ! Lesquels ?
    - Ma belle-famille fera tout pour qu’on se sépare… Avant de les quitter, on m’avait proposé de me marier avec mon beau-frère, lui apprend-elle. J’ai refusé et ils m’ont menacée… Ils me reprendront les filles si j’envisageais de refaire ma vie !
    - Ils ne sont pas sérieux ! Tu es leur mère…Leur garde te revient de droit, quoi qu’ils puissent dire, la rassure Farid. Si on a envie de se marier, ils ne nous empêcheront pas de le faire !… M’aimes-tu assez pour refaire ta vie avec moi ?
    - Oui… Donne-moi seulement le temps d’habituer les filles à toi, lui demande-t-elle. Je me sens mieux depuis que je t’en ai parlé !
    - Si je comprends bien, mes sentiments sont partagés !, s’écrie-t-il heureux tout d’un coup. Maya, est-ce que tu es d’accord pour qu’on se voie un peu plus souvent ?
    Maya ne refuse pas. Elle sait que Farid voudra aller un peu plus loin, maintenant qu’il savait qu’elle avait des sentiments pour lui. Et c’est ce qui se passe. Il l’invite souvent à aller en ville lorsque les petites sont à l’école. Ils profitent de ce moment pour se laisser aller, pour discuter à l’aise. Farid s’arrange pour qu’ils se voient une fois par semaine, sans la présence des filles. Une intimité qui leur permettait d’être plus proches qu’avant.
    Ils s’étaient mariés religieusement, car leur relation était devenue plus intime et durait depuis des mois. Farid n’a plus parlé de mariage civil, alors que Maya y songe très souvent. Elle n’hésite plus à lui en parler lorsqu’elle se découvre enceinte. Elle est déçue de voir que cette nouvelle est sans effet sur lui. Elle s’était attendue à ce qu’il saute de joie et non pas à ce qu’il lui reproche de ne pas avoir pris de précaution.
    - Tu en as déjà deux, c’est largement suffisant ! Qu’est-ce qu’on va faire avec un troisième ? Déjà que tes filles ne te laissent pas le temps de souffler ! Je te vois après elles, tu te consacres à moi, après en avoir fini avec elles !, lui rappelle-t-il. Alors un troisième… Je ne crois pas que ce soit une bonne idée !
    - Il sera notre enfant… Il sera de toi et de moi, répond-elle. Il marquera notre amour… C’est un cadeau de la vie !
    - Ah non !
    Maya est choquée qu’il ne soit pas de cet avis. Il la veut pour lui tout seul. Maya ne sait plus quoi penser…

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 6e partie
    Par : Adila KATIA

    - Je ne veux pas te partager avec quelqu’un d’autre ! Tes filles sont insupportables… Pourquoi en ajouter un troisième ? On n’aurait plus d’intimité, dit Farid. Je te veux pour moi… Je refuse de te partager, répète-t-il. Tu ne pourrais pas confier les filles à ta mère ?
    - Ma mère est trop vieille, Farid ! Je croyais que tu aimais mes filles… Mon Dieu ! Comment ai-je pu m’imaginer un seul instant que tu n’appréciais pas leur présence ? Pourtant, elles sont adorables ! Tu n’aimes pas les enfants ?
    - Je ne veux pas en avoir maintenant ! Il gâcherait tout entre nous ! Arrange-toi pour…
    - Tu me suggères de m’en débarrasser ?, souffle Maya.
    - Si c’est possible.
    Maya le voudrait bien. Si elle arrive à mettre un terme à cette grossesse, elle ne serait pas obligée de rester mariée à lui.
    Elle le découvrait sous un nouveau visage et elle redoutait l’avenir depuis.
    Certes, elle éprouvait des sentiments pour lui, mais elle ne l’aimait pas au point d’abandonner ses filles pour lui. Il ne le méritait pas. Il aurait pu faire preuve de tact. Il n’aurait pas dû lui en parler maintenant.
    Il l’avait blessée et déçue sans s’en rendre compte. Il n’aurait pas dû. Maya se serait montrée bien plus optimiste quant à l’avenir. Elle ne serait pas en train de broyer du noir.
    Elle ne serait pas en train de tout faire pour mettre un terme à cette grossesse. Elle ne serait pas en train de pleurer quand cette nouvelle vie qui se développait en elle s’accrochait malgré tout.
    Au troisième mois de grossesse, elle est contrainte à reparler mariage avec Farid. Ils avaient continué à se voir, mais à aucun moment il ne l’avait rassurée quant à l’avenir.
    Ils se voyaient en l’absence des filles, et Maya se trouvait pieds et poings liés. Elle ne pourra jamais rompre.
    Cet enfant à venir aura besoin d’elle et de son père.
    En plus, on ne lui pardonnerait jamais. Maya sait que depuis qu’elle fréquente Farid, elle n’est plus bien vue dans le village.
    Elle n’était plus estimée comme avant. Un mariage ne pourra que leur clouer le bec.
    Farid fait la moue lorsqu’elle aborde le sujet. Les larmes aux yeux, elle ne lui cache pas que tous les moyens qu’elle a utilisés pour provoquer une fausse couche s’étaient révélés inutiles.
    Il s’accrochait désespérément à la vie. Ils devaient l’accepter et tout faire pour se rattraper.
    Dieu ne leur pardonnera jamais ce qu’elle a tenté de faire…
    - Sa venue au monde ne pourra qu’apporter bonheur et paix, dit-elle. Marions-nous !, le prie-t-elle. Tentons l’expérience… On n’a plus rien à risquer, plus rien à perdre… Puisqu’on s’aime toujours… N’est-ce pas ?
    - Oui… Mais tes filles ?…
    - Ne parlons pas d’elles, le prie-t-elle. Mais de notre mariage ! C’est ton enfant, lui rappelle Maya.
    Tu lui dois bien ça ! De naître dans la légitimité… Tu n’accepterais pas d’en faire un bâtard ?
    - Non.
    - Alors, prouve-le moi !
    Farid tient parole. Comme sa grossesse commence à être apparente, il est forcé de faire vite. Sans la présence des siens, des leurs. Craignant d’avoir à répondre à bien des questions impertinentes, elle et Farid avaient préféré les mettre devant le fait accompli.
    C’est le soulagement pour Maya, même si au fond elle est effrayée par la nouvelle vie qui l’attendait.
    Farid ne semble pas réaliser ce que ce mariage impliquait aussi. Il n’en prend conscience que le jour où l’un d’eux doit se résigner à vivre chez l’autre, et personne ne voulait quitter sa maison pour l’autre. Maya ne sait plus quoi faire, sentant que les problèmes ne font que commencer. L’un d’eux devait se plier à cet impératif, quitte à en souffrir…

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  6. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 7e partie
    Par : Adila KATIA

    - Les enfants se sentiront mieux ici…Il y a la cour, le jardin, dit Maya. C’est important pour leur épanouissement…Toi-même, tu prendrais plaisir à lire ton journal entouré de ces fleurs, de leurs parfums…Pourquoi se priver d’un tel plaisir alors qu’il est à nous ? Toi-même, tu le trouvais bien quand j’avais décidé de l’acheter…Tu t’en souviens ?
    - Bien sûr !…Mais c’était pour toi…Je ne comptais pas me marier avec toi et encore moins d’avoir un enfant, répond Farid. Maya…Viens habiter chez moi…
    Maya secoue la tête pour dire une fois de plus “non“. Bien avant d’avoir tenté de discuter avec lui, elle et ses filles en avaient eu une.
    Celles-ci s’étaient confiées à elle. Jamais elles ne se sentiront à l’aise ailleurs que chez elles. Quant à aller vivre chez lui, c’était impensable et inimaginable.
    Il était marié à leur mère et il leur avait à peine parlé.
    Les deux petites avaient été si claires avec leur mère que cette dernière ne pouvait pas fermer les yeux sur certaines vérités. Elle les connaissait déjà mais elle ignorait combien ses filles étaient hypersensibles. Très éveillées, intelligentes, elles n’avaient pas besoin d’un schéma pour comprendre.
    Maya était prête à tout pour leur bonheur. Jamais elle n’approuvera les choix de son mari si ses filles auraient à en souffrir. Non, elle ne partira pas chez lui.
    - Tu veux dire qu’on va vivre séparés ? demande Farid qui avait cru que Maya fléchirait facilement, pensant qu’en parlant de séparation, elle changera.
    - Si c’est l’unique solution pour vivre heureux, répond-elle, pourquoi pas ?
    - Que diront les gens ?
    - Vu notre situation, je n’y pense même plus ! Qu’importe ce qu’ils diront ! soupire-t-elle.
    Tant qu’on est heureux…
    Inutile de te plaindre dès maintenant, ajoute-t-elle. Je viendrais autant de fois que tu le veux…
    Comme avant…
    Leur relation aurait pu être comme avant si elle n’était pas enceinte, si son ventre ne grossissait pas si vite. Maya supporte les premiers mois de mariage, allant d’une maison à une autre, en plus de son travail.
    Heureusement qu’à ce dernier, le propriétaire compréhensif a engagé un jeune homme pour la seconder à la pharmacie.
    Au septième mois de grossesse, physiquement, Maya est à bout.
    Elle a des difficultés à se lever et son dos lui fait terriblement mal lorsqu’elle se penche et tente de se redresser.
    Un médecin lui recommande le repos complet. Si elle continuait à ce rythme, le bébé naîtrait avant terme.
    Elle ignore si c’est voulu ou pas de Farid mais sa maison est toujours en désordre et il ne prend pas soin des choses.
    Quand elle y va, il y a toujours des corvées qui l’attendent.
    Pourtant avant, il était ordonné et méticuleux…
    - Tu pourrais faire un peu plus attention, lui demande-t-elle. Je suis à bout Farid…
    - Tu ne voulais pas vivre ici, répond celui-ci. Si tu avais accepté, tu ne courrais pas d’une maison à une autre…Tu ne serais pas en train de s’épuiser pour rien !
    Maya ne se sent pas d’humeur à se quereller avec lui. Elle doit économiser ses forces, pour elle, pour ses filles qui tentaient par tous les moyens de l’aider, qui se faisaient toutes petites pour qu’elle se repose.
    - Tu pars ? Déjà ! On n’a pas discuté Maya ? Et mon dîner ?
    - Ton dîner, soupire-t-elle, l’ayant complètement oublié. Si tu as faim, tu n’as qu’à venir à la maison…Sinon, fais comme avant !

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  7. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 8e partie
    Par : Adila KATIA

    - Me voilà !… Tu me voulais ici ? Me voilà ma chère Maya !
    Farid était arrivé en pleine nuit, la tirant elle et ses filles du sommeil. Il était entré en utilisant la clef qu’elle lui avait donnée. Maya se met en colère, ne supportant pas son attitude. Il les avait effrayées. Ses filles tremblaient encore contre elle.
    - Tu aurais pu venir plus tôt, lui reproche-t-elle. Pourquoi attendre le milieu de la nuit ? Qu’est-ce que tu craignais ?
    - Je ne voulais pas voir tes filles…
    Maya a de la peine, mais elle ne dit rien. Elle l’aide à s’installer dans la chambre d’amis avant de retourner près de ses filles. Celles-ci ne s’étaient pas couchées. Elles avaient l’habitude de dormir dans la même chambre qu’elle. Maintenant que Farid était là, elles savaient que leur vie allait changer. Elles devront faire comme il veut, lui.
    Lisa et Maria ne prononçaient jamais son prénom, elles s’arrangeaient pour ne jamais être dans la même pièce que lui. Le plus pénible pour elles, était de se retrouver à table près de lui ou en face de lui.
    Maya constate amèrement que les sentiments qu’éprouvent ses filles et leur beau-père sont réciproques. Cela la désole et anéantit ses espoirs.
    Son mariage allait droit à l’échec, si aucun d’entre eux ne faisait un effort.
    Connaissant bien son mari, elle sait que rien de ce qu’elle pourra dire ne le touchera. Il ne lui restait qu’à sensibiliser ses filles. Elles sont sa dernière chance.
    Dès qu’elle aborde le sujet, Lisa et Maria devinent où elle veut en venir.
    - Tu veux qu’on l’aime ?
    - Si c’est possible… Vous savez que bientôt j’aurais un petit garçon… Ce sera votre petit frère… Il ne serait pas là sans Farid… Vous lui devez bien ça en échange, non ?
    - Mais s’il ne veut pas ?, s’inquiète Lisa.
    - Il finira par changer…
    C’est ce qu’elle espérait du plus profond de son cœur. Son rêve ne se réalise pas. Elle doit se faire violence pour ne pas se jeter sur lui quand il donne une correction à une de ses filles quand elle a fait trop de bruit, ou a renversé quelque chose ou cassé un des bibelots qu’il a rapportés de chez lui.
    - Tu ne trouves pas que tu en fais trop ?, lui crie-t-elle un matin après le départ des filles à l’école.
    - Il faut bien que quelqu’un les éduque sinon elles seront des bonnes à rien, répond Farid. Pour qu’elles soient présentables un jour…
    - Farid, elles sont encore des enfants… Elles doivent jouer, crier, se dépenser pour bien se porter physiquement et moralement, dit elle. à partir d’aujourd’hui, je t’interdis de lever la main sur elles… Tu es trop brutal !
    - Je suis leur père et tuteur maintenant, lui rappelle son mari. Elles doivent comprendre que tout dépend de moi…
    - Elles dépendent de moi, rectifie Maya. Si je te laissais faire, tu les battrais à mort !
    - Je te préviens ! Ne t’avise pas à te mettre entre elles et moi lorsque je les corrige ! Tu risquerais d’en prendre plein la figure !
    Les menaces de son mari la glacent. Maya ne croit pas qu’il oserait s’en prendre à elle. Plusieurs jours passent sans qu’il les gronde. Elle finit par oublier. Pourtant, un jour, elle le trouve en train de les battre dans la salle de bains, jurant de leur arracher la peau si elles avaient encore de mauvaises notes. Mauvaises ou bonnes, sa façon de les corriger ne plaisait pas à Maya. Pour la énième fois, elle s’interpose entre ses filles et son mari, défiguré par la colère. Quand il lève le bras, elle ne pense pas qu’il s’en prendrait à elle. La gifle l’assomme presque, Maya se penche sur ses filles et tente de les protéger. Il peut tout faire sauf s’en prendre à elles. Quitte à y laisser sa vie, il ne les touchera plus…

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  8. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 9e partie
    Par : Adila KATIA

    Farid ne se souvient plus de ce qu’il a fait. Le temps juste de quelques secondes. Quand Maya s’écroule de tout son poids sur le carrelage, tout lui revient et il panique, regardant autour de lui. Lorsqu’il croise les regards apeurés de Lisa et de Maria, il lève la main comme pour les frapper mais un gémissement l’arrête. Maya souffre. Il aperçoit du sang.
    - Si on ne les avait pas gardées, tu ne serais pas dans cet état ! Lâche Farid en la tirant hors de la salle de bain. Maya ? Maya ?
    Farid lui tapote les joues mais elle est toujours sans réaction. Il se presse de l’emmener à l’hôpital le plus proche. Un médecin s’est vite occupé d’elle. Un gynécologue l’assiste et décide de l’opérer. Maya était trop faible pour supporter une délivrance naturelle. Farid ne la quitte pas, la suivant au bloc opératoire où elle a été emmenée. Il reste dans le hall, faisant les cent pas en attendant la fin de l’intervention.
    Les trois heures lui ont paru une éternité. Il s’en veut à mort d’avoir levé la main sur elle. Quand il voit son visage blafard, ces yeux creusés par la fatigue, il se demande si elle s’en sortira. Mort d’inquiétude, il s’en va trouver le médecin de garde.
    - Quand va-t-elle revenir à elle?
    - Dès que l’anesthésie n’aura plus d’effet sur elle… Que lui est-il arrivé ?
    - On s’était querellés, répond Farid, honteux.
    - Juste querellés ? insiste le médecin.
    - Je l’ai un peu secouée… Je sais que je n’aurais pas dû… Est-ce qu’elle va s’en sortir ?
    - Oui, mais avec quelques séquelles… Vous avez vu le bébé ?, demande le médecin.
    - Non…
    Le médecin le conduit à la chambre qui servait de nurserie. Une infirmière s’occupait du bébé. Farid dissimule un soupir en voyant le petit bout de vie que Maya a porté durant des mois. Il le trouve laid, et ne se sent même pas ému en sachant que c’est son fils. Depuis toujours il n’aimait pas les petits. Jamais il ne s’était imaginé père. Et dans ces conditions…
    - Il faudra lui apporter le nécessaire, lui demande-t-elle, pour la changer et le nourrir…
    - Je reviendrais tout à l’heure, répond-il. Mais…
    Farid reste bouche bée quand elle lui tend le bébé. Il n’en a jamais pris de toute sa vie. Ce n’est pas maintenant qu’il le fera.
    - Vous ne voulez pas le voir ?, s’inquiète-t-elle les bras tendus vers lui.
    - Non… Je suis pressé… Une autre fois…
    Il part presque en courant, comme s’il craignait qu’elle ne le rattrape dans le couloir. Quand il trouve ses belles-filles à la maison, et qu’il se rappelle qu’elles sont à l’origine de ce qui vient d’arriver, il pousse un soupir. Elles méritent de mourir. Si Maya avait accepté de les confier à sa mère, il n’y aurait pas eu de problèmes. Leur bonheur aurait été parfait…
    - Hors de ma vue !
    - Maman ? Où est-elle ? Comment va-t-elle ?
    - À l’hôpital… à cause de vous…, répond-il. Elle a failli mourir…
    - C’est de ta faute, se défend Lisa. On n’y est pour rien !
    Abattu par cette journée éprouvante, Farid la laisse dire et va s’étendre dans la chambre pendant quelques minutes. Un temps suffisant pour se mettre les idées au clair. Quand il sort de la chambre et se rend à la cuisine pour prendre du café, il remarque que la maison est très silencieuse. Il fait le tour de chaque pièce mais ne trouve pas ses belles-filles. Il cherche dans le jardin et se met à les appeler dans la rue. Mais personne ne lui répond. Lisa et Maria sont parties. Elles doivent être très loin. Mais où ?

