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Les belles familles Jacques PRÉVERT Recueil : « Paroles »

9 août 2013

Jacques PRÉVERT

 

Les belles familles

Jacques PRÉVERT
Recueil : « Paroles »

Louis I
Louis II
Louis III
Louis IV
Louis V
Louis VI
Louis VII
Louis VIII
Louis IX
Louis X (dit le Hutin)
Louis XI
Louis XII
Louis XIII
Louis XIV
Louis XV
Louis XVI
Louis XVIII
et plus personne plus rien…
Qu’est-ce que c’est que ces gens-là
qui ne sont pas foutus
de compter jusqu’à vingt?

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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16 Réponses à “Les belles familles Jacques PRÉVERT Recueil : « Paroles »”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Louis Ier dit « le Pieux » (parfois « le Débonnaire »), né en 778 à Chasseneuil près de Poitiers et mort le 20 juin 840 à Ingelheim près de Mayence1, fils de Charlemagne, est roi d’Aquitaine jusqu’en 814, puis empereur d’Occident de 814 à sa mort.
    Son règne est marqué par de nombreuses menaces sur l’unité de l’Empire carolingien : non seulement il doit faire face aux raids des Vikings et à la pression des Bretons (à l’époque de Nominoë), mais ses fils se révoltent contre lui en plusieurs occasions. Les ambitions des grandes familles aristocratiques s’affirment de plus en plus, menaçant le pouvoir impérial.

    Nom et surnoms de Louis Ier

    Louis/Hludovicus
    Le nom de Louis correspond à un nom germanique transcrit en latin Hludovicus, qui est encore plus proche du nom francique de Clovis (Chlodwig) que du nom allemand qui en provient : Ludwig.
    « Le Pieux »
    Le surnom de « pieux » est attesté de son vivant (en latin : pius), en particulier par la biographie écrite par le chorévêque de Trèves, Thégan (avant 800-vers 850), l’un de ses trois biographes : Vita Hludovici Pii, et dans le texte écrit par son conseiller Agobard de Lyon, pourtant très critique envers Judith, sa seconde épouse, fervent soutien de Lothaire et principal artisan de la déposition de Louis en 833 : Libro Duo pro Filiis et Contra Iudith Uxorem Ludovici Pii.
    Ce surnom est lié à sa politique religieuse, nettement plus favorable à l’Église que celle de Charlemagne. Durant son règne, Louis réforme les monastères et change de politique vis-à-vis de la papauté en s’engageant à respecter le Patrimoine de Saint Pierre et à ne pas intervenir dans les élections pontificales. Le pape retrouve ainsi, après le contrôle exercé par Charlemagne, une certaine indépendance politique.
    Il est possible aussi que son surnom de pieux lui ait été valu par sa propension à tomber en larmes lorsqu’il entrait dans des lieux saints, comme ce fut le cas lorsqu’il se recueillit sur la tombe de son père Charlemagne à Aix-la-Chapelle2.
    À la cour, il s’entoure de clercs qui le conseillent tels Agobard (778-840), Frédegis († 834) et Benoît d’Aniane (750-821). En 822, il accomplit une pénitence publique à Attigny. En somme, la politique religieuse de Louis le Pieux a pour objectif de renforcer l’unité de l’empire, un empire carolingien fondamentalement chrétien.
    « Le Débonnaire »
    Quant à son surnom de « débonnaire », il n’apparaît qu’une seule fois, durant le haut Moyen Âge, dans la biographie de l’Astronome, la Vita Hludovici. Il n’emploie le terme latin mittisus, que l’on traduit par débonnaire, qu’une seule fois dans son récit. Mais ce terme est repris en 1275 par un clerc à Saint-Denis nommé Primat dans les Grandes Chroniques de France, puis par d’autres chroniqueurs et historiens qui lui donnent une importance injustifiée.

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    Louis II dit le Jeune1 (825 – 12 août 875), fils aîné de Lothaire Ier (795-† 855) et d’Ermengarde de Tours (804-† 851).

    Biographie[modifier |
    Détail de la gaine de l’épée impériale représentant Louis le Jeune
    Conjointement avec son père, il est roi d’Italie en 844, puis empereur d’Occident en 850.
    Après la mort de son frère Charles (845 – 863), il récupère une partie de son domaine, et devient aussi roi de Provence et de Bourgogne (seuls les comtés de Lyon, Vienne et Vivarais lui échappent, et passent sous la suzeraineté de son autre frère cadet Lothaire II, pourtant désigné par Charles comme son unique héritier).
    En 863, le pape Nicolas Ier dépose le patriarche Photios, qui riposte en décrétant la rupture avec Rome et exhorte dans une encyclique le roi Louis II à déposer le pape.
    Il ne peut malgré tout pas récupérer le royaume de Lotharingie de son père, suite à la mort de son frère Lothaire II en 869. Tandis qu’il est occupé à combattre les musulmans dans le Bénévent (il prend Bari en 871), le domaine de Lothaire II est finalement partagé entre leurs oncles Louis le Germanique et Charles le Chauve lors du Traité de Meerssen de 870. Malgré ses protestations et le soutien du pape Adrien II, Louis ne peut pas récupérer l’héritage de son frère.
    Il meurt en 875, et, ne laissant aucun héritier mâle, la couronne impériale et son domaine passent aux mains de son oncle Charles le Chauve.

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    Louis III (entre 863 et 865 – 5 août 882) est roi des Francs de 879 à 882. Il règne sur la Francie occidentale aux côtés de son frère cadet Carloman II, qui lui survit et règne seul après sa mort.

    Louis III est le fils de Louis II, dit « le Bègue », et d’Ansgarde de Bourgogne1. Il est désigné comme seul successeur par son père, qui le place sous la garde de Bernard d’Auvergne, associé à Hugues l’Abbé et Boson de Provence2.
    En septembre 879, grâce au soutien des grands de Francie occidentale dont Bernard d’Auvergne, Hugues l’Abbé, Boson de Provence et Théodoric de Vergy, le couronnement et le sacre de Louis III et de son frère cadet Carloman sont célébrés en hâte dans l’église abbatiale Saint-Pierre et Saint-Paul de Ferrières, près de Montargis, par l’archevêque de Sens Anségise.
    L’héritage de Louis II est partagé en mars 880 à Amiens3 : Louis obtient la Neustrie, tandis que son frère Carloman reçoit l’ouest de la Bourgogne, l’Aquitaine et la Septimanie. Les deux frères parviennent à exclure Hugues, fils de Lothaire II, de la succession au royaume4.
    Pour avoir la paix et pouvoir faire face aux Normands, les deux frères sont obligés de négocier avec leur cousin Louis le Jeune qui revendique la Lotharingie occidentale acquise en 870 par le traité de Meerssen. Au début de l’année 880, ils sont dans l’obligation de la lui céder en signant le traité de Ribemont5.
    Ils doivent également batailler pour la Bourgogne, disputée par leur grand-oncle Boson, qui s’est fait élire roi du royaume restauré de Burgondie (incluant la Provence). En août 880, les deux frères marchent contre lui et arrivent aux portes de la ville de Mâcon. Les troupes de Boson sont vaincues lors de la bataille de Crêches-sur-Saône et les Carolingiens récupèrent le comté de Mâcon.

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    Louis IV de France
    Louis IV
    Denier de Louis IV frappé à Chinon.
    Denier de Louis IV frappé à Chinon.
    Titre
    Roi des Francs
    (Francie occidentale)
    936 – 10 septembre 954
    Couronnement 19 juin 936 à Laon
    Prédécesseur Raoul
    Successeur Lothaire
    Biographie
    Dynastie Carolingiens
    Date de naissance entre septembre 920 et septembre 921
    Lieu de naissance Laon ? (France)
    Date de décès 10 septembre 954
    Lieu de décès Reims (France)
    Père Charles III
    Mère Edwige de Wessex
    Conjoint Gerberge de Germanie (939)
    Enfants Lothaire Red crown.png (941-986)
    Mathilde (943-992)
    Charles ou Carloman, (945-<953)
    Louis (948-954)
    une fille (948-<968)
    Charles (953-991)
    Henri (953-953)
    Héritier Lothaire Red crown.png
    modifier Consultez la documentation du modèle
    Louis IV dit d'Outremer1 (né entre septembre 920 et septembre 9212 – 10 septembre 954, Reims), fils de Charles III le Simple et d'Edwige de Wessex, est un roi des Francs (936-954) de la dynastie carolingienne.
    Après la déchéance en 922 de son père le roi Charles III le Simple, sa mère et le prince Louis, âgé de deux ans, se réfugient en Angleterre (d’où son surnom d’Outremer), à la cour de son grand-père maternel Édouard l'Ancien, puis à celle de son oncle Æthelstan, roi de Wessex. Devenu l'héritier carolingien par la mort en captivité de Charles III (929), il est rappelé d'Angleterre par le puissant marquis de Neustrie Hugues le Grand afin de succéder au roi Raoul mort au début de l'année 936, laquelle marque alors le retour de la dynastie carolingienne.
    Son règne riche en rebondissements nous est avant tout connu par les Annales de Flodoard puis plus tardivement par les Histoires de Richer de Reims. Une fois au pouvoir, Louis d'Outremer souhaite s'éloigner de Hugues le Grand devenu duc des Francs et seconde personnalité du royaume après le roi. Dans un premier temps il se lance à la conquête de la Lotharingie (939). Cette expédition est un échec et son beau-frère Otton Ier ne tarde pas à le soumettre en assiégeant la cité de Reims (940). Dans un second temps, après la mort du comte des Normands Guillaume Longue Epée, Louis IV tente de prendre à son compte le gouvernement de Normandie mais il est enlevé par les hommes de Hugues le Grand (945).
    Le concile d'Ingelheim (948) permet l'excommunication du duc des Francs et la libération définitive de Louis IV. À partir des années 950, le roi s'impose progressivement dans le Nord-Est de son royaume en tissant de nombreuses fidélités (notamment avec les Vermandois) sous la nouvelle protection ottonienne. Il meurt accidentellement d'une chute de cheval entre Laon et Reims en 954.

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    Louis V dit le Fainéantnote 1 (né vers 967- mort le 21 mai 9871,2), fut roi des Francs de mars 986 à mai 987. Fils de Lothaire et d’Emma, il est l’ultime monarque d’Europe à appartenir à la dynastie Carolingienne, le pouvoir en France passant aux Robertiens.

    Biographie[modifier | modifier la source]

    En 982, à Vieux-Brioude (Haute-Loire, entre Clermont-Ferrand et le Puy), son père lui fait épouser Adélaïde d’Anjou, qui a presque vingt ans de plus que son fils. Sœur de Geoffroy Grisegonelle et de l’évêque du Puy Guy d’Anjou, Adélaïde, aussi appelée « Blanche », est la fille du comte d’Anjou, Foulque II le Bon. Déjà veuve par deux fois, elle a épousé une première fois le comte de Brioude, Étienne de Gévaudan, puis Raymond, comte de Toulouse. Cette union est éphémère : la trop grande différence d’âge et les débauches du jeune époux sont la cause de leur divorce deux ans plus tard.
    Le dimanche de Pentecôte 8 juin 979, son père Lothaire l’associe au trône, et le fait couronner à l’abbaye Saint-Corneille de Compiègne par Adalbéron, archevêque de Reims. Son père décédé (le 2 mars 986), Louis V, a seulement le temps de convoquer une assemblée de Francs à Compiègne. Celle-ci doit juger l’archevêque de Reims Adalbéron, qui a soutenu Otton II dans sa querelle contre Lothaire. Or, la veille de la réunion, le 22 mai 987, Louis V meurt d’une chute de cheval lors d’une partie de chasse3 sur les terres d’Hugues Capet dans la forêt d’Halatte près de Senlis. Il est inhumé en l’abbaye Saint-Corneille de Compiègne.
    Mort sans héritier, Louis V est le dernier roi de la lignée des Carolingiens.
    L’assemblée qui se réunit au mois de juin suivant à Senlis choisit un nouveau roi en élisant Hugues Capet, fils aîné d’Hugues le Grand. Le nouveau roi est sacré en la cathédrale de Noyon par Adalbéron de Reims.

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  6. Artisans de l'ombre Dit :

    Louis VI de France, dit « le Gros » ou « le Batailleur »1, né le 1er décembre 1081 à Paris, mort le 1er août 1137 au château royal de Béthisy-Saint-Pierre2. Roi des Francs de juillet 1108 à 1137, il est le cinquième roi de la dynastie dite des Capétiens directs.

