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Quand la politique piège l’art d’écrire -Par M’hammedi BOUZINA

21 août 2013

M’hammedi Bouzina Med

Quand la politique piège l’art d’écrire -Par M’hammedi BOUZINA dans M’hammedi Bouzina Med l-art-d-ecrire--202x300Lundi 17 Mars 2008

Comme prévu, le 28e Salon international du livre a été inauguré, vendredi dernier, par Shimon Peres, le chef de l´Etat d´Israël l´invité d´honneur. Comme prévu, la majorité des éditeurs et écrivains des pays arabes ont boycotté la manifestation. Quelques voix d´écrivains ont fait dissidence dans un camp comme dans l´autre. Aaron Shabtaï pour Israël et Boualem Sensal pour l´Algérie, par exemple.
C´est cette dernière «anomalie» dans la famille des écrivains qui a fini par me convaincre que le vieux débat du rapport de la politique à la littérature n´a jamais été aussi violent, comble de l´histoire, qu´en ces temps de modernité et de démocratie.
Autrement dit, la conquête de la liberté de penser et d´écrire acquise au prix d´un lourd tribut au fil des siècles, notamment durant les XVIIe et XVIIIe siècles, et qui a fondé le modèle démocratique d´aujourd´hui, va finir par tomber sous le charme du pouvoir politique, tant leur proximité s´apparente à une idéalisation réciproque. Dans le cas d´espèce, c´est bien le pouvoir politique français qui est à l´origine de l´invitation, à la place d´honneur, de l´Etat d´Israël à ce Salon littéraire de 2008.
La littérature au sens noble du terme se retrouve ainsi prise au charme du piège du politique. A décharge des écrivains, ceux qui sont présents comme ceux qui boycottent, la présomption d´innocence. Ce n´est pas eux qui sont à l´origine de l´honneur fait à l´Etat d´Israël.
L´erreur des artistes de l´écrit serait qu´ils se livrent une «guerre» à leur manière. Le grand théoricien américain de la littérature moderne, Edward Saïd, décédé en 2003, écrivait à ce propos que «la morale et les principes d´un intellectuel – l´écrivain l´est à plus d´un titre- ne doivent en aucune façon devenir une sorte de boîte de vitesses hermétiquement close, conduisant la pensée et l´action dans une seule direction». Edward Saïd refusait la pensée binaire. «Eux contre nous; Orient contre Occident; fanatismes religieux et arrogance néo-coloniale» disait-il.
Aussi, faut-il laisser l´Etat français sous l´autorité de Nicolas Sarkozy, seul face à sa conscience. Attendons la fin du Salon pour voir si les écrivains ont manifesté une quelconque sympathie pour les crimes d´Israël en Palestine occupée; une quelconque glorification d´Israël en tant que nation civilisée. Mais attendons aussi, dans les jours et les mois qui viennent, l´attitude des boycotteurs dans leur propre pays face au déni de la liberté de l´expression pour eux et surtout pour leurs propres concitoyens.
Le rapport de la littérature à la politique, s´il y en a un, ne peut être que celui-là: la liberté, que la liberté de dire et d´écrire. Rompre la relation suicidaire. De sujet du politique, la littérature se doit de s´émanciper, de se libérer.
Cependant, ne confondons pas tout, et ne soyons pas naïfs. Il y a des écrivains qui cèdent à la tentation politique et politicienne. Regardez jusqu´où va l´écrivain français de confession juive, Marek Halter: «Ils veulent brûler les livres des juifs dans une première étape, avant de brûler les juifs eux-mêmes». Voilà où mène l´indigence intellectuelle d´un écrivain autodidacte. A l´affrontement. A la bêtise. Il confond, intentionnellement, juifs et Etat sioniste d´Israël génocidaire du peuple palestinien. Voilà un écrivain qui fait de la politique, pas de la littérature. Il se livre pieds et poings liés à un pouvoir politique exterminateur d´un peuple désarmé, lui, le rescapé d´un camp d´extermination nazi. Heureusement pour la littérature, ses géniteurs sont plus nombreux que ses exterminateurs.
Pour toutes ces raisons et bien d´autres, que ceux qui dénoncent ce 28e Salon de Paris, dénoncent, et c´est leur droit le plus absolu; comme ceux qui y participent, participent, et c´est aussi leur droit le plus absolu.
Pour le reste, les crimes abjects d´Israël nous reviennent à la face tous les jours et la France de Sarkozy fera avec. Au pire, elle dénoncera quelques tueries collectives, comme le font aussi les Etats arabes. Rien de plus. Et la littérature survivra à la bêtise du politique.

bouzinamed@yahoo.fr

http://www.lexpressiondz.com/chroniques/regards-croises/123131-Quand-la-politique-pi%C3%A8ge-l%E2%80%99art-d%E2%80%99%C3%A9crire.html?print

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À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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8 Réponses à “Quand la politique piège l’art d’écrire -Par M’hammedi BOUZINA”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    L’art d’écrire : Conseils et suggestions pour l’auteur débutantÇa y est. Vous vous êtes décidé(e) à écrire un livre. Quelque chose commence à prendre forme dans votre cœur, et vos pensées commencent à s’aligner d’une certaine façon… Le processus créatif a démarré !
    Mais, en commençant, vous réalisez que le désir d’écrire un livre, même le fait d’avoir une idée arrêtée, n’est souvent pas suffisant ! Écrire est un art, mais aussi un talent. Et même avec un talent présent, il y a toujours des choses à apprendre et des domaines à surveiller !
    Pour vous aider dans l’écriture et la conception de votre livre, voici quelques conseils.

    1) Tout d’abord, faites le point quant à votre niveau de français, en toute honnêteté. Posez-vous la question : « Ai-je une compétence suffisante dans la langue française pour écrire ou dois-je avoir recours à un écrivain déjà établi pour mettre mon message sous forme écrite ou m’aider dans ce projet? » Une première condition pour écrire est déjà d’avoir une bonne maîtrise de la langue. Si vous avez eu un cursus scolaire assez court que vous n’avez jamais développé, le niveau de votre expression écrite (à moins que le Seigneur fasse un grand miracle) ne dépassera jamais une certaine limite.

    2) Si vous pensez que vous pouvez commencer, posez-vous ensuite la question : « Pourrais-je disposer d’un(e) correcteur/correctrice confirmé(e) et professionnel(le) pour revoir mon texte? » Il faut savoir que la langue telle que vous l’écrivez est probablement loin d’être excellente… (Rappelez-vous Rom 12:3). Rien de plus irritant que de lire un livre dont la tournure des phrases trébuche souvent, et où l’on trouve des erreurs un peu partout… Il faut comprendre que le fait d’avoir une bonne maîtrise de la langue est très différent que celui d’être un correcteur professionnel! Il existe des règles dans une langue, notamment pour la ponctuation, l’utilisation des majuscules, etc., qui sont souvent ignorées sauf par ceux/celles qui ont eu une formation pour cela. Vraiment, relire un texte une ou deux fois, et le faire relire par un(e) ami(e) ne suffit pas, si vous voulez avoir un travail de qualité! Nous pouvons vous aider dans ce domaine en vous mettant en contact avec des personnes dont c’est le métier, proposant des tarifs spéciaux pour les auteurs des Éditions l’Oasis. Déjà, nous vous recommandons de bien utiliser le correcteur d’orthographe et de style intégré en Word.