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    • Artisans de l'ombre Dit :

      Les sacrifices 10e partie
      Par : Adila KATIA

      Farid parcourt toutes les ruelles du village à pied, s’arrêtant dans chaque recoin des maisons et des boutiques, espérant trouver ses belles-filles. Si elles ont vraiment fugué, Farid jure en son for intérieur de leur donner une correction qu’elles ne seront pas près d’oublier avant longtemps.
      Il pense les trouver chez leurs camarades de classe mais aucune ne les a vues, tout comme leurs familles. Il montre leurs photos à ceux qu’il connaît, leur demandant de l’appeler chez lui ou de venir le trouver si elles sont aperçues au village ou ailleurs.
      Ses recherches doivent être remises à plus tard car il doit retourner à la maternité pour apporter des affaires pour le nouveau-né et ce dont il a besoin. Il aurait voulu rester au chevet de Maya mais il rentrera vite pour reprendre ses recherches. Il pense qu’avec la nuit tombante, elles auront peur de rester dehors et rentreront à la maison.
      Elles sont encore des enfants. Elles n’iront pas loin. Ces dernières pensées le rassurent. D’ailleurs, à part les gens qu’elles connaissent au village, elles n’ont aucune tante ou oncle dans l’environ. Farid fait le guet, appuyé à la fenêtre. Il commence à s’impatienter lorsqu’il remarque la nuit tombante, se demandant où elles ont bien pu aller, se refusant de penser au pire. Pourtant, il ne pouvait pas s’empêcher d’y penser. Et si les filles étaient déjà loin ? Et si elles avaient accepté de monter dans la voiture, d’un sadique ou d’un pédophile ?
      Il se demande s’il doit toujours attendre, s’il ne devrait pas prévenir la gendarmerie. Farid s’en va trouver les voisins et les interroge de nouveau mais personne ne les a vues dans le quartier. Il fait une nouvelle fois le tour du village. Aucune ombre d’enfants dans les ruelles. Comme il est en voiture, il retourne à l’hôpital. Il est presque dix heures du soir quand il y arrive. Grace à une connaissance, il peut y entrer pour une courte visite.
      - Juste cinq minutes, lui dit-il. Fais vite…
      Farid est heureux en découvrant que Maya est revenue à elle. Elle souffre encore mais elle a repris conscience. Elle se rappelle tout. Des larmes coulent au souvenir des douloureux souvenirs de la veille.
      Tout ça parce qu’il n’aimait pas ses filles et les enfants en général.
      - Tu as vu le bébé ? lui demande-t-elle.
      - Oui, c’est un très beau garçon… Tu te sens mieux ? lui demande-t-il.
      - Je souffre le martyre, murmure-t-elle. Si je ne crie pas, c’est par pudeur ! Comment sont Lisa et Maria ?
      - Bien, lui répond Farid sans la regarder. Elles sont contentes d’avoir un petit frère…
      - Tu me les ramènes demain, elles me manquent, lui dit Maya. Ça va mieux entre vous trois ? Je t’en prie, sois patient avec elles !
      - Oui, la rassure son mari. Ne t’en fais pas… Tout va bien…
      - C’est vrai ?
      - Oui.
      Farid se demande ce qu’il pourra bien lui dire si, par malheur, les filles ne donnaient pas signe de vie. Il ne dort pas de toute la nuit. Pour la première fois de sa vie, il est inquiet. Lisa et Maria sont toute la vie de Maya. S’il leur arrivait quelque chose, il sait que Maya lui en voudra à mort. Il sait aussi qu’elle n’hésitera pas à le quitter. Il découvrait qu’il tenait encore plus à elle, et surtout qu’il ne voulait pas la perdre. S’il n’y avait pas eu ses belles-filles, tout aurait joué en sa faveur. Ils auraient été très heureux et il n’y aurait eu aucune ombre menaçante sur leur bonheur et sur le mariage.
      Pour préserver ce dernier, il devait tout mettre en œuvre pour retrouver ses belles-filles. Maya devait tout ignorer de leur fugue. Sinon elle le quittera…

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      • Artisans de l'ombre Dit :

        Les sacrifices 11e partie
        Par : Adila KATIA

        - Mais où peuvent-elles bien être ?, s’écrie Farid en claquant la portière de sa voiture avant de se diriger vers la gendarmerie. Sans son aide, il ne les retrouvera jamais. Durant toute la matinée, il avait refait le tour du village et les alentours, mais personne ne les avait vues. Lisa et Maria s’étaient volatilisées dans la nature.
        - Pourquoi ont-elles fugué ?
        Farid leur raconte qu’après une correction pour qu’elles soient plus studieuses à l’avenir, elles avaient profité d’un moment où il était occupé pour sortir. Ce qui était vrai.
        - Pourquoi avoir attendu maintenant ? Cela fait vingt-quatre heures depuis qu’elles ont disparu, lui fait remarquer l’un d’eux. Quel âge ont-elles ?
        - Sept ans toutes les deux… Elles sont de fausses jumelles, explique-t-il tout en leur donnant des photos d’elles. Je suis leur seule famille… Elles n’ont personne d’autre…
        - Et leur mère ?
        - Elle est à la maternité… Elle n’est pas au courant de leur fugue, leur confie-t-il. Je ne peux pas le lui dire maintenant…
        - N’en faites rien maintenant ! Attendez qu’il y ait des faits nouveaux… Elles finiront par rentrer à la maison puisqu’elles n’ont personne ici.
        Farid souhaite leur retour. Que ne donnerait-il pas pour effacer ces deux jours passés !
        Une fois qu’il est dans la rue, il se demande si les gendarmes pourront l’aider. Il hésite à se rendre à la maternité, ignorant comment il pourrait faire face aux interrogations de sa femme. Pourtant, il n’avait pas le choix. Il devait lui rendre visite maintenant. Il passe en premier au restaurant pour lui apporter de quoi manger. Mais Maya n’est pas encore en état d’avaler quoi que ce soit. Le geste de Farid la touche.
        Quand il demande des nouvelles du nouveau-né, elle pense qu’il a changé et qu’il est revenu à de meilleurs sentiments. Elle croit que sa fibre paternelle s’est réveillée en voyant son fils.
        - Tu sais, on ne lui a pas encore donné de prénom, lui dit-elle. J’en ai choisi quelques-uns, ajoute-t-elle avant de les lui citer. Mais celui qui me plaît le plus est Sabri… Qu’est-ce que tu en penses ?
        - On lui donnera le prénom qui te plaît le plus.
        - Pourquoi n’as-tu pas ramené les filles ? Je voulais les voir, soupire Maya. Elles me manquent… Tu ne peux pas savoir à quel point !
        - Elles ont école jusqu’à quatre heures, ment-il. Elles vont très bien… Ne te fais pas de mauvais sang pour elles… Demain, je te les amènerai…
        - Oui…
        - Chérie, tu me pardonneras de partir si tôt… J’ai le marché à faire et des copies à corriger, ment-il encore. Mais je reviendrai ce soir, lui promet-il tout en déposant un baiser sur son front. Repose-toi chérie, tout va bien.
        Farid ne rentre pas à la maison, il retourne à la gendarmerie où il apprend qu’une voiture de patrouille est en train de faire le village et les alentours. Il espère que ces derniers auront plus de chance dans leurs recherches et qu’ils retrouveront vite les filles. Cela allait faire plus de quarante-huit heures depuis qu’elles avaient disparu.
        Il espère qu’elles ne sont pas loin d’ici. Sinon il aura bien du mal à expliquer leur fugue à Maya…
        - M. Farid… ?
        Farid se tourne lentement vers celui qui vient de l’interpeller. C’est un homme d’âge mûr. Il ne l’a jamais vu auparavant. Il n’a pas l’allure d’un mendiant. Que peut-il bien lui vouloir ?

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        • Artisans de l'ombre Dit :

          Les sacrifices 12e partie
          Par : Adila KATIA

          - C’est bien moi… Que voulez-vous ?
          - Juste vous aider…
          Farid le regardait sans comprendre. Il reste sans réaction quand il le pousse contre une voiture. Ce n’est que quand il reçoit le premier coup de poing et les suivants qu’il tente de se défendre. Mais l’inconnu est plus fort que lui et ses coups sont précis et sûrs.
          - La prochaine fois que tu voudras te battre, trouve-toi un homme de ta corpulence !, lui conseille-t-il. Ne t’en prends pas à des fillettes ! Chien !
          - Qui êtes-vous ?, demande Farid.
          - Moi… Je suis leur grand-père maternel… Où est Maya ? Personne ne l’a vue à son travail…
          - On vient d’avoir un fils, lui apprend Farid. Vous l’ignorez, mais on est mariés ! Je suis le tuteur de ces fillettes maintenant !
          - Vous vous êtes comportés en brute en les battant ! Si je voulais, je t’enverrais en prison… Mais Maya en souffrirait et je veux lui éviter ça… Sinon, tu mérites vraiment de passer un séjour en prison… Tu y aurais rencontré des brutes de ton espèce… Dans quelle maternité est-elle ?
          - Comment savez-vous pour les filles ?, demande Farid.
          - Elles sont venues à Sidi Aïssa par car. Sans elles, je n’aurais jamais su qu’elles vivaient avec un monstre, car il faut vraiment l’être pour s’en prendre à des enfants de cet âge !
          - Vous allez voir Maya ?
          - Oui, j’ai laissé les filles à leur grand-mère !, lui apprend-il. Elles ne reviendront plus ici !
          - Maya ignore tout de leur fugue, confie malgré lui Farid. Je vous en prie, ne lui en dites rien. Elle n’est pas en état de supporter un choc émotionnel !
          - Tôt ou tard, elle l’apprendra !
          - Je peux vous emmener à la maternité, propose Farid qui voulait assister à leur entretien. Vous ne perdrez pas votre temps en recherches inutiles.
          - Je refuse. Je devine votre arrière-pensée… Farid, je ne suis pas né de la dernière pluie !
          Farid rentre chez lui à bout de nerfs. S’il avait encore pu, il aurait passé sa colère sur ses belles-filles, une nouvelle fois. Elles le méritaient. Par leur faute, il risquait de perdre Maya à tout jamais.
          Jamais elle ne lui pardonnera de ne pas avoir fait plus attention à elles. Il était responsable de Lisa et de Maria en son absence. S’il avait su garder un œil sur elles, elles ne seraient pas parties jusqu’à Sidi Aïssa en car. Il aurait pu leur arriver un accident. Elles auraient pu être la proie idéale d’un sadique qui aurait croisé leur chemin. Dans quelle situation il se serait retrouvé ! Encore plus dramatique que l’actuelle…
          Farid ne tient plus en place. Il passe sa colère sur les objets à portée de main, faisant les cent pas à travers la maison. Il ne sait plus quoi penser ni quoi espérer. Son mariage ne tient plus qu’à un fil.
          Son beau-père pouvait apprendre la vérité de Maya. En plus d’être une brute, il était irresponsable et menteur. Même s’ils ont fondé un foyer maintenant, quand elle saura, elle n’hésitera pas à le quitter.
          Pour Farid, c’était une évidence que rien ne pourrait changer.
          Au bout de deux heures, il n’en peut plus d’être dans l’ignorance. Il part à la maternité. Il devait savoir ce qu’il en était, si Maya savait, si elle était en colère, si elle avait la force de lui pardonner. Il sait que ce ne sera pas facile, parce que, pour elle, ses filles étaient toute sa vie…

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  9. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 13e partie
    Par : Adila KATIA

    Farid hésite à entrer dans la chambre. Pendant quelques secondes, il tente de bien écouter tout ce qui peut en provenir. Des bribes de conversation lui parviennent sans peine. Maya ne pleure pas, ne se lamente pas sur son sort. Il lui semble même qu’elle rit un peu.
    Farid finit par se décider à entrer. Maya l’accueille avec un sourire des plus chaleureux. Elle semble très heureuse.
    - Enfin te voilà ! Je te présente mon père Ahmed… Pourquoi ne m’as-tu pas dit que tu lui avais confié les filles ? C’était une très bonne idée, pourquoi ne m’en as-tu pas parlé ?
    - Peut-être que tu n’aurais pas accepté, répond -il. Tu te sens mieux ? Tu peux manger maintenant ?
    - Oui, rien que du bouillon… Quant aux douleurs, j’en ai chaque fois que je bouge… J’aurais aimé voir mes filles !
    - Dès que tu iras mieux, je t’emmènerais à la maison… On prendra soin de toi et de ta petite famille, lui promet son père. Même Farid est invité…
    - Oui, dès que j’irai mieux, dit Maya. J’espère que tu sauras l’apprécier autant que moi…
    - Je n’en doute pas, murmure son père en regardant Farid dans les yeux. C’est un mari hors pair !
    - Tu as besoin de quelque chose ? demande Farid qui commençait à étouffer.
    - Oui…
    Maya lui remet une feuille où elle a écrit tout ce dont elle a besoin. Pour elle et pour le bébé…
    - J’y vais tout de suite ! A plus !
    Farid lui fait un signe de la main avant de sortir. Son beau-père le rejoint dans le couloir.
    - Pourquoi ne lui avez-vous rien dit ?, l’interroge-t-il.
    - Je voulais te donner une seconde chance, répond Ahmed. Prends-en grand soin !
    Farid lui serre la main, reconnaissant. Il sait que son beau-père aurait pu profiter de la situation pour monter Maya contre lui, mais il ne l’avait pas fait. Il venait de lui accorder une seconde chance. Farid en avait conscience, plus que jamais. Il jure en son for intérieur de ne pas la gâcher.
    - Merci.
    Farid s’en va faire les achats pour sa femme et son bébé. Quand il revient une demi-heure plus tard, son beau-père n’est plus là. Il est parti pour arriver dans la soirée à Sidi Aïssa.
    - Je suis heureuse que votre rencontre se soit bien passée, dit-elle. Comment as-tu fait pour le contacter ?
    - J’ai trouvé le numéro dans un relevé de facture… C’est le seul numéro que tu appelles, répond Farid. Moi aussi, je suis content que tout se soit bien passé… Je craignais tellement cette rencontre !
    Farid ne lui précise pas de quelle rencontre. Il y était tellement soulagé qu’il soupire à plusieurs reprises. Maya le remarque. Ce n’est pas dans ses habitudes de soupirer autant…
    - Quelque chose ne va pas ?
    - Non… Quand je pense que j’aurais pu te perdre, confie-t-il, j’en ai des sueurs froides…
    - Je vais mieux… Dans deux ou trois jours, je pourrais quitter la maternité… On partira chez mes parents !
    Farid hoche la tête.
    Il ne peut pas refuser ou retarder ce départ.
    Maya a besoin de repos et d’aide, ce qu’il ne peut pas lui fournir en cette période de fin trimestre. Il a encore tellement de copies à corriger. Si Lisa et Maria n’avaient pas fugué, il aurait presque terminé.
    Comme il y avait eu des impératifs plus urgents, il avait tout remis à plus tard. Farid souhaite que durant ce séjour les filles demandent à rester avec leurs grands-parents. Elles lui faciliteraient la tâche. Plus que jamais il ne voulait pas vivre avec elles. Mais il fallait que cela vienne d’elles pour que Maya l’accepte et ne le quitte pas…

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    • Artisans de l'ombre Dit :

      Les sacrifices 14e partie
      Par : Adila KATIA

      Une semaine après la visite de son père, Maya peut enfin quitter la maternité, le bébé dans les bras. Farid est venu la chercher après les cours de la matinée.
      Une surprise l’attend chez elle. Farid a pensé à inviter tous leurs amis et quelques voisins. Il avait aussi loué les services d’un restaurateur.
      Le déjeuner était prêt. L’après-midi se passe dans une ambiance bienheureuse. Maya s’est mise à l’aise dans leur chambre. Les femmes viennent la rejoindre et discutent de tout ce qui concerne les dispositions qu’elle va devoir prendre après son retour au travail.
      - Tu vas reprendre après ton congé de maternité ou prendre toute une année ? lui demande sa voisine.
      - Je ne pourrai pas… Je reprendrai mon travail, j’y tiens, dit Maya. Trois mois me suffisent à me remettre… Comme j’habite près de la pharmacie, je pourrai m’en occuper !
      - Si tu auras besoin d’une nourrice, tu sais où me trouver…
      - Merci, Sabri est un ange, il est facile à vivre. S’il n’y avait pas cette cicatrice, je ne croirais pas avoir été opérée !
      - Ta famille va venir te voir ?
      - Mon père va venir me chercher. Je vais rester quelque temps avec ma famille…
      - Cela te fera du bien après tout ce qui t’est arrivé, lui dit une autre. Je pensais que cela t’aurait profondément marquée…
      - Ce n’était pas si grave, répond Maya. C’est arrivé à plus d’une…
      - Je ne parlais pas de l’opération mais de…
      - Mesdames, vous m’excusez, vos maris vous demandent ! crie presque Farid qui venait de surprendre un bout de leur conversation. Il avait préféré les interrompre en devinant qu’elles allaient parler de la fugue de Lisa et Maria. Ces femmes devaient partir tout de suite.
      Farid ne quitte pas la chambre et il attend qu’elles aient toutes dit au revoir à Maya. Celle-ci semblait contrariée et perplexe.
      Pendant un moment, elle n’entend pas le bébé pleurer. Pourtant, il est près d’elle. Sans Farid, il aurait continué à pleurer. Maya ne réagit que lorsqu’il le prend du berceau.
      - Qu’est-ce que tu fais Farid ?
      - Je le réconforte… Il pleurait, Maya ! À quoi pensais-tu ?
      - À rien… Qu’est-ce qui s’est passé durant mon hospitalisation ? l’interroge-t-elle en tentant d’accrocher son regard.
      - Rien. Pourquoi ? Tu es au courant de tout, ment-il. Je te faisais un rapport à chacune de mes visites, lui rappelle-t-il. Pourquoi ? tu doutes de moi ?
      - Je ne sais pas… J’ai cru qu’il s’était passé quelque chose de grave, dit-elle avant de soupirer. Tu n’as pas eu de problèmes avec les filles ? Je sais que le contact n’est pas bon entre vous… Farid ?
      Ce dernier pense qu’il devrait le lui dire pour qu’il n’y ait aucun secret entre eux, pour qu’il ne soit pas toujours aux aguets quand une personne approchera sa femme. Pourtant quand il pense à tout ce qu’elle vient de traverser, il ne veut pas la choquer. La nouvelle la perturberait au point où elle ne pourra plus allaiter leur bébé. Quelqu’un lui avait dit que le lait risquait de tourner quand la maman était anxieuse, en colère ou si elle pleurait. Non, il ne pouvait pas le lui dire. Il ne pouvait pas prendre ce risque maintenant.
      Aussi, pour éviter que cet incident n’arrive, Farid se presse de l’emmener dès le lendemain chez ses parents. Si ces derniers voulaient le lui apprendre, ils lui rendraient service. Ainsi il saura si Maya tient à lui au point de lui pardonner sa conduite.
      - Tourne à gauche, c’est la première maison…
      Dès que la voiture s’arrête devant le portail, la famille de Maya sort les accueillir. Tous sont heureux de les voir. Farid devine qu’il en faudra beaucoup pour avoir une relation normale avec ses belles-filles.
      Quand il leur tend les bras, uniquement pour les beaux yeux de Maya, celles-ci feignent de ne pas avoir vu son geste, passent devant lui et enlacent à leur mère. Autant que lui, elles ne veulent pas d’une réconciliation…

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  10. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 15e partie
    Par : Adila KATIA

    - Mes filles, dites bonjour à papa !
    Maya est surprise de sentir ses filles se raidir contre elle. Elle devine que leur relation est toujours aussi glaciale. Elle se souvient qu’il les corrigeait souvent. Mais elle connaît aussi ses filles, même si elles sont rancunières, ce n’est pas au point de refuser de lui dire bonjour.
    - Lisa ! Maria !… Je ne veux pas me répéter, dit-elle en haussant un peu la voix. Qu’attendez-vous ? Je ne veux pas m’énerver…
    - Bonjour ! Bonjour !
    Les fillettes courent à l’intérieur de la maison et restent dans leur chambre pendant tout le déjeuner. Farid est mal à l’aise. Si ses belles-filles ne changeaient pas de conduite, Maya allait finir pas se douter qu’il s’était passé quelque chose en son absence.
    D’ailleurs, elle ne termine pas son déjeuner et va rejoindre ses filles pour avoir une discussion avec elles.
    Les parents remarquent l’inquiétude de Farid et ne soufflent mot pendant un moment. Farid a la gorge nouée d’inquiétude et ne peut plus rien avaler. Il voudrait se lever et rejoindre Maya, mais étant chez ses beaux-parents, il ne pouvait pas tenir une discussion d’ordre privé.
    Ils en sont au dessert lorsque Maya revient au salon, accompagnée de ses filles. Apparemment, elle a réussi à les convaincre de venir à table. Les fillettes ont les yeux rouges. Il est évident qu’elles ont pleuré. Farid se demande si elles n’ont pas tout dit à leur mère.
    Celle-ci évite son regard et s’occupe à servir ses filles.
    Elles ne grignotent que des frites et prennent rapidement leur mousse au chocolat. Sur un signe de leur mère, elles sortent jouer dans le jardin. Maya profite de ce moment pour discuter avec eux. Les doutes de Farid se confirment. Elles ont eu une discussion avant de revenir à la salle à manger.
    - Lisa et Maria m’ont demandé quelque chose maman, papa, commente-t-elle. J’avoue que leur demande m’a surprise, mais comme elles y tiennent, je ne peux pas faire autrement… Elles veulent rester vivre avec vous ! Comme avant…
    - Mais pourquoi ?, s’écrie sa mère. Elles t’aiment tellement ! Je ne les comprends pas !
    - Je le sais… Mais elles tiennent à rester ici, insiste Maya. Elles doivent être jalouses de leur frère. Enfin, je ne sais pas, avoue-t-elle. Un jour, on finira par savoir !
    - Je ne pense pas que le moment d’en discuter soit approprié, intervient Farid. Tu es ici pour quelque temps… Elles changeront de sentiments avant la rentrée !
    - Je ne pense pas. Mais je l’espère, papa !
    Des larmes mouillent ses yeux en pensant qu’elle devra se préparer à une nouvelle séparation. Farid pose une main réconfortante sur son bras.
    - Elles n’auront pas la force de rester loin de toi, lui dit-il. Je les connais… Elles t’aiment tellement qu’elles ne le supporteront pas…
    Et puis, au cas où elles tiendraient vraiment à rester ici, elles sont les bienvenues. Elles seront bien entourées…Tes parents sont dignes de confiance… Rien de mal ne pourra leur arriver près de nous !
    Maya regarde ses parents hocher la tête et confirmer les propos rassurants de son mari.
    Les pleurs du bébé la contraignent à les laisser. Ahmed profite de ce court instant où sa fille n’est pas là pour dire à Farid de partir.
    - J’accepte que tu sois son mari mais je ne te veux plus chez moi. Trouve un prétexte pour rentrer chez toi ! Les filles ont décidé de rester ici et elles resteront… Tâche de faire le bonheur de ma fille, sinon tu auras de mes nouvelles !