    Enfance[modifier | modifier la source]
    Il est le fils de Philippe Ier (1052-1108), roi des Francs et de sa première épouse Berthe de Hollande3.
    Après avoir répudié Berthe en 10924 et malgré les protestations du clergé, son père se remarie la même année5 avec Bertrade de Montfort, comtesse d’Anjou. De cette deuxième union naissent quatre enfants, dont deux fils. Louis, jeune prince issu du premier mariage de son père, est élevé avec Suger, futur abbé de Saint-Denis, qui devient son ami proche, puis son conseiller.
    Au service de son père[modifier | modifier la source]
    En 1092, son père l’investit du comté de Vexin et des villes de Mantes et de Pontoise. Il vit éloigné de la cour, sa mère ayant été répudiée et son père remarié à Bertrade de Montfort.
    En 1097, à la tête de l’armée royale, il prend part à la guerre, défendant le Vexin contre Guillaume le Roux roi d’Angleterre.
    Après avoir été adoubé chevalier le 24 mai 1098 à Abbeville, par Gui Ier comte de Ponthieu, Louis est associé au trône puis combat le duc de Normandie et les sires châtelains du domaine royal qui se montrent souvent rebelles à l’autorité royale.
    Enfin son père, devenu impotent, incapable de gouverner et de combattre, se réconcilie avec lui. C’est dans le courant de l’année 11016 ou 11037, qu’il lui confie le gouvernement effectif du royaume en qualité de « rex designatus » (roi désigné) ; cette même année, il l’investit aussi du comté de Vermandois.
    Roi des Francs[modifier | modifier la source]
    Accession au trône[modifier | modifier la source]

    Le couronnement de Louis VI à Orléans.
    Le 29 juillet 1108, son père meurt à Melun, et suivant sa dernière volonté, est inhumé en l’église abbatiale de Saint-Benoît-sur-Loire. Dès l’enterrement terminé, Louis, se doutant que son demi-frère, Philippe de Montlhéry, risque de l’empêcher d’accéder à Reims, se hâte de rejoindre Orléans située à quelques kilomètres de Saint-Benoît, afin de se faire sacrer au plus vite. Une raison supplémentaire de ne pas se rendre à Reims était que l’archevêque de Reims d’alors, Raoul le Vert avait été soutenu par le pape Pascal II mais n’avait pas été reconnu par feu Philippe Ier qui lui préférait Gervais de Rethel8.
    Le sacre a lieu le 3 août 1108 dans la cathédrale Sainte-Croix d’Orléans, il reçoit « l’onction très sainte » de la main de Daimbert, l’archevêque de Sens. L’archevêque de Reims, Raoul le Vert envoya des messagers pour contester la validité du sacre, mais il était trop tard.
    Règne[modifier | modifier la source]
    Louis VI encourage les mouvements communaux, associations professionnelles sociales ou religieuses. Dès 1110, il octroie aux habitants des villes divers avantages fiscaux et le droit de s’administrer sous la direction d’un maire. En 1111, il lutte contre le brigandage perpétré par certains seigneurs, tels que Hugues du Puiset, à l’intérieur du domaine royal.
    Dès 1108, il se rendait tous les ans à Saint-Julien-du-Sault et au couvent des Echarlis près de Villefranche (Saint-Phal) afin d’y prendre les eaux minérales de la source et fit de nombreuses donations à l’abbaye9.
    Selon Orderic Vital, en mars 1113 lors de l’entrevue de l’Ormeteau-Ferré entre Louis VI le Gros et Henri Ier Beauclerc, le roi de France concède à son homologue « toute la Bretagne » c’est-à-dire la vassalité directe de la Bretagne. Alain Fergent princeps des Bretons devient « l’homme lige du roi des Anglais ». Conan le fils d’Alain Fergent est alors fiancé avec Mathilde une des filles illégitimes d’Henri Ier10
    Le dimanche des Rameaux 1115, il est présent à Amiens, pour soutenir l’évêque et les habitants de cette ville dans leur conflit avec le célèbre Thomas de Marle, lequel est intervenu militairement à la demande de son père Enguerrand de Boves, comte d’Amiens et seigneur de Coucy. Ce dernier refuse de reconnaître l’octroi d’une charte accordant des privilèges aux habitants de la commune11. Arrivé avec une armée pour aider les bourgeois à faire le siège du Castillon (forteresse dominant la ville d’Amiens, à partir de laquelle le père et le fils partaient en « expéditions punitives »), Louis VI reçoit une flèche dans son haubert, puis part sans vaincre les assiégés réfugiés dans la tour réputée imprenable qui ne tombe que deux années plus tard.
    Le 20 août 1119, se déroule la bataille de Brémule entre les rois d’Angleterre, Henri Ier Beauclerc, et de France, Louis VI. Résultat d’une rencontre fortuite, la bataille se termine par une défaite sévère pour Louis VI, qui est contraint à fuir et à se réfugier aux Andelys.
    En août 1124, l’empereur germanique Henri V voulant aider son beau-père Henri Ier d’Angleterre dans le conflit qui l’oppose à Louis VI pour la succession dans le duché de Normandie, envahit la France et avance avec une puissante armée jusqu’à Reims. Face à la menace germanique et pour la première fois en France, Louis VI fait appel à l’ost. Dans un même élan patriotique, tous ses grands vassaux répondent présent : son cousin, le comte de Vermandois Raoul le Borgne, le duc Hugues II de Bourgogne, le duc Guillaume IX d’Aquitaine, le comte Charles Ier de Flandre, le duc Conan III de Bretagne, le comte Foulque V d’Anjou, le comte de Champagne Hugues de Troyes, le comte Guillaume II de Nevers et même le comte de Blois, Thibaud IV. Après avoir été chercher l’oriflamme à Saint-Denis, Louis VI se retrouve à la tête d’une immense armée mais l’affrontement, que tout le monde pensait pourtant inévitable, ne se fait pas. Henri V, certainement impressionné par une telle mobilisation et prétextant des troubles dans sa capitale de Worms, se retire sur Metz le 14 août sans combattre.
    Succession[modifier | modifier la source]
    La succession était destinée à son fils Philippe, couronné roi associé le 14 avril 1129, mais sa mort accidentelle en 1131 amène le cadet, Louis le Jeune, destiné à une carrière ecclésiastique et non éduqué à la fonction royale, à devenir l’héritier. Il est donc couronné roi associé à son tour le 25 octobre 1131.
    En mai 1137, il conclut la paix avec Étienne de Blois, roi d’Angleterre, et reçut l’hommage d’Eustache fils de ce dernier, pour la Normandie. Ayant noué des rapports amicaux avec Guillaume X, duc d’Aquitaine, celui-ci avant de mourir, donna sa fille et héritière au fils aîné du roi et lui confia sa terre, recevant ses envoyés début juin 1137, « permettant » par là à la dynastie capétienne de reprendre de l’influence dans la France méridionale, par la possession de cet immense fief.
    Décès[modifier | modifier la source]

    Gisant de Louis VI.
    Alors qu’il rentre d’une expédition punitive contre le seigneur pillard de Saint-Brisson-sur-Loire, près de Gien, Louis le Gros tombe soudainement malade au château de Béthisy-Saint-Pierre situé dans la vallée de l’Automne, en forêt de Compiègne, entre Senlis et Compiègne. Il y trépasse le 1er août 1137 d’une dysenterie causée par l’excès de bonne chère, qui l’avait rendu obèse et fut inhumé en l’église de l’abbaye royale de Saint-Denis. Son fils Louis, âgé de 17 ans et couronné depuis six ans, lui succède sans contestation.
    Un moyen-relief en pierre calcaire représentant un roi en pied, en position repliée, portant la maquette d’une église qu’il offre à saint Vincent se trouve sur un autel liturgique roman, dans la petite église d’Avenas, commune du Haut-Beaujolais située dans le département du Rhône. Exécuté entre 1118 et 1124 par le « Maître d’Avenas », dont le nom est resté inconnu à ce jour, ce magnifique bas-relief montre un roi, couronné, déjà bedonnant. Une inscription latine, sur la même pierre, le qualifie de « REX LVDOVICVS PIVS » (Roi, Louis le Pieux). Certains disent que ce roi serait Louis VI, d’autres disent qu’il correspond plutôt à Louis Le Pieux ou encore à Louis VII12,13,14.

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  7. Artisans de l'ombre Dit :

    Louis VII de France1, dit « Louis le Jeune », né en 1120, mort en 1180 à Paris, roi des Francs de 1137 à 1180. Il est le fils de Louis VI, dit « Louis le Gros », roi des Francs, et d’Adélaïde de Savoie (v. 1092-1154).

    Biographie[modifier | modifier la source]

    Sixième souverain de la dynastie des Capétiens directs. Il épouse successivement Aliénor d’Aquitaine, Constance de Castille, et Adèle de Champagne. Son fils Philippe Auguste lui succèdera.

    Couronnement du roi Louis VII en 1137, enluminure du xive siècle.
    Début du règne[modifier | modifier la source]
    Il est sacré roi et couronné, à Reims, dès le 25 octobre 1131, par le pape Innocent II, après la mort accidentelle de son frère aîné Philippe de France (1116-1131) (à ne pas confondre avec Philippe, son frère cadet du même prénom), suite à une chute de cheval provoquée par un cochon errant2, le 13 octobre 1131.
    Après le décès de son père Louis VI le Gros, d’une dysenterie probablement consécutive à un excès de bonne chère3, il est à nouveau couronné à Bourges, le 25 décembre 1137.
    Avant de mourir, son père avait organisé son mariage avec Aliénor d’Aquitaine (1122-1204), fille de Guillaume X de Poitiers, duc d’Aquitaine et d’Aénor de Châtellerault. Le mariage eut lieu à Bordeaux, le 25 juillet 1137. Il est lui-même couronné duc d’Aquitaine, à Poitiers le 8 août 1137. Ce mariage fabuleux permit au domaine royal de presque tripler, car la jeune mariée apporte dans sa dot la Guyenne, la Gascogne, le Poitou, le Limousin, l’Angoumois, la Saintonge et le Périgord, c’est-à-dire une partie du Midi et de l’Ouest de la France, l’équivalent de 19 départements actuels. Le caractère du roi, dévot, ascétique (il aurait voulu être moine), naïf et maladroit, mou dans ses décisions, s’accorde mal avec le caractère d’Aliénor, fort et sensuel. Cependant les dix premières années semblent se passer sans réelle mésentente.
    Louis VII écarte sa mère de la cour, mais garde les conseillers de son père dont l’abbé de Saint-Denis, Suger. Il poursuit également la politique de son père et continue de mettre en valeur le domaine royal ainsi que la rénovation et la transformation de la basilique Saint-Denis. Il fait de multiples concessions aux communautés rurales, encourage les défrichements et favorise l’émancipation des serfs. Il prend appui sur les villes en accordant des chartes de bourgeoisie (Étampes, Bourges) et en les encourageant hors de son domaine (Reims, Sens, Compiègne, Auxerre). Il soutient enfin l’élection d’évêques dévoués au pouvoir royal.
    En 1138, Louis VII s’oppose au comte Thibaud II de Champagne et au pape Innocent II au sujet de l’investiture pour l’évêché de Langres, pour lequel il avait imposé Guillaume de Sabran, un moine de Cluny au lieu d’un candidat de Bernard de Clairvaux4. Il s’oppose à nouveau au pape en tentant d’imposer son candidat au siège de Bourges en 1141 contre Pierre de La Châtre, soutenu par le pape Innocent II. Celui-ci finit par excommunier Louis VII et Pierre de La Châtre trouve refuge en Champagne. En décembre 1142, le roi envahit le comté et lors de son avancée incendie en janvier 1143 Vitry-en-Perthois et son église dans laquelle s’étaient réfugiés les habitants du village, qui y trouvèrent une mort affreuse.
    En vue d’apaisement, il signe le traité de Vitry avec le comte Thibaud II à l’automne 1143, acceptant l’élection de Pierre de La Châtre pour faire lever l’interdit qui pèse sur le royaume. Le 22 avril 1144, il participe à la conférence de Saint-Denis pour régler définitivement le conflit entre le Saint-Siège et lui.
    La deuxième croisade[modifier | modifier la source]
    Pour sceller le règlement du conflit, il accepte de prendre part à la deuxième croisade prêchée par saint Bernard de Clairvaux, et aux environs de Noël 1145, Louis VII annonce sa décision de partir pour porter secours aux États chrétiens de Palestine, menacés par les Turcs qui viennent d’envahir le comté d’Édesse où de nombreux chrétiens sont massacrés. Vers Pâques 1146, le roi prend la croix en même temps que de nombreux barons lors de l’assemblée de Vézelay.