    3) Avant de commencer, rédigez ce que l’on pourrait appeler ‘la colonne vertébrale’ de votre livre sur une feuille A4. Cela revient à prendre l’idée centrale, le ‘noyau’ de votre livre, pour la réduire en une page maximum. Cela vous aidera à bien définir l’idée centrale de votre livre, pour en faciliter l’élaboration plus tard. La question qui peut vous aider à bien ‘saisir’ cette idée est : « Quel est le but, l’objectif que je veux atteindre avec mon message ? » Si vous n’arrivez pas à écrire sur une feuille le noyau de votre message, cela ne vaut pas la peine de commencer. Votre livre risque d’être ennuyeux, sans ‘fil conducteur’, sans contenu réel, traînant en longueur.

    4) Posez-vous la question : « Quel public je cherche à toucher? » Si vous voulez écrire pour des enfants, il est clair qu’il faut adapter le texte. Si vous écrivez pour des non-croyants, il faut, par exemple, éviter ‘la langue de Canaan’, autrement dit, la langue de la Bible; les gens ne vous comprendront pas! Si le message s’adresse à des chrétiens confirmés, il n’est pas nécessaire de trop développer certains détails ou bases de la foi chrétienne qui semblent évidents. Dans ce cas, vous pouvez prendre la liberté de présupposer certaines choses.

    5) Il est important de réaliser que certaines choses énoncées peuvent avoir une implication que vous n’avez peut-être pas réalisée au premier instant. Si par exemple vous énoncez quelque chose comme : « Nos ancêtres, il y 300.000 ans, avaient le même problème de péché que nous aujourd’hui », cela suppose que vous ne croyez donc pas dans le récit littéral de Genèse et le fait que la Bible dit que la terre n’a pas encore 6000 ans !

    6) Ensuite, faites une ‘Table des matières’ dans laquelle vous énumérez les différents chapitres de votre livre, à développer plus tard. Cela concrétisera encore plus cette ‘colonne vertébrale’.

    7) Essayez de vous déplacer dans la peau de vos futurs lecteurs(trices). Certaines choses sont pour vous évidentes, mais cela n’est peut-être pas le cas pour tout le monde !

    8) Si votre livre contient une étude ou une révélation que vous avez reçue, essayez de toujours donner des exemples de mise en pratique dans la vie de tous les jours. Les gens ne peuvent rien faire avec des théories.

    9) Quand il s’agit d’une (auto-)biographie, il faut comprendre que, bien que vous trouviez la vie que vous décrivez très intéressante, cela peut ne pas être le cas pour tout le monde. D’autant plus si la vie de la personne que vous décrivez n’a pas eu grand-chose de ‘spectaculaire’. Ce n’est pas un jugement, mais simplement un constat ; les (auto-)biographies sont souvent peu lues, sauf s’il s’agit de quelqu’un de connu. Souvent les (auto-)biographies écrites sous forme de témoignage sont plus appréciées.

    10) N’essayez pas de rédiger le texte que vous venez d’écrire tout de suite. Laissez couler le processus créatif dans l’écriture du livre. Pour écrire, nous utilisons le côté créatif de notre cerveau ; rédiger est tout un autre processus qui utilise l’autre côté du cerveau. Faire des allers/retours sans cesse entre les deux côtés peut s’avérer fatigant et conduire à une certaine confusion.

    11) N’espacez pas trop les sessions d’écriture, vous risquez de perdre le fil, et la flamme de créativité ! Disciplinez-vous par exemple à écrire tous les jours, même si ce n’est que 30 minutes.

    12) Une fois le livre terminé, même en ‘brut’, donnez-le à lire à plusieurs personnes dont vous savez qu’elles ne vous épargneront pas, tout en amour ! Et ne prenez pas d’éventuelles critiques de façon personnelle, mais comme une opportunité d’amélioration.

    13) Essayez de ne pas écrire de trop longues phrases, avec des virgules illimitées… Évitez les mots et les phrases inutiles. Quelqu’un a dit: « Une phrase ne devrait pas contenir de mots inutiles, les paragraphes ne devraient pas contenir de phrases inutiles, pour la même raison qu’une machine ne devrait pas avoir de pièces inutiles ».

    14) Et pour conclure, une fois le livre fini, laissez-le ‘reposer’ quelques jours avant de le reprendre pour le rédiger.

    Et surtout : priez pour que le Saint-Esprit vous aide, vous dirige et vous éclaire !

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    L’art d’écrire…
    Comment travaillent les écrivains ? Inspiration, écriture, style, journée type… Les auteurs répondent !

    Comment travaille… Gilles Leroy ?
    23 avril 2011 par EB
    Avant son départ pour le Canada où il participera à plusieurs festivals, Gilles Leroy a bien voulu se prêter au jeu des questions/réponses, pour nous expliquer comment il travaille.

    Depuis un quart de siècle (son premier roman, Habibi, est paru en 1987), Gilles Leroy a écrit une dizaine de romans, ainsi que plusieurs récits, nouvelles, et même du théâtre. Des années pas toujours évidentes de l’aveu même de l’auteur, mais finalement payantes puisqu’il a gagné plusieurs prix, dont le Goncourt en 2007 ! Il l’a en effet obtenu pour Alabama Song (Mercure de France), roman qui s’intéressait à Zelda, l’épouse de l’écrivain Francis Scott Fitzgerald.

    Pour son dernier roman, Gilles Leroy est resté aux Etats-Unis : Zola Jackson (Mercure de France, 2010) est en effet consacré à la Nouvelle-Orléans touchée par l’ouragan Katrina, à travers le regard de Zola, restée dans sa maison et se remémorant sa vie. Plus récemment il a écrit Ange Soleil, une pièce de théâtre inspirée en partie par Jean Genet. N’hésitez pas à consulter sa bibliographie pour plus de détails sur ses écrits.

    Mais pour l’instant, intéressons-nous à la manière dont travaille Gilles Leroy…

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    • Artisans de l'ombre Dit :

      Comment travaille… Gilles Leroy ?
      23 avril 2011 par EB
      Avant son départ pour le Canada où il participera à plusieurs festivals, Gilles Leroy a bien voulu se prêter au jeu des questions/réponses, pour nous expliquer comment il travaille.

      Depuis un quart de siècle (son premier roman, Habibi, est paru en 1987), Gilles Leroy a écrit une dizaine de romans, ainsi que plusieurs récits, nouvelles, et même du théâtre. Des années pas toujours évidentes de l’aveu même de l’auteur, mais finalement payantes puisqu’il a gagné plusieurs prix, dont le Goncourt en 2007 ! Il l’a en effet obtenu pour Alabama Song (Mercure de France), roman qui s’intéressait à Zelda, l’épouse de l’écrivain Francis Scott Fitzgerald.