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  11. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 16e partie
    Par : Adila KATIA

    - Pourquoi partir dès maintenant ?
    - J’ai encore tant de choses à faire…Mais je trouverais le temps de revenir, promet-il.
    Farid se rappelle comment il les lui avait citées une à une, la correction des copies, le relevé de notes, les conseils de classe de fin d’année. Tout cela allait lui prendre un temps fou. Il avait besoin de s’organiser et de se reposer.
    Il a un soupir en se rappelant ses larmes. Maya avait pleuré au moment où il allait partir. Elle avait réussi à l’émouvoir. Il l’aimait mais sa peine ne le touchait pas. Du fond du cœur, il prie pour que les filles campent sur leurs positions. Ne pas revenir vivre avec eux leur permettra d’ être tranquillement heureux. Jamais il n’avait voulu partager Maya, même avec un enfant à lui. Maintenant que ce dernier est là, il devra le supporter. Il sait que Maya en sera très peinée car il ne jouera pas la comédie bien longtemps. Seulement pour un temps…
    Farid retrouve sa vie d’avant son mariage avec Maya, faite d’ordre, de silence et de solitude. Il ne reçoit pas sa famille avec qui il était fâché depuis des années. Il est bien rare qu’il reçoive de la visite de collègues. Juste après les conseils de classe, il voit les grandes vacances arriver avec soulagement.
    Il loue quelques films et emprunte quelques livres. Il tient à passer agréablement ses vacances. Maya l’appelle presque chaque jour, prenant de ses nouvelles. Il lui manque. Farid sent qu’elle n’attend qu’un signe de lui pour rentrer à la maison.
    - Tu n’es pas encore en état de t’occuper du bébé et du reste, lui dit-il. Un peu de repos ne pourra que te faire du bien…Tu en as besoin, tu le sais ?
    - Oui, mais tu me manques…J’ai besoin de toi…Farid, tu es en vacances, tu pourras m’aider quand je serais fatiguée…Cela fait plus d’un mois depuis que je suis chez mes parents, lui rappelle-t-elle.
    - Tu veux que je vienne te chercher ?
    - La réponse de sa femme ne l’étonne pas. Elle lui demande de venir dès le lendemain mais Farid n’ira la chercher que la semaine suivante, prétextant avoir été voir des amis qui avaient perdu un parent.
    Maya est tout étonnée. Jamais auparavant, il n’allait rendre visite à ces amis. Et il était en froid avec sa famille depuis des années. Il aurait fallu un miracle pour qu’il consente à se réconcilier avec eux.
    - Maya a la certitude qu’il ment, même si elle n’en a pas la preuve. Farid ne prend même pas un café quand ses parents l’y invitent.
    - Tes affaires sont prêtes ? lui demande-t-il.
    - Oui.
    Son beau-père va les chercher et les met dans le coffre de la voiture. Maya sort, suivie de sa famille qui est très peinée de la voir partir. Les embrassades durent longtemps, au goût de Farid. Il a du mal à se retenir de klaxonner pour la pousser à le rejoindre dans la voiture.
    - ça va ! J’arrive…
    - Farid soupire quand il peut enfin démarrer. Maya trouve son attitude bizarre. Lorsque le bébé se met à pleurer, Farid s’emporte et lui demande de le faire taire par n’importe quel moyen. Parce que ces pleurs lui tapaient sur les nerfs…

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  12. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 17e partie
    Par : Adila KATIA

    Le voyage avait paru interminable pour Maya. Apparemment, Farid avait les nerfs à bout. Dès que Sabri se mettait à pleurer dans son sommeil, Farid lui lançait des regards assassins. C’en était au point où Maya avait le cœur déchiré. Elle découvrait qu’il était toujours le même. Qu’il haïssait les enfants. Pourtant il enseignait au collège. Comment faisait-il pour supporter les élèves ? Elle ne comprend pas pourquoi il est aussi indifférent ! Comment se fait-il qu’il n’éprouve aucun sentiment pour le bébé de son sang et de sa chair ? Elle a beau tenter de comprendre, elle ne trouve aucune réponse à ses questions.
    - Fais le taire ! crie presque Farid. Il me tape sur le système nerveux !
    - Il n’aime pas être mouillé, répond Maya. Si tu veux bien t’arrêter cinq minutes, lui demande-t-elle après une légère hésitation. J’en profiterais pour le changer.
    Mais Farid refuse. Il exige seulement le silence et Maya n’arrive pas à calmer le bébé. Elle soupire de soulagement en s’apercevant qu’ils allaient bientôt arriver à la maison. Elle avait fini par penser que ce voyage était un cauchemar qui ne voulait pas prendre fin. Qu’aurait-il fallu pour la réveiller ? La ramener à la réalité…
    Une réalité difficile à affronter, tous ses espoirs étant tombés à l’eau. Farid ne changera jamais. Il ne pouvait pas s’imaginer combien il la peinait.
    - Qu’y a-t-il ? Pourquoi pleures-tu ? lui demande-t-il.
    Maya ne s’en était pas rendu compte. Le silence de la maison lui était insupportable. Avant, Lisa et Maria y mettaient une ambiance de joie enfantine, riant pour un rien, s’amusant avec n’importe quoi. Le dernier, leur favori était Sabri. Comme il allait leur manquer, tout comme elles allaient lui manquer à elle ! Elle n’aurait pas dû leur laisser le choix. Elles lui manquaient déjà…
    - Après Sabri, c’est toi ! s’exclame Farid. Et tous les deux, c’est sans raison !
    - Pas du tout, murmure-t-elle. La maison est si triste sans mes filles…
    - Il faudra bien t’y faire, elles ne reviendront plus vivre ici, lâche-t-il. Un seul enfant nous suffit ! Les avoir tous les trois ici, me rendrait fou ! Je ne rêve que de silence ! Toute l’année, avec les élèves…
    - Tu pourrais changer de métier, dit-elle. Si tu as des migraines chroniques, tu pourrais te trouver un travail où tu t’épanouirais !
    - Comme si c’était facile de changer de métier !
    - Tu pourrais devenir inspecteur, il y a bien des concours… ou tenter d’avoir un poste administratif, émet-elle en essuyant ses larmes. Tu dois faire un effort pour nos enfants ! Car mes filles comptent beaucoup pour moi… Elles reviendront ici, parce que je vis ici… Un jour ou l’autre…
    - N’y compte pas, dit Farid. Je ne veux plus d’elles ici !
    Maya ferme les yeux et s’efforce au calme. Le moment était vraiment très mal choisi pour se quereller. Ils risquaient de se dire des méchancetés sans les penser vraiment. Des méchancetés qu’ils regretteraient plus tard. Maya savait qu’il tenait très fort à elle. Peut-être qu’il finira par changer…
    - Tu as besoin de la salle de bains ? lui demande-t-elle.
    - Non, pourquoi ?
    - Je vais donner un bain à Sabri…
    -Maya croit que cela l’aidera à se détendre, à passer quelques heures calmes après tout ce voyage où il n’avait pas cessé de pleurer.
    Elle lui donne rapidement un bain et le laisse jouer avec un pan de la serviette. Ce moment calme lui permet de retrouver son souffle. Et aussi de s’éclaircir les idées.
    Elle avait cru que ce mois de solitude aurait ouvert les yeux à son mari et aurait rehaussé la valeur des êtres qui l’entouraient. Mais rien n’y faisait.
    S’il n’y avait pas cet espoir qui l’habitait depuis toujours, elle renoncerait dès maintenant. Mais il y avait ces trois êtres de sa chair et de son sang. Elle avait beau aimer Farid, ses trois enfants comptaient plus que tout pour elle.
    Maya était prête à lui donner une chance pour qu’il puisse connaître le bonheur familial. Mais elle était aussi prête à tout s’il voulait exclure les autres de sa vie…

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  13. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 18e partie
    Par : Adila KATIA

    Le soir même de son retour, Maya et Farid s’accrochent. Le bébé a du mal à s’endormir. Il pleure souvent et refuse le biberon.
    Habituellement, Maya allaite son fils mais, angoissée par l’attitude négative de son mari et leur querelle, elle craignait que Sabri ne tombe malade. Elle lui prépare une tisane mais le bébé refuse le biberon.
    En fait, il n’était pas malade mais la mauvaise humeur de son père l’avait gagné. Maya se retrouvait en train de jongler, tentant de les calmer tour à tour. Si le bébé était parfois sensible au réconfort qu’elle tentait de lui apporter, dès qu’il entendait son père crier, ses pleurs reprenaient de plus belle.
    - Fais-le taire !
    - Si tu cessais de crier, je parviendrais peut être à le calmer !
    Ce n’est pas facile pour elle. Pour ce soir-là et pour ceux qui suivent.
    Sabri est insupportable la nuit, refusant de dormir plus d’une heure. Maya ne peut dormir que de courts quarts d’heure, épuisée par ses pleurs et ses nuits de veille, à bout de nerfs, fatiguée d’avoir à expliquer à son mari que le bébé n’est pas malade et que tout dépend de lui.
    - Il veut seulement un peu d’amour, lui dit-elle un matin. Sabri est hypersensible, plus tu t’énerves, plus il sera troublé… et on n’aura ni la paix, ni le repos.
    Après plusieurs nuits blanches, Farid décide d’aller chez lui. Il n’en peut plus. Il ne peut plus. Il ne peut rien faire sans provoquer l’hystérie du bébé. Maya en souffre encore plus. Le départ de Farid est un coup terrible pour elle.
    - Tu ne peux pas m’abandonner ! lui crie-t-elle au téléphone. Sabri est ton fils… Tu as autant de responsabilités que moi… Pourquoi les fuir ? Jusqu’à quand je vais devoir tout supporter toute seule ?
    - Je suis désolé, mais je ne supporte pas les enfants. Pourquoi ne le confies-tu pas à une nourrice ?
    - Mais il est trop petit… Quand je reprendrais le travail, j’y serais contrainte mais pas avant ! Ne fais pas l’enfant et reviens !
    - Je vais voir…
    Le silence et la voix réconfortante de Maya réussissent là où elle avait échoué depuis son retour à la maison. Le bébé est plus calme et dort du sommeil du juste le soir. Il y a des moments où Maya se lève pour s’assurer qu’il est bien portant.
    Ces semaines de pleurs et d’insomnies sont bien loin maintenant.
    Dès que son congé de maternité prend fin, Maya contacte son patron pour le prévenir de son retour. Aussi, comme c’est bientôt la rentrée scolaire, elle appelle son père.
    Au début, elle songeait à lui envoyer de l’argent pour les frais de la rentrée puis son cœur de mère s’est rebellé. Ses filles devraient être avec elle. Ses filles rentreront et vivront à la maison, sous le même toit qu’elle. Farid était retourné chez lui et ne rentrait que lorsque le bébé dormait. Ce mode de vie semblait lui convenir à merveille…
    La nouvelle de leur retour le tétanise.
    - Quoi ? Les filles vont revenir ? s’écrie-t-il quand elle lui apprend la nouvelle. Mais pourquoi ? Elles sont très bien chez tes parents !
    - Pour toi, peut être ! C’est de mes filles qu’il s’agit Farid, rétorque-t-elle. J’ai besoin de les avoir près de moi pour avoir le moral ! Je ne cesse de penser à elles. Elles n’ont plus de père et de mère, alors que moi, je suis encore là !
    - Je croyais que tu me comprenais, que tu m’aimais vraiment, regrette-t-il.
    Mais Maya est décidée. Dans sa peine, elle puise de la force.
    - Écoute, je ne te force pas à les aimer… Tu n’auras pas à les supporter puisque tu habites seul…
    Si tu veux, on continue ainsi, si cela t’arrange ! Si tu veux une vie de famille, tu sais où nous trouver ! Prends ton temps pour réfléchir, lui dit-elle. On fera comme tu voudras…
    - Vraiment ?
    Maya lui affirme que oui. Il pouvait prendre tout son temps pour trouver une solution à leur problème. Car c’en était un et il était grave.
    Maya pensait qu’il était temps d’y mettre fin par n’importe quel moyen, et tant pis pour les souffrances à venir ! Elles ne peuvent pas être pires que celles qu’elle vit actuellement…

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  14. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 19e partie
    Par : Adila KATIA

    - Maman, tu en es sûre ? Il ne va pas se fâcher contre toi ?
    - Non, il pourra tout faire, sauf se fâcher contre moi ou vous, les rassure Maya. Jamais plus il ne s’en prendra à vous ! Je vous le jure !
    - Mais s’il s’en prend à toi ? s’inquiète Lisa.
    - Je saurais me défendre, répond-elle, d’un air très sûr.
    - Et s’il te prenait mon frère ? demande Maria.
    - Ça ne risque pas d’arriver, soupire Maya avant de rire un peu. Il a trop peur de ce bout de chou !
    - Pourquoi il ne vient pas ? continue Maria.
    - Il est en train de réfléchir… Il doit se trouver devant une impasse…
    Farid prend plus d’un mois avant de se manifester, même s’il habite à un kilomètre de là, il ne va pas la voir chez elle. Il l’appelle à son travail. Maya aurait voulu lui raccrocher au nez mais la situation ne pouvait pas en rester là. Elle ne pouvait pas être plus grave. Quand il lui parle d’amour, elle a la nausée.
    - Pourquoi tu ne les confies pas à une nourrice ? Je payerais le prix fort pour qu’on soit de nouveau ensemble !
    - Tu sais bien combien je suis attachée à mes enfants…
    - Tu pourras les voir autant de fois que tu le voudras, lui dit-il. Elles seront juste à côté…
    - Le problème, c’est que j’ai envie de les voir tout le temps, soupire-t-elle. Je serais chez la nourrice aussi souvent qu’eux… Tu ne me verras presque jamais !
    - Qu’est-ce que tu suggères ?
    - On n’a qu’à continuer ainsi… Personne ne te gêne et nous, on est bien, répond-elle. Si tu envisages de divorcer, préviens-moi !
    - Je ne veux pas d’un divorce, lui affirme son mari. Si tu veux, on reprend nos petits rendez-vous habituels…
    Maya ne refuse pas. Ce petit jeu dure quelques semaines, puis elle arrête brusquement sans lui donner d’explication. Sabri a eu des poussées de fièvre en prenant froid, un matin où elle l’avait emmené chez sa nourrice, avant de rejoindre Farid. Elle l’avait culpabilisé depuis ce jour.
    En mettant Farid au courant, elle avait espéré qu’il la rejoindrait à l’hôpital. Mais il n’en avait rien fait. Il n’était pas venu, il n’avait pas appelé. Maya venait de tirer un trait sur lui. Dès que Sabri ira mieux, elle chargera un avocat de son cas. Elle demandera le divorce.
    Quand il l’appelle à son travail, une semaine après, elle ne peut pas s’empêcher de raccrocher. Elle ne veut plus lui parler. Ils n’ont plus rien à se dire. Ils n’ont plus rien en commun.
    Maya ne peut pas l’éviter lorsqu’il vient l’attendre devant la pharmacie où elle travaille. Elle ne répond pas à son bonjour.
    - C’est quoi ces manières ? lui dit-il. Tu ne réponds pas ! Tu ne viens pas… Je peux savoir pourquoi ?
    - Où cela peut-il bien nous mener Farid ? À rien… Nous sommes devenus l’un pour l’autre une habitude… Un rendez-vous par-ci, un autre par-là… Il faut me comprendre Farid… J’espérais que tu changerais, mais comme ce n’est pas le cas, je veux qu’on divorce… Tu seras libre de refaire ta vie comme tu le veux !
    - Écoute, je veux bien essayer de les supporter, lui dit-il.
    Maya lui explique une dernière fois qu’il ne s’agit pas de les supporter, mais de les aimer. Farid s’emporte en comprenant qu’elle ne changera pas.
    - Sans eux, on aurait pu être heureux !
    - Toi seulement, répond Maya. Mon bonheur est complet quand je suis avec eux… Tout ce que je fais, c’est pour eux ! Et si je mets un terme à notre mariage, c’est aussi pour eux !
    Sur ce, elle le laisse planté sur le bord du trottoir. Le cœur déchiré, elle s’en va retrouver ses enfants. Auprès d’eux, elle trouvera le réconfort et la paix. Une nouvelle vie commençait pour elle et pour ses enfants. Sans regret…

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  15. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 20e partie
    Par : Adila KATIA

    Trente ans plus tard…
    Maya a consacré sa vie à ses trois enfants. Les fillettes sont devenues des femmes instruites. Maria est enseignante et s’est mariée depuis peu avec un gendarme. Ils sont allés s’installer du côté de Annaba.
    Si Maya a souffert de leur séparation, elle a tenté de ne rien laisser paraître. Lisa travaille dans un laboratoire et, au grand désespoir de sa mère, elle n’a pas fait sa vie.
    Lorsque Sabri, qui a fini ses études d’agronomie, décide d’aller vivre chez son père, elle en tombe malade. Elle ne comprend pas pourquoi il veut les quitter. Ils s’entendaient si bien.
    - Lisa, je suis sûre qu’il lui a raconté des mensonges pour le rallier à sa cause !
    - Maman, si on tente de le retenir, il partira énervé et qui sait s’il reviendra ? Je pense qu’on devrait le laisser partir, ainsi il reviendra nous voir de temps à autre ! Il aura le temps de bien connaître son père ! Il ne voudra plus vivre avec lui !
    - Mais s’il le prend en pitié ?, s’inquiète Maya. Le fait qu’il n’ait plus refait sa vie, il peut s’en servir pour le toucher ! Jamais je n’aurais cru qu’en lui rendant quelques visites, il éprouverait de l’amitié pour lui ! Il a complètement oublié qu’il ne voulait pas de lui, de vous !
    - S’il veut juste t’atteindre en le détournant de sa vraie famille, il le perdra à jamais ! Sabri n’est pas un enfant. Il ne pourra pas le tromper longtemps !
    - Je n’arrive pas à imaginer la maison sans lui ! Il va me manquer !
    Maya ne peut s’empêcher de pleurer. Lisa va prendre sa mère dans ses bras et la serre fort.
    - Il nous manquera, rectifie-t-elle. Mais en le laissant partir, tu lui donnes une chance de revenir ! Crois-moi maman, si on fait des histoires en tentant de le garder éloigné de son père, il réagira mal ! Crois-moi, si tu le laisses partir, il reviendra !
    Maya secoue la tête, en essuyant ses larmes.
    - J’avais d’autres projets pour lui : l’aider à trouver du travail puis à demander en mariage sa petite amie, s’écrie-t-elle. Je voyais notre famille s’agrandir ! Oh non ! Jamais je n’aurais cru qu’un jour mon fils voudrait partir vivre ailleurs !
    - Maman, il vivra à une centaine de kilomètres. S’il veut nous voir, en moins d’une heure il sera avec nous ! Sois patiente avec lui !, lui conseille sa fille. Garde ton calme maman…
    Si tu rappelles tout ce que tu as enduré auprès de lui, il le prendra pour de la rancune !
    - J’ai peur de le perdre, tu comprends Lisa ? J’ai peur qu’il l’éloigne de nous !
    - Tu te fais du souci pour rien ! Sabri est un garçon bien ! Il n’est pas ingrat ! Il ne pourra pas nous abandonner… Maman, je sais que je me répète, mais tu l’as élevé et tu lui as tout appris de la vie ! Il ne peut pas lui faire un lavage de cerveau en quelques minutes, ni même en quelques années… Tu ne devrais pas douter de lui ! Aie foi
    maman…
    - Je vais prier pour lui, pour moi, en fait, pour nous, car nous allons nous retrouver sans homme à la maison ! Je ne pardonnerais jamais à Farid de me le prendre maintenant…
    - Chut, maman, je l’entends arriver !
    En effet, la porte d’entrée ne tarde pas à s’ouvrir sur Sabri. Il ne semble pas surpris de trouver sa mère en larmes. Sa décision la bouleversait et changerait leur vie. Le jeune homme aurait voulu qu’elle n’en souffre pas et qu’elle le comprenne. À son regard, il devine que ce n’est pas le cas…

