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Par Selim M’SILI -La parole est à la défense

21 août 2013

Selim M'SILI

Mardi 20 Aout 2013

«Les poseurs de bombes sont des poseurs de questions» Jacques Vergès

Dans mes vaines tribulations à chercher un héros pour mon hypothétique série, je viens tout d’un coup de m’apercevoir que j’ai omis une importante profession: celle d’avocat. Puis, après réflexion, j’ai trouvé une explication à cette involontaire omission, un lapsus comme on dit en psychologie: le rôle d’avocat n’est crédible que dans un pays où il y a une véritable séparation des pouvoirs
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Par Selim M'SILI -La parole est à la défense dans Selim M'SILI avocatAu moment où de gros scandales financiers éclaboussent des pans entiers de l’establishment politique, au moment où des affaires scabreuses peinent à trouver place sur les bureaux encombrés des magistrats et que d’autres en panne d’instruction sont dans les oubliettes des salles d’attente, la profession d’avocat prend toute sa signification à condition que toutes les règles procédurières soient respectées. Mais c’est à l’occasion de la disparition d’un monstre du barreau que l’on mesure toute l’importance de l’avocat, quelle que soit la dimension ou le poids du dossier qu’il a à traiter. Il est des avocat qui travaillent pour l’argent, ceux qui défendent la veuve et l’orphelin parce que c’est leur sacerdoce, et enfin ceux qui croient qu’il y a toujours une infime partie d’humanité à sauver même dans la plus noire des âmes. Jacques Vergès fait partie de cette dernière catégorie puisque dans son éblouissante carrière, il eut à plaider des cas diamétralement opposés, dans leur nature et dans leur complexité. Le dénominateur commun des affaires qu’il eut ou qu’il avait souhaité traiter, les personnages impliqués étaient tous des caractères au relief imposant: Carlos, Barbie, Pol Pot… Dans une société dominée par le pouvoir de l’argent, il faut toujours une certaine dose de courage et beaucoup de désintéressement pour qu’un bipède normalement constitué s’attaque aux moulins à vent qui brassent l’opinion publique. Le résistant anti-nazi, Jacques Vergès, avait du courage comme tous les avocats qui ont laissé leurs noms sur les rôles des juridictions d’exception installées par le pouvoir colonial: à côté des maîtres Stibbes, Dumas et Halimi, sans oublier les deux avocats assassinés par la Main rouge, Auguste Thuvény et Pierre Popie, le militant communiste Jacques Vergès s’était fait une place de choix en épousant dans le plein sens du terme, la cause du FLN. Comme tous les gens doués d’une superbe intelligence, l’avocat avait vite compris que le glaive de la justice n’était pas tranchant pour tout le monde et que seul l’effet médiatique pour attirer une opinion publique tétanisée par la presse people pouvait ressortir les incohérences d’un système judiciaire aux ordres du pouvoir de l’argent. C’est ainsi qu’il mit un soin particulier à soigner la dramaturgie de toutes les affaires qu’il traite et à forcer le trait de tous les cas qu’il étale publiquement à l’appréciation de l’opinion. Pour lui, les affaires ne doivent pas se cantonner aux bureaux poussiéreux des magistrats. Sa disponibilité à défendre le cas indéfendable de Klaus Barbie lui vaudra la haine de tous ses confrères soumis au lobby sioniste. Pour moi, dans le cas Barbie, comme dans tant d’autres, Vergès avait compris que les criminels de guerre n’étaient pas tous logés à la même enseigne: les tueurs de juifs étaient exposés à la vindicte inextinguible de la vendetta sioniste tandis que les tueurs d’Arabes méritaient la miséricorde de la mère patrie. Ce racisme omniprésent dans toutes les strates de la société du pays des droits de l’homme, Vergès l’a démonté avec maestria dans l’affaire Omar Raddad: il a su jeter le discrédit sur le magistrat instructeur qui a bâclé l’affaire et le doute sur la probité du juge. C’est ce que je retiens dans la carrière éblouissante d’un homme qui aura marqué son temps. D’autres pourront toujours retourner les gravats pour savoir où il a passé les huit années pendant lesquelles il a mystérieusement disparu.

http://www.lexpressiondz.com/chroniques/on_remet_ca/179612-la-parole-est-a-la-defense.html?print

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À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “Par Selim M’SILI -La parole est à la défense”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    En droit, l’avocat est un juriste dont la fonction traditionnelle est de défendre ses clients, personnes physiques ou morales, en justice, en plaidant pour faire valoir leurs intérêts et, plus généralement, pour les représenter. L’avocat s’acquitte d’une fonction de conseil et de rédacteur d’actes. Le ministère d’avocat1 est parfois rendu obligatoire par le droit national, notamment afin d’assurer les droits de la défense devant certaines juridictions.

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