      Pour son dernier roman, Gilles Leroy est resté aux Etats-Unis : Zola Jackson (Mercure de France, 2010) est en effet consacré à la Nouvelle-Orléans touchée par l’ouragan Katrina, à travers le regard de Zola, restée dans sa maison et se remémorant sa vie. Plus récemment il a écrit Ange Soleil, une pièce de théâtre inspirée en partie par Jean Genet. N’hésitez pas à consulter sa bibliographie pour plus de détails sur ses écrits.

      Mais pour l’instant, intéressons-nous à la manière dont travaille Gilles Leroy…

      INSPIRATION
      Pour trouver une idée de roman, qu’est-ce qui vous inspire ?

      Le réel, exclusivement. La vie que j’ai vécue, mais plus souvent celle que d’autres que moi ont vécue. Aucun message à passer. Il suffit de faire comme je l’ai fait pendant plusieurs années, sur plusieurs romans : décrire le monde modeste ou pauvre, les oubliés, les enfermés, parfois même le quart-monde et poser alors la question « Comment s’en sortir ? ». Quand je dis réel, je parle des choses arrivées. Mais tout mon travail de romancier consiste à semer le trouble entre les choses arrivées et les choses ressenties – cette vérité du roman, qui le rend supérieur à toute autre expérience de fiction.

      Pendant l’écriture du roman, l’inspiration est-elle dure à trouver ?

      Le mot inspiration me fait toujours sourire. C’est le vieux Hugo disant non sans vanité qu’il écrit sous la dictée de Dieu. Ce sont les Muses antiques. Tout un fatras religieux, donc, qui ne me parle pas. Et que je comprends en même temps, car il y a dans certains moments extrêmes de l’écriture une sorte d’excitation maniaque qui vous fait croire que vous lévitez, qui fait penser à l’extase mystique. Or ce n’est que fatigue.

      HISTOIRE, PERSONNAGES
      Faites-vous un plan avant d’écrire votre roman (et le suivez-vous scrupuleusement), ou vous lancez-vous juste avec une idée de base ?

      Pas de plan, non. Juste une histoire, un « plot », très mince en général. Mais je conçois mes romans de façon très cinématographique, et, lorsque je me mets vraiment au travail, j’ai tout un story-board en tête. Je dois voir chaque scène et à l’intérieur de cette scène, chaque visage, chaque couleur, chaque son, chaque senteur.

      Avant d’écrire, faites-vous des fiches sur les personnages, ou en tout cas les imaginez-vous de manière approfondie ?

      Non, pas de fiches ! La création de personnages est la vraie aventure poétique de la fiction. Alors non, laissons les fiches à la police. Les personnages se dressent devant moi, d’abord tels des hologrammes, des fantasmes, puis ils prennent chair, ils prennent voix, ils ont leur odeur sui generis.

      Arrivez-vous à donner un ton particulier à chaque personnage, au travers des dialogues en particulier ?

      J’y travaille, en tout cas.

      STYLE, RE-ECRITURE
      Etes-vous adepte du style, ou préférez-vous laisser la place à l’histoire ?

      D’abord, on est jeune, on débute, et l’on se préoccupe beaucoup de style. Puis on publie plusieurs livres, on est reconnu comme quelqu’un qui a un style mais aussi et surtout un univers, et l’on cesse de penser au style. Dès lors, le seul souci est de ne pas trahir son propre univers.

      Ecrivez-vous à la première, deuxième, troisième personne, et pourquoi ?

      Cela dépend du sujet et aussi du projet littéraire. J’aime me lancer à chaque nouveau roman un défi littéraire. Un truc vraiment casse-pieds, voire dangereux, qu’il faudra surmonter. C’était l’idée, avec Alabama Song, quand j’ai choisi de parler à la première personne non pas pour Scott Fitzgerald – ce qui aurait coulé de source -, mais en prenant la voix de son épouse Zelda.

      Est-ce que vous réécrivez beaucoup, pendant ou après avoir écrit le roman ?

      Non. Chaque page écrite est aboutie. J’y mets le temps qu’il faut, et je ne reviens plus en arrière.

      PERIODE D’ECRITURE
      Quelle est votre journée-type lorsque vous êtes en période d’écriture : écrivez-vous plutôt le matin ou le soir ? Vous obligez-vous à écrire tous les jours, quitte à ce que ce soit peu, et pas abouti ?

      Le programme est simple : j’ouvre les yeux avec le lever du jour, je mets de l’eau à chauffer, je sors mon chien sur le chemin le temps qu’il fasse ses besoins, nous rentrons, j’emplis la théière et je glisse dans le bureau adjacent à la cuisine. Le chien a un lit d’enfant dans le bureau, où il peut se rendormir tandis que j’entre dans les affres. Mais ce n’est pas tous les jours, non. Je m’accorde le luxe d’être fatigué et, de toute façon, je voyage tellement désormais qu’un rythme rigide serait ridicule, impossible à respecter.

      Ecrivez-vous chez vous, ou à l’extérieur (café, bibliothèque, autre) ?

      Chez moi. Dans les cafés aussi, mais seulement à l’étranger, quand la langue autour de moi n’est pas le français et n’interfère donc pas avec mes mots.

      Trouvez-vous plus facile de vous isoler quand vous êtes en période d’écriture, ou partagez-vous votre temps entre écriture et vie sociale ?

      Il faut être seul, j’en suis persuadé. Se trouver dans un endroit du monde où ne parviennent pas les échos dangereux de la mondanité. Souvent, ces lieux propices à l’écriture sont empreints de tristesse. C’est encore mieux s’ils sont impersonnels, comme l’appartement-hôtel que j’habitais à Montgomery, Alabama, USA, pour finir d’écrire Alabama Song. J’étais absolument seul avec mon manuscrit, le bleu du ciel et les tornades.

      ROMANS, NOUVELLES, ET AUTRES FORMES
      Préférez-vous écrire des romans, des nouvelles, ou appréciez-vous les spécificités de chaque forme ?

      Il y a chez moi une joie, une alacrité à écrire des nouvelles – fussent-elles sombres comme la plupart des miennes. Le roman a un côté écrasant. Chaque fois que je commence un roman, je me trouve face à une montagne. Le pire, c’est que de livre en livre la montagne va grandissant.

      Certains de vos livres sont autobiographiques ou fortement inspirés de votre vie : quels sont les points positifs et négatifs à écrire sur sa vie ?

      Rien de positif. C’est très dangereux d’écrire sa vie. A moins d’être Rousseau, c’est-à-dire de tricher. Souvent, on ne fait que remuer le couteau dans la plaie. Il n’y a aucune catharsis à ça, aucune mise à distance. On souffre sur le papier ce qu’on avait déjà souffert dans sa chair et à la fin, à la publication, des petits malins vous disent que vous devez vous aimer beaucoup pour vous raconter ainsi. On peut dire beaucoup de choses de moi, mais certainement pas que je m’aime.