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  16. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 21e partie
    Par : Adila KATIA

    - Tu pleures maman, constate le jeune homme. Tu ne devrais pas. Je ne vais pas si loin que ça !
    - Je sais mais ces centaines de kilomètres, pour moi, c’est la traversée de l’océan ! J’ignore si tu me reviendras et si un jour tu reviendras, dans quel état tu seras ?
    Sabri a un geste agacé.
    - Dans quel état je reviendrais ? Tu t’entends maman ? Je ne vais pas vivre avec un monstre mais avec mon père ! Tu m’as privé de lui ! Tu as tout fait pour qu’on ne se voie pas !
    - Il ne venait jamais te chercher ! Les rares fois qu’il venait, entre chaque visite, il y avait une année ou plus ! Uniquement pour que je ne le traîne pas devant la justice pour non-versement de la pension alimentaire ! Il n’a aucun sentiment pour toi, pour nous !
    - Tu ne voulais pas de son argent ! Tu travaillais et tu voulais lui prouver que tu étais capable de nous élever sans lui, sans son argent ! réplique Sabri, surprenant sa mère et sa sœur. L’argent que tu refusais de prendre, il me l’a mis de côté !
    - Je me doutais bien qu’il allait profiter de tes visites, pour se rapprocher de toi et en profiter pour nous séparer ! Comment peux-tu le croire, mon fils ? Sabri, je ne t’ai jamais menti ! Je te le jure ! Penses-tu que je n’aurais pas voulu que tu sois comme les autres garçons, entouré de tes deux parents ? Qu’il soit là pour t’aimer, pour t’aider dans tes devoirs, pour t’apprendre à être un homme ! Louanges à Dieu, tu n’as pas eu besoin de lui pour réussir ! Mon fils, j’avais tout supporté pour sauver notre mariage. Mais il y avait des limites…
    - Il ne t’a jamais battue ni même insultée ! Non, tu n’as rien supporté puisque vous vous êtes séparés alors que je n’étais qu’un bébé ! Aujourd’hui, je rectifie l’histoire, je veux être avec lui ! Il est vieux et malade, dit Sabri. Je veux être là, pour lui-même et tu veux m’en empêcher !
    -Ton père n’a aucune maladie que je sache !
    - Il a une insuffisante rénale, lui apprend-il.
    - Il a besoin d’un rein, conclut-elle. Et il a cherché après toi… Je commence à comprendre ! Mais… ne me dis pas que tu vas accepter !
    - C’est mon père… Si cela peut te calmer, je ne pourrais pas l’aider, ajoute le jeune homme avec regret. Nous ne sommes pas compatibles ! Mais je tiens à être présent, pour lui ! Que tu le veuilles ou pas…
    - Maudit soit le jour où vous vous êtes retrouvés ! s’écrie-t-elle avant de conclure. Si tu es aussi bon, c’est en grande partie de ma faute ! Je t’ai élevé pour que tu sois à l’écoute des autres, solidaire… Jamais je n’aurais pensé que la première personne à en profiter serait ton père !
    - Maman, quoi que tu dises, j’ai pris ma décision !
    Maya regarde son fils préparer ses affaires dans deux sacs. Il glisse aussi une photo où il est entouré d’elle et de ses sœurs.
    -Prends soin de toi, maman. Je reviendrais bientôt… Je te le promets !
    La promesse sonne faux aux oreilles de Maya. Il l’embrasse et la serre dans ses bras comme s’il allait partir loin et pour longtemps. C’est la sensation qu’elle ressent lorsqu’il passe la porte d’entrée, ne se retournant pas pour la regarder, ne serait-ce qu’une seule fois. Elle s’accroche aux bras de Lisa, sentant que ses jambes n’allaient pas la porter longtemps…

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  17. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 22e partie
    Par : Adila KATIA

    - Tu as vu… Il était pressé de partir ! Il s’en est allé sans se retourner ! Il nous abandonne…
    Lisa tente de réconforter sa mère qu’elle a aidée à regagner sa chambre.
    - Il reviendra aussi vite qu’il est parti ! Et puis, je suis là… Je ne t’abandonnerai jamais !, lui dit-elle. Sauf si tu le préfères à moi !
    - Non, vous êtes mes enfants ! Je vous aime tous, sauf que lui c’est mon cadet, ton unique frère… Je regrette ma fille, mais je n’ai pas eu la force de supporter son père ! Il n’avait pas une once de tendresse envers vous, même envers son propre fils ! Si on s’est séparés, c’est à cause de son égoïsme !
    Personne ne devait troubler son sommeil, l’ordre de son bureau ! Il fallait que tout soit comme il le veut, sinon il devenait comme un chien enragé ! J’avais peur qu’il ne s’en prenne à vous durant mon absence ! Et Dieu me pardonne si j’ai mal agi en choisissant la séparation ! Mais j’ai préféré sacrifier mon mariage ! Je ne voulais pas que vous souffriez tous les trois de son mauvais caractère ! C’était vous ou lui, et mon cœur de mère n’a pas hésité entre lui et vous !
    - Tu as bien fait maman ! Il ne te méritait pas ! Et je peux te jurer que Sabri lui découvrira des défauts ! Il nous reviendra maman !
    - Qu’Allah t’entende ma fille !
    Le départ de son fils l’a abattue au point où elle ne quitte plus le lit pendant des jours. Lisa a beau tenter de la réconforter, rien n’y fait.
    Maya a cessé de sourire le jour où Sabri est parti. Elle ne mange plus et passe son temps au lit, les yeux rivés sur son portrait.
    Il serait mort qu’elle aurait eu la même réaction.
    Lorsque Lisa part au laboratoire, elle passe voir la voisine du palier. Ghalia est de sa génération, c’est une enseignante à la retraite. Elle vit avec son fils et sa belle-fille. C’est une des rares voisines que sa mère fréquente et avec qui elle passait du temps. C’était avant que Sabri ne prenne ses bagages et parte. Lisa se confie à elle. Elle lui raconte tout.
    - Je comprends maintenant pourquoi je ne l’ai pas vue depuis des jours ! J’avais des invités et j’étais si occupée à les mettre à l’aise que je n’ai pas eu le temps de voir les autres ! Elle souffre du départ de Sabri !
    - Elle refuse même de se nourrir ! Elle ne parle presque plus… Je ne sais plus quoi faire pour qu’elle revienne à la vie !
    - Demande à ta sœur de venir ! Appelle aussi Sabri, il ne sera pas indifférent ! Il rentrera pour s’assurer qu’elle va bien !
    - Il savait qu’en partant, il allait laisser un vide ! Personne ne peut le remplacer… J’ai beau m’occuper d’elle, tenter d’attirer son attention sur autre chose que son départ, mais il suffit qu’elle lève les yeux vers moi pour se le rappeler ! Je suis perdue depuis l’instant où il a franchi la porte d’entrée ! Je lui en veux d’être la cause de ses souffrances ! Son absence est une torture qu’elle ne supporte pas !
    Ghalia soupire. Elle est peinée pour son amie. Elle pose une main compatissante sur le bras de Lisa et lui promet d’aller la voir.
    - Va à ton travail, le cœur tranquille ! Je vais discuter avec elle… Il n’est pas mort, juste parti ! Il reviendra un jour ! Je le connais. S’il a bon cœur envers son père qui ne voulait pas de vous, comment peut-il être indifférent envers sa mère et ses sœurs ? Il vous reviendra… Il vous suffit d’être patientes !

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  18. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 23e partie
    Par : Adila KATIA

    Après avoir frappé plusieurs fois, Ghalia se sert de la clef que lui a laissée Lisa avant de partir au laboratoire. Elle trouve sa voisine et amie alitée.
    Maya a un faible sourire en la voyant entrer.
    - C’est toi, murmure-t-elle en se redressant légèrement. Excuse-moi, mais je n’ai pas la force de me lever. Comment as-tu fait pour entrer ?
    - J’ai défoncé la porte, plaisante Ghalia. J’avais peur qu’il ne te soit arrivé malheur ! Grâce à Dieu, tu n’as rien ! J’ignorais que tu étais malade ! Pardonne-moi mon amie, j’étais occupée avec mes invités !
    - Tu ne pouvais pas savoir… En fait, je suis triste, lui dit-elle. Tu ne peux pas t’imaginer à quel point ! Sabri est parti chez son père ! J’ignore comment il a réussi à l’embobiner ! Mais il a réussi et je me retrouve sans mon fils ! J’ai consacré toute ma vie à mes enfants et voilà qu’au moment où je voudrais lui parler de se marier, il décide de partir !
    - Je ne crois pas que cela l’aurait retenu ! Ces deux années de chômage l’ont marqué ! Il ne doit pas penser à s’engager, affirme Ghalia. Je pense qu’il a dû lui promettre de l’aider autrement !
    - Il a parlé d’économies que son père aurait mis de côté ! Il lui a dit que je ne voulais pas de la pension alimentaire ! Il n’a jamais voulu payer ! J’aurais pu le traîner devant la justice, mais je ne voulais plus avoir affaire à lui ! Je n’avais pas besoin de lui ni de son argent pour élever mes enfants ! J’ai assumé mes responsabilités de mère ! Je n’ai rien demandé aux autres car c’était mon devoir ! Tu comprends ? Je me serais coupée en quatre pour eux ! Mais où ai-je fauté ? Qu’ai-je fait pour qu’il parte ? Que n’ai-je pas fait ? Qu’ai-je fait de mal pour être punie de la sorte ?
    - Tu es la meilleure mère du monde ! N’en doute jamais ! Tu sais, les temps ont changé mon amie ! Tu dois accepter son départ ! Il reviendra. Son départ n’est pas définitif !
    - Oh ! Je ne crois pas qu’il reviendra ! Je le pleure comme si je l’avais perdu ! J’ignore pourquoi mais je suis persuadée que plus jamais il ne remettra les pieds ici !
    - Non, arrête ! Il va revenir, mais ce qui lui fera plaisir, c’est de te trouver comme tu l’as toujours été, en forme !, dit Ghalia.
    - Il n’a même pas appelé, pleure Maya. Tu te rends compte ? Pas un seul coup de fil depuis qu’il a quitté la maison ! Jamais je n’aurais cru ça de sa part !
    - Tu t’es fâchée avec lui ?
    - Non, non… Je l’ai prié de rester, de ne pas croire son père, de ne pas nous abandonner ! Mais il était sourd à mes prières et indifférent devant mes larmes ! Je le découvrais égoïste comme jamais ! Je voudrais qu’il revienne et que tout redevienne comme avant !, dit-elle d’une voix étranglée par la peine. Ya Ghalia, prie avec moi pour qu’il revienne rapidement !
    - Incha Allah mon amie ! Je suis peinée par ce qui t’arrive !, dit Ghalia. Mais tu dois te ressaisir ! Pense à toi, à Lisa… Elle va croire qu’il compte plus qu’elles !
    - C’est au-dessus de mes forces ! Je voudrais le voir, l’entendre…
    Ghalia saisit le téléphone et appelle au numéro de Sabri. Elle est surprise d’entendre l’opératrice. Elle recompose le numéro et, de nouveau, l’opératrice au bout de la ligne. Il ne peut pas être en dérangement alors qu’il est en ville. Bien avant de s’installer définitivement chez son père, il avait demandé à ce dernier de lui débrouiller une ligne de téléphone personnelle, car il savait que sa mère ne voudrait pas tomber sur lui.
    - J’ai essayé plusieurs fois, lui confie Maya en secouant la tête. J’en ai déduit qu’il ne veut pas me parler…
    - Si tu veux, j’appelle son père pour prendre de ses nouvelles, propose-t-elle. Tu as son numéro ?
    - Non, hélas, même si c’est la dernière personne que je voudrais entendre au monde, je regrette de ne pas l’avoir !, confie Maya. Je crois qu’on devra patienter que Sabri se manifeste de lui-même !
    - En attendant, tu vas me suivre chez moi, décide Ghalia. Je ne peux pas te laisser seule dans cet état !
    - Non, je ne quitterai pas mon foyer. Mais toi, tu peux rester, ta compagnie me fait du bien !

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  19. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 24e partie
    Par : Adila KATIA

    Ghalia est soulagée. Son amie consent à l’écouter. Elle a réussi à la persuader, de se lever et de prendre une douche, de se changer. Quelques heures après lorsque Lisa rentre, elle est heureuse de la voir dans le salon. même si son regard est triste, elle sourit en la voyant rentrer.
    - Comme je suis heureuse de te retrouver ! Je n’y croyais plus…
    Elle va serrer sa mère dans ses bras et l’embrasse, ravalant avec peine les larmes qu’elle sent monter. Si elle avait su que Ghalia avait autant d’influence sur elle, elle lui aurait demandé d’intervenir avant aujourd’hui. Elle échange un regard plein de reconnaissance avec elle.
    - Je vais te laisser avec ta fille, dit Ghalia en se levant pour partir. Je repasserais plus tard…
    - Je te raccompagne !
    Lisa la prend par le bras et une fois sur le palier, elle l’interroge.
    - Merci… Mais comment as-tu fait ? Je désespérais de la revoir debout car elle se plaisait dans sa peine… Comme si elle attendait le retour de Sabri, pour revivre ! Jamais je n’oublierais…
    - Chut, c’est mon amie… Tu aurais dû me mettre au courant dès l’instant où il était parti ! Je ne l’aurais jamais abandonnée à sa peine ! Ce n’est pas facile de vivre sans lui ! C’est son unique fils… Incha Allah qu’il reviendra vite !
    - Je l’espère aussi même si je lui en veux d’avoir fait tant de peine à maman ! Elle ne méritait pas qu’il la déçoive !
    - Son père a réussi à l’influencer ! Mais elle ne peut pas avoir perdu son temps, pour rien ! Sabri est devenu un homme grâce à elle, grâce à ses sœurs ! Il devait avoir une idée derrière la tête, pour partir comme ça… Je suis sûre que dans peu de temps, il se manifestera !
    - Je ne crois pas ! Il est injoignable depuis son départ !
    - J’ai appelé Maria et figure-toi qu’elle est plus confiante que toi !
    - Elle a toujours normalisé les choses, dit Lisa. Elle n’a pas même pas pensé à venir voir maman !
    - Elle travaille ma fille et elle a sa famille ! Elle ne peut pas se libérer quand elle le veut ! Allez, retourne à ta maman ! Je repasserais plus tard…
    Lisa la remercie une nouvelle fois avant de retourner auprès de sa mère.
    - Tu as tardé, lui fait-elle remarquer. Vous parliez de quoi ?
    - Je prenais des nouvelles de sa belle-fille. Les résultats de son bilan sanguin sont prêts. Je lui ai proposé de les lui apporter…
    - C’est gentil… J’espère qu’elle n’a rien !
    - Ça doit rester entre nous, lui confie Lisa. Elle est enceinte…
    - C’est magnifique ! s’écrie Maya. Tu te rends compte ! Ghalia a beaucoup de chance ! Elle deviendra grand-mère !
    - Maman… toi aussi, tu l’es déjà, lui rappelle Lisa, regrettant déjà de lui avoir appris la nouvelle.
    - Oui, je sais…
    À cet instant, elle reçoit un appel. Elle décroche sans regarder sa provenance. Lisa voit le visage de sa mère s’illuminer.
    - Oh mon fils… je rêvais d’entendre ta voix ! Comment vas-tu ? Où es-tu ? Pourquoi ton téléphone était éteint ?
    Lisa lui fait signe d’y aller doucement.
    - Laisse-lui le temps de répondre, murmure-t-elle. Ce n’est pas un interrogatoire. Ne lui fais aucun reproche…
    Maya hoche la tête, écoutant avec bonheur, la voix de son fils. Elle ferme les yeux, comme pour mieux le voir. Comme il lui a manqué…


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  20. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 25e partie
    Par : Adila KATIA

    - Quand viendras-tu mon fils ? J’ai hâte de te voir. Tu m’as tellement manqué, en fait, Lisa ne cesse de demander après toi ! Elle voudrait te parler…
    - Fais vite maman, je n’ai pas assez de crédit, dit Sabri.
    - Je vais t’envoyer de l’argent, lui dit Maya. Mon fils, tout ce qui compte pour moi, c’est que tu ailles bien !
    - Passe-moi Lisa…
    Maya tend le téléphone à sa fille et la regarde s’assoir en face d’elle.
    - Bonjour, ça va ? Où es-tu ?
    - Écoute, je suis loin, très loin…Je suis à New-York ! lui apprend-il. Lisa, je ne compte pas rentrer… Prends soin de maman, la prie-t-il. Tu entends ?
    Lisa s’est levée et s’est éloignée autant que le lui permet le cordon du téléphone.
    - On te croyait avec ton père ! Pour le soutenir dans sa maladie…
    - Oui, je sais. En fait, je vous ai menti, je ne comptais pas rester avec lui et le soutenir…Il n’a jamais été là, pour moi. Si j’ai pris son argent, c’est parce qu’il me revient ! Il n’a jamais payé quoi que ce soit ! Prends soin de maman ! J’ignore quand je reviendrai…
    - Appelle de temps à autre ! Que Dieu soit avec toi…
    - Repasse-le moi ! Je ne lui ai pas dit que je l’aimais !
    Lisa se tourne en souriant. Elle pose le téléphone puis retourne s’asseoir auprès de sa mère. Elle est émue et s’efforce de ne pas céder à l’envie de pleurer.
    - Il rappellera maman. Et puis, il le sait maman, dit-elle. il faut que tu saches qu’il t’aime et qu’il n’est pas avec son père… Sabri est parti à l’étranger !
    - En France ?
    - Non. Aux États-Unis…
    - Ce n’est pas possible. Pourquoi est-il parti aussi loin ? Quand a-t-il fait ces papiers ? Il n’a jamais eu d’argent, pas assez pour s’offrir un voyage jusqu’aux États-Unis !
    - Son père le lui a donné ou il s’est arrangé pour le lui prendre, dit Lisa. Mais le plus important, c’est qu’il ne soit pas sous son influence ! Il est loin de lui ! Dès qu’il sera en situation régulière, Sabri reviendra !
    - Mais quand ? J’ignorais qu’il était cachotier ! Sabri ne reviendra jamais ! Il va tomber amoureux d’une Américaine et elle n’acceptera jamais de se séparer de lui !
    Maya pleure. Elle ne sait plus si elle doit se réjouir du fait qu’il ne soit plus avec son père ou pleurer son départ, dans un pays situé dans un autre continent où il n’avait pas de famille et d’amis.