    Contre-sceau de Louis VII en duc d’Aquitaine
    Le 11 juin 1147, le roi Louis VII et Aliénor partent pour la deuxième croisade, à la tête de 300 chevaliers et d’une nombreuse armée, suivie peu à peu par des dizaines de milliers de pèlerins. Se mettant en marche à partir de Metz, ville impériale, ils passent par la vallée du Danube, où ils sont rejoints par l’armée de l’empereur Conrad III et prévoient de passer en Asie Mineure par Constantinople, où ils arrivent le 4 octobre 1147.
    L’expédition est marquée par la discorde entre les clans français et allemand, l’inexpérience de Louis VII qui se montre velléitaire, et le soutien douteux des Byzantins qui nuisent plus aux chrétiens qu’ils ne les aident. Trompé par ceux-ci, Louis VII est battu par les Turcs en Asie Mineure et connaît plusieurs revers en Syrie. Il rejoint à grand peine Antioche en mars 1148, alors aux mains de Raymond de Poitiers, oncle d’Aliénor, qui reçoit les Croisés avec beaucoup d’égards.
    Raymond espère que Louis VII va l’aider à combattre l’ennemi qui l’avait dépouillé de certains de ses territoires, mais le roi ne pense qu’à aller à Jérusalem. Aliénor tente en vain de convaincre son mari d’aider son oncle Raymond de Poitiers. Le roi préfère prendre conseil auprès du Templier eunuque Thierry de Galeran. Après coup, les chroniqueurs de l’époque se déchaînent et accusent la reine d’adultère : Guillaume de Tyr l’accuse même d’un inceste avec son propre oncle.
    Forçant Aliénor à le suivre, Louis VII quitte Antioche et gagne Jérusalem où il accomplit le pèlerinage qu’il s’était imposé. En juin 1148, il tente de prendre Damas, devant laquelle son armée est repoussée. Le couple royal séjourne encore une année en Terre Sainte avant de revenir séparément vers la France, par mer. Le roi fait d’abord escale en Calabre où il débarque le 29 juillet 1149. Il séjourne dans le royaume de Sicile où il attend trois semaines l’arrivée de la reine venant de Palerme5. À Potenza et durant trois jours, Louis VII fut l’hôte du roi normand Roger II de Sicile. Sur le chemin du retour, il eut à Tivoli une entrevue avec le pape Eugène III (9-10 octobre 1149)6.

    Le roi Louis VII part en croisade.
    En définitive la participation de Louis VII à cette deuxième croisade fut lourdement préjudiciable à l’avenir du royaume, car l’expédition se solda par un très lourd échec sur tous les plans :
    Financier, car cette expédition appauvrit considérablement le trésor royal ;
    Politique, car le roi ne s’est pas occupé directement du royaume pendant ses deux années d’absence, et par conséquence, a relâché son emprise sur les grands féodaux ;
    Militaire, car la croisade est une succession d’échecs militaires ; de plus, une partie de sa chevalerie et une grande armée ont été sacrifiées ;
    Dynastique et patrimonial, car cette croisade provoque la rupture du roi avec Aliénor ;
    Territorial, car lors de la séparation, Aliénor récupère les fiefs qu’elle avait apportés dans sa dot ;
    Stratégique, car Aliénor en épousant le futur roi d’Angleterre apporte d’immenses territoires à la couronne d’Angleterre, permettant ainsi la présence sur le continent d’un redoutable concurrent au roi de France. Par ce mariage, le roi Henri II d’Angleterre règne sur un territoire qui s’étend de l’Écosse aux Pyrénées, comprenant l’Angleterre, l’Anjou, le Maine, la Normandie, l’Aquitaine et la Bretagne.La guerre de Cent Ans en sera la suite tragique.

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  8. Artisans de l'ombre Dit :

    Louis VIII de France
    Louis VIII
    Sceau royal de Louis VIII
    Sceau royal de Louis VIII
    Titre
    Roi de France
    14 juillet 1223 – 8 novembre 1226
    3 ans, 3 mois et 24 jours
    Couronnement 6 août 1223,
    en la cathédrale de Reims
    Prédécesseur Philippe II
    Successeur Louis IX
    Biographie
    Dynastie Capétiens
    Date de naissance 5 septembre 1187
    Lieu de naissance Paris (France)
    Date de décès 8 novembre 1226 (à 39 ans)
    Lieu de décès Montpensier (France)
    Père Philippe II de France
    Mère Isabelle de Hainaut
    Conjoint Blanche de Castille
    Enfants Philippe de France
    Alphonse de France
    Louis IX Red crown.png
    Robert de France
    Jean de France
    Alphonse de France
    Philippe de France
    Isabelle (1225-1270)
    Charles de France
    Résidence Paris
    Louis VIII de France
    Rois de France
    modifier Consultez la documentation du modèle
    Louis VIII de France1 dit le Lion, né le 5 septembre2 1187 à Paris et mort le 8 novembre 1226 à Montpensier (Auvergne), fut roi de France de 1223 à 1226, huitième de la dynastie dite des Capétiens directs.
    Il était le fils du roi Philippe II (1165-1223), dit « Philippe Auguste » et d’Isabelle de Hainaut (1170-1190). Par sa mère, il est le premier roi de France qui descende à la fois d’Hugues Capet et de son compétiteur malheureux, Charles de Basse-Lorraine3. Le court règne de Louis VIII fut cependant marqué par deux brillantes campagnes : l’une contre les Anglais en Guyenne, l’autre contre Raymond VII de Toulouse.
    Il est le premier roi capétien à ne pas avoir été sacré roi du vivant de son père. Il avait cependant été désigné par Philippe II dans son testament rédigé en 1190 comme devant lui succéder. Le testament n’ayant pas été contesté après cette date, la cérémonie de l’adoubement des barons – héritage rituel des Capétiens – devenait inutile4. L’archevêque de Reims, Guillaume de Joinville, le sacre à Reims le 6 août 12235

    Conquête de la Guyenne[modifier | modifier la source]

    Couronnement de Louis VIII le Lion
    Grandes Chroniques de France, enluminées par Jean Fouquet
    Surnommé « le Lion », c’est pendant le règne de son père que le futur Louis VIII obtient sa renommée en remportant sur Jean sans Terre, roi d’Angleterre, la victoire de La Roche-aux Moines en 1214. Les barons anglais, révoltés contre Jean sans Terre, promettent alors au prince Louis de lui donner la couronne d’Angleterre, il est en effet l’époux de Blanche de Castille, petite-fille de feu le roi Henri II d’Angleterre. Acceptant cette demande, Louis débarque sur les côtes anglaises, arrive à Londres le 2 juin 12166 et prend rapidement le contrôle du sud du pays7.
    Mais comme Jean sans Terre meurt peu après, les barons anglais, plutôt que d’avoir à faire à un prince énergique comme Louis qui risquait de les entraver, décident de se prononcer en faveur d’Henri III, fils de Jean sans Terre. Louis continue la guerre, mais il est battu sur terre à Lincoln en mai 1217, puis sur mer en août à la bataille des Cinq îles, lorsque les renforts que lui envoie Blanche de Castille sont anéantis. Le 11 septembre 1217, lors de la signature du traité de Lambeth, il doit alors renoncer à ses prétentions en contrepartie d’une forte somme d’argent.
    Plus tard, après avoir été sacré roi de France, sous prétexte que la cour d’Angleterre n’avait toujours pas exécuté toutes les conditions du traité de 1217, Louis VIII, profitant de la minorité d’Henri III, décide de s’emparer des dernières possessions anglaises en France. Au cours d’une campagne rapide, Louis VIII s’empare de la majorité des terres de l’Aquitaine. Les villes du Poitou, de la Saintonge, du Périgord, de l’Angoumois et d’une partie du Bordelais tombent les unes après les autres. Henri III ne possède plus en France que Bordeaux et la Gascogne, qui ne furent pas attaquées.
    Conquête du Languedoc[modifier | modifier la source]

    Naissance de Louis VIII (le Lion), Grandes Chroniques de France, Paris, xive-xve siècle
    À cette époque, le sud de la France était le théâtre des combats de la croisade des Albigeois.
    En 1218, Amaury VI de Montfort, fils de Simon IV de Montfort, avait hérité du comté du Languedoc. Cependant, ce dernier préféra quitter le Midi, acceptant de céder ses droits sur le Languedoc au roi de France (en échange de la dignité de connétable, première de la couronne).
    Raymond VII, comte de Toulouse, était toujours soupçonné par l’Église d’abriter des cathares sur ses terres. Un concile fut donc tenu à Bourges, en 1225, où il fut déclaré que détruire l’hérésie était une nécessité et qu’une nouvelle croisade contre les cathares était indispensable. Louis VIII fut donc choisi pour diriger l’expédition.
    Aux fêtes de Pâques de l’an 1226, des milliers de chevaliers (les chroniqueurs de l’époque[Lesquels ?] donnent le chiffre de 50 000) se trouvèrent à Bourges aux côtés du roi. Cette armée se dirigea vers la vallée du Rhône, et à son approche, les seigneurs et les villes se hâtèrent de faire leur soumission au roi de France. La ville d’Avignon, qui appartenait à Raymond VII, refusa cependant d’ouvrir ses portes. L’on mit alors le siège devant la place forte qui était considérée alors comme la clef du Languedoc. Au bout de trois mois, la ville fut prise, et aussitôt Nîmes, Castres, Carcassonne, Albi se rendirent à Louis VIII.
    Raymond VII, quant à lui, s’était enfermé dans Toulouse. Les croisés, frappés par les maladies hivernales et la défection de certains d’entre-eux, décidèrent d’ajourner le siège de la ville. En 1226, Thibaud IV de Champagne se brouilla avec le roi de France Louis VIII dont l’objectif était d’annexer le Languedoc de son cousin Raymond VII à la Couronne de France. Le 30 juillet, l’armée champenoise abandonna l’ost royale devant Avignon, Thibaud IV arguant que son service de quarante jours était achevé. Quand Louis VIII, atteint par la dysenterie, mourut au château de Montpensier en novembre 1226, certaines rumeurs allèrent jusqu’à accuser Thibaud IV d’avoir empoisonné le roi. Toulouse ne tomba qu’en 1228.
    Louis VIII n’aura régné que trois années sur le royaume de France alors que son père Philippe Auguste et son grand-père Louis VII régnèrent chacun 43 années, soit 86 années cumulées de 1137 à 1223.

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  9. Artisans de l'ombre Dit :

    Louis X de France1, dit « le Hutin » (c’est-à-dire « le querelleur »), né le 4 octobre 1289 à Paris, mort le 5 juin 1316 à Vincennes, fut roi de Navarre de 1305 à 1316 (sous le nom de Louis Ier) et roi de France de 1314 à 1316 (sous le nom de Louis X), douzième de la dynastie dite des Capétiens directs.
    Fils du roi de France Philippe IV le Bel et de la reine de Navarre Jeanne Ire, Louis X ne laissa pas de descendance au trône de France (son seul fils, Jean Ier de France, né après sa mort, ne vécut que quelques jours).