      Vous avez un peu écrit pour le théâtre et la télévision. Ce genre d’écriture vous intéresse-t-il, ou était-ce juste pour l’expérience ?

      C’étaient chaque fois des commandes. J’y ai pris plaisir, oui, comme pour Ange Soleil qui paraît bientôt chez Gallimard, une pièce écrite sur mesure pour le metteur en scène Alfredo Arias. Mais je ne peux écrire pour ces supports que sur commande. Ça ne me viendrait pas à l’idée, sinon.

      POUR FINIR…
      Pourquoi êtes-vous devenu écrivain ?

      Je crois que j’étais très à part, dès l’enfance, très seul aussi. Les romans étaient pour moi la seule vérité tangible. Plus vrais que la vie. Qu’aurais-je pu faire d’autre sans m’ennuyer atrocement? Je suis resté au sein de cette vérité que j’aimais. Simplement, je suis passé derrière la caméra, comme on dit dans le cinéma.

      Le chemin pour faire publier votre premier roman fut-il dur ?

      C’est si loin… J’ai eu la chance d’avoir tout de suite, dès mon premier manuscrit, des interlocuteurs au Seuil et chez P.O.L. qui m’ont encouragé. Grâce auxquels je me suis mis au travail, donc. Le plus drôle est que je n’ai jamais publié ni chez l’un ni chez l’autre.

      Vous avez été pendant un temps journaliste, avant de vous consacrer entièrement à l’écriture de romans. Vous faites donc partie des auteurs qui arrivent à vivre de leur plume ?

      Oui, mais soyons clair : j’en ai vécu très chichement, de longues années, avant d’avoir le Goncourt. Certains pour s’endormir comptent les moutons. Moi, je comptais les vaches maigres. Tant d’années d’inquiétude et d’insomnies. Je le dis à tous les jeunes gens qui se présentent à moi en disant qu’ils souhaitent être écrivains : Etes-vous bien certain d’avoir la trempe ? L’endurance ? Car à la fin la question n’est plus seulement de savoir si l’on a du talent ou pas, mais de s’assurer qu’on aura la force de vivre si durement.

      Vous avez gagné plusieurs prix, dont le Goncourt pour Alabama Song. Est-ce que cela change la vie d’un écrivain ?

      Comme je viens de l’évoquer, le grand changement avec le Goncourt est d’abord d’ordre matériel – pour moi, en tout cas, qui ne suis ni rentier ni héritier d’une grande famille. Ce soulagement de n’être plus harcelé par la banque, de pouvoir ouvrir sa boîte aux lettres sans angoisse. Et puis, très vite, j’ai connu l’excitation des tournées à l’étranger, le plaisir de voir mon livre traduit dans une trentaine de langues, le bonheur épuisant de rencontrer chaque soir une centaine de personnes, parfois plus, dans des librairies, des universités, des théâtres.

      J’ai eu ce prix à 48 ans, un âge auquel on ne change plus. De toute façon, je n’avais pas envie de changer de vie. Je voulais la même, mais en mieux. En ce sens, j’ai réussi quelque chose.

      Observez-vous une évolution de votre style au fil des années ? Quels sont les thèmes qui reviennent ?

      Oh ! Je laisse à d’autres le soin de répondre. Je ne peux ni ne veux être mon propre exégète. Je sais que c’est à la mode, que les auteurs français se commentent eux-mêmes avec peut-être l’idée qu’on n’est jamais mieux servi que par soi-même. C’est ridicule et vaniteux, pour le coup.

      Avez-vous de nombreuses idées de roman qui attendent dans un tiroir que vous les mettiez en mots, ou préférez-vous commencer un roman selon l’inspiration du moment ?

      Il y a toujours un roman en attente, non pas dans un tiroir mais dans ma tête. Dans les semaines où j’achève un roman, je prends déjà les notes pour le prochain. C’est sans doute pour ne pas trop souffrir de la perte du livre en train de finir, ce deuil très particulier.

      Merci à Gilles Leroy de m’avoir répondu si prestement ! Vous trouverez plus d’informations à son sujet sur son site web officiel.

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    Comment travaille… Claire Legendre ?
    13 avril 2011 par EB
    Cette semaine, les réponses nous viennent tout droit de Prague ! En effet c’est Claire Legendre, auteur française vivant actuellement dans la capitale tchèque, qui a bien voulu me répondre. Elle y donne des cours d’écriture à l’Institut Français de Prague, et en profite pour trouver l’inspiration…

    Originaire de Nice, Claire Legendre a baigné dans le milieu théâtral, puisque son père y dirige un théâtre. C’est pourtant vers l’écriture de romans qu’elle se tourne très tôt, à tel point qu’elle publie son premier, Making of (éditions Hors Commerce) à 18 ans !

    Il sera suivi au fil des ans de plusieurs autres livres : de Viande en 1999, à L’Ecorchée vive en 2009, en passant par La méthode Stanislavski en 2006, tous édités chez Grasset (cf sa bibliographie). Actuellement, la romancière de 31 ans est en pleine ré-écriture de son dernier roman, qui devrait paraître dans quelques mois.

    En attendant, découvrez comment travaille Claire Legendre…

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    • Artisans de l'ombre Dit :

      Comment travaille… Claire Legendre ?
      13 avril 2011 par EB
      Cette semaine, les réponses nous viennent tout droit de Prague ! En effet c’est Claire Legendre, auteur française vivant actuellement dans la capitale tchèque, qui a bien voulu me répondre. Elle y donne des cours d’écriture à l’Institut Français de Prague, et en profite pour trouver l’inspiration…

      Originaire de Nice, Claire Legendre a baigné dans le milieu théâtral, puisque son père y dirige un théâtre. C’est pourtant vers l’écriture de romans qu’elle se tourne très tôt, à tel point qu’elle publie son premier, Making of (éditions Hors Commerce) à 18 ans !

      Il sera suivi au fil des ans de plusieurs autres livres : de Viande en 1999, à L’Ecorchée vive en 2009, en passant par La méthode Stanislavski en 2006, tous édités chez Grasset (cf sa bibliographie). Actuellement, la romancière de 31 ans est en pleine ré-écriture de son dernier roman, qui devrait paraître dans quelques mois.

      En attendant, découvrez comment travaille Claire Legendre…

      INSPIRATION
      Pour trouver une idée de roman, qu’est-ce qui vous inspire ? Votre vie, ce que vous observez, une envie de faire passer un message… ?

      C’est un peu tout ça à la fois, mais en réalité je ne cherche pas des idées, elles sont là, plutôt comme une nécessité, j’ai besoin de dire ou de raconter ça, je le fais. Le problème est plutôt de faire le tri entre ce qui mérite d’être écrit, gardé, partagé et ce qui finalement n’est qu’un ornement subsidiaire ou anecdotique. Comme lectrice j’aime autant l’autofiction de Serge Doubrovsky que les histoires très distanciées d’Echenoz par exemple. La question de l’autobiographie me semble au fond un peu périphérique car elle ne dit pas grand chose de la qualité d’un livre. Paradoxalement mes romans les moins autobiographiques, comme Viande ou L’Ecorchée vive, sont probablement aussi les plus personnels.