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  21. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 26e partie
    Par : Adila KATIA

    - Tu vois, son père n’a pas eu le dernier mot, remarque Lisa. Tu ne pouvais pas avoir raté son éducation !
    Maya hoche la tête.
    - S’il lui a pris de l’argent sans son consentement, si ! réplique-t-elle. Il n’aurait pas dû abuser de sa confiance ! Son père est malade et seul ! Il a dû en profiter !
    - À t’entendre, tu as de la peine pour lui !
    - S’il s’est habitué à lui, imagine sa peine et sa déception ! Il est malade, il devait espérer beaucoup de lui !
    - Je ne crois pas… Je suis sûre que son père voulait se racheter auprès de lui ! Tel que je le connais, si Sabri l’a volé, il n’hésitera pas à porter plainte !, affirme Lisa. Et puis, pour quelqu’un qui a toujours voulu vivre seul, je ne crois pas qu’il va lui manquer !
    -Peut-être ! Mais les gens changent et il se fait vieux, en plus d’être malade !
    - Si tu veux aller prendre soin de lui, je t’y emmène !, plaisante Lisa avant de se lever. Tu veux déjeuner maintenant ?
    - Non, merci ma fille ! Mais toi, va prendre quelque chose !
    Lisa prend son sac à main. Elle ne veut pas le lui dire, mais depuis le coup de fil de son frère, elle n’a plus faim. Elle est comme rassasanssiée. Elle ne sait plus quoi penser. Elle s’efforce à sourire, et pour rassurer sa mère, elle lui dit :
    - J’ai une pomme et un biscuit dans mon sac ! Et puis, je ne tarderais pas au labo… Incha Allah. À plus tard !
    - Incha Allah…
    Lisa l’embrasse et quitte rapidement l’appartement. Elle sort son portable et appelle sa sœur pour la mettre au courant. Comme d’habitude, elle prend bien les choses.
    - Et alors ma chère ! On ne peut pas lui reprocher d’être ambitieux ! Tous les jeunes tentent d’obtenir un visa pour n’importe quel pays d’Europe ! Il a la chance d’être en Amérique ! Incha Allah, il réussira à se faire une situation ! Il est intelligent et il est sociable ! Je ne serais pas surprise s’il se marie rapidement !
    - Tu ne sembles pas réaliser que maman va se retrouver seule ! Je n’en supporte pas l’idée !
    - Écoute, je me doutais bien que tu avais des projets et qu’il te semble devoir y renoncer, mais le départ de notre frère ne t’empêche pas de faire ta vie, lui dit Maria. Qui est-ce ? D’où est-il ? Que fait-il dans la vie ? Depuis quand est-ce sérieux entre vous ?
    - Une question à la fois, réplique Lisa. Je suis arrivée au labo. Je te rappelle plus tard !
    - Je viens ce week-end !, dit Maria. Je verrai maman et on pourra en discuter plus longuement ! Si tu veux, tu pourras même me le présenter !
    - Je n’ai pas besoin de ton avis pour savoir que c’est le bon ! À plus tard !
    Lisa raccroche et éteint son portable en entrant dans le laboratoire. Elle salue ses collègues, puis s’enferme dans son bureau. Elle voudrait rester seule, mais c’est compter sans Hamid. Il la rejoint, il a remarqué sa mine soucieuse et son front plissé…

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  22. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 27e partie
    Par : Adila KATIA

    - Qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi fais-tu cette tête ? Tu as reçu de mauvaises nouvelles ?
    - Non, répond Lisa.
    - Alors, pourquoi ton front est-il plissé ? Qu’est-ce qui te taraude ?
    La jeune femme soupire. Elle ne parvient pas à sourire même pour le rassurer, pour éviter d’autres questions.
    - C’est mon frère, dit-elle en allant s’assoir derrière son bureau. Il est parti…
    Hamid hausse les épaules et secoue la tête.
    - Cela fait un petit moment qu’il est allé chez son père, dit-il. Tu ne t’es pas encore habituée à son départ ? Ta mère ne s’en remet pas ? Pourtant il le faudra bien un jour…
    - Il est aux USA, lui apprend-elle.
    - Wao la chance qu’il a ! s’écrie-t-il. Tu devrais te réjouir pour lui !
    - Il ne nous a rien dit de ce qu’il comptait faire ! Oui, il nous met en colère en disant qu’il partait vivre chez son père ! On commençait à s’y faire et voilà qu’il appelle pour me dire de prendre soin de maman ! Hamid, il ne compte pas revenir avant longtemps !
    - Le temps qu’il trouve du travail et qu’il ait des papiers, c’est évident que cela prendra du temps, des mois, des années, dit Hamid, très réaliste. Mais ça vaut le coup ! L’ Amérique, qui n’en rêve pas ?
    - Oui mais c’est différent quand on a d’autres frères pour veiller sur la famille, rétorque-t-elle. Il nous a abandonnées ! J’aurais préféré qu’il soit avec son père ! Il l’aurait vite pris en grippe et il nous serait revenu en courant ! Mais là où il est, il nous oubliera vite ! J’espère qu’il ne tournera pas mal ! Il y a la drogue, l’alcool, les psychotropes… Il peut s’enfoncer dans la misère et ne pas avoir le soutien moral pour s’en sortir ! J’ai vraiment peur pour lui ! Il est seul, sans famille, sans amis !
    Hamid rit devant son inquiétude.
    - Tu exagères ma chère amie ! Même ici, il avait la drogue sous le nez ! Elle circule devant les collèges, les lycées, l’université n’en parlons pas ! Toutes les drogues étaient à sa portée et jamais il n’a été tenté d’y toucher ! Pourquoi le ferait-il là-bas ?
    - Je n’en sais rien, s’écrie-t-elle. Mais il peut ne pas trouver du travail, de petite amie ! La solitude peut être mortelle !
    Hamid ne partage pas son avis.
    - Il est sociable et intelligent ! Il a toutes les qualités pour réussir ! N’en doute jamais ! Tu as de quoi être fière de lui !
    - Oui, je sais…
    - Lisa, je te propose de finir la discussion devant un bon déjeuner, propose-t-il. Je suis prêt à jurer que tu es revenue sans avoir avalé quoi que ce soit ! On a encore le temps…
    - Oui, allons-y ! J’étouffe ici…
    Elle prend son sac et ils partent ensemble au restaurant où ils ont l’habitude de se rendre.
    Le serveur les mène à leur table habituelle. Ils commandent une entrée et le plat du jour. En attendant d’être servis, Hamid tente de la raisonner. Elle se fait des soucis pour rien car son frère a été bien élevé…
    Elle l’écoute tout en le regardant. Elle remarque qu’à chaque fois, il saisit sa main et la serre. Il ne semble pas réaliser que le départ de son frère va contrarier leur projet.
    Il y a quelques semaines, il l’avait demandée en mariage, et si elle n’y avait pas répondu, c’est parce qu’elle espérait le retour de son frère pour le faire. Lisa ne peut pas se marier maintenant. Elle ne se voit pas abandonner sa mère. Son soupir n’échappe pas à Hamid.
    - Je te jure que tu te fais des soucis pour rien, tente-t-il de la rassurer.
    - Hamid, je m’inquiète pour maman, lâche-t-elle. Je ne peux pas me marier et l’abandonner alors qu’elle est vieille, tu comprends ?

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  23. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 28e partie
    Par : Adila KATIA

    Hamid sourit. Il la comprend enfin, mais il réalise qu’elle ne le connaissait pas vraiment. Il se fâche presque, la surprenant.
    - Comment pouvais-tu croire que je serais indifférent à son sort ? Si je suis content pour Sabri et ne lui reproche pas d’avoir tenté sa chance en partant ailleurs, c’est parce qu’on s’occupera d’elle ! Elle pourra vivre avec nous. Si elle ne veut pas quitter l’appartement, on s’arrangera pour qu’elle ne manque de rien ! On sera toujours là pour elle, tu comprends ?
    Lisa rejette la tête en arrière, portant les mains à ses joues qu’elle sentait brûler.
    - Tu es sérieux ? Mais tes parents ne voudront jamais, dit-elle doucement. Ils n’accepteront jamais la fille et la mère !
    - Ils n’ont rien à vous reprocher Lisa ! Ta mère, si elle devient impotente, on devra s’en occuper ! Ma mère n’aura rien à dire. Je ne les consulterai pas. C’est mon choix. Je ne vais pas l’emmener chez mes parents, ni toi d’ailleurs… On aura notre propre foyer et ta mère sera la bienvenue !
    Lisa est émue jusqu’aux larmes. Elle ne sait plus quoi penser tant elle est heureuse et soulagée. Elle ne se serait jamais doutée qu’il puisse être aussi attentionné. Elle lui trouvait des qualités, mais là, ce qu’il était prêt à faire dépassait ses attentes les plus folles. Sa belle-mère verrait mal la présence de sa mère chez eux. Elle ne se fait aucun doute là-dessus.
    - Tu penses résister aux pressions de ta mère ?, l’interroge-t-elle. Je sais, même si je ne la connais pas, qu’elle ne sautera pas de joie lorsque tu lui apprendras la nouvelle ! Elle te dira que c’est à mon frère d’assumer ses responsabilités ! Dans le fond, c’est Sabri qui devrait s’inquiéter pour elle, et vu qu’il pense plus à son petit confort qu’au sien, il ne me laisse pas le choix ! Je m’occuperai d’elle avec ou sans toi !
    - Ce sera avec moi !, promet-il. En fait, j’attends une réponse. Un appartement est mis en vente dans ton quartier et je comptais te proposer d’aller le visiter…
    - Pas besoin de t’accompagner, réplique-t-elle, en essuyant ses larmes. Je sais qu’il fera l’affaire s’il te plaît ! Sinon on n’est pas pressé ! On a du temps devant nous ! Il n’y a encore rien d’officiel !
    - On va y remédier tout prochainement, affirme Hamid. Tu dois juste trouver un jour qui arrangera nos chères mamans !
    - Je ne suis pas près d’oublier ce jour ! Je passe de la peine à la joie ! Tu ne peux même pas t’imaginer !
    - Je suis heureux de te voir sourire. Cela fait si longtemps que je n’avais pas vu tes yeux briller comme maintenant !
    Ils passent le reste du déjeuner à s’entendre sur une date. Ils choisissent le week-end prochain.
    - Ta mère ne sera pas contre, j’espère !, dit Hamid.
    - Non, mais la tienne ne te fera pas de problème ?
    - Je ne leur laisserai pas le choix ! Tu penses pouvoir t’organiser pour qu’on se marie prochainement, quelques semaines après ma demande en mariage ?
    - Oui… Hamid, il est temps de retourner au labo, dit Lisa, alors qu’elle sent son portable vibrer. Elle sourit en reconnaissant le numéro de sa sœur. Elle est impatiente de lui apprendre la nouvelle…

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  24. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 29e partie
    Par : Adila KATIA

    - Ah, lâche Maria. Et maman ? Qu’en pense-t-elle ?
    - Je lui apprendrai la nouvelle dès ce soir, dit Lisa, un peu déçue par l’absence de joie dans la voix de sa sœur. Arrange-toi pour venir le week-end prochain !
    - Pourquoi si vite ? Il n’y a pas le feu… As-tu pris le temps de te renseigner sur lui, sur sa famille ?
    - Je n’ai pas besoin d’enquêter sur lui, réplique Lisa. Je le connais assez bien pour savoir que c’est quelqu’un de bien… J’ai du travail, s’excuse-t-elle. On se rappelle plus tard !
    Elle ne comprend pas pourquoi sa sœur ne l’a même pas félicitée. Elle s’est seulement inquiétée de la réaction de leur mère. Cette dernière ne pourra qu’être heureuse pour elle. Toute mère rêve de marier ses enfants une fois grands. Elle sait que sa mère s’est inquiétée de son retard à fonder un foyer. Lisa ne se fait aucun doute. Elle allait partager sa joie et tout préparer avec elle. Cet événement allait lui permettre d’oublier l’absence de Sabri, ou lui faire ressentir son absence.
    Lisa pense à demander à Hamid de les aider pour qu’elle n’ait pas l’occasion de remarquer qu’elles n’ont aucun homme dans la famille sur qui s’appuyer en cas de problème. Elle sait qu’une fête n’est pas facile à organiser et qu’elle devra s’occuper de tout. Elle ne doit pas compter sur sa sœur. Elle vit loin d’elles, et quand elle vient, elles doivent être aux petits soins pour elle et ses deux enfants.
    Leur voisine Ghalia les aidera. Lisa est perdue dans ses pensées quand Hamid la rejoint.
    - Je voulais te proposer de te raccompagner chez toi, dit-il. Puisque tu n’as pas de travail…
    - C’est une journée bien calme, remarque-t-elle. Je veux bien rentrer à la maison. Je dois parler à maman.
    - Je t’attendrais dehors. Si elle accepte, je voudrais la rencontrer dès aujourd’hui !, insiste Hamid. Je veux avoir sa bénédiction et surtout la rassurer qu’on sera toujours là pour elle !
    - Merci Hamid… Mais votre rencontre ne sera pas pour aujourd’hui ! Vendredi comme prévu, tu viens avec ta famille… D’accord ? D’ailleurs, je vais rentrer à pied, j’ai quelques achats à faire ! On s’appelle plus tard ?
    - Je n’insiste pas. À ce soir… Tu me rapporteras tout, n’est-ce-pas ?
    - Promis !
    Elle prend ses affaires et quitte le labo qui commençait à se vider. Elle passe chez le pâtissier et achète des gâteaux aux amandes, ceux que sa mère préférait. Elle ne traîne pas dehors et rentre à la maison. Sa mère est surprise de la voir rentrer plus tôt que d’habitude. En général, il y a toujours des analyses à remettre en fin de journée ou à finir pour le lendemain matin.
    - Aujourd’hui, il n’y a pas eu beaucoup de malades… Et puis, je voulais prendre mon goûter avec toi !
    Mais avant, elle va se rafraîchir et se changer avant d’aller à la cuisine où elle préparera du thé. Sa mère la rejoint. Lisa la regarde en souriant, heureuse de voir qu’elle va mieux. Elle soupire en pensant que la journée a été pleine d’émotions.
    - À quoi penses-tu ?
    Lisa dispose les gâteaux puis sert le thé. Elle hésite à lui répondre.
    - Qu’est-ce que tu nous mijotes ? l’interroge Maya. Une demande en mariage ?
    - Comment ? Comment le sais-tu ? s’écrie la jeune femme en rougissant, réalisant que sa sœur l’avait devancée. Mais pour qui elle se prend ? C’était à moi de t’en parler !
    - Elle n’a rien fait de mal. Elle était tellement heureuse qu’elle m’a appelée pour m’informer que tu allais te marier !
    - Maman, seulement si tu le veux…

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  25. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 30e partie
    Par : Adila KATIA

    - Maman, tu le verrais que tu l’adopterais ! Hamid est quelqu’un de bien et de bon ! Il voulait te voir ce soir, mais j’ai refusé ! Nous avons choisi ce vendredi pour la demande en mariage, et ce sera à toi et à sa mère de choisir celle de la fête !
    - Ça y est ? Tout est décidé ! Pourquoi m’en parles-tu ? Finalement, ta sœur a bien fait de me mettre au courant ! Avec toi, tu m’aurais mise devant le fait accompli et quelle belle surprise ! Tu as décidé de te marier, sans m’avoir parlé de lui auparavant !
    - J’allais tout te raconter maintenant, mais Maria n’a pas pu se retenir ! Je ne suis pas une cachottière et j’en ai dépassé l’âge ! Hamid et moi travaillons ensemble et notre amitié a pris une autre tournure depuis quelques mois !
    - Je veux bien te croire, mais comme me le faisait remarquer ta sœur, on ne sait rien de lui !, glisse Maya, le visage fermé. Je ne voudrais pas que tu sois la proie d’un psychopathe !
    - Maman, c’est un ange ! Il n’a pas une once de méchanceté ! Il est prévenant, généreux et bon… En plus d’être charmant ! C’est quelqu’un de bien et je sais que tu vas l’aimer comme ton propre fils !
    - Je voudrais tant y croire, mais les hommes, je me méfie d’eux depuis que Farid…
    - Il n’est pas Farid, et je te rappelle que lorsque Maria a voulu se marier, tu n’as pas soulevé autant d’objections !
    - Si, mais c’était entre elle et moi ! Tu n’étais pas présente, c’est tout !, affirme la mère en secouant la tête. Je pense qu’on devrait enquêter sur lui et sa famille ! Je ne veux pas qu’il t’arrive malheur…
    - Farid t’a traumatisée, je sais, dit Lisa. Mais tous les hommes ne sont pas comme lui ! Vois comme Maria est heureuse ! Son mariage l’a embellie ! Je peux te jurer qu’avec Hamid, ce sera le bonheur assuré ! D’ailleurs, lui apprend elle en prenant ses mains, il veut que tu vives avec nous, n’est-ce pas merveilleux ? On ne sera jamais séparées maman !
    Maya retire ses mains de celles de sa fille, nullement emballée par la nouvelle.
    - Jamais de la vie ! Je ne fermerai jamais l’appartement ! Lorsque Sabri viendra, je veux qu’il me trouve à la maison ! Tu sais, après le divorce, j’avais été contrainte de vendre la maison où il a grandi les premiers mois, j’en avais été malade ! Car je ne voulais pas m’en séparer ! Je n’abandonnerai pas mon foyer pour aller vivre chez un gendre ! Jamais ! Le jour où je quitterais définitivement mon foyer, ce sera les deux pieds devant !
    - Oh maman, pourquoi tu me tiens ces propos ! Inch Allah, ce jour sera le plus tard possible ! Je ne veux pas me séparer de toi… Et toi, tu me parles de mort alors que je t’ai appris une bonne nouvelle ! C’en est une, n’est-ce pas ?
    - Oui, oui, mais que les choses soient claires, s’il s’en prend à toi, je te jure qu’il aura affaire à moi ! Comprends-moi ma fille, je ne veux pas que tu souffres un seul jour de ta vie ! De mon vivant surtout…
    - Maman, inch Allah tu seras centenaire et tes vieux jours seront tranquilles. Je veux seulement ta bénédiction ! Hamid… C’est quelqu’un de bien et je suis sûre que vous vous entendrez à merveille ! Tu ne me regretteras pas maman ! S’il le faut, on s’installera ici ! Si tu veux bien de nous…Comme ça, on ne sera jamais séparées, car je ne serai jamais heureuse loin de toi !
    Des larmes brillent dans les yeux de Maya.
    - Ces parents ne voudront jamais… Ils vont vous mener la vie dure ! Ils lui en voudront ! On ne marie pas un fils pour qu’il aille s’installer chez la belle-famille, lui dit-elle. Tu comprends ?
    - Il est prêt à leur tenir tête, la rassure la jeune femme. Il ne reviendra jamais là-dessus ! Il me l’a promis, juré ! C’est un homme de parole ! Il suffit juste que tu acceptes de nous donner ta bénédiction !
    Maya voudrait bien y croire. Alors pour ramener le sourire sur le visage de sa fille, elle lui dit :
    - Tout ce que tu voudras ma fille… Je ne veux que ton bonheur, et si ce Hamid est tel que tu me l’as décrit, c’est vrai ! Je ne pourrais que l’aimer ! Choisissez la date qui vous convient !
    Lisa est si heureuse qu’elle prend sa mère dans ses bras et la serre, pleurant de joie et de soulagement. Sa bénédiction compte plus que tout…

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  26. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 31e partie
    Par : Adila KATIA

    Le jour J arrive rapidement. Lisa a l’impression que le temps a filé en un clin d’œil. Encore fâchée après sa sœur, elle ne l’a pas mise au courant. Sa mère a fini par se lever et elle s’est occupée à rendre le salon plus accueillant et plus chaleureux en changeant les rideaux, les coussins. Elle a aussi dépoussiéré les plantes vertes, posé quelques photos de Sabri, comme pour souligner sa présence malgré son absence.
    Lisa a demandé à sa coiffeuse de passer chez elle, très tôt. Elle s’est chargée de rafraîchir sa coupe. Elle l’a maquillée légèrement avant de retourner à son salon de coiffure.
    Pour guise de déjeuner, elles se sont contentées d’un repas froid. Elles se sont ensuite préparées, pour recevoir Hamid, sa mère et sa tante. Lisa a choisi de porter une jolie robe en satin mauve qui souligne sa taille élancée. Quant à sa mère, sa robe est en soie blanche.
    Lorsqu’elles ont vu leurs reflets dans la glace du couloir, Maya a rougi de fierté. Lisa est très belle.
    “Il en a de la chance”, lui a-t-elle dit juste avant d’aller à la cuisine et de s’assurer que les gâteaux sont bien disposés, que le thé est bien chaud dans le thermos. Les plateaux et la jolie vaisselle sont prêts.
    Lisa se rappelle avoir souhaité que tout se passe bien. Elle se faisait des soucis pour rien. Maintenant qu’ils sont tous réunis, dans le salon, à déguster les gâteaux au miel et à boire le thé, elle se trouve ridicule d’avoir pensé qu’il pourrait y avoir un couac. Hamid et sa sœur Hakima discutent de tout et de rien, avec sa mère. En les regardant, ils donnent l’impression de se connaître depuis toujours. Sa mère Lila, en revanche, s’est gardée de participer à tous les sujets.
    Lorsque Hamid reçoit un coup de fil de son père, se plaignant de douleur à la poitrine, il raccroche rapidement et se lève, visiblement inquiet.
    - Je m’excuse mais on doit y aller, dit-il à Maya avant de l’embrasser sur les joues. Ma tante, je reviendrais, promet-il. Prenez soin de vous !
    - Partez en paix ! J’espère que ce n’est pas grave !
    Hakima et sa mère ne parlent pas de revenir mais Lisa sait qu’il saura les convaincre.
    - Yemma, prends leur numéro, lui dit-il. Pour notre prochaine visite… Je descends en premier, je vous attendrai dans la voiture !
    - Oui mon fils…
    Les au revoir ne sont pas chaleureux et Lila doit s’efforcer pour dire un mot gentil.
    - Vous avez été charmantes… J’espère qu’on reprendra le thé prochainement ! Hamid est très attaché à votre fille. Je leur souhaite d’être heureux. Votre numéro, Maya sinon il va me faire une scène !
    Lisa le lui a écrit sur une carte de visite du laboratoire et la lui remet. Elle pousse un soupir lorsqu’elles sont enfin parties. Elle saute au cou de sa mère.
    - Comment les as-tu trouvés ? l’interroge-t-elle.
    - Bien, la mère était très tendue, mais je peux comprendre si son vieux mari est souffrant. N’oublie pas d’appeler Hamid, pour prendre de ses nouvelles !
    - Oui, je n’y manquerais pas ! Mais donne-moi ton avis, sur lui ! Comment le trouves-tu ? insiste Lisa.
    - Sans commentaire ma fille ! Il te plaît, tu le connais bien, donc beaucoup mieux que moi ! Mais le peu que j’ai vu aujourd’hui, m’a convaincu qu’il est quelqu’un de bien ! Tu ne pourras qu’être heureuse avec lui ! Pour que sa mère se détende, dis à Hamid de lui dire que je ne vivrais jamais avec vous !
    - Oh maman. Ne gâche pas ma joie ! la prie Lisa. Tu vivras où je vivrais…
    - On verra ma fille. La vie est pleine de surprises. Tant que je serais en bonne santé, je resterais ici ! Si je deviens impotente, je vivrais où vous voulez, même dans une maison pour vieux…