    Biographie[modifier | modifier la source]

    Roi de Navarre[modifier | modifier la source]
    Louis X hérita la couronne de Navarre au décès de sa mère en 1305, Jeanne de Champagne, reine de Navarre. Le royaume était administré localement par un gouverneur nommé par les souverains français. Philippe IV qui maintenait ses fils sous sa dépendance et son strict contrôle selon les habitudes héritées de Philippe Auguste, ne l’autorisa à se rendre en Navarre qu’en 1307 pour s’y faire couronner par l’assemblée des nobles, les Corte. Louis X se rendit en Navarre avec son épouse Marguerite de Bourgogne et une forte délégation de nobles français. Ils furent couronnés à Pampelune, le 1er octobre 1307, roi et reine de Navarre.
    Roi de France[modifier | modifier la source]
    Bien que Louis X n’ait régné que deux courtes années, on peut tout de même noter certains éléments de sa politique. Succédant à Philippe IV le Bel de 1314 à 1316, il dut faire face aux révoltes suscitées par la politique de son prédécesseur menés par les barons dont Charles de Valois son oncle, qu’il calma par des concessions.
    Isolé dans un conseil étroit, Louis X dut rechercher l’appui de ses frères Philippe de Poitiers et Charles de la Marche. Les trois frères dont la descendance est douteuse n’ont pas d’héritier mâle. Leurs épouses sont en prison. Le comte de Valois est tout puissant, et il a trois fils dont l’ainé est le futur Philippe VI, il est un de ceux qui mènent la révolte des seigneurs.
    Louis X s’allia à son frère Philippe de Poitiers en échange de l’héritage de la Franche-Comté. Philippe IV avait acheté les droits de la Comté Franche à Othon IV de Bourgogne en échange d’une alliance matrimoniale. Les deux filles d’Othon IV de Bourgogne épousèrent respectivement Philippe de Poitiers et Charles de la Marche. En acceptant de perdre ses droits de succession sur la Franche-Comté, l’ainée Jeanne II de Bourgogne conservait la jouissance et le titre, la cadette Blanche de Bourgogne recevait en dot 20 000 marcs d’argent. Le comté devait selon le testament de Philippe IV revenir à la couronne si Philippe de Poitiers et Jeanne de Bourgogne n’avaient pas de fils. Philippe de Poitiers monnaya son appui en exigeant que son épouse Jeanne puisse léguer la Franche-Comté à sa fille ainée, en plus de l’Artois qui lui venait de sa mère Mahaut d’Artois. Cet accord, par lequel Louis X payait la stabilité de son début de règne, devait amener sous le règne de Louis XI la difficile succession de la Bourgogne et de l’Artois, réunies entre les mains des Habsbourg par mariage, et sous Louis XIV la guerre de dévolution de l’Artois et de la Franche-Comté.
    Ne pouvant briser la résistance des nobles, Louis X choisit de négocier. Avec habileté, il mit les abus sur le compte des officiers royaux et joua sur les particularismes locaux. Il octroya ainsi une série de chartes provinciales durant l’année 1315 qui ont pour fonction de répondre aux attentes de la population. Les baillis et sergents royaux intervenant dans tout le comté d’Amiens ainsi que celui de Vermandois, au mépris des droits du comte ont interdiction sur ordonnance de Louis X d’exercer leurs prises, ajournements et autres faits de justice. Il répondit donc aux attentes des ligues nobiliaires en garantissant leurs privilèges, leurs droits de haute justice et y compris celui de port d’armes à travers ces chartes provinciales destinées à satisfaire les différentes requêtes nobiliaires dans les différentes provinces du royaume. D’autres chartes régionales de ce type ont été certainement concédées dans les mêmes conditions. Ces ordonnances qui redonnaient un certain pouvoir aux nobles et à l’aristocratie et les droits et prérogatives qu’ils avaient perdu sous Philippe IV le Bel ont contribué à affaiblir le pouvoir royal au détriment de l’idée d’unité souveraine qu’avaient menée ses prédécesseurs.
    La fronde menée par les nobles était soutenue par le peuple oppressé par les taxes et impôts et par les ligues nobiliaires. Elle fit de nombreuses victimes, notamment Enguerrand de Marigny qui fut pendu, Pierre de Latilly ou encore Raoul de Presles qui furent torturés. Louis X renonça à les défendre tant la parole du roi était devenue inaudible. La monarchie subit un véritable recul pendant ces deux années de règne, notamment fiscal. Le roi ne pouvait plus lever d’impôts indirects puisque la noblesse voulait battre sa monnaie. Les provinces restaient fidèles à la couronne, mais rebelles à de nouveaux impôts.
    Louis X dut faire face à un conflit avec les Flamands qui tourna au fiasco. L’expédition qui avait été montée grâce au rappel des Lombards, s’enlisa dans la Lys en crue. Louis X dut rebrousser chemin piteusement. C’est sur le chemin du retour qu’il épousa Clémence de Hongrie à Troyes le 19 avril 1315.
    Décès[modifier | modifier la source]
    Louis X fut pris de malaise après une partie de jeu de paume à Vincennes. Il avait bu un vin glacé alors qu’il était échauffé. Pris de remords de n’être pas intervenu, il fit dédommager les enfants d’Enguerrand de Marigny qu’il n’avait pu sauver et fit rendre à Raoul de Presles les biens dont il avait été spolié.

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  10. Artisans de l'ombre Dit :

    Louis XI de France
    Louis XI
    Louis XI.Portrait anonyme (XVe siècle)
    Louis XI.
    Portrait anonyme (xve siècle)
    Titre
    Roi de France
    22 juillet 1461 – 30 août 1483
    22 ans, 1 mois et 8 jours
    Couronnement 15 août 1461,
    en la Cathédrale de Reims
    Prédécesseur Charles VII
    Successeur Charles VIII
    Biographie
    Dynastie Maison de Valois
    Date de naissance 3 juillet 1423
    Lieu de naissance Bourges (France)
    Date de décès 30 août 1483 (à 60 ans)
    Lieu de décès Château de Plessis-lèz-Tours (France)
    Père Charles VII de France
    Mère Marie d’Anjou
    Conjoint Marguerite d’Écosse
    (1436-1445)
    Charlotte de Savoie
    (1451-1483)
    Enfants Louis de France
    Joachim de France
    Louise de France
    Jeanne de France
    Anne de France
    François de France
    Charles VIII Red crown.png
    François de France
    Héritier Louis de France (1458-1460)
    Joachim de France (1459)
    François de France (1466)
    Charles de France (1470-1498)
    Résidence Château du Plessis-du-Parc-lèz-Tours
    Louis XI de France
    Rois de France
    modifier Consultez la documentation du modèle
    Louis XI de France, dit le Prudent, né le 3 juillet 1423 à Bourges, mort le 30 août 1483 au château du Plessis-lez-Tours (commune de La Riche, Indre-et-Loire), fut roi de France de 1461 à 1483, sixième roi de la branche dite de Valois (Valois directs) de la dynastie capétienne. Son intense activité diplomatique, perçue par ses adversaires comme sournoise, lui valut de la part de ses détracteurs le surnom d’« universelle aragne »1,2,3.
    Son règne voit le rattachement de plusieurs grandes principautés mouvantes au domaine royal par des moyens parfois violents : territoires mouvants du duché de Bretagne (1475, Traité de Senlis), des ducs de Bourgogne (1477, confirmé en 1482 par le traité d’Arras avec Maximilien Ier de Habsbourg), Maine, Anjou, Provence et Forcalquier en 1481, par la mort sans héritier de Charles V d’Anjou, et une partie des domaines de la maison d’Armagnac, qui, brisée par l’affrontement avec le pouvoir royal, s’éteignit peu après.
    La ligne directrice de sa politique fut le renforcement de l’autorité royale contre les grands feudataires, par l’alliance avec le petit peuple. Il défendit ainsi les paysans vaudois du Valpute contre l’inquisition épiscopale, en Dauphiné. La vallée de la Vallouise fut ainsi rebaptisée en son honneur. Alors que l’évêque tombé en disgrâce Thomas Basin développa la légende noire du roi (tyran laid, fourbe et cruel, enfermant ses ennemis dans les « fillettes »), le décrivant dans son Histoire de Louis XI comme un « fourbe insigne connu d’ici jusqu’aux enfers, abominable tyran d’un peuple admirable »4, le « roman national » édifié par les historiens du xixe siècle en a fait un « génie démoniaque »Note 1,5 père de la centralisation française6.

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  11. Artisans de l'ombre Dit :

    Louis XII, né le 27 juin 1462 au château de Blois et mort le 1er janvier 1515 à Paris, surnommé le « Père du peuple » par les États généraux de 1506, est roi de France de 1498 à 1515. Son règne est marqué par les guerres d’Italie, qui s’achèvent avec la défaite de Novare en 1513 et, au plan intérieur, la réforme de la justice et des impôts. Son image fut cultivée après sa mort comme symbole d’une monarchie modérée, s’appuyant sur les États généraux, par contraste avec la monarchie absolue.

    Duc d’Orléans[modifier | modifier la source]

    Jeunesse[modifier | modifier la source]
    Louis d’Orléans est le fils de Charles d’Orléans, le prince poète, et de Marie de Clèves et l’arrière-petit-fils de Charles V (voir son ascendance). Orphelin de père à trois ans, il est pris en tutelle par Louis XI, qui lui prodigue une sévère éducation.
    En 1476, Louis XI organise son mariage avec sa fille Jeanne, difforme, physiquement estropiée (boiteuse) : Louis XI espère ainsi provoquer l’extinction de la branche d’Orléans, qui menace toujours la branche aînée des Valois directs. Au moment du mariage de sa fille et du futur Louis XII, Louis XI aurait cyniquement glissé à l’un de ses confidents « (…) pour ce qu’il me semble que les enfants qu’ils auront ensemble ne leur coûteront point cher à nourrir (…) ».
    Après avoir accédé au trône, Louis XII s’empresse en 1499 de faire annuler ce mariage par le pape pour non-consommation, ce que Jeanne conteste en vain, en déclarant au procès que « bien qu’elle sache très bien qu’elle n’est ni aussi jolie ni aussi bien faite que les autres femmes », son mariage a bel et bien été consommé. Le mariage est néanmoins annulé, Jeanne se retire au couvent à Bourges pour fonder, ultérieurement, l’ordre des religieuses de l’Annonciade, destiné à honorer la Sainte Vierge plus particulièrement dans le mystère de l’Annonciation. Morte en odeur de sainteté, elle est canonisée par le pape Pie XII en 1950.
    Le rebelle[modifier | modifier la source]
    À la mort de Louis XI, il échoue à obtenir la régence aux États généraux de Tours, confiée à Anne de Beaujeu.
    Après les péripéties de la Guerre folle, il est fait prisonnier à la bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, en juillet 1488. Gracié après trois ans de détention (qu’il passe dans les prisons d’Angers, de Sablé, de Lusignan, de Poitiers, de Mehun-sur-Yèvre et de Bourges), il suit son cousin, le roi Charles VIII, en Italie où il tente en vain de conquérir le duché de Milan à son profit (cf. première guerre d’Italie).
    Roi de France[modifier | modifier la source]

    Statue équestre de Louis XII sur la façade du château de Blois.