      Pendant l’écriture du roman, l’inspiration est-elle dure à trouver ? Pensez-vous que l’inspiration vient en travaillant, en s’obligeant à se mettre devant son ordinateur quoi qu’il arrive ?

      Peut-être qu’il s’agit davantage d’énergie que d’inspiration. Je sais ce que je veux écrire, reste à savoir comment le faire. « Comment vais-je raconter ça » est une question récurrente, alors que « qu’est-ce que je vais raconter » se pose peu. Je me mets devant l’ordinateur et je procrastine beaucoup avant de finir par trouver l’état qui me permet d’écrire ce que je veux comme je veux. Disons 5 heures de procrastination pour 2 heures d’écriture… ce qui suppose une grande disponibilité !

      Vous vivez à Prague, être à l’étranger donne-t-il une vision différente des choses, cela vous inspire-t-il d’une manière ou d’une autre ?

      Bien-sûr. Mon prochain roman se passe à Prague et porte les traces de ce que j’y ai appris. Le fait d’être étranger par exemple. Mais surtout, le fait de vivre au milieu de gens qui ne parlent pas votre langue, vous donne une conscience beaucoup plus aigüe de la langue, de ses spécificités, de ses images, de sa richesse. Outre la découverte d’une culture, d’un peuple et d’une ville sublime, c’est surtout cela que j’ai appris : regarder la langue française comme dans un miroir. Mes amis tchèques parlent très bien français, mais chaque fois que j’emploie une expression imagée, je me demande si je vais me faire comprendre, et je réalise combien le français est imagé, riche, fantaisiste (ce qui est probablement le cas de toutes les langues, mais en l’abordant du dehors, mon outil de travail s’enrichit).

      HISTOIRE, PERSONNAGES
      Faites-vous un plan avant d’écrire votre roman, ou vous lancez-vous juste avec une idée de base ?

      Il y a en général un début et une fin, et une idée plus ou moins précise de ce qui se passe entre les deux. Je fais des plans assez lâches, que je remplace régulièrement, que je bafoue, mais il y a une logique intégrante à chaque projet, qui définit les grandes lignes de l’action dès le début.

      Si vous faites un plan, est-ce que vous le suivez scrupuleusement, ou vous laissez-vous la liberté de le changer un peu en cours de route si besoin est ?
      Comme je vous le disais je change beaucoup, mais dans les limites de la cohérence du projet. Il m’est arrivé de restructurer complètement le livre en cours d’écriture. Par exemple j’ai écrit L’Ecorchée vive dans l’ordre chronologique du récit, depuis l’enfance de mon héroïne jusqu’à l’âge adulte (Barbara a le visage déformé à la naissance puis subit une opération à l’âge de dix-huit ans) et j’ai « remonté » le livre une fois écrit, comme on monte un film, en alternant les chapitres concernant l’enfance et ceux qui racontent sa vie d’adulte. Cette possibilité était présente dès le début, mais elle s’est imposée en cours d’écriture.

      Avant d’écrire, faites-vous des fiches sur les personnages, ou en tout cas les imaginez-vous de manière approfondie ?
      Je les imagine beaucoup, je les vois, et ils se précisent petit à petit. La question de leur nom est capitale. Quand j’étais petite je découpais des photos dans les magazines pour donner un visage à chacun, aujourd’hui j’ai souvent une image mentale assez nette.

      Arrivez-vous à donner un ton particulier à chaque personnage, au travers des dialogues en particulier ?
      J’ai été formée par le théâtre, donc oui, la voix des personnages est un enjeu central pour moi. Dans mon premier roman, Making-of, chaque chapitre était raconté par un narrateur différent, et il était important que chacun ait une voix singulière que l’on puisse entendre. Les personnages existent quand on les voit et qu’on les entend. Le travail d’écriture est alors assez proche du travail d’un acteur, il faut se mettre à la place du personnage, parler pour lui, même quand il est très différent de moi.

      STYLE, RE-ECRITURE
      Etes-vous adepte du style, ou préférez-vous laisser la place à l’histoire ?

      Je crois qu’on ne peut pas faire l’un sans l’autre. Un style peut aussi avoir pour qualité de se faire oublier. Mais on ne peut pas envisager une rupture entre le fond et la forme, chaque livre a un style qui colle à ce qu’il raconte. Il me semble que je privilégie la cohérence entre les deux.

      Comment définissez-vous votre style, et le travaillez-vous ?

      Je n’écris pas de belles phrases pour faire de belles phrases. En tant que lectrice, si j’ai l’impression que l’auteur se regarde écrire, je perds le fil. Comme j’ai grandi dans un théâtre, j’ai toujours privilégié ce qui « sonne juste » et ça ne veut pas dire que je fais une littérature naturaliste. La simplicité peut donner lieu à de très belles choses, à des images, des décalages, des paradoxes. Mon style ? Peut-être quelque chose de très concret. Visuel, auditif, sensitif. L’oralité a une grande place, le rythme. Je me relis souvent à haute voix pour vérifier que ça marche.

      Ecrivez-vous à la 1ère, 2ème, 3ème personne, et pourquoi ?

      Souvent à la première. Justement pour la voix, la respiration d’un personnage qui est défini, qui n’est pas une instance abstraite. Mais j’ai écrit aussi beaucoup à la troisème, qui permet l’indirect libre, avec quoi on peut s’amuser, ou bien une neutralité presque « blanche » dans L’Ecorchée vive, par exemple, parce que je ne pouvais pas me mettre à la place de mon héroïne, il fallait respecter une certaine distance.

      Est-ce que vous réécrivez beaucoup, pendant ou après avoir écrit le roman ?
      C’est très variable. Je restructure souvent, mais sur le détail du texte, c’est plutôt de l’ordre du toilettage. J’enlève un adverbe, je rajoute une virgule…

      PERIODE D’ECRITURE
      Quelle est votre journée-type lorsque vous êtes en période d’écriture : écrivez-vous plutôt le matin ou le soir ? Vous obligez-vous à écrire tous les jours, quitte à ce que ce soit peu, et pas abouti ?

      En général je finis par arriver à écrire le soir, entre 23h et 2h du matin, après avoir passé la journée à essayer de me concentrer. J’ai essayé d’écrire au kilomètre, quand j’étais à la Villa Médicis par exemple, j’écrivais 4 pages par jour, ce qui me donnait l’impression de justifier mon salaire. Au final, je me suis retrouvée avec un manuscrit qui ne tenait pas la route, mais qui était très riche, et que j’ai beaucoup pillé par la suite pour en faire d’autres livres.