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  27. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 32e partie
    Par : Adila KATIA

    - Ces établissements sont pour ceux qui n’ont plus de famille maman ! Toi, tu m’as ! Reconnais que Hamid a du caractère !
    En demandant à sa mère de prendre ton numéro, il voulait qu’elle comprenne qu’il est décidé !
    Maya sourit et reconnaît une chose.
    - Je voyais bien comment il te regardait, dit-elle. Il t’adore, cela saute aux yeux ! J’espère qu’il saura leur tenir tête ! Sa mère me semble très dure ! Elle ne le laissera pas tranquille…
    - Peut-être, mais elle n’aura pas le dernier mot !
    Maya ne veut pas mettre de l’ombre sur son bonheur. Elle espère que sa fille aura le dernier mot, car elle ne voudrait pas la voir souffrir.
    Et Lisa ne s’est pas trompée. Lorsqu’il appelle deux heures plus tard, c’est pour lui apprendre que son père avait une angine. Rien de grave…
    Il change tout de suite de sujet, revenant à la question du jour.
    - Ai-je fait bonne impression ?, l’interroge-t-il. Est-ce que son futur gendre a été à la hauteur ?
    - Oui, le rassure-t-elle. Mais moi, je n’ai pas plu à ta mère. Pourquoi ?
    Elle s’est gardée de faire des commentaires et même de me regarder dans les yeux ! Elle me fuyait sans cesse, comme pour me préparer à un refus de sa part ! Je n’aurai jamais sa bénédiction, j’en suis sûre ! Elle va me pourrir la vie, gâcher notre bonheur !
    - C’est vrai qu’elle était tendue, reconnaît-il. Mais ma sœur s’est chargée de la convaincre que tu es la femme idéale pour moi et une belle-fille hors pair, car tu es belle, instruite et, surtout, tu as un bon fond ! Cela ne peut que plaider en ta faveur, en notre faveur ! Je lui laisse la nuit pour se rendre ! Demain, elle appellera ta mère et tu sais quoi ? On se marie tout de suite ! Dès que j’aurai les clefs de l’appartement. On fera les travaux plus tard, on prend juste le minimum…
    - Elles voudront tout préparer, décorer l’appartement et organiser la fête ! C’est un grand événement ! Elles voudront être là pour t’aider… Tu ne pourras pas les mettre sur la touche !
    - Si tu es d’accord pour une grande fête, il y en aura une ! Sinon, juste un dîner en présence de nos familles !
    - Je préfère dans l’intimité, aucun faste, aucun gaspillage, dit la jeune femme. Juste la présence de ceux que j’aime… Un bon dîner entre nous !
    - Ce sera comme tu veux…
    Lisa pense qu’il faudrait un miracle pour avoir le dernier mot. Pourtant, tous ses vœux se réaliseront. Moins d’un mois après la demande, ils se marient en présence de leurs familles et amis intimes. Maria et sa famille se sont déplacées pour y assister.
    Maya est heureuse pour sa fille. Sabri a appelé et ils se sont parlés un moment. Il n’aurait pu appeler à un meilleur moment. Il ne manquait que lui.
    - Je rêve de ton retour, lui dit-elle. Du jour où je pourrais à mon tour préparer une fête pour célébrer ton mariage ! Mon fils, qu’Allah te garde. As-tu trouvé du travail ?
    -Oui, dans un restaurant, je fais la vaisselle et, la journée, j’ai des cours d’espagnol… Je dois maîtriser l’anglais et l’espagnol, n’avoir aucun accent ! Tu comprends ?
    - Tu y arriveras ! Tu as été toujours le meilleur !
    - Tu m’as toujours fait confiance et encouragé ! Merci maman ! Dans les moments de solitude, je repasse le fil de ma jeunesse et je me rappelle combien tu m’aimais et me protégeais ! J’ai été heureux avec toi et les filles !
    - Les filles sont toutes mariées ! Il ne reste que toi sur la liste ! Promets-moi que tu rentreras pour te marier !
    Sabri le lui promet, mais elle sait qu’il ne tiendra pas sa promesse vu qu’il est à des milliers de kilomètres et, surtout, qu’étant beau garçon, les filles ne doivent pas manquer de lui tourner autour. Elle ne serait pas étonnée d’apprendre qu’il a déjà quelqu’un dans sa vie. Et c’est préférable à la solitude…

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  28. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 33e partie
    Par : Adila KATIA

    - Imagine qu’il soit avec une Américaine, une Mexicaine ou une fille venue d’un autre continent, différente de nous, dit Lisa à sa mère. S’il se met avec l’une d’elles, on le perd pour toujours ! Il ne nous reviendra jamais… Il faudrait qu’il revienne se marier avec une fille du pays…De n’importe quelle région. Le plus important est qu’elle soit algérienne !
    Elle reviendra régulièrement voir sa famille… Donc, s’il l’accompagne, il viendra à la maison !
    - Oui, mais tu sais que l’ennui et la solitude peuvent mener à la déprime ! Il pourrait se mettre à se droguer ou à boire ! Même s’il a été bien éduqué, il reste un homme avec ses faiblesses ! Je sais qu’il pourrait craquer et je ne voudrais pas que cela arrive !
    S’il m’écoute et accepte de se marier, ce sera avec joie ! Mais il ne pourra pas venir, car il n’a pas encore ses papiers et cela n’arrivera pas avant un bout de temps ! Alors qu’il vive sa vie au mieux… Si une Américaine ou autre peut faire son bonheur, ils ont ma bénédiction ! Où qu’il soit, je ne veux que son bonheur…
    - Oui, j’espère qu’il régularisera vite sa situation ! Avec ou sans Américaine… Maman, as-tu besoin de quelque
    chose ?
    - Non. Tu peux partir tranquille… Hamid a assez patienté !
    - Prenez tout votre temps, dit-il depuis le salon où il regardait la télé. J’ai tout mon temps…
    Maya jette un coup d’œil dans les placards et le frigo que Lisa et son mari avaient pris le soin de remplir.
    - J’ai de quoi nourrir tout un régiment, plaisante-t-elle, et pour plusieurs jours… Vous pouvez rentrer chez vous la conscience tranquille ! Je ne manquerai de rien… Allez, oust ! Filez… Je ne veux plus vous voir traîner ici ! Vous êtes mariés et vous restez ici comme si votre vie en dépendait ! Je vais bien et je saurais me débrouiller seule ! Merci pour tout ce que vous avez fait et du fond du cœur, allez vivre votre vie, chez vous ! Je ne veux plus de vous ici !
    Lisa fait mine de se fâcher.
    - Tu nous mets à la porte !
    - Oui… Prends tes cliques et tes claques et ne reviens pas avant que je ne t’appelle, que je vous appelle, rectifie Maya. Vous entendez ?
    Hamid et Lisa baissent les bras. Ils ramassent leurs affaires et partent chez eux. La jeune femme n’est pas encore habituée à vivre dans l’appartement. Dans un coin du salon sont entassés les cadeaux reçus. De la belle vaisselle qu’ils n’ont pas encore rangée, vu qu’ils n’ont pas de meuble.
    Lisa va d’une pièce à une autre, l’âme en peine.
    - Je sais, on n’a pas encore tout ce qu’il faut, dit Hamid en la prenant dans ses bras. Mais ça viendra ! Ce qui compte, c’est qu’on soit ensemble ! Mariés pour le meilleur…
    - Et le pire, poursuit-elle en se retournant dans ses bras, pour le regarder dans les yeux.
    - On n’aura que le meilleur si Allah le veut ! Pourquoi es-tu triste ? Tu as les larmes aux yeux et je n’aime pas ça… Tu mets de l’ombre sur notre bonheur !
    Lisa soupire et se dégage de ces bras.
    - Je ne voulais pas… Je n’arrive pas à m’habituer… à rentrer dans cet appartement et à y passer la nuit.
    Si sa mère ne les avait pas mis dehors, ils seraient restés pour la nuit. Elle aime rester dans sa chambre, auprès de sa mère. Elle a beau la savoir ne manquant de rien, habitant à cinq minutes de chez elle, elle n’aime pas la savoir seule. La solitude dans laquelle elle s’est retrouvée en un temps très court lui donne mauvaise conscience. Personne ne l’a forcée à se marier. Elle et Hamid s’aimaient trop pour perdre du temps. Mais malgré son bonheur tout neuf, il suffit qu’elle pense à sa mère pour que son sourire disparaisse. Lorsqu’elle apprécie un gâteau ou un plat auquel sa mère n’a pas goûté, il prend un goût amer et lui reste en travers de la gorge. Elle avait l’habitude de regarder la télé en sa compagnie. Depuis qu’elle est avec Hamid, elle ne s’est jamais assise en face de la télé. Elle le laisse zapper d’une chaîne à une autre, d’une émission sportive ou politique à une autre, indifférente à tout ce qui est diffusé. Sans sa mère avec qui elle avait l’habitude de tout partager, c’était difficile de sourire. Quand elle s’y efforce, elle sait que son sourire doit ressembler à une grimace. Pauvre amour, pense-t-elle. Je ne savais pas que ce serait aussi difficile, que je serais de piètre compagnie…

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  29. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 34e partie
    Par : Adila KATIA

    Lisa doit se faire violence, pour ne pas aller voir sa mère dès le lendemain et les jours suivants. Elle doit patienter, et c’est difficile. Rien n’a de saveur. La jeune femme, qui a l’habitude de tout partager et de préparer selon les goûts de sa mère, ne cesse de se tromper quand elle est en cuisine.
    - Man ! Est-ce que tu peux m’apporter…
    Elle se mord la lèvre en réalisant s’être trompée. Hamid ne le prend pas mal même si ce n’est pas la première fois. Elle l’entend rire, puis, quand il la rejoint à la cuisine, en imitant la voix d’une vieille, elle sourit, les larmes aux yeux.
    - Oui ma fille ! Tu l’as appelée ?
    - Pardon…
    - Que voulais-tu ma fille ? poursuit-il sur le même ton.
    Si c’est de l’aide, tu fais appel à la mauvaise personne ! Mon dos me fait souffrir et je ne peux pas rester longtemps debout !
    - Oui, assieds-toi ! Tu peux me tenir compagnie…
    - Oui ma fille, dit Hamid, en tirant une chaise pour s’y asseoir.
    - Arrête… sinon je vais pleurer ! Tu sais, j’ai l’habitude de discuter avec maman… en cuisine, je préparais toujours ce qu’elle voulait pour le lendemain ! Parfois, je faisais un programme… Quand j’imagine le silence de notre maison…
    - Mais elle regarde la télé et écoute la radio ! Ce n’est pas silencieux, dit Hamid, en redevenant sérieux. Tu penses trop, imagines trop de choses !
    - Oui mais la télé et la radio ne remplacent pas une famille et sa chaleur ! C’est différent… elle n’a personne pour la mettre à l’aise, pour prendre de ses nouvelles, pour s’occuper d’elle… Tu comprends, pour qu’elle sache qu’elle compte beaucoup !
    - Mais elle le sait ! s’écrie son mari avant de lui rappeler : elle n’a pas 90 ans et elle n’est pas grabataire, juste seule ! Tu lui parles plusieurs fois dans la journée ! Tu sais de quelle humeur elle est ! Ce qui lui a manqué, ce qu’elle voudrait…
    - Elle ne m’a rien demandé ! Elle m’a recommandé de rentrer chez moi et de prendre soin de toi ! lui confie-t-elle. De faire tout ce que tu veux…
    - Ah, je l’adore, ta mère ! s’écrie-t-il en souriant. Dommage qu’elle ait refusé de venir vivre ici !
    - Oui…
    - Que veux-tu ? C’est sa volonté, lui rappelle-t-il. Si tu veux, j’irai lui parler et si elle refuse de m’écouter, je la porterais jusqu’ici !
    - Dans le fond, elle est têtue ! Il faudrait un miracle pour la forcer ! reconnaît-elle. Elle ne me simplifie pas la vie en restant seule ! Je ne cesse de penser à elle. Si seulement Sabri était là, avec elle ! Oh, mais j’aurais dû y penser !
    Elle vient d’avoir l’idée d’en parler à son frère. Peut-être qu’il réussira à la convaincre de s’installer chez elle. Hamid trouve son idée géniale. Ils savent combien elle aime Sabri et ferait n’importe quoi pour lui faire plaisir. Lisa envoie un e-mail où elle lui explique clairement la situation. Elle espère une réponse rapidement. Elle n’en dort pas de toute la nuit…

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  30. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 35e partie
    Par : Adila KATIA

    Lisa est sur les nerfs, aucun appel, aucun message de son frère. Elle ne cesse de regarder son portable et vérifie les arrivées d’e-mails toutes les cinq minutes. Elle est de mauvaise humeur, et Hamid l’évite au laboratoire, refusant de s’accrocher avec elle.
    Quoi qu’il dise, elle montre les dents. Il comprend qu’elle attend un signe de son frère, mais qu’elle s’impatiente au point d’être insupportable. Dès qu’ils rentrent chez eux, elle va dans leur chambre, pose son sac sur une chaise puis va s’allonger après avoir retiré ses chaussures. Hamid la regarde depuis le couloir. Il a envie de s’expliquer avec elle, mais refuse de gâcher la soirée à venir.
    La journée a été longue, et l’humeur de Lisa n’a pas arrangé les choses.
    En fait, au labo, il l’a vue si préoccupée et irascible qu’il a demandé à ces collègues de revérifier les analyses qu’elle effectuait.
    Il avait conscience qu’elle pouvait se tromper en étant aveuglée par sa colère contenue.
    Il n’entre pas dans la chambre.
    - Tu devrais prendre un bain, cela te détendrait un peu, dit-il en s’approchant, s’appuyant à la porte. Je peux préparer le dîner. De quoi as-tu envie ?
    - Rien, marmonne-t-elle, je veux dormir…
    Hamid, épuisé par la longue journée et las de la mauvaise humeur de Lisa qui avait mis de la tension au laboratoire, éteint la lumière et tire la porte derrière lui. Il n’a pas insisté. Il se sent prêt à exploser. Il lui en veut. Elle ne doit pas se comporter ainsi avec lui, avec leurs collègues.
    Elle l’a déçu. Après une douche rapide, il se met en jogging et va à la cuisine où il prépare le dîner, des spaghettis. Le temps de la cuisson, il se rend au salon et allume la télévision. Il regarde une émission sportive. Il pourrait y passer la nuit.
    Mais la crainte de brûler le dîner le pousse à retourner en cuisine. Il prépare de la salade et met tout sur un plateau qu’il emporte au salon, en face de la télé. Il pense à retourner auprès de Lisa, de la réveiller si elle dort, car sa colère est tombée. Mais il décide de la laisser réaliser combien elle a été insupportable. Si elle a une conscience, elle ne recommencera plus.
    Si sa mère acceptait, les choses seraient plus simples. Hamid réalise qu’ils sont mariés depuis quelques jours et se comportent comme s’ils l’étaient depuis longtemps.
    On devrait partir en voyage, pense-t-il en allant prendre son portable. Cela lui fera du bien, de couper, de s’amuser un peu… On n’a rien fait comme les autres mariés !
    Il appelle une de ses connaissances qui travaille dans une agence de voyages. Il lui demande de réserver deux billets pour la Grèce, dès le lendemain. Il passera à l’agence pour régler et choisir la date de départ. Il allait surprendre Lisa.
    Après ce coup de fil, il va la voir. Elle dort profondément.
    Ses sourcils sont froncés, ses lèvres pincées. a croire que sa colère la poursuit même dans son sommeil. Elle en veut à son frère mais il trouve qu’elle exagère. Il finira par répondre à son e-mail. Il lui caresse la joue avant de retourner au salon où un match était rediffusé à sa grande joie.
    Il emporte le plateau à la cuisine et rince vite la vaisselle avant d’aller s’installer en face de la télé. Son portable mis en vibreur attire son attention. C’est Maya, sa belle-mère. Elle prend rapidement de ses nouvelles puis de sa fille.
    - J’essaie de la joindre mais son portable est éteint, dit-elle.
    - Elle dort, dit Hamid. Elle était épuisée. La journée a été longue…
    Il ne lui dit pas qu’elle n’a pas dormi la veille et pourquoi.
    -S’il te plaît Hamid, je te prierais de lui dire de passer demain !
    - Tu as besoin de quelque chose ? Si c’est urgent, je peux venir maintenant, propose-t-il en coupant le son de la télé. Khalti, s’il y a quoi que ce soit, je suis là ! Nous sommes là !
    - Non, cela peut attendre demain, répond Maya. Merci Hamid mon fils… Bonne nuit !
    Elle raccroche. Hamid comprend l’inquiétude de Lisa. Si sa mère acceptait, les choses seraient plus simples pour eux. Ils l’auraient sous les yeux. Ils auraient pu prendre soin d’elle. Il se demande si Sabri n’a pas joint sa mère pour lui faire entendre raison…

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  31. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 36e partie
    Par : Adila KATIA