    Transi1 de Louis XII à la Basilique de Saint-Denis

    Louis XII quitte Alessandria pour reprendre Gênes en 1507.
    Le 7 avril 1498, Charles VIII meurt accidentellement sans enfant survivant. Louis se rend au château d’Amboise le lendemain pour rendre hommage au corps du défunt : il y est reçu et honoré par la Cour comme souverain2. Les fiefs, possessions et prétentions des Orléans rentrent dans le giron de la monarchie. Dès son accession au trône, il manifeste cependant un désir profond de ne pas rompre avec la tradition des Valois. Sa célèbre phrase, « le roi de France ne venge pas les injures faites au duc d’Orléans », témoigne de sa volonté de réconciliation et de continuité.
    En échange du Valentinois érigé en duché, qu’il donne à César Borgia, fils du pape Alexandre VI, il obtient l’annulation de son premier mariage et épouse à Nantes le 8 janvier 14993 Anne de Bretagne, la veuve de Charles VIII, qui avait hérité, en vertu de leur contrat de mariage, de l’ensemble des prétentions des rois de France sur le Duché. La Bretagne reste ainsi dans l’orbite de la France, mais le nouveau contrat de mariage spécifie que l’héritier du Royaume ne pourra être héritier du Duché.
    Une conséquence mineure de ce mariage est qu’il y a continuité dans la vie culturelle de la Cour : parmi les poètes de Cour, on peut citer l’humaniste italien Fauste Andrelin de Forlì.[réf. souhaitée]
    Dès 1499, il reprend la politique italienne de son prédécesseur (cf. deuxième, troisième et quatrième guerre d’Italie), en ajoutant cependant à la prétention des Anjou sur le royaume de Naples, celle des Orléans sur le duché de Milan. Après avoir conquis le Milanais, il devient maître d’une grande partie de la péninsule.
    Le 22 septembre 1504, il signe le traité de Blois, qui prévoit le mariage de sa fille, Claude de France, avec le futur Charles Quint, et celui de sa nièce Germaine de Foix à Ferdinand II d’Aragon, le roi cédant alors à sa nièce ses droits sur le royaume de Naples. À la demande des États généraux de Tours de 1506, sa fille est finalement fiancée à François d’Angoulême (le futur François Ier). C’est également lors de ces États généraux qu’il est officiellement nommé « Père du Peuple », le chanoine de Notre-Dame, Thomas Bricot, étant chargé de cette mission. Ce titre lui avait été accordé en raison de l’ordre intérieur dans lequel il avait maintenu le royaume, la baisse de la taille d’un quart de son montant, et la réforme de la justice accomplie entre 1499 et 15014. Sa politique expansionniste justifiait aussi ce titre de « Père du Peuple », plutôt que le titre plus habituel de « Fils du Peuple » ou encore de Pater Patriae4.
    La même année, il est chassé de Naples par Ferdinand d’Aragon (Ferdinand le Catholique) et perd le Milanais six ans plus tard. En 1513, la défaite de Novare met fin à ses ambitions italiennes.
    L’essentiel des guerres sous le règne de Louis XII se déroulent en territoire italien. Toutefois, quelques batailles se jouent à l’intérieur des frontières françaises. En 1512, l’Aragon s’empare de la Haute-Navarre. En 1513, les Suisses assiègent Dijon. En août de cette même année, les Anglais remportent la victoire de Guinegatte. Par des traités séparés, dont le contesté traité de Dijon, Louis XII disloque la Sainte-Ligue.
    Louis XII administre son domaine avec intelligence. Il utilise les recettes des impôts pour le bien du pays en entretenant le réseau routier. S’il diminue la taille, il augmente toutefois les impôts indirects4. Son principal ministre est le cardinal Georges d’Amboise. Il renouvelle la Pragmatique sanction de Bourges assurant une marge de liberté dans le choix du clergé4. Ceci lui vaut l’image d’un roi chevalier, juste et chrétien, par ailleurs empreint de tolérance à l’égard des protestants vaudois du Luberon4, et celle d’un nouveau César. Il est le premier à mettre à ce point en avant l’image de la reine (Anne de Bretagne).
    Devenu veuf, il se remarie le 9 octobre 1514 à Abbeville avec Marie d’Angleterre, la très jeune sœur du roi Henri VIII d’Angleterre, pour sceller sa réconciliation avec ce dernier.
    Affaibli par l’âge, les excès et la goutte, il meurt trois mois plus tard, le 1er janvier 1515, en l’hôtel des Tournelles à Paris. Les propagandistes du futur François Ier répandent la rumeur sur sa sénilité, son impuissance et le fait qu’il se serait épuisé dans la chambre à coucher à force de vouloir concevoir un fils avec Marie d’Angleterre5.
    Il laisse le trône à son cousin et gendre François Ier époux de sa fille aînée Claude, duchesse de Bretagne.
    Vision de son règne[modifier | modifier la source]

    L’emblème de Louis XII, le porc-épic, Hôtel de Bourgtheroulde, Rouen
    De la Fronde jusqu’au terme du xviie siècle, son image est opposée à celle de Louis XI comme représentant d’une monarchie modérée, empiétant peu sur les seigneuries et ne levant pas excessivement d’impôts4. Fénelon écrit ainsi, dans sa Lettre à Louis XIV6 (1694): « Si le Roi, dit-on, avait un cœur de père pour son peuple, ne mettrait-il pas plutôt sa gloire à leur donner du pain, et à les faire respirer après tant de maux, qu’à garder quelques places de la frontière, qui causent la guerre ? ». Comparé à Louis IX et à Henri IV, le « sage Louis XII » est également loué par Voltaire (Henriade, 1726)4, Montesquieu4 ou l’abbé de Cordier de Saint-Firmin4. Les défaites militaires sont ainsi éclipsées4. L’Académie française va jusqu’à proposer un concours d’éloge du « Père du peuple » cinq ans avant que n’éclate la Révolution française, concours remporté par l’abbé Noël4.
    Sa figure fournit le sujet de pièces de théâtre sous la Révolution (Une journée de Louis XII ou Louis XII Père du peuple de Charles-Philippe Ronsin, jouée en février 1790)4. Alors que le Panthéon est réservé aux hommes de la Révolution (sauf Descartes, etc.), le député Charles Lambert de Belan tente de faire valoir, en février 1792, une exception pour « les seuls de nos rois qui se soient montrés les pères du peuple »4. Avec l’intensification de la Révolution, son aura pâlit4.
    Cette tendance hagiographique est mise en question au xixe siècle par l’historien Roederer critiquant ainsi, en 1819, l’usage non scientifique de l’histoire4, alors que d’autres font son apologie sous la Restauration4.

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  12. Artisans de l'ombre Dit :

    Louis XIV dit Louis le Grand ou le Roi-Soleil, né le 5 septembre 1638 à Saint-Germain-en-Laye et mort le 1er septembre 1715 à Versailles, est un roi de France et de Navarre.
    Louis-Dieudonné monte en 1643 sur le trône au décès de son père Louis XIII, le 14 mai 1643, quelques mois avant son cinquième anniversaire. Il est le 64e roi de France, le 44e roi de Navarre et le troisième des rois de la famille Bourbon. Son règne de 72 ans est l’un des plus longs de l’histoire de l’Europe.
    Il marque l’apogée de la construction séculaire d’un absolutisme de droit divin. Après une minorité troublée par la révolte de la Fronde de 1648 à 1653, Louis XIV assume personnellement le gouvernement à la mort du cardinal Mazarin en 1661 en ne prenant plus de ministre principal. Son autorité se déploie avec la fin des grandes révoltes nobiliaires, parlementaires, protestantes et paysannes qui avaient marqué les décennies précédentes. Le monarque impose l’obéissance à tous les ordres et contrôle les courants d’opinion y compris littéraires ou religieux, ainsi il décide de réprimer le jansénisme à partir de 1660 et de révoquer l’édit de Nantes en 1685. Louis XIV construit un État centralisé, où son rôle direct est encore accentué après le décès des ministres Colbert en 1683 et Louvois en 1691.
    Par la diplomatie et la guerre, il accroît sa puissance en Europe, en particulier contre les Habsbourg. Sa politique du « pré carré » cherche à agrandir et rationaliser les frontières du pays, protégée par la « ceinture de fer » de Vauban qui fortifie les villes conquises. Pour obtenir une prédominance économique, un effort de développement commercial et colonial est conduit, notamment par son ministre Colbert.
    À partir de 1682, Louis XIV dirige son royaume depuis le vaste château de Versailles, modèle architectural de nombreux palais européens et dont il a dirigé la construction. Une cour soumet la noblesse, étroitement surveillée, à une étiquette très élaborée. Le prestige culturel s’y affirme grâce au mécénat royal en faveur d’artistes tels que Molière, Racine, Boileau, Lully, Le Brun et Le Nôtre, ce qui favorise l’apogée du classicisme français, qualifié, dès son vivant, de « Grand Siècle », voire de « Siècle de Louis XIV ».
    Sa difficile fin de règne est marquée par l’exode des protestants persécutés, par des revers militaires, par les deux famines de 1693 et de 1709 qui font près de deux millions de morts, par la révolte des Camisards et par de nombreux décès dans la famille royale. Son successeur Louis XV, un de ses arrière-petit-fils, n’a que cinq ans à la mort du roi, et pourtant, même après la régence, l’absolutisme perdure, marquant la solidité du régime construit par Louis XIV.
    Habité par l’idée de sa gloire et de son droit divin, soucieux d’accomplir en permanence son « métier de roi », Louis XIV est devenu l’archétype du monarque absolu.

    La jeunesse de l’Enfant Roi

    Louis Dieudonné

    Anne d’Autriche et le futur roi Louis XIV qui porte une plume au béguin assortis à sa robe et son tablier richement ornés de broderies et de dentelles.
    Fils de Louis XIII et d’Anne d’Autriche, Louis est le fruit d’unions dynastiques : ses parents sont des deux familles les plus puissantes d’Europe (Bourbon et Habsbourg), ses grands-parents paternels Henri IV et Marie de Médicis, étaient respectivement Franco-Navarais et Florentin ; ses grands-parents maternels, Philippe III et Marguerite d’Autriche-Styrie étaient espagnol et autrichien, tous deux Habsbourg, proches parents l’un de l’autre4.
    Au traditionnel titre de Dauphin de Viennois est ajouté à sa naissance celui de Premier fils de France. L’enfant est aussi prénommé Louis-Dieudonné, car, après presque vingt-trois ans de mariage sans enfant, plusieurs fausses couches de la reine et la mésentente du couple royal, la naissance inattendue de l’héritier du trône est considérée comme un don du Ciel, au point que certains historiens suspectent, à tort, que le véritable père est Mazarin5 dont des lettres échangées avec Anne d’Autriche, utilisant des codes, sont parfois très sentimentales6. Beaucoup de courtisans parlent de « miracle ». En effet en 1637, Louis XIII avait présenté un acte faisant de la Vierge Marie la « protectrice spéciale » de son royaume et, à peine la grossesse de la reine est-elle avérée que le roi publie cet acte le 10 février 1638, la fête de l’Assomption de Marie célébrée par le Vœu de Louis XIII étant désormais un jour férié et chômé en France7. Irrité, Louis XIII aurait répliqué que « ce n’était point là si grand miracle qu’un mari couchât avec sa femme et lui fasse un enfant »8. Des récits affirment que le roi a été conçu le 5 décembre 16379, l’historien Jean-Christian Petitfils propose plutôt la date du 20 ou du 30 novembre10.
    La naissance de Louis est suivie, deux ans plus tard, par celle de Philippe, d’abord titré duc d’Anjou, puis duc d’Orléans vingt ans plus tard, à la mort de son oncle, Gaston d’Orléans. Celui-ci était hostile au cardinal de Richelieu, premier ministre de Louis XIII, qui le trouvait trop favorable aux nobles et aux Habsbourg. La naissance tant espérée d’un dauphin écarte du trône Gaston un comploteur impénitent ; c’est ainsi une victoire politique pour le cardinal de Richelieu, premier ministre de Louis XIII.
    À la mort de son père, l’enfant devient roi sous le nom de Louis XIV11. Comme il n’a que quatre ans et demi, sa mère, Anne d’Autriche, devient régente. Elle maintient contre toute attente le cardinal Mazarin comme Premier ministre, en dépit de la désapprobation des cercles politiques français de l’époque dont beaucoup n’apprécient pas qu’un Italien, fidèle de Richelieu, dirige la France.
    La Régente quitte alors les appartements incommodes du Louvre et s’installe au Palais-Cardinal, légué par Richelieu à Louis XIII, pour profiter du jardin où peuvent jouer le jeune Louis XIV et son frère. Le Palais-Cardinal devient alors le Palais-Royal où des gouvernantes abandonnent le jeune Louis à leurs femmes de chambre qui cèdent à tous ses caprices, ce qui fera naître la légende colportée par les Mémoires de Saint-Simon d’une éducation négligée12.

    Médaille Louis XIV, MDCXLIII (1643) en mémoire de son 5e anniversaire, année de son accession au trône et de la prise de Thionville par le Grand Condé. Graveur Jean Mauger (1648-1712). Recto.

    Médaille Louis XIV, MDCXLIII (1643) en mémoire de son 5e anniversaire, année de son accession au trône et de la prise de Thionville par le Grand Condé. Graveur Jean Mauger (1648-1712). Verso.
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    L’éducation du roi

    Louis XIV et son frère cadet Philippe, dit le « Petit Monsieur ».

    Louis XIV, en costume de sacre en 1648
    En plus de ses fonctions ministérielles, Mazarin, parrain de Louis XIV, se voit attribuer par la reine en mars 1646 la responsabilité de l’éducation du jeune monarque et de son frère, l’usage étant que les princes élevés par des gouvernantes « passent aux hommes » à l’âge de sept ans (l’âge de raison à l’époque) pour être confiés aux soins d’un gouverneur assisté d’un sous-gouverneur. Il devient donc « surintendant au gouvernement et à la conduite de la personne du roi et de celle de M. le duc d’Anjou » et confie la tâche de gouverneur au maréchal de Villeroy. Malgré les efforts des différents précepteurs (abbé Péréfixe de Beaumont en 1644, François de La Mothe Le Vayer à partir de 1652, son meilleur éducateur étant sans doute Pierre de La Porte, son premier valet de chambre qui lui fait la lecture de textes historiques13) engagés pour lui prodiguer des cours de latin, d’histoire, de mathématiques, d’italien et de dessin, Louis n’est pas un élève très travailleur. Mais, suivant l’exemple du grand collectionneur d’art qu’est Mazarin, Louis XIV se montre très sensible à la peinture, à l’architecture, à la musique et surtout à la danse qui est, à l’époque, une composante essentielle de l’éducation d’un gentilhomme : on dit que le jeune Louis s’entraîne à danser environ deux heures par jour de l’âge de 7 à 27 ans14. Louis aurait bénéficié également d’une éducation sexuelle: sa mère (Anne d’Autriche) aurait demandé à Madame de Beauvais (appelée « Catho la Borgnesse ») de « déniaiser » Louis XIV à sa majorité sexuelle15.