      Ecrivez-vous chez vous, ou à l’extérieur (café, bibliothèque, autre) ?
      Au début de l’écriture, je peux écrire n’importe où, au café beaucoup, sur cahier ou ordinateur. Puis quand le livre est lancé, c’est une écriture beaucoup plus ordonnée et rituelle, chez moi, à mon bureau.

      Trouvez-vous plus facile de vous isoler en période d’écriture, ou aimez-vous partager votre temps entre écriture et vie sociale ?
      Ma vie sociale a tendance à se réduire en période d’écriture, mais j’ai quand même besoin de voir des gens dans la journée, de sortir, de prendre l’air. J’essaie de garder le plus possible mes soirées libres pour l’écriture, car je sais que si je décroche deux ou trois jours, il est difficile de me replonger dans la fiction.

      ROMAN, NOUVELLES, ETC
      Préférez-vous écrire des nouvelles, des romans, ou appréciez-vous les spécificités de chaque forme ?

      J’ai écrit cinq romans publiés, deux qui ne le seront jamais, et un à paraître. C’est la forme que je connais le mieux, et qui me donne le plus de liberté. J’ai publié un recueil de nouvelles (Le Crépuscule de Barbe-bleue) que j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire et qui m’a donné une espèce de légèreté. Au niveau de la structure, c’est très agréable, très maléable, beaucoup plus facile. C’est comme faire un croquis au fusain quand on est habitué aux toiles peintes. Satisfaction immédiate. Les formes courtes sont très complémentaires du roman, sur le plan du plaisir qu’on y prend. Et ça permet aussi de développer des choses qui n’auraient pas leur place dans un roman. Une sorte de soupape.

      Deux de vos romans, Making of et Viande (dans sa version allemande) ont été adaptés en pièces de théâtre. Expériences intéressantes ? Cela vous a-t-il donné envie d’écrire des pièces de théâtres, d’autant que vous avez baigné dans ce milieu ?
      J’ai écrit deux pièces de théâtre qui ont été montées par mon père dans son théâtre à Nice, ainsi qu’une série de monologues pour le théâtre (de petites nouvelles orales) qui ont été jouées l’an dernier. J’aime beaucoup écrire du théâtre, mais peut-être suis-je encore un peu inhibée par la connaissance que j’en ai, à la fois pratique et universitaire (j’ai consacré ma thèse aux théories de la mise en scène) et qui m’impose de mettre la barre assez haut. Je me suis toujours sentie beaucoup plus « chez moi » dans le roman, paradoxalement, parce que je me suis approprié la forme avant de l’étudier en classe.

      Les deux expériences d’adaptation, à Vienne en Autriche en 2008 et au Théâtre National de Nice en 2009, ont été très riches et joyeuses, c’est l’occasion de partager un travail qui est d’habitude solitaire, dans une ambiance festive, et j’étais très heureuse du résultat.

      POUR FINIR…
      Pourquoi êtes-vous devenue écrivain ?

      Probablement parce que dans l’échelle des valeurs que m’ont transmises mes parents, c’était ce qu’on pouvait faire de mieux. Les personnes qu’ils admiraient le plus étaient des écrivains. Parce que j’avais l’impression que c’était à ma portée aussi (une feuille, un stylo, pas besoin de caméra par exemple, ni de moyens, ni de compétence physique particulière). J’ai commencé à écrire très tôt, dans l’enfance, et mes parents m’ont toujours lue, encouragée…

      Le chemin pour faire publier votre premier roman fut-il dur ?
      J’ai envoyé beaucoup de manuscrits par la poste, et j’ai collectionné les lettres de refus, comme beaucoup d’auteurs. J’en avais collé une cinquantaine au mur de ma chambre, mon père disait que Fitzgerald en avait eu 298 pour Gatsby… c’était encourageant ! Pour l’anecdote, ma première lettre de refus était de Grasset, qui est devenu mon éditeur depuis. Comme j’ai commencé à envoyer mes manuscrits vers 15 ans, j’ai quand-même publié mon premier roman à 18. Je ne vais pas me plaindre ! J’ai remporté un concours de nouvelles policières. Les éditeurs qui étaient dans le jury m’ont encouragée à transformer ma nouvelle en roman. Je leur ai envoyé le texte six mois plus tard et ils l’ont publié.

      Arrivez-vous à en vivre ? Avez-vous une autre activité professionnelle à côté, par choix ou obligation ?
      Oui et non. J’ai eu la chance de passer un an à la Villa Médicis, d’obtenir la bourse de la Fondation Jean-Luc Lagardère, ça a payé mes études et ça m’a donné du temps pour écrire. J’ai enseigné à l’Université, ce que je vais refaire bientôt, j’anime des ateliers d’écriture, ce qui me permet de créer tout en gardant une vie sociale et un véritable échange avec les autres. J’ai passé deux ans à travailler très peu, et le travail m’a manqué, parce qu’avoir un emploi du temps, ça structure, ça vous empêche de tourner en rond, en circuit fermé. Il est très difficile de s’imposer des horaires soi-même, et difficile aussi de ne pas en avoir du tout. Donc finalement, à condition d’avoir un travail intéressant et stimulant, je crois que je préfère travailler. Ca permet aussi de ne pas voir l’écriture comme un gagne pain, de ne pas céder à la tentation de faire n’importe quoi pour plaire, c’est une autre forme de liberté.

      Observez-vous une évolution de votre style au fil des années ? Y a-t-il des thèmes qui reviennent ?
      Oui, heureusement je n’écris plus comme à 18 ans (même si je ne renie pas mon premier roman, que j’aime encore beaucoup). J’ai moins peur d’être prise pour une idiote, moins de choses à prouver et du coup je suis peut-être plus libre. Et puis il y a des histoires qu’il faut savoir raconter. Peut-être que techniquement je m’en sens plus capable.

      A propos des thèmes récurrents, j’identifie deux grands ensembles : d’un côté ce qui concerne le corps, la féminité, le désir… et de l’autre la création, la vie en communauté, les autres. C’est un peu intérieur / extérieur. En général je me fais mal à écrire les livres « intérieurs » (Viande, L’Ecorchée vive) et je m’amuse à écrire les « extérieurs » (Making-of, La Méthode Stanislavski…).

      Avez-vous de nombreuses idées de romans qui attendent dans un tiroir que vous les mettiez en mots, ou préférez-vous commencer un roman selon l’inspiration du moment ?

      J’ai pas mal de projets dans les tiroirs mais je ne sais pas s’ils en sortiront un jour (sûrement, oui, puisque L’Ecorchée vive est resté 10 ans dans un tiroir avant de voir le jour). Mais je crois qu’on écrit ce qu’on peut au moment où on le fait, et je ne sais pas ce que je serai capable d’écrire l’an prochain, peut-être quelque chose qui n’est pas encore là, identifié… on verra.

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    Comment travaille… Olivier Bleys ?
    3 avril 2011 par EB
    Après une petite pause, voici un nouvel entretien : cette fois je m’intéresse à Olivier Bleys, qui le temps d’un passage à Paris (l’auteur vit à Bordeaux) a bien voulu me rencontrer pour répondre à mes questions.