    Le matin, Lisa se lève la première. Elle trouve son mari endormi dans le salon, devant la télé encore allumée. Elle l’éteint, puis va le couvrir. Il peut encore dormir une petite heure. La jeune femme va prendre une douche et se prépare pour le travail. Elle ouvre la fenêtre de la chambre pour aérer, puis remet un peu d’ordre dans la pièce avant de vérifier le contenu de son sac à main. Elle sort son portable et constate que la batterie est déchargée. Elle cherche son chargeur, puis le branche. Elle allume son portable, et elle est surprise de voir des messages. Elle a manqué plusieurs appels de sa mère et de sa sœur. Le cœur serré, elle va réveiller Hamid.
    - Bonjour… Tu m’excuseras mais je vais chez maman, elle a tenté de me joindre hier soir, lui dit-elle en saisissant sa veste et son sac. Je n’ai pas eu le temps de préparer le café…
    - Pas de problème ! On se retrouve au labo !
    - Pourquoi ne me rejoindrais-tu pas à la maison ? C’est peut-être une urgence, s’écrie-t-elle. Même Maria a tenté de me joindre…
    - Tu dormais et ta mère ne voulait pas que je te réveille !
    Lisa pivote sur elle-même et va à lui.
    - Parce que tu sais quelque chose ?
    - Oui… Elle a appelé. Elle voulait que tu passes ce matin… Ce que tu vas faire dès maintenant ! Il n’y a rien de grave et rien d’urgent !, la rassure-t-il en se levant. Je n’osais pas te réveiller, car après la sale journée passée au labo, je n’aurais pas eu la force de supporter une soirée avec ton humeur exécrable ! J’espère que tu sauras te maîtriser la prochaine fois, car au labo, les collègues n’ont pas supporté ! Tes excuses seront les bienvenues !
    - Ah bon !
    - Tu ne t’en es pas rendu compte, mais tu étais insupportable ! Ne feins pas la surprise… Allez, file ! Ta mère doit t’attendre…
    - On en rediscutera !, promet-elle. J’ai tout sauf un mauvais caractère !
    - Oui, quand tu n’as pas de soucis ! Sinon… Mais va… Sinon tu vas arriver en retard au labo…
    Lisa range son portable et son chargeur dans son sac. Elle ne tarde pas à partir. Quelques minutes plus tard, elle frappe à la porte d’entrée. La lumière de la cuisine est allumée. Sa mère était déjà levée. Elle ouvre rapidement la porte et la reçoit dans ses bras.
    - Bonjour ma fille… Je ne t’attendais pas si tôt !
    - Maman, je serais venue hier soir, si j’avais su, dit-elle en se débarrassant de son sac et de sa veste. Comment vas-tu ? Qu’est-ce qui ne va pas ?
    - Rien. Tout va bien… As-tu pris du café ?
    - Non. J’ai oublié d’acheter des croissants. Je suis venue en courant ! J’avais peur… Je m’en voulais d’avoir raté tes appels ! Que s’est-il passé ?, l’interroge-t-elle en la suivant à la cuisine. Pourquoi voulais-tu me parler ?
    Maya, qui est en train de préparer des tasses dans un plateau, s’est tournée pour lui sourire.
    - Tu ne devineras jamais ! Sabri a appelé…
    - Et… ? Il va bien, j’espère ?
    - Oui, il voulait prendre de mes nouvelles, lui apprend-elle, soulageant Lisa. J’étais folle de joie…
    On a parlé de toi, de ta sœur, de ma nouvelle vie… Il s’inquiétait de me savoir seule ! La prochaine fois que tu l’auras au téléphone, rassure-le ! Je vais bien et je n’ai pas besoin d’aller vivre chez toi ou chez Maria…
    En partant là-bas, il ne s’est pas soucié de nous laisser seules, et maintenant, il veut que j’aille vivre chez l’une de vous !
    Lisa sourit, haussant les épaules.
    - Ce n’est pas une mauvaise idée… D’ailleurs, je te l’ai proposé avant lui !
    - Oui, c’est gentil… Mais jamais je ne quitterai mon foyer, réplique Maya. À toi de le lui faire entendre…
    Le seul avec qui je veuille vivre, c’est lui ! Mais comme il a choisi de s’exiler, ça ne risque pas d’arriver ! Je ne lui en veux pas…

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  32. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 37e partie
    Par : Adila KATIA

    “Ce qu’elle peut être têtue !”, pense Lisa, agacée par le comportement de sa mère. Hamid qui l’a rejoint dans son bureau, remarque son visage fermé. Il s’apprête à retourner sur ses pas quand elle lui dit :
    - Tu as besoin de quelque chose ?
    - Oui, retrouver ton sourire ! Ce n’est pas parce que ta mère refuse de vivre avec nous que tu dois faire de notre quotidien un enfer ! Je suis passé lui parler et elle m’a répété ce qu’elle t’a dit ! On doit accepter sa décision ! Personne ne peut la forcer…
    Lisa soupire.
    - Je ne supporte pas de la savoir seule… Elle nous simplifierait la vie en venant vivre chez nous !
    - Tu adores te compliquer la vie, rétorque Hamid. Elle nous aurait proposé de vivre avec elle si elle voulait de la compagnie…
    Mais puisqu’elle refuse toujours de venir, on revient à notre idée de départ… C’est d’être présent pour elle… Quand elle le veut, quand il le faut. On ne peut pas s’imposer chez elle…
    Lisa se prend la tête entre les mains. La situation lui échappait. Elle a cru qu’en restant seule, sa mère aurait fini par se rendre à l’évidence que la solitude n’est pas faite pour elle.
    - En fait, ta mère peut vivre seule, sans toi, sans Maria.
    C’est toi qui ne supportes pas votre séparation !
    - Peut-être… J’avoue que je ne cesse de penser à elle, à tout ce qu’on faisait ensemble. Passer quelques heures avec elle n’est pas suffisant pour moi !
    - Rien et personne ne t’empêche de passer autant de temps que tu veux auprès d’elle, lui affirme-t-il. On s’était déjà entendus sur la chose, bien avant notre mariage ! Je ne reviendrai pas là-dessus ! Tu devrais y aller doucement avec ta mère et les autres. Ça ne sert à rien de t’énerver ou d’être sous pression constamment ! Prends exemple sur ta sœur…
    - Je ne pourrais pas. Elle ne se soucie que de sa personne et de sa famille ! Ce qui arrive aux autres, c’est normal ! Quoi que tu le dises, elle te dira : ‘C’est normal !’ Elle m’énerve… Ne me parle plus d’elle !
    - Je retourne travailler. Mais penses-y ! Fais un effort sur toi-même ! Les autres n’ont pas à supporter ta mauvaise humeur ! Ils n’y sont pour rien ! Tout comme moi…
    Lisa hoche la tête et le regarde tirer la porte derrière lui. Elle continue son travail jusqu’à la pause déjeuner. Elle en profite pour retourner chez sa mère. Hamid n’a pas voulu l’accompagner. Le déjeuner est prêt. Tout est propre et bien rangé. Lisa regarde sa mère et constate qu’elle va beaucoup mieux, qu’elle est réellement sereine. Elle voudrait être comme elle, avoir la patience d’attendre que ces rêves se réalisent. Sa mère attend le retour de Sabri. Elle veut que le foyer soit chaleureux à son retour.
    - Allez, assieds-toi ! Tu as faim, n’est-ce pas ?
    - Oui, j’adore ce que tu prépares…
    Lisa se sert copieusement puis prend l’assiette de sa mère et la remplit de pomme de terres frites accompagnées d’une sauce piquante à souhait. Comme elles aiment…
    - Bon appétit maman !
    - A toi aussi… Mais pourquoi Hamid n’est pas venu ? J’ai cuisiné pour plusieurs pour le déjeuner et il en restera pour le dîner, dit Maya. Si vous ne venez pas ce soir, j’en aurais pour demain et après-demain ! Vous êtes ma famille et il ne faut surtout pas vous gêner ! Débarquez quand vous le voulez… Moi, je tiens à rester chez moi, mais vous, rien ne vous empêche de venir ! Même ici, vous êtes chez vous !
    - Oh maman, je voudrais te prendre là où je vais ! Je n’aime pas te savoir
    seule…
    - Le sujet est clos, la prévient sa mère. Je ne veux plus en entendre parler par qui que ce soit ! Vous êtes les bienvenus, de jour comme de nuit ! Vous pouvez passer les nuits ici ! Sabri sera heureux d’apprendre que vous me tenez compagnie…
    Lisa soupire. Elle rend les armes. Elle n’abordera plus le sujet. C’est elle qui viendra tous les jours pour s’assurer de sa bonne santé et de son confort. Elle ne lui laisse pas le choix…

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  33. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 38e partie
    Par : Adila KATIA

    Lorsque Lisa retourne au laboratoire, elle est de meilleure humeur. Elle est plus calme. Elle sourit à Hamid lorsqu’il entre. Il soupire de soulagement, heureux de retrouver celle qui l’a toujours charmée.
    - Enfin… tu t’es entendue avec elle ?
    -Oui et non… J’accepte qu’elle reste chez elle, elle ne veut plus en parler d’ailleurs, lui rapporte-t-elle. Je partirais la voir plusieurs fois par jour et, si tu veux, on dînera chaque soir avec elle ! Parfois, on restera pour la nuit !
    - Oui, tant que cela peut te laisser ton sourire sur ton beau visage, j’accepte ! Hier, je ne savais plus quoi faire avec l’autre Lisa, tu vois, celle qui marmonnait plus qu’elle ne parlait ! Qui gardait les dents serrés et son regard… Mon Dieu, si tu le voyais, son regard tuait ! Je crois que l’autre était folle !
    - Non, juste furieuse… Il faut que tu me comprennes…
    - Je comprends et j’accepte de me rendre plusieurs fois par jour chez ta mère, de dîner et de passer les nuits là-bas, quand il le faudra, dit Hamid. Si cela peut ramener définitivement le sourire sur ton visage !
    - Incha Allah…
    - Dis, en échange, je voudrais un moment avec toi ! As-tu un passeport ?, l’interroge-t-il, car il a fouillé dans ces affaires et n’en a trouvé aucun. Je voulais te faire la surprise en programmant un voyage… Mais sans passeport et ta signature, on ne pourra pas le faire !
    Lisa lui caresse la joue puis prend sa main.
    - Dommage, je n’ai pas de passeport… Je n’ai jamais pensé à quitter le pays, lui dit-elle.
    - Et notre lune de miel ? On ne l’a pas encore faite, lui rappelle-t-il en la regardant dans les yeux. Si je n’ai pas dépensé toutes mes économies, c’est pour pouvoir partir avec toi, quelque part ! Je pensais à la Grèce, la Turquie ou l’Italie…
    - Non, non… On n’a pas besoin d’aller si loin ! Il y a tant de coins paradisiaques chez nous à visiter… On a l’embarras du choix ! Pas besoin de visa, d’euros… Et puis, si maman a besoin de moi, on pourra vite rentrer !
    Hamid secoue la tête.
    - Alors, on prend une semaine et on part loin d’ici ?
    Lisa fait la moue puis soupire avant de lui confier.
    - Je veux le OK de maman !
    - Elle te dira : “Pars d’ici ! Bon vent !”
    La jeune femme rit. Elle n’a aucun doute là-dessus mais elle ne peut pas s’empêcher de vouloir sa bénédiction. Elle ne partira pas avant.
    - Je vais voir ma mère, dit Hamid. Moi aussi, je veux sa bénédiction ! Deux, c’est mieux qu’une !
    - Personne ne t’en empêche, rétorque-t-elle.
    Si tu veux, on les invite ce week-end…
    Hamid ne refuse pas. Il appelle tout de suite sa famille. Il est emballé par la proposition, comme s’il craignait qu’elle ne change d’idée.
    Non pas qu’elle ait un mauvais fond ou qu’elle déteste sa famille, mais elles n’ont pas eu le temps de faire connaissance et de s’apprécier. Ce déjeuner sera l’occasion de se rapprocher. Il l’espère de tout son cœur…

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  34. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 39e partie
    Par : Adila KATIA

    - Rappelle-nous quand tu sauras de quel week-end tu parles ! Il y a tant de vendredis…
    - Oui, je sais…
    - On pensait vous rendre visite mais comme vous travaillez, on ne voulait pas vous déranger ! On ne sait pas quand venir !
    - On vous aurait reçus avec plaisir !, affirme Hamid. Vous êtes les bienvenus ! On ne va pas établir un jour de visite ! C’est ridicule !
    - Peut-être, mais on craint l’accueil !
    Hamid soupire. Il n’a aucune envie de se disputer avec sa sœur. Depuis le début, sa famille n’a pas sauté de joie. Ils pensaient avoir droit de regard sur son mariage et voulaient le marier avec une cousine éloignée, et ce n’est pas ce qui est arrivé. Il ne leur a pas laissé le choix. Les membres de sa famille ont juste assisté à la fête et ils ne sont plus jamais revenus. Hamid a conscience qu’ils pourraient lui mener la vie dure, en débarquant à tout instant, en restant chez eux. Ils auraient pu mettre la pression sur leur couple au point qu’il explose de lui-même. Il n’aurait pas été le premier couple à se séparer à cause des histoires de famille. Mais Hamid tient beaucoup à Lisa. Il ne le leur permettra pas.
    - À moins que tu ne crées des problèmes, l’accueil de ma femme sera correct. Je vous rappelle pour vous dire quand !
    Il raccroche sans avoir salué ou même pris des nouvelles de ses parents. Le message serait ainsi un peu plus clair.
    Il se remet au travail et ne voit Lisa qu’au moment où elle s’apprête à rentrer à la maison.
    - Si tu n’en as pas pour longtemps, je peux t’attendre !
    -Non, tu peux rentrer. J’en ai encore pour une petite heure !
    - À plus tard !
    Elle part en souriant. Même si elle est fatiguée, le fait d’avoir retrouvé sa tranquillité d’esprit a collé un sourire sur son visage. Elle ne rentre pas chez elle mais chez sa mère. Une bonne odeur de café et de cake tout droit sorti du four l’accueille lorsqu’elle ouvre de sa propre clef, après avoir frappé à la porte. Elle se rend au salon d’où s’échappent des bribes de conversation. Elle retrouve avec joie sa mère et leur voisine qu’elle embrasse et serre dans ses bras.
    - Je vois que tu as de la bonne
    compagnie !
    Elle prend des nouvelles de sa famille, alors que sa mère lui sert du lait et approche l’assiette plate où sont posées des tranches de cake aux raisins secs.
    - Hum… Quand tu cuisines, c’est que tu vas bien !, dit Ghalia. Je me rappelle que tu préparais toujours deux ou trois sortes de gâteaux pour tes enfants le week-end ! Tu les as toujours gâtés !
    - Oui, mais maintenant les seuls à pouvoir en profiter, c’est Lisa et son
    mari !
    - Tu sais, on a prévu d’inviter sa famille !, lui confie Lisa avant de s’adresser à Ghalia.
    Toi aussi tu es la bienvenue !
    - C’est gentil ma fille…
    - Mais c’est étroit chez toi, remarque Maya. Vous serez mieux ici et je pourrais t’aider !
    - C’est vrai maman, reconnaît-elle. C’est une bonne idée ! Cela ne te dérange pas ?
    - Non, on le fait quand tu veux… Tu es chez toi, lui rappelle sa mère.
    Lorsque Hamid les rejoint plus tard, elle le surprend par sa dernière décision. Il n’en revient pas qu’elle ne l’ait pas consulté…

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  35. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 40e partie
    Par : Adila KATIA

    Hamid attend qu’ils soient seuls pour l’interroger.
    N’était le respect qu’il porte à sa belle-mère, il aurait élevé la voix.
    - Premièrement, on n’avait pas choisi ce vendredi ; deuxièmement, le déjeuner ou dîner devait se passer chez nous ! Ma mère ou ma sœur voudront peut-être passer la nuit chez nous ! On ne peut pas les amener ici la première fois où on les invite à partager un repas ! Ce n’est pas faisable ! Trouve une excuse pour que tout se fasse chez nous !
    Lisa le fusille du regard alors qu’elle est en train de le servir.
    - Tu ne m’as pas dit que je devais demander ton avis, sur tout ou rien, remarque-t-elle.
    Maman dit qu’ici on a tout ce qu’il faut pour le préparer ! Dans le fond, c’est vrai ! On n’a pas de grande marmite et de couscoussier ! On n’a pas de réchaud à gaz…
    -C’est l’occasion d’acheter tout ce qui manque !, réplique son mari en tentant de ne pas élever la voix. On en aura toujours besoin !
    - Oui, mais ce n’est pas urgent, puisque maman possède tout, et surtout elle veut m’aider…
    Même khalti Ghalia la voisine voudrait participer !
    - Pourquoi ? Tu ne sais pas cuisiner pour plusieurs ?
    Lisa sourit de toutes ses dents.
    - Oui, ça se pourrait… D’ailleurs, la question, tu aurais dû la poser avant qu’on se marie. Au cas où ce serait un problème…
    - De quel problème vous parlez ?, les interroge Maya qui n’a entendu qu’un bout de leur conversation.
    Lisa et Hamid s’échangent un regard.
    - Changement de programme, maman. On fera le déjeuner chez lui…
    Chez nous… Hamid tient à ce que cela se passe chez nous ! Pour que sa famille se sente réellement à l’aise !
    - Comme vous voulez !, réplique Maya. Si vous voulez, si cela peut les mettre à l’aise, je ne viendrai pas…
    Si vous voulez vous retrouver entre vous !
    - Khalti, tu fais partie de la famille, l’interrompt Hamid. Quand je proposais que tu vives avec nous, ce n’était pas des paroles en l’air ! Seulement, je voudrais recevoir chez moi, car on a notre propre foyer !
    - Tu as raison mon fils… Je viendrai l’aider si elle est débordée…
    - Non, tu te tiendras tranquille !
    Tu leur tiendras compagnie, dit Lisa. Dès demain, j’achèterai les ustensiles qui manquent et tout ce qu’il faut, pour leur venue ! T’inquiète pas, tout se passera bien !, promet-elle à son mari. Tu seras fière de moi…
    Le lendemain, en compagnie de sa mère, elle va effectuer des achats. Elle note tous les conseils sur un post-it qu’elle accroche au frigo. Elle prépare tout la veille. Il ne restera qu’à réchauffer le lendemain. Sa belle-famille n’y verra que du feu. Enfin, c’est ce qu’elle espérait…

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  36. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 41e partie
    Par : Adila KATIA

    Lisa surprend un regard échangé entre sa belle-mère et sa belle-sœur Hakima. Maya, qui est en train de discuter avec son gendre, pose la main sur celle de sa fille.
    -Tu as oublié d’apporter le sel…
    Lisa ne se fait pas prier pour se rendre à la cuisine. Elle a besoin d’un moment pour respirer. Même si tout est prêt et, bon, le regard échangé entre sa belle-mère et sa belle-sœur la laisse pensive. D’où elle se tient, elle peut voir qu’il ne manque rien. Elle a joliment dressé la table, avec une jolie vaisselle. Elle avait pris le soin de bien chauffer les plats préparés la veille. Elle prend le sel et va le poser près de son beau-père. Hamid, qui a prévu un barbecue à la dernière minute, rapporte des merguez toutes fumantes dans un plateau.
    Il ne remarque pas le silence. Il est heureux d’avoir pu les réunir chez lui.
    - Si le balcon était grand, on aurait pu déjeuner à l’extérieur et se contenter de grillades, dit-il en retournant à sa place, près de sa femme. Maman, tu reprends du couscous ? Papa, je te ressers de la chorba ? Je sais que tu pourrais en prendre tous les jours. Celle-ci est délicieuse…
    - Moi, je la trouve acide, dit sa mère. Ma fille, la prochaine fois va-y doucement avec la sauce tomate !
    - Elle n’est pas acide, réplique Hamid. N’est-ce pas, papa ?
    - Oui, elle est très bonne. S’il en reste beaucoup, j’en prendrai pour ce soir !
    - Mais vous pouvez rester, propose Hamid en leur servant des merguez. Khalti Maya…
    - Non, je n’aime pas… Je te remercie mon fils mais j’ai bien déjeuné ! Le poulet rôti était délicieux, cuit comme je l’aime ! Merci à vous deux pour ce déjeuner !
    - Il fallait bien qu’on se revoie… Nous sommes pris par le travail, et il faut des moments pareils ! Se retrouver en famille pour discuter, se chamailler s’il le faut, dit Hamid sur le ton de la plaisanterie. Mais aussi pour se pardonner… et s’accepter tel qu’on est !
    - Tu n’as rien à te faire pardonner ! Puisse Allah, prie son père Kader, te donner des fils qui sauront t’apporter de la joie ! J’ai toujours été fier de toi !
    Hamid rougit, heureux comme il ne l’a jamais été. Il sent que le message ne lui est pas seulement destiné. Sa mère n’a pas soufflé mot et sa sœur sourit. Il voit bien qu’elles sont gênées.
    - Merci papa… ça me touche…
    Le déjeuner finit dans le silence, et une fois repus, ils vont s’installer dans le coin salon. Seule Hakima reste aider Lisa à débarrasser la table. Elle se serait passée de son aide. Elle la voit regarder dans le frigo et remarquer la marmite à l’intérieur, une grande assiette de couscous et un hors-d’œuvre emballé dans du film alimentaire.
    - Tu as prévu de le nourrir pendant toute la semaine de couscous, ma parole ! plaisante-t-elle. Si mes parents restent, il faudra prévoir autre chose ! Maman a horreur du réchauffé ! Elle risque de tomber malade en plus de la crise qu’elle risque de faire en apprenant que tu nous as préparé le repas la veille, alors que tu avais tout le temps de le faire ce matin ! Je comprends pourquoi la chorba est acide !
    Et le poulet rôti sec ! Ta mère et mon père ont beau avoir dit que c’était bon, c’est faux ! Je me suis gardée de faire un commentaire, car je ne voulais pas que ma mère en profite pour éclater sa colère !
    - Tu es trop gentille, ironise Lisa, alors que Hamid les rejoint dans la cuisine.
    - Gare à toi ! la prévient-il. Elle a mauvaise langue ! Mais elle peut être adorable quand elle le veut !
    - Je n’en doute pas, affirme sa femme en mettant du thé à chauffer tout en souriant. Tu sais, seuls le poulet rôti, les merguez et le thé ont été préparés ce matin !
    - Comment ? s’écrie Lila, derrière eux. On a mangé du rechauffé ? Mais comment as-tu pu, Hamid, accepter ? Tu connais mes problèmes gastriques ! Tu veux que je tombe malade ? Que je me retrouve à l’hôpital ?
    - Maman, il ne t’arrivera rien…
    - Peut-être mais je le risque par sa faute ! réplique-t-elle. Comment as-tu pu ? lui reproche-t-elle en devenant rouge de colère.
    On vient pour la première fois et vous vous comportez comme si vous en aviez marre de nous ! Comme si on était des pique-assiettes !
    - Tu exagères maman ! Si tu tombes malade, ce ne sera pas à cause du déjeuner mais tout simplement de déception, car Lisa est à la hauteur, et ça tu ne l’acceptes pas !
    - Ça y est ! Tu es son avocat ! s’écrie Lila. Alors qu’elle est incapable de préparer un déjeuner frais… D’ailleurs, est-ce vraiment elle qui a tout cuisiné ?
    Hamid porte la main au front. Il s’attendait à ce que sa mère s’en prenne à sa femme, mais là, elle abusait. Il se serait certainement querellé avec elle, mais Lisa lui fait signe de laisser passer. Elle ne devait pas leur gâcher la journée…