    Louis XIV, enfant, en costume romain.
    Louis, le « miraculé »
    Dans son enfance, Louis XIV échappe à plusieurs reprises à la mort :
    À 5 ans, il manque de se noyer dans un des bassins du jardin du Palais-Royal. Il est sauvé in extremis.
    À 9 ans, le 10 novembre 1647, il est atteint de la variole. Dix jours plus tard, les médecins n’ont plus aucun espoir mais le jeune Louis se remet « miraculeusement ».
    L’alerte la plus sérieuse pour le royaume a lieu le 30 juin 1658: le roi est victime d’une grave intoxication alimentaire (à cause de l’infection des eaux) et de fièvre typhoïde lors de la prise de Bergues dans le Nord. Le lundi 8 juillet, on lui donne les derniers sacrements et on commence à préparer la succession mais Guénaut, le médecin d’Anne d’Autriche, lui donne un émétique à base d’antimoine et de vin qui guérit encore une fois « miraculeusement » le roi.
    L’épreuve de la Fronde
    Article détaillé : Fronde (histoire).

    Le Grand Condé, d’abord ferme soutien du pouvoir royal devient l’opposant le plus déterminé
    Après avoir célébré sa première communion à l’église Saint-Eustache le 25 décembre 1649, Louis XIV, qui n’a alors que 12 ans, entre au conseil en 1650. C’est l’époque de la Fronde, une contestation de l’autorité royale par les parlements et la noblesse qui allait marquer durablement le monarque. En réaction à ces événements, Louis XIV s’appliqua plus tard à continuer le travail commencé par Richelieu : affaiblir les membres de la noblesse d’épée en les obligeant à servir comme membres de sa cour en transférant la réalité du pouvoir à une administration très centralisée et à la noblesse de robe12.
    En 1648, le parlement de Paris s’oppose fermement aux impôts levés par Mazarin pour continuer la guerre contre l’Espagne. La Journée des barricades contraint le roi à quitter Paris une première fois. S’il revient assez vite dans la capitale, les exigences des parlementaires, appuyés par le très populaire Jean-François Paul de Gondi, obligent Mazarin à envisager un coup de force. En pleine nuit et dans le plus grand secret, le roi et sa cour quittent la capitale dans le but de l’assiéger et de la remettre à obéissance. L’affaire se complique quand des personnalités de la haute noblesse apportent leur soutien à la fronde : le prince de Conti, frère de Condé, Beaufort, petit-fils d’Henri IV et quelques autres veulent renverser Mazarin. Si, après quelques mois de siège Paris se rend au roi, Mazarin ne parvient pas à imposer sa volonté aux parlementaires et le conflit politique demeure.
    En 1650, une nouvelle fronde appelée Fronde des princes se construit autour du tumultueux prince de Condé. Les princes sont arrêtés sur l’ordre de Mazarin, ce qui aboutit à une nouvelle guerre civile, relayée essentiellement dans les provinces (Bordeaux). En 1651, Gondi et Beaufort, chefs de la première fronde, s’allient à la fronde des princes, pour renverser Mazarin. L’appui du duc d’Orléans et une émeute parisienne obligent Mazarin à s’exiler. Le 8 février 1651, la reine et le jeune Louis essaient de s’enfuir de la capitale mais, alarmés, les Parisiens envahissent le palais royal où loge le roi, désormais prisonnier de la fronde.
    Le 7 septembre 1651, le lit de justice déclare la majorité du roi. Tous les grands du royaume viennent lui rendre hommage, sauf Condé qui, de Guyenne, lève une armée pour marcher sur Paris. Défait, Condé se jette dans Paris qui se soulève devant le retour d’exil de Mazarin. Le pouvoir royal doit de nouveau assiéger Paris. Le deuxième exil de Mazarin, les exactions des troupes de Condé, les troubles populaires et la lassitude à l’égard de la guerre mettent un terme à la fronde, devenue impopulaire : la plupart des grands font leur soumission. Seul, Condé trahit la France pour se mettre au service de l’Espagne, qui avait profité du désordre pour reprendre du terrain en Flandre. L’arrestation et l’exil de Gondi, éternel comploteur, permettent de mettre un terme définitif aux troubles.
    Louis XIV est sacré officiellement roi le 7 juin 1654 à Reims mais il laisse les affaires politiques à Mazarin, tandis qu’il continue sa formation militaire auprès de Turenne.

    Louis XIV par Juste d’Egmont (1654)
    Mariage avec Marie-Thérèse d’Autriche

    Entrevue de Louis XIV et de Philippe IV dans l’île des Faisans en 1659. On distingue la fille de Philippe IV, future reine de France, derrière lui.
    Pendant le voyage du jeune roi, le 7 novembre 1659, les Espagnols acceptent de signer le traité des Pyrénées qui fixe les frontières entre la France et l’Espagne. De son côté, Louis XIV accepte bon gré, mal gré de respecter une des clauses du traité : épouser l’infante Marie-Thérèse d’Autriche (1638-1683), fille de Philippe IV, roi d’Espagne et d’Élisabeth de France. Les époux sont doublement cousins germains : la reine-mère Anne d’Autriche étant la sœur de Philippe IV et Élisabeth de France la sœur de Louis XIII. Ce mariage a cependant pour but de rapprocher la France de l’Espagne. Il a lieu le 9 juin 1660 en l’église Saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de-Luz.
    Louis ne connaît sa femme que depuis trois jours, celle-ci ne parle pas un mot de français mais le roi « l’honore » fougueusement et devant témoins dès la nuit de noce16. Selon d’autres sources, cette nuit de noces, contrairement à l’usage, n’eut pas de témoin17.
    Le règne du Roi-Soleil : l’apogée de l’absolutisme

    Louis XIV en 1661 par Charles Le Brun. À 23 ans, il décide de prendre réellement le pouvoir en devenant monarque absolu.
    Également connu sous le nom du Roi-Soleil (appellation tardive qui remonte à la Monarchie de Juillet même si le roi prend cet emblème lors de la fête du carrousel le 5 juin 166218), Louis XIV renforce la monarchie qui devient monarchie absolue de droit divin. Lorsque le 13 avril 1655, le roi qui vient de prendre le pouvoir seul décrète dix-sept édits visant à renflouer les caisses de l’État, ce qui a pour effet de faire passer le total des revenus fiscaux du royaume de 130 millions de livres en 1653 à plus de 160 millions en 1659-166019, la légende raconte qu’il aurait déclaré aux parlementaires réticents le célèbre mais contesté : « l’État c’est moi ! » (qu’il n’a en fait, jamais prononcé)20.
    Même si Louis XIV se dissocie de l’État, dont il se définit lui-même comme, seulement, le premier serviteur21,22 et s’il indique sur son lit de mort, en 1715 : « Je m’en vais mais l’État demeurera toujours »23 cette phrase résume toutefois l’idée que ses contemporains se sont fait du rapport au pouvoir du roi : par des réformes politiques administratives et fiscales, par une politique étrangère et religieuse centralisant le pouvoir.
    Le gouvernement Royal et les grandes réformes administratives
    La prise de Pouvoir et l’élimination de Fouquet

    Nicolas Fouquet, le flamboyant surintendant sera écarté du pouvoir pour permettre au Roi-Soleil de mieux briller.
    À la mort de Mazarin, le 9 mars 1661, la première décision de Louis XIV est de supprimer la place de ministre principal et de prendre personnellement le contrôle du gouvernement, mais l’entourage du roi n’est pas convaincu de sa stature d’homme d’État. Louis doit faire ses preuves et prouver son autorité par ce « coup de majesté ».
    Le roi avait été informé par Jean-Baptiste Colbert du délabrement des finances24 après la guerre ruineuse contre la Maison d’Espagne et les 5 années de Fronde, de l’enrichissement personnel effréné de Mazarin, dont Colbert lui-même avait profité et celui éhonté de Fouquet dont les pratiques spéculatives avaient fait leur temps. Six mois plus tard, le 5 septembre 1661, jour de ses 23 ans, le roi qui avait pu, jeune encore, constater le fort mécontentement des provinces contre la pression fiscale durant les 18 années de ministère du défunt cardinal, fait arrêter au grand jour, par d’Artagnan, Nicolas Fouquet dont il supprime par la même occasion le poste de surintendant des finances. Il crée une chambre de justice pour examiner les comptes des financiers. Même si Fouquet servit de bouc émissaire et qu’il avait pendant presque 9 ans, par son crédit personnel immense, bien rempli sa mission de pourvoyeur d’argent immédiat, il est communément admis aujourd’hui que le surintendant, qui eut le malheur d’être le dernier représentant d’un système populairement détesté, avait fini par confondre sans scrupule sa comptabilité avec celle du Trésor. Le roi avait donc besoin de montrer qui dirige le pays et d’éliminer ainsi celui dont il subissait le trop grand ascendant marqué par une fête donnée quelques jours avant l’arrestation au château de Vaux-le-Vicomte.
    Après trois ans d’un procès plein d’irrégularités et influencé par le roi, Fouquet est remplacé par Colbert en 1665. Le règne personnel du Roi-Soleil commence.
    L’obéissance des Provinces et des Parlements
    Le Roi fait très tôt obéir les Provinces: la Provence (Marseille en particulier) s’était révoltée: une répression (1660) détruit la porte de la ville, par laquelle entre le Roi, qui change le régime municipal et soumet le parlement d’Aix. Les mouvements de contestation en Normandie, en Anjou sont terminés en 1661. L’obéissance est « plus acceptée qu’imposée » 25
    L’autorité du jeune souverain s’impose aux Parlements: dès 1655, il impressionne les parlementaires en intervenant en costume de chasse et le fouet à la main pour faire cesser une délibération. Le pouvoir des Parlements diminue par la mise en place de lits de justice sans la présence du roi, par la perte de leur titre de « cour souveraine » en 1665, et par la limitation, en 1673[réf. nécessaire], de leur droit de remontrance.
    Les décisions du Roi sont préparées dans un certain secret, après l’avis des ministres qui siègent dans un conseil qu’il réforme profondément. Ces édits sont rapidement enregistrées par les Parlements, puis rendues publiques dans les provinces où les intendants, ses administrateurs, prennent de plus en plus le pas sur les gouverneurs, issus de la noblesse d’épée. Toutefois, l’état des routes, la difficulté d’avoir des informations sur toutes les paroisses, la diversité des peuples et la mosaïque des usages locaux, en particuliers judiciaires, ainsi qu’un certain respect pour les pouvoirs urbains nuancent la réalité d’un absolutisme centralisateur.
    Création du Conseil royal des finances (12 septembre 1661)

    Jean-Baptiste Colbert succèdera à Fouquet après avoir organisé son « élimination ».
    La première partie du règne de Louis XIV est marquée par de grandes réformes administratives et surtout par une meilleure répartition de la fiscalité. Les douze premières années virent le pays en paix et le retour d’une relative prospérité26. On passe d’une monarchie judiciaire (où la principale fonction du roi est de rendre justice) à une monarchie administrative (le roi est à la tête de l’administration). Les finances, dirigées désormais par un contrôleur général, en l’occurrence Colbert, supplantent donc la justice en tant que première préoccupation du Conseil d’en haut. Celui qui aurait normalement dû être chargé de la justice, le chancelier, François-Michel Le Tellier, finit lui-même par délaisser la justice pour se consacrer essentiellement aux affaires de guerre. Le conseil s’organise en plusieurs conseils, d’importance et de rôles divers: conseil d’en Haut, pour les affaires les plus importantes, (avec peu de ministres), du conseil des dépêches, le lundi, pour l’administration provinciale, du conseil des finances, de celui des parties, pour les causes judiciaires, de celui du commerce et de ceux chargés de la religion catholique -conseil des consciences- et protestante.
    Il crée le code Louis en 1667, sorte de code civil, le code criminel en 1670, le code forestier, l’édit sur les classes de la Marine en 1669, l’ordonnance de commerce en 1673.