    Cet écrivain a signé de nombreux livres : romans bien sûr, mais également essais, bandes dessinées, récits de voyages, pièces radiophoniques, et a déjà une quinzaine d’années d’expériences diverses dans l’écriture. Mais on peut y déceler quelques traits communs : l’attrait pour les petites histoires de la grande Histoire, l’amour de la langue et des mots justes, et une grande envie de voyager.

    Du coup, on retrouve dans la bibliographie d’Olivier Bleys (cf son blog) un roman sur les couleurs au XVe siècle (Pastel, Gallimard, 2000), un autre sur la construction de la tour Eiffel au XIXe siècle (Le Fantôme de la Tour Eiffel, Gallimard, 2002), un sur la tulipomanie aux Pays-Bas au XVIIe siècle (Semper Augustus, Gallimard, 2007), ou plus récemment un autre sur l’exil de la cour portugaise au Brésil au début du XIXe siècle (Le colonel désaccordé, Gallimard, 2010). En bref, vous aurez l’occasion de voyager aussi bien dans le temps que dans le monde…

    Mais pour l’heure, retour à Olivier Bleys : comment travaille-t-il ?

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    Comment travaille… Lorraine Fouchet ?
    3 février 2011 par EB
    Cette semaine, c’est Lorraine Fouchet qui a gentiment accepté de répondre à mes questions sur sa manière de travailler.

    On apprécie d’autant plus que la romancière est en pleine écriture de son dernier ouvrage : « En ce moment je suis tellement plongée dans mon prochain roman, que j’ai l’impression d’émerger du fond d’une piscine dès que j’écris autre chose ! » , explique-t-elle. Cet humour que l’on sent, elle en fait preuve en filigrane dans ses réponses, jusqu’à la dernière…

    Mais avant de les découvrir, un petit résumé de sa carrière littéraire… Lorraine Fouchet a toujours aimé écrire, mais pour des raisons personnelles elle a préféré devenir médecin, métier qu’elle a exercé pendant une vingtaine d’années. Finalement, son besoin d’écrire a été plus fort, et elle a abandonné la médecine pour se lancer, à 40 ans, dans la littérature… D’ailleurs c’est un thème que l’on retrouve dans son livre L’Agence (2003, Robert Laffont) : « Qui n’a pas eu un jour la tentation de changer de vie ? Combien ont osé franchir le pas ? »

    Evidemment Lorraine Fouchet s’est également inspirée de son ancien métier dans ses livres, comme De toute urgence (1996, Flammarion), qui s’intéresse aux coulisses d’un SAMU. Et cette fille de ministre, mais surtout fille d’un homme parti trop tôt, reconnait volontiers que cette perte fait partie des thèmes qu’elle aborde dans ses romans : on le retrouve par exemple dans Le Phare de Zanzibar (1998, Flammarion), ou Place Furstenberg (2007, Robert Laffont). N’hésitez pas à consulter sa bibliographie pour avoir plus de détails sur ses romans. A noter qu’elle a également écrit des scénarios, des pièces radiophoniques, et des articles.

    Et à présent, les réponses de Lorraine Fouchet sur sa manière de travailler…

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    • Artisans de l'ombre Dit :

      Comment travaille… Lorraine Fouchet ?
      3 février 2011 par EB
      Cette semaine, c’est Lorraine Fouchet qui a gentiment accepté de répondre à mes questions sur sa manière de travailler.

      On apprécie d’autant plus que la romancière est en pleine écriture de son dernier ouvrage : « En ce moment je suis tellement plongée dans mon prochain roman, que j’ai l’impression d’émerger du fond d’une piscine dès que j’écris autre chose ! » , explique-t-elle. Cet humour que l’on sent, elle en fait preuve en filigrane dans ses réponses, jusqu’à la dernière…

      Mais avant de les découvrir, un petit résumé de sa carrière littéraire… Lorraine Fouchet a toujours aimé écrire, mais pour des raisons personnelles elle a préféré devenir médecin, métier qu’elle a exercé pendant une vingtaine d’années. Finalement, son besoin d’écrire a été plus fort, et elle a abandonné la médecine pour se lancer, à 40 ans, dans la littérature… D’ailleurs c’est un thème que l’on retrouve dans son livre L’Agence (2003, Robert Laffont) : « Qui n’a pas eu un jour la tentation de changer de vie ? Combien ont osé franchir le pas ? »

      Evidemment Lorraine Fouchet s’est également inspirée de son ancien métier dans ses livres, comme De toute urgence (1996, Flammarion), qui s’intéresse aux coulisses d’un SAMU. Et cette fille de ministre, mais surtout fille d’un homme parti trop tôt, reconnait volontiers que cette perte fait partie des thèmes qu’elle aborde dans ses romans : on le retrouve par exemple dans Le Phare de Zanzibar (1998, Flammarion), ou Place Furstenberg (2007, Robert Laffont). N’hésitez pas à consulter sa bibliographie pour avoir plus de détails sur ses romans. A noter qu’elle a également écrit des scénarios, des pièces radiophoniques, et des articles.

      Et à présent, les réponses de Lorraine Fouchet sur sa manière de travailler…

      INSPIRATION
      Pour trouver une idée de roman, qu’est-ce qui vous inspire ? Votre vie, ce que vous observez, une envie de faire passer un message… ?
      Ma vie, non, sûrement pas. L’émotion. L’amour. La joie. La mort. L’absence. La peur. La tendresse. Tout ce qui nous chamboule et nous tourneboule mais nous donne envie de vivre à plein, d’avancer, de rire, de ressentir, de jouir, d’exister. J’aime raconter et catapulter les lectrices et lecteurs là où ils ne s’attendent pas à vibrer.

      Pendant l’écriture du roman, l’inspiration est-elle dure à trouver ?
      Le plus difficile pour moi est de canaliser, de me freiner, de ne pas m’éparpiller dans toutes les directions.

      Pensez-vous que l’inspiration vient en travaillant, en s’obligeant à se mettre devant son ordinateur quoi qu’il arrive ?
      Je ne crois pas. En ce qui me concerne, je m’oblige à ne pas me précipiter devant mon Macintosh avant d’avoir longuement réfléchi. Sauf là, je vous réponds d’un jet, comme une conversation. Il nous manque juste un bon café, espresso serré pour moi. Et vous, vous le prenez comment ?
      Précision : ce n’est jamais une obligation de m’asseoir devant mon ordinateur, mais une envie profonde et un petit bonheur. Vraiment.

      HISTOIRE, PERSONNAGES
      Faites-vous un plan avant d’écrire votre roman, ou vous lancez-vous juste avec une idée de base ?
      Une idée de base, le premier chapitre, et le dernier.

      Si vous faites un plan, est-ce que vous le suivez scrupuleusement, ou vous laissez-vous la liberté de le changer un peu en cours de route si besoin est ?
      Je change en fonction de ce que je vis ou de la logique des personnages.