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  37. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 42e partie
    Par : Adila KATIA

    - Mais tu t’attendais à quoi ? Que j’approuve le fait qu’elle prépare les repas deux ou trois jours avant de recevoir ? Mais moi, je ne peux pas…je crois que ça commence, dit Lila en portant la main au ventre. Si je me mets à vomir, je n’arrêterais pas ! Je ne veux pas me retrouver à l’hôpital…
    Hakima cherche le sac à main de sa mère et l’ouvre, sortant deux médicaments.
    - Tu dois les prendre avant de manger, dit Hamid. Si tu te sens mal, vas t’allonger !
    Lisa remarque que sa belle-mère est passée du rouge au pâle.
    Elle la prend par le bras et l’emmène à sa chambre qu’elle n’a pas eu le temps de ranger. Le lit est encore défait et les vêtements qu’ils portaient la veille, sont toujours posés aux pieds du lit et sur une chaise.
    Elle l’aide à s’asseoir, ramasse les vêtements et les fourre à l’intérieur de la garde-robe sous le regard choqué de sa belle-mère.
    - Ça sent le renfermé ! remarque-t-elle. Je ne peux pas rester ici… Je préfère rentrer chez moi !
    Mon pauvre fils, lui qui était habitué à la propreté et à l’ordre, le voilà dans de beaux draps !
    Lisa ouvre la fenêtre puis les volets. Elle prend sur elle-même pour ne pas répondre à sa belle-mère. Elle a envie de lui rappeler qu’elle est une femme active mais elle se ravise.
    - Allonge-toi ! Mets toi à l’aise… tu as tout le temps pour rentrer chez toi ! Quand tu te sentiras mieux…
    Hakima et Hamid les rejoignent dans la pièce. Lila s’est levée. Elle leur montre la chambre, plus précisément le désordre.
    - Mon fils, ta femme n’a pas été éduquée de sorte à s’occuper d’une maison et d’un mari, à en être capable… Je viens de la voir rouler vos vêtements et les jeter dans la garde-robe ! Vois les poussières ! Comment voudrais-tu ne pas tomber malade ? J’ai un haut-le-cœur ! je ne crois pas que je tiendrai longtemps !
    - Si le cœur t’en dit, soupire Hamid. Nous avons des toilettes et une salle de bains…
    - Je n’ose imaginer leur état, rétorque Lila. Jamais je n’y entrerai !
    Hakima, prends nos affaires, dire à ton père de démarrer sa voiture, nous partons ! Nous ne resterons pas une seule minute de plus ici !
    - Maman, calme-toi, dit Hakima, baissant les yeux, voulant fuir le regard de son frère. Je suis sûre que ton malaise va passer…
    Allonge-toi, la prie-t-elle en la prenant par le bras pour la forcer à s’asseoir sur le lit. Maman, écoute-moi… !
    Mais cette dernière refuse d’écouter. Elle se lève et la repousse.
    - J’ai dit que je partais !
    - Bon vent, dit Hamid en la suivant. Je vais même t’ouvrir la porte !
    Son père s’est levé et les interroge.
    Lila et Hakima sortent sans même les saluer.
    - Mais qu’est-ce qu’il se passe encore ?
    - Rien, répond Hamid. Elles sont pressées de partir… On se verra une autre fois… tu connais maman quand elle n’est pas bien ! Et là, c’est urgent !
    - Je l’emmène à l’hôpital ?
    - Je pense que cela lui passera une fois qu’elle sera loin d’ici ! Tu es et seras toujours le bienvenu ! Merci papa…
    Kader ne part pas sans avoir embrassé Lisa et Maya. Il tapote la joue de Lisa.
    - Oublie ! La vieille peau a toujours été comme ça, à tout critiquer ! Même Hakima n’y échappe pas… Personne ne peut faire mieux qu’elle…Eh oui, ma fille…
    - C’est gentil de vouloir me remonter le moral…
    Lisa le raccompagne dehors, et quand elle croise le regard méprisant de sa belle-mère, elle tourne les talons et rentre à l’intérieur.
    Elle ne veut plus la voir. Sinon, c’est elle qui vomira son déjeuner…

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  38. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 43e partie
    Par : Adila KATIA

    - Tu ne m’avais pas dit qu’elle était aussi mauvaise ! Pourquoi m’avoir caché qu’elle avait des problèmes gastriques ?
    - J’ignorais qu’elle utiliserait ce problème pour créer des histoires !, réplique Hamid.
    -Tu connais ta mère et tu savais qu’elle pouvait être sans pitié ! Elle n’a aucun respect pour les autres ! J’en suis malade de colère et de déception !
    La jeune femme a laissé éclater sa colère. Elle a envie de hurler. Même si cela ne changera rien à la situation.
    -Tout ça c’est de ta faute ! Avec le caractère de ta mère, elles doivent être gaies les réunions de famille !
    -Figure-toi qu’elles passent toutes très bien ! Car tout va comme sur des roulettes avec elle !
    - Super alors !
    Lisa a envie de pleurer. Depuis trois jours, elle s’est tuée à la tâche, et pour quel résultat ! La seule pièce qu’elle n’a pas eu le temps de ranger est sa chambre. Si elle avait su que sa belle-mère est une maniaque, elle ne l’y aurait jamais emmenée !
    - Si cela peut ramener le calme en toi, sache que le déjeuner était délicieux ! Tout était parfait ! Papa l’a apprécié à sa juste valeur ! D’ailleurs, il a dit qu’il reviendrait prochainement… Il a bien mangé et a apprécié.
    - Alors, elle avait une dent
    contre moi ?
    - Non…
    Hamid prie du regard sa belle-mère d’intervenir.
    - Ma fille, toutes les belles-mères sont un peu comme elle ! Même moi, si ton frère devait se marier, il faudra qu’elle soit une fée du logis et un vrai cordon bleu… Et surtout, elle devra être silencieuse, muette comme une carpe, car je ne supporterais pas de l’entendre réclamer ou se défendre ! Les choses sont ainsi établies…
    - Je n’en crois pas un mot !
    - Je te jure ma fille que je serais moins indulgente avec elle qu’avec toi ! Je ne veux que le meilleur pour Sabri et je ne ferai pas de cadeau à sa femme, insiste Maya. Et je suis persuadée que ta belle-mère et moi pourrions nous entendre si on se voyait plus souvent !
    - Ce n’est pas pour demain que je lancerai une invitation !
    - Dans quelques semaines, dit Maya en souriant à Hamid. Je les inviterai chez moi… Mon fils, merci pour ce déjeuner !
    - De rien…
    Il secoue la tête avant d’ajouter, très amer.
    - Même si tout avait été parfait, ma mère aurait trouvé le moyen de prouver le contraire ! Je sors prendre l’air ! J’étouffe…
    Maya ne tente pas de le retenir. Elle comprend qu’il ait besoin de se retrouver seul. Sa mère a réussi à gâcher ce moment de retrouvailles, pour des raisons qu’elle ne s’explique pas. Pour remonter le moral de sa fille, elle lui raconte les petits problèmes qu’elle a rencontrés auprès de sa grand-mère.
    - Cela n’a pas été facile d’être acceptée, et à la mort de ton père, je n’avais plus personne sur qui compter pour prendre ma défense ! Apprends à faire les choses comme il se doit, comme ça, personne ne pourra te critiquer ! À la maison, lui rappelle-t-elle, tu n’aimais pas faire le ménage ! J’aurais aimé que ta chambre soit bien rangée aujourd’hui ! Surtout lorsque tu reçois ta belle-famille ! En particulier, la belle-mère…
    - Elle va me gâcher la vie en s’arrêtant sur ces détails !, dit Lisa en se mettant à faire la vaisselle. Elle n’a pas remarqué le bonheur de son fils, sa joie d’être entouré de toute la famille ! Elle m’a beaucoup déçue… Heureusement que je n’ai pas à vivre avec elle et à supporter ses critiques ! Ses airs choqués, je ne les oublierai pas de sitôt !

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  39. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 44e partie
    Par : Adila KATIA

    Maya n’est pas rentrée chez elle. Elle a aidé Lisa à tout ranger puis à nettoyer l’appartement. La colère est tombée. Maya est soulagée. Elle peut partir le cœur tranquille.
    - Mais reste maman, lui rappelle-t-elle. On dîne ensemble et on te
    raccompagne !
    - Je préfère rentrer maintenant ! Je voudrais voir Ghalia. Sa belle-fille m’avait dit qu’elle souffrait de migraine et de fièvre…
    - J’espère qu’elle va mieux. D’un côté, j’aurais été gênée si elle avait assisté aux scènes ! Vraiment, j’aurais eu honte… Grâce à ma belle-mère, j’ai eu l’impression d’être nulle en tout ! Comme si tu ne m’avais rien appris !
    - Tourne la page ma fille. Oublie carrément cette journée ! Elle ne doit pas gâcher ton bonheur. Va te refaire une beauté et aide Hamid à oublier ! Car lui aussi n’a pas digéré les horreurs de sa mère !
    - Tu dois avoir raison… Mais prends avec toi de quoi dîner !
    Lisa n’attend pas que sa mère le prenne. Elle cherche d’autres boîtes et les remplit avant de les placer dans un grand panier. Elle rajoute des fruits alors que sa mère refuse.
    - On dirait une mendiante, remarque-t-elle alors que Hamid rentrait.
    - Non, tu ne vas pas t’y mettre toi aussi… Donne-lui tout ce que tu veux, c’est moi qui le porterais !, intervient-il. Je te raccompagne en voiture… Mais tu pourrais passer la nuit ici ! Pourquoi partir…
    - Non, non mon fils ! Je dormirai chez moi !
    Je te remercie pour ton hospitalité… On se verra demain ! Si Allah me prête vie !
    - Inch Allah Il nous prêtera tous longue vie !
    - Inch Allah… Je vous attends demain et les autres jours, matin, midi et soir !
    - À prendre régulièrement pour le bon moral de ma Lisa, plaisante Hamid. Nous suivrons le traitement à vie ! Mais il est temps que je te raccompagne… Lisa, tu viens avec nous ?
    - Non, mais je te promets de passer
    demain !
    - Bonne soirée ma fille…
    Lisa embrasse sa mère, la serre dans ses bras avant de la laisser partir. Elle a le cœur serré à chaque fois qu’elle doit se séparer d’elle. Elle soupire en regagnant son appartement. Elle a une pensée pour sa belle-mère et se demande comment elle va. Même si elle a été odieuse avec elle, elle décide de l’appeler afin d’avoir de ses nouvelles.Personne ne décroche. Elle recompose le numéro plusieurs fois avant d’abandonner. Il doit être en dérangement, pense-t-elle. Si son cas s’était aggravé, ils l’auraient su ! Lisa s’efforce d’oublier cette mauvaise journée. Le lendemain, elle reprend le travail. À compter de ce jour-là, Hamid et elle déjeunent chez sa mère, puis à la sortie du laboratoire, Lisa ne rentre pas chez elle. Elle prend son goûter avec elle et lui tient compagnie jusqu’au soir. Hamid les rejoint pour le dîner.
    La jeune femme resterait bien pour la nuit, mais sa mère refuse.
    - Il ne faut pas abuser de la gentillesse de ton mari…
    - Il pourrait faire un effort !
    On est bien ici !
    - Ce sera quand il le voudra !, dit Maya en la pressant vers la porte. Allez file, rentre chez toi !
    Lisa consent enfin à débarrasser le plancher.
    Même s’ils vivent à 5 minutes de chez elle, elle n’est jamais rassurée. C’est plus fort qu’elle…

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  40. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 45e partie
    Par : Adila KATIA

    - Elle est têtue. Elle aurait accepté de vivre avec nous, que je dormirais tranquille… On n’aurait pas à faire ces va-et-vient incessants, se plaint la jeune femme. Elle pourrait faire un effort !
    - Personne ne te force d’y aller, réplique Hamid. C’est ta mère, et c’est toi qui as établi ce programme ! Si elle te montre des signes de fatigue, laisse-la se reposer !
    - Maria pourrait l’appeler et lui proposer de la recevoir quelque temps ! Mais non, quand elle l’appelle, c’est uniquement pour prendre des nouvelles ! Dans le fond, elle est égoïste comme Sabri ! Si elle insiste pour la prendre chez elle, cela risque de perturber son programme ! Je ne la supporte plus…
    - Mais pourquoi tu t’énerves ?
    - Je n’en sais rien, avoue-t-elle.
    - Ta mère n’est pas un poids pour moi ! Pourquoi tu te mets dans cet état ?, l’interroge-t-il avant de la regarder de la tête aux pieds. Dis, tu ne serais pas enceinte ?
    - Non ! Jamais !, s’écrie-t-elle. Je ne suis pas enceinte !
    - Ce serait magnifique ! On aurait un bébé ! Cela changera notre vie, celle de ta mère… Elle aurait une nouvelle raison de se lever ! Ça n’apportera que du bonheur ! Lisa ma chérie, as-tu pensé à faire un test de grossesse ?
    - Non, pas besoin, puisque je prends la pilule !
    Hamid ne cache pas sa déception.
    - Mais pourquoi ?
    - On devait partir en voyage, lui rappelle-t-elle. On attend juste mon passeport ! Enceinte, je ne pourrais pas voyager !
    - Non… Trouve une autre excuse !
    - Je ne suis pas prête !
    - N’importe quoi !
    - Écoute, le bébé ce sera pour plus tard !, dit Lisa. Rien ne pourra me faire changer d’avis ! Alors abandonne !
    - Mais j’y tiens ! Tu ne sembles pas le remarquer, mais on ne rajeunit pas ! D’ailleurs, je suis sûr que ta mère serait de mon avis et qu’elle désapprouverait qu’on attende que madame soit prête ! Jamais je n’ai entendu une femme dire “non, je ne veux pas d’enfant !”.
    - Pas pour l’instant… Inutile d’insister, mais ce ne sera pas pour cette année !, insiste Lisa. Et ne va pas en parler à ma mère !
    Mais c’est compter sans celle-ci. Le lendemain, au déjeuner, elle a tout de suite remarqué qu’ils ne se parlaient presque pas à table. Elle attend de se retrouver seule avec sa fille pour lui poser la question.
    - Quelque chose ne va pas ? Vous vous êtes disputés au labo ?
    - Non ! Tu te fais des idées ! Tout va bien…
    Maya finit par y croire. Mais ce soir-là et tous les jours suivants, elle remarque un froid entre eux. Hamid se comporte avec elle comme un fils. Respectueux et prévenant. Elle a pensé que le fait de passer plusieurs fois dans la journée, chez elle, en était l’origine, mais depuis peu, il lui demande de préparer tel gâteau ou tel plat. Elle le lui prépare avec joie, surtout lorsqu’il précise qu’il n’y a pas mangé depuis des mois !
    Lisa ne se plaint pas de son mari. Un jour où Hamid arrive avant elle, Maya en profite pour l’interroger.
    - Est-ce que je me trompe ou il y a bien un problème entre vous ?
    Hamid hoche la tête en soupirant.
    - En effet…
    - Pourquoi ne m’en as-tu pas parlé ?, lui reproche-t-elle. J’espère que ce n’est pas grave…

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  41. Artisans de l'ombre Dit :

    Les sacrifices 46e partie
    Par : Adila KATIA

    -Si tu lui avais fait des misères, je l’aurais su, vu qu’elle ne supporte pas qu’on la touche ou même qu’on la provoque verbalement ! Elle ne s’est jamais plainte de toi… Je crois que c’est elle qui est dure avec toi ! Qu’est-ce qui se passe ? Quel problème vous empêche de vous retrouver ? Je ne supporte pas la tension qu’il y a entre vous… Allez, le presse-t-elle, quel est le problème ?
    - Si le fait de ne pas vouloir d’enfant est un problème, alors on en a un de sérieux !
    - Ne pas vouloir d’enfant ?, reprend Maya. Ce n’est pas possible ! Raconte-moi ce qui s’est passé et pourquoi tu es convaincu qu’elle n’en veut pas !
    Hamid est gêné, mais comme elle insiste, il finit par lui dire pourquoi et comment cela est arrivé. Maya n’en revient pas. Jamais elle n’aurait cru que sa fille ne voudrait pas d’enfant. Quand on se marie, c’est pour fonder un foyer, avoir des enfants. Elle ne comprend pas sa fille.
    - Ne lui en parle pas ! Je ne veux pas qu’elle sache que je t’ai tout raconté !
    - Mais il faudra bien qu’on en discute !
    - Non, pas maintenant !, la prie Hamid.
    - Un jour ou l’autre, j’aborderai le sujet avec elle !, dit Maya, rouge de colère. C’est insensé ! Elle n’a plus vingt ans, et moi je voudrais être là pour m’en occuper !
    - Elle dit qu’elle n’est pas prête !
    - Encore ces bêtises !
    Les filles deviennent des femmes, et toute femme rêve d’avoir des enfants !, insiste Maya. Même quand elles sont dans la misère ! Alors qu’elle, elle a tout ! La santé, l’argent, un mari instruit et merveilleux ! Je ne la comprends plus… La venue d’un bébé est une bénédiction d’Allah dans la vie d’un couple !
    Hamid lui fait signe de se taire en entendant une clef tourner dans la serrure.
    - Pas un mot, murmure-t-il alors que la porte s’ouvrait.
    Lisa entre, une boîte de gâteaux à la main. Elle ferme puis va la déposer sur la table basse.
    - Bonsoir…
    - Bienvenue ma fille !
    Lisa embrasse chaleureusement sa mère avant de se débarrasser de sa veste et de son sac à main.
    - Comment va la meilleure mère du monde ?, l’interroge-t-elle.
    - Bien ma fille, répond Maya. Mais je pourrais aller mieux…
    - Tu ne te sens pas bien ?
    - Tu as mal quelque part ?, s’inquiète Lisa. Hamid, pourquoi ne l’as-tu pas emmenée chez le médecin ?
    - Hé, doucement ! Pourquoi cries-tu après lui ? Je n’ai pas dit que j’étais souffrante !
    - Ouf !, soupire Lisa. Dis ! Ce ne serait pas Sabri ? Ou Maria ?
    Maya secoue la tête. Elle la rassure avec un sourire.
    - Non, je n’ai rien, insiste-t-elle, alors que Lisa touchait son front.
    - Mais tu as de la fièvre !
    - Non, non…
    - Alors de quoi s’agit-il ?
    - J’avoue que je me sens parfois seule, dit Maya. C’est vrai, vous êtes très présents pour moi et je vous en suis reconnaissante, mais quand vous êtes au travail, je ressens le vide que vous laissez !
    - Dis, tu ne serais pas en train de le couvrir ?, l’interroge Lisa. Il ne t’a pas dit que je travaillais trop ! Que ce serait bien que j’abandonne le boulot ? Pour devenir une femme au foyer… C’est ça ! Hamid tu me déçois !

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