    François-Michel Le Tellier, marquis de Louvois, secrétaire d’État à la Guerre, rival de Colbert au sein du conseil royal
    Au fil du temps, deux clans dans l’administration se constituent, rivalisent et cohabitent. Le clan Colbert gère tout ce qui touche à l’économie, la politique étrangère, la Marine et la culture alors que le clan Le Tellier-Louvois prend la mainmise sur la Défense. Le roi fait ainsi sienne la devise « diviser pour mieux régner ». En ayant deux clans rivaux sous ses ordres, il est certain qu’ils s’autocontrôleront et que cela empêche toute dérive permettant à un de ses ministres de réussir un coup d’État contre lui.
    Jusqu’en 1671, le clan Colbert domine mais, quand commencent les préparatifs de la guerre de Hollande, les réticences de Colbert, qui rechigne à se lancer à nouveau dans de grandes dépenses, commencent à le discréditer aux yeux du roi. De plus, l’écart d’âge entre Colbert (52 ans à l’époque) et le roi (33 ans) fait que le roi se rapproche naturellement de Louvois qui n’a que 30 ans et la même passion : la guerre. Jusqu’en 1685, c’est le clan Louvois qui est le plus influent.
    Création d’un service de police moderne
    Le Roi Louis XIV est décrit comme un souverain voulant « tout savoir »27. Lorsque commence le règne, « Le Paris du XVIIe est quasiment invivable ». C’est d’abord une concentration dangereuse de populations : épidémies, incendies, inondations, hivers polaires, encombrements et désordres de tout genre. La ville attire des individus qui espèrent vivre mieux auprès des riches : escrocs, brigands, voleurs, mendiants, infirmes, hors-la-loi, paysans sans terre et autres déshérités. Il existe encore la Cour des miracles, le plus célèbre des ghettos incontrôlables (estimés sous Louis XIV à 30 000 individus, soit 6 % du peuplement). Paris est un souci pour le jeune roi qui n’a pas encore construit Versailles28.
    Édit de fondation de l’hôpital général de Paris (27 avril 1656)
    Cet édit (de Grand Renfermement) a pour objet d’éradiquer la mendicité, le vagabondage et la prostitution. Il est conçu sur le modèle de l’hôpital lyonnais (l’hospice de la Charité établi en 1624) et s’attire à son service les membres de la compagnie du Saint-Sacrement. Il regroupe les trois établissements de la Salpêtrière, de Bicêtre et de Sainte-Pélagie. En dépit des peines et des expulsions prévues pour ceux qui ne regagnent pas l’hôpital, cette mesure, faute d’effectifs suffisants, sera un échec.
    Ordonnance civile de Saint-Germain-en-Laye (3 avril 1667)

    Médaille en or de Louis XIV par Jean Varin, 1665, Cabinet des médailles (BNF).
    Dix ans plus tard, la situation mal maîtrisée a empiré et « on rapporte que le roi n’en dort plus la nuit »29. Les différentes factions de police sont disséminées et rivalisent entre elles. Colbert va s’efforcer de coordonner toutes ces autorités en un seul service. Pour atteindre ce but, le 15 mars 1667, il fait nommer La Reynie à la lieutenance générale de police qui vient d’être créée, un homme de son clan intègre et travailleur, qui a déjà participé au conseil de la réforme de la justice. Entre autres, sont annoncées une lieutenance séparée de celles civile et criminelle, la simplification et l’uniformisation des procédures de justice civile pour tout le royaume et l’obligation de mieux tenir les registres paroissiaux. Les attributions de La Reynie sont étendues : maintien de l’ordre public, des bonnes mœurs, du bon ravitaillement, de la salubrité (ébouages, pavage des rues, fontaines d’eau, etc.), la sécurité (rondes, éclairage des rues par lanternes, lutte contre la délinquance et les incendies, liquidation des « zones de non-droit »… (voir la Cour des miracles). Dès 1674, La Reynie a le titre de lieutenant général de police (en somme, le premier préfet de police de France) et s’acquittera de cette tâche épuisante avec intelligence pendant 30 ans, jusqu’en 1697, année où il se retire.
    La Reynie, par un travail de longue haleine, avait réussi à instaurer dans la place de Paris une « sécurité inconnue ». Quand le marquis d’Argenson lui succède en 1697, il hérite du relâchement des dernières années car la situation recommençait à se dégrader. Homme rigoureux et sévère, c’est avec beaucoup d’assiduité et d’intransigeance qu’il entreprend le redressement de la situation. Il va remplir sa fonction de lieutenance en s’appuyant principalement sur la répression, avec une escouade considérable d’espions. On peut dire qu’il instaura une sorte de police secrète d’État dont un des aspects marquant fut de complaire outre mesure aux puissants et d’accentuer le despotisme d’un règne vieillissant. Ses services talentueux et zélés lui valurent, en 1718, la place enviée de garde des Sceaux30.
    La politique étrangère

    15 mai 1685 : le doge de Gênes est contraint à venir s’excuser dans la galerie des Glaces de Versailles (par Claude Guy Hallé, château de Versailles)

    Territoire sous règne français et conquêtes de 1643 à 1715
    Louis XIV tend à affirmer la puissance de son Royaume. Il utilise les armes traditionnelles de la diplomatie (ambassade, traités, alliances, unions dynastiques, soutien aux opposants de ses ennemis). Mais c’est surtout par l’armée qu’il s’impose. Jeune roi, il poursuit d’abord la stratégie de ses prédécesseurs depuis François Ier pour dégager la France de l’encerclement hégémonique des Habsbourg en Europe par une guerre continuelle contre l’Espagne, en particulier sur le front des Flandres. Le « grand Roi » en profite pour rendre son « pré carré » par des guerres de conquêtes sur ses voisins, négligeant toutefois un peu l’expansion coloniale. Pour assurer à son petit-fils la succession d’Espagne, il se lance sur le tard dans une guerre contre toute l’Europe qui finit par épuiser les belligérants. À la fin de son règne, le roi a arraché un compromis : si les Bourbon dominent en France et Espagne, ils reconnaissent deux nouvelles puissances montantes : l’Angleterre protestante et les Habsbourg d’Autriche.
    1643/1672 L’Alliance traditionnelle contre les Habsbourg
    Dans un premier temps, pour se dégager de l’encerclement des Habsbourg, le jeune Louis XIV avec son ministre Mazarin fait alliance avec les principales puissances protestantes, reprenant ainsi la politique de ses deux prédécesseurs et de Richelieu.
    Cette guerre franco-espagnole connaît quatre phases : quand le règne débute, la France soutient directement les puissances protestantes contre les Habsbourg, lors du dernier tiers de ce qu’on a appelé ensuite la guerre de Trente Ans, conclue en 1648 par les traités de Westphalie. Profitant de la Fronde, l’Espagne tente d’affaiblir le Roi en soutenant la révolte militaire du Grand Condé (1653) contre Louis XIV. En 1659, des victoires françaises et une alliance avec les puritains anglais (1655-57) et les puissances allemandes (Ligue du Rhin) imposent à l’Espagne le traité des Pyrénées (soudé par le mariage entre Louis XIV et l’infante en 1659). Enfin, le conflit reprend à la mort du roi d’Espagne (1665) quand Louis XIV entame la guerre de Dévolution : au nom de l’héritage de son épouse, le roi réclame que des villes frontalières du royaume de France en Flandre espagnole lui soit dévolues. Il s’appuie sur les difficultés de l’Espagne au Portugal
    À l’issue de cette première période, Louis XIV, jeune roi, est à la tête de la première puissance militaire et diplomatique d’Europe, s’imposant même au Pape. Il a agrandi son royaume vers le nord (Artois) et conservé, au sud, le Roussillon. Sous l’influence de Colbert, le Roi a aussi construit une marine et agrandit son domaine colonial pour combattre l’hégémonie coloniale espagnole.
    1672/1697 La puissance dominante mais isolée
    Dans un second temps, à partir de 1672, sous l’influence de Louvois, le « Grand Roi » renonce à l’alliance protestante. Pour rendre son « pré carré », il s’isole diplomatiquement dans une politique belliqueuse de conquête qui l’oppose à toute l’Europe.
    La poussée vers les Flandres d’un monarque absolu catholique provoque l’inquiétude de la République protestante des Pays-Bas. Dès lors, France et Pays-Bas, anciens alliés, deviennent rivaux économiquement et politiquement. En 1672, Louis XIV les attaque ce qui provoque la guerre de Hollande. L’Espagne en profite pour tenter de récupérer les villes de Flandres perdues. Ce conflit isole diplomatiquement la France : opposée à la fois aux Habsbourg, au pape et aux protestants d’Europe, après le rapprochement entre les Provinces-Unies des Pays-Bas, les princes Allemands et le parlement Anglais, elle n’a plus comme alliée protestante que la Suède. Sa puissance militaire lui permet toutefois d’imposer la paix sur le front Nord et de prendre la Franche-Comté à l’Espagne (1674, confirmé au traité de Nimègue, 1678). Louis XIV élargit ensuite ses ambitions aux possessions des villes conquises (politique des réunions). Cette politique d’expansion territoriale et la violence des massacres dans le Palatinat provoque la ligue d’Augsbourg (9-7-1686), alliance défensive de l’ensemble des puissances européennes, les Habsbourg et impériaux, d’une part et les protestants de l’autre. Après la prise de Luxembourg en 1684, le conflit reprend de 1688 à 1697 et plusieurs dures années de guerre s’ensuivent sur terre et sur mer : de l’Irlande où le roi soutient le prétendant catholique au trône de Grande-Bretagne, à l’Allemagne, où il soutient la Princesse Palatine, jusqu’à la Savoie, les guerres pèsent durement sur les finances royales et sur les populations, en particulier lors du terrible sac du Palatinat par Louvois. La paix négociée par la médiation de la Suède lui permet de prendre l’Alsace.
    Le poids de la guerre et l’isolement diplomatique sont partiellement compensés par l’agrandissement du royaume. Le roi a l’opportunité de devenir première puissance catholique au vu de l’affaiblissement espagnol.
    1697/1714 Le lourd prix du trône d’Espagne

    Statue équestre de Louis XIV sur la place Bellecour (Lyon)
    Article détaillé : Guerre de Succession d’Espagne.
    À la fin de son règne, le « Roi très Chrétien » tente de préserver la succession d’Espagne pour son petit-fils ce qui conduit à une guerre qui épuise toute l’Europe.
    La fragilité de la santé du roi espagnol Charles II de Habsbourg, sans enfant, pose le problème de sa succession. Louis XIV mène une active diplomatie pour faire hériter un de ses descendants (sa femme et sa mère étaient héritières d’Espagne). Placer un Bourbon sur le trône des Habsbourg ferait de sa famille la première puissance européenne et même mondiale (au vu de l’empire colonial espagnol). Mais cela l’oppose à la branche Habsbourg d’Autriche, autre prétendante. Pour réussir, Louis XIV se réconcilie avec le pape, renonçant au gallicanisme au profit du parti dévot, favorise l’Espagne par des gestes diplomatiques (Traité de Ryswick en 1697). Conscient du risque de l’hostilité de l’Europe à la réunion des possessions espagnoles et françaises, il envisage même un partage complexe avec l’Autriche. Mais, en 1700, Charles II refuse sur son lit de mort la solution du partage et laisse l’héritage de la totalité des possessions espagnoles pour l’un des petit-fils de Louis XIV, Philippe V. Celui-ci n’est soutenu que par la Bavière de sa mère Marie Anne, toutes les autres puissances européennes provoquant une violente guerre contre les Bourbons de France et d’Espagne. Elles l’emportent d’abord. La France est prête à traiter (1708) mais les vainqueurs veulent contraindre Louis XIV à détrôner lui-même son petit-fils, ce qui le conduit à reprendre des combats. Au bout de quatorze ans l’épuisement des adversaires conduit à une paix de compromis (1713) : Philippe conserve le trône d’Espagne mais les compensations accordées montrent la montée de la puissance britannique dans les colonies et de l’Autriche dans l’Europe centrale et dans les Flandres.