      Avant d’écrire, faites-vous des fiches sur les personnages, ou en tout cas les imaginez-vous de manière approfondie ?
      Je ne fais pas de fiches, mais j’apprends à aimer les héros, à connaître leurs failles et leurs abysses, leurs couleurs, leurs goûts, leurs musiques, leurs looks, comme des amis proches. Qui ils aiment, comment ils font l’amour, s’ils ont des animaux, s’ils sont sportifs, leur alcool favori. Il y a cela dans l’écriture, le plaisir de l’harmonie des personnages, chacun a sa logique interne et ses rebondissements de l’âme.

      Arrivez-vous à donner un ton particulier à chaque personnage, au travers des dialogues en particulier ?
      J’essaye, les tics de langage, les références d’âge de milieu ou de métier, les gimmicks personnels.

      STYLE, RE-ECRITURE
      Etes-vous adepte du style, ou préférez-vous laisser la place à l’histoire ?
      L’histoire m’emporte et m’entraîne.

      Comment définissez-vous votre style, si vous pensez en avoir, et le travaillez-vous ?
      Mon langage écrit n’est pas ma langue parlée, c’est certain. Je prends soin d’utiliser un bon français, de ne pas être redondante, d’employer les mots les plus justes. Chacun a sa petite musique je crois. Mais Philippe Besson ou Fred Vargas ont un style unique et intense qui leur est propre. Moi je raconte seulement des histoires, de mon mieux. Et je l’avoue, j’adore cela.

      Ecrivez-vous à la première ou troisième personne, et pourquoi ?
      Cela dépend des livres et des personnages. Sur 14 romans publiés, je crois avoir plus souvent employé la première personne.

      Est-ce que vous réécrivez beaucoup, et si oui, est-ce durant l’écriture du roman, ou une fois que vous l’avez terminé ?
      Je reprends au moins 6 fois le livre entier (le premier et le dernier chapitre, des dizaines de fois). J’écris à grands traits, directement sur mon ordi, puis je relis, je peaufine, je relis, j’imprime, je relis, etc…

      PERIODE D’ECRITURE
      Quelle est votre journée-type lorsque vous êtes en période d’écriture : écrivez-vous plutôt le matin ou le soir ? Vous obligez-vous à écrire tous les jours, quitte à ce que ce soit peu, et pas abouti ?
      Je travaille toute la journée, jamais le soir, jamais la nuit.
      Ce n’est jamais une obligation, c’est… un plaisir, un challenge, un défi, un jeu, une émotion, je ne sais faire que cela et le soufflé au fromage…

      Ecrivez-vous chez vous, ou à l’extérieur (café, bibliothèque, autre) ?
      Chez moi, en Italie, sur l’île bretonne de Groix, dans le Gers, à Paris, sur un Mac portable, jamais dans un endroit public, j’ai besoin de calme et de concentration. Mon chien m’apporte des jouets baveux et fait le maximum pour me forcer à sortir jouer. Je résiste.

      Trouvez-vous plus facile de vous isoler quand vous êtes en période d’écriture, ou partagez-vous votre temps entre écriture et vie sociale ?
      Je partage mon temps, quand j’ai écrit de 9h du matin à midi et de quatorze heures à dix-neuf heures, j’exploserais s’il n’y avait pas la vraie vie, celles des gens de chair et de sang…

      ROMAN, NOUVELLES, ETC…
      Je crois que vous n’écrivez que des romans, pas de nouvelles, pourquoi ?
      Je n’en lis pas. Je n’aime pas les courts métrages non plus. Ni les buffets froids. J’aime m’asseoir à une table, ou plonger dans une histoire où je m’installe.

      Vous avez aussi écrit des scénarios, des pièces radiophoniques, des articles pour la presse… Pourquoi, et trouvez-vous ces formes d’écritures aussi intéressantes que les romans ?
      Les scénarii, pour la joie de l’image, continuer l’aventure, catapulter les personnages de papier dans une dimension réelle…
      Les pièces radio, pour la jubilation de la voix, donner vie et son aux héros…
      Les articles, parce que je trouve très intéressant de travailler, parfois, sur un sujet imposé, au sein d’une équipe, en m’adaptant à un lectorat.
      Les trois, parce que je ne suis pas un pur esprit, que je gagne ma vie avec mon stylo (c’est plutôt un ordinateur), et que ces trois dernières activités sont bien plus rémunérées qu’un roman…
      Mais voir, dans un métro un train ou un avion, vibrer un inconnu plongé dans un livre que vous avez écrit, est un plaisir que des fortunes ne peuvent payer ! La liberté n’a pas de prix, mais elle a un coût.

      POUR FINIR…
      Vous étiez d’abord médecin jusqu’à vos 40 ans, avant de devenir écrivain. Vous dites avoir eu un déclic… Comment s’est passée cette période charnière, et qu’est-ce que vous aimez dans le fait d’être écrivain ?
      Jusqu’à mes 40 ans, j’ai été un médecin qui écrivait. Maintenant je suis un écrivain qui a été médecin. Si nous n’avons qu’une seule vie, je veux remplir la mienne au mieux. Je suis persuadée que les livres aussi peuvent sauver des vies.

      Le chemin pour faire publier votre premier roman fut-il dur ?
      J’ai mis 10 ans, en envoyant chaque année par la poste un roman différent…
      Il ne faut pas se décourager, mais écrire.

      Arrivez-vous à en vivre ?
      Avant la crise, oui. Là, c’est plus difficile, vraiment.

      Y a-t-il des thèmes qui reviennent ?
      Le manque de père (le mien est mort l’été de mes 17 ans). Les maisons. L’harmonie. Les chiens. La musique. Les secrets de famille. Le désir. L’amour. La mort.
      Tout ce qui nous rend humains, fragiles, intenses.

      Avez-vous plusieurs idées de roman qui attendent dans un tiroir que vous les mettiez en mots, ou préférez-vous commencer un roman selon l’inspiration du moment ?
      Plusieurs idées…

      Si vous souhaitez rajouter quelque chose, n’hésitez pas…
      Juste vous remercier pour ce moment ensemble, l’expresso était juste serré comme j’aime, et le chocolat noir délicieux, j’ai beaucoup aimé aussi la musique classique que vous avez mise en fond… du Bach, je crois ? [NDLR : La romancière m'a répondu par mail... c'est donc de l'humour !]
      Une dernière précision : quand je prends un avion ou un train, j’ai toujours 4 livres avec moi. Imaginez que le train s’arrête loin de tout, que l’avion tombe et que j’atterrisse sur une île déserte…
      Et je n’emprunte jamais de livres, ni en bibliothèque, ni à des amis, parce que j’ai l’habitude de prendre des notes sur les pages de garde et les dernières pages reliées. Donc tout mes livres ont plusieurs pages en moins. Ce n’est pas un manque de respect, c’est un partage, un échange, une « poignée de main de papier »…

      Merci à Lorraine Fouchet pour ses réponses, en lui souhaitant de sortir très vite du « fin fond de [sa] piscine » créatrice ! N’hésitez pas à consulter son site web.

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