    Louis XIV en costume de Sacre par Hyacinthe Rigaud
    Si, au début du règne, la grande puissance était l’Espagne, la France domine seule vers 1690/1700. En 1715, c’est le Royaume-Uni qui est devenu le concurrent le plus redoutable, surtout parce qu’après les efforts de Colbert, le roi s’est désintéressé de la question coloniale.
    Louis XIV, homme de guerre
    Article détaillé : Guerres de Louis XIV.

    Louis XIV en 1670
    Louis XIV a ainsi consacré 32 années sur 54 à faire la guerre. Sur son lit de mort, il confesse au futur Louis XV « j’ai trop aimé la guerre ».
    Marqué par le modèle et l’éducation de son père, puis fasciné, enfant, par la prestance du jeune Condé, Louis XIV assiste enfant à plusieurs combats lors de la Fronde. Il reçoit une formation militaire poussée par Turenne. Le jeune Louis dirige l’armée, par exemple, à vingt ans, le 23 juin 1658 à Dunkerque, lors de bataille des Dunes où ses troupes récemment alliées aux Anglais (gouvernés à l’époque par Lord protecteur Oliver Cromwell) remportent une victoire importante contre Condé et l’Espagne. Il fait célébrer ses victoires à Versailles (galerie des batailles), par des statues et des poèmes de circonstances.
    La réorganisation de l’armée est rendue possible par celle des finances. Si Colbert a réformé les finances, c’est Michel Le Tellier puis son fils, le marquis de Louvois qui réforment avec le roi les troupes : unification des soldes, création de l’hôtel des Invalides en 1670, réforme du recrutement. Cette nouvelle impulsion politique limite la désertion et augmente le niveau de vie de la gent militaire. Le roi charge Vauban de construire une ceinture de fortifications autour du territoire (politique du pré carré). Au cœur du règne le Royaume dispose d’une armée de 300 000 hommes ce qui en fait de loin la première armée d’Europe, capable de tenir tête à des coalitions rassemblant de nombreux pays européens. Pour renforcer le pouvoir de la France dans le monde, Louis XIV engage le royaume dans une multitude de guerres et batailles :
    de 1667 à 1668, la guerre de Dévolution ;
    de 1672 à 1678, la guerre de Hollande qui se conclut par le fameux traité de Nimègue ;
    de 1683 à 1684, la guerre des Réunions ;
    de 1688 à 1697, la guerre de la Ligue d’Augsbourg (également appelée guerre de Neuf Ans) ;
    de 1701 à 1713, la guerre de Succession d’Espagne.
    Ces guerres agrandissent considérablement le territoire : sous le règne de Louis XIV, la France conquiert la Haute-Alsace, Metz, Toul, Verdun, le Roussillon, l’Artois, la Flandre française, Cambrai, la Franche-Comté, la Sarre, le Hainaut et la Basse-Alsace. Ces acquisitions consacrent l’hégémonie française en Europe et ceux qui, comme le doge de Gênes, se risquent à défier le roi, ne tardent pas à en payer les conséquences.
    Cependant, l’état de guerre permanent mène l’État au bord de la banqueroute, le forçant à lever de lourds impôts sur le peuple mais aussi sur la noblesse (impôts de la capitation, du dixième). Même la famille royale doit payer des impôts.
    La Marine

    Représentants de l’État visitant la galère la Réale en construction à l’arsenal de Marseille. Tableau attribué à Jean-Baptiste de La Rose.
    À la mort de Mazarin, en 1661, la Marine royale, ses ports et ses arsenaux sont en piteux état. Seule une dizaine de vaisseaux de ligne est en état de fonctionnement correct. À la même période, la marine anglaise comptait 157 vaisseaux (dont la moitié sont des vaisseaux importants, embarquant de 30 à 100 canons), soit un rapport de 1 à 8 avec la Marine française. Les flottes de la république des Provinces-Unies en comportent 84.
    Contrairement à une idée très répandue, Louis XIV s’intéressa personnellement aux questions navales et contribua avec Colbert à l’essor de la marine de guerre française. Dès 1662, il crée le corps des galères, qui a l’avantage de constituer une flotte à la fois militaire et commerciale. Il préside une fois par semaine le conseil de la Marine et suit avec le plus grand soin les détails de la mobilisation des ressources, fixant chaque année l’ampleur des armements, nommant en personne tous les officiers de vaisseau ou encore choisissant le nom de chaque vaisseau fabriqué[réf. souhaitée].
    Le roi souhaite que son armée de mer devienne aussi puissante et redoutée que son armée de terre, non tant pour combattre que pour disposer d’un instrument de dissuasion permettant de ne pas combattre.
    Le 7 mars 1669, il crée le titre de secrétaire d’État à la Marine et nomme officiellement Colbert premier titulaire du poste. Dès lors, Colbert et son fils vont mobiliser des ressources humaines, financières et logistiques sans précédent qui ont permis, pratiquement ex-nihilo, de faire de la France une puissance militaire navale de premier rang.
    L’objectif fixé par Colbert était d’atteindre une flotte de 120 vaisseaux dont 72 d’au moins 50 canons. À sa mort en 1683, la Royale comptait 117 vaisseaux, 1 200 officiers et 53 000 matelots. De 1661 à la mort de Louis XIV en 1715, 381 vaisseaux et frégates furent construits.
    Politique économique et réglementation

    Le roi et Colbert par Charles Le Brun
    La politique économique de Louis XIV est marquée par les fortes dépenses militaires : les ministres (Colbert, surtout) cherchent à augmenter les revenus des caisses de l’État par une pression fiscale, et par un effort manufacturier et commercial qui vise à créer un excédant commercial.
    Sous Mazarin, la pression fiscale est à l’origine de nombreuses rébellions aussi bien aristocratiques (la Fronde) que populaires (les jacqueries) :
    La révolte des sabotiers de Sologne (d’avril à août 1658).
    La révolte du Boulonnais en mai 1662 (aussi appelée « révolte des Lustucru »).
    Après Mazarin, Colbert multiplie les initiatives économiques :
    Il invente sa propre version du mercantilisme qu’on appelle ensuite le colbertisme : augmenter les exportations et réduire les importations par le soutien du gouvernement royal à la production et aux structures d’échanges.
    Il crée les manufactures qui peuvent être d’État (tapisseries de Beauvais, des Gobelins) ou privées (Saint-Gobain). Pour faire rentrer des devises, Colbert favorise l’exportation par des aides d’État et limite les importations en instaurant un protectionnisme fort. Il incite les meilleurs artisans d’Europe à venir travailler en France pour disposer des produits de la meilleure qualité possible et donc plus faciles à vendre.
    Pour faciliter le commerce, il améliore les infrastructures en créant des routes. Avec l’aide de son fils, Jean-Baptiste Colbert de Seignelay, il développe la marine marchande pour vendre les produits et la « marine royale » (militaire) pour protéger les convois.
    Il favorise le développement des colonies et la création des compagnies commerciales : Compagnie des Indes Orientales (océan Indien), Compagnie des Indes Occidentales (Amériques), Compagnie du Levant (Méditerranée et Empire ottoman) et Compagnie du Sénégal (Afrique) pour promouvoir le commerce triangulaire des esclaves.
    Les colonies et l’esclavage

    Carte de l’Amérique en 1681
    En 1654, la Nouvelle-France (l’Acadie et le Canada) est colonisée pour ses ressources naturelles, surtout les pelleteries. Elle est gérée par la Compagnie de la Nouvelle-France.
    En 1659, un premier comptoir français, nommé « Saint-Louis » en hommage au roi, est installé sur l’île de Ndar au Sénégal. Le pays fut cédé à la Compagnie du Sénégal en 1673 pour transférer des esclaves noirs aux Antilles.
    En 1664, sur ordre du roi, Joseph-Antoine Le Febvre de La Barre reprend la Guyane française aux Néerlandais alors même que la France leur est alliée.
    En 1665, Louis XIV crée la Compagnie des Indes orientales (France) basée initialement à Madagascar. La même année, Colbert rachète la Guadeloupe à Charles Houel du Petit Pré, ancien directeur de la Compagnie des îles d’Amérique et l’île de la Martinique à Jacques Dyel Duparquet. Tous ces territoires sont confiés en gestion à la Compagnie des Indes qui fit faillite en 1674, date à laquelle ces territoires sont rattachés au domaine royal.
    En 1682, La Salle fonde à l’embouchure du Mississippi une nouvelle colonie française qui est nommée Louisiane (Nouvelle-France) en l’honneur du roi Louis.
    En 1697, le traité de Ryswick attribue la moitié ouest de l’île de Saint-Domingue, (aujourd’hui Haïti) à la France.

    Pavillon du Roi-Soleil
    Malgré tout, les colonies sont plus une priorité pour Colbert que pour le roi. On a besoin de chair à canon pour mener les guerres en Europe et on n’envoie que très peu de gens aux colonies : les engagées et les jeunes orphelines surnommées « les filles du roi » au Canada (Nouvelle-France). Colbert entrevoit, lui, les ressources potentielles dans le développement des colonies mais dans sa correspondance avec les intendants de la Nouvelle-France, il est strict : les colonies servent au royaume et ne doivent pas se développer au détriment de l’industrie française. Pour favoriser l’accroissement naturel, il crée des amendes pour les colons masculins célibataires de plus de 20 ans et les filles de plus de 16 ans non mariées. En outre, il alloue la somme de 300 livres aux familles de plus de dix enfants.
    Le Code noir
    Article détaillé : Code noir.
    Dans le contexte de la codification absolutiste du Royaume, de la religion et de l’économie, Louis XIV, en mars 1685, promulgue le « Code noir » considéré par certains auteurs comme « le texte juridique le plus monstrueux qu’aient produit les Temps modernes »31. Ce texte, qui expulse les Juifs des Antilles, définit les règles de métissage et régularise le plein usage des esclaves dans les colonies auquel il donne un cadre juridique. Ses détracteurs y dénoncent une institutionnalisation de l’esclavage et de ses sévices (amputations par exemple en cas de fuite…) ; il pose toutefois certaines limites à l’arbitraire des propriétaires (une obligation de soins et de nourriture suffisante) et il est reconnu aux esclaves un droit limité à certaines formes de droits religieux, juridiques, de propriété et de retraite. Mais même ces rares dispositions furent mal appliquées, du fait de la pression des colons sur la justice.
    Mesures contre les Bohémiens
    Dès 1666, par souci d’éviter le vagabondage transfrontalier et par défiance pour leur utilisation par certains nobles, notamment, Louis XIV décrète que tous les Bohémiens (aujourd’hui Roms) de sexe masculin doivent être arrêtés et envoyés aux galères sans procès. Par la suite, lors de l’ordonnance du 11 juillet 1682, il confirme et ordonne que tous les Bohémiens mâles soient dans toutes les provinces du Royaume où ils vivent, condamnés aux galères à perpétuité, leurs femmes rasées et leurs enfants enfermés dans des hospices. Une peine était en outre portée contre les nobles qui donnaient dans leurs châteaux un asile aux Bohémiens ; leurs fiefs étaient frappés de confiscation32,33.
    Une politique de contrôle religieux
    Louis XIV, qui tire son pouvoir du droit divin, défend le catholicisme, surtout une fois passé son goût des plaisirs de sa jeunesse. Toutefois, dans le domaine religieux comme dans les autres il vise à contrôler l’ensemble de ses sujets au profit de sa politique de grandeur à l’extérieur. C’est pourquoi il est partisan du gallicanisme : il veut une France catholique unifiée sous ses ordres mais indépendante du pape si celui-ci soutient ses ennemis Habsbourg. Il réduit ainsi successivement à l’obéissance et à la soumission les courants dissidents : le parti dévot, les jansénistes, les libertins les protestants ou les quiétistes, avant de se rapprocher du pape, à la fin de son règne, afin de s’assurer de son soutien pour la succession d’Espagne.
    Louis XIV prend le contrôle de l’Église de France
    Du libertinage au gallicanisme : la lutte contre les dévots
    Le jeune roi choque d’abord le parti dévot et Jacques-Bénigne Bossuet, favorables à la soumission au pape et à la paix avec l’Espagne, par ses plaisirs et sa politique étrangère d’alliance avec les protestants et les Turcs. La querelle du Tartuffe dont les dévots demandent l’interdiction marque cette période clef de la prise du pouvoir par le roi. Les dernières décisions de Mazarin (1660) sont défavorables au parti dévot que soutient en revanche la reine-mère, jusqu’à son décès en 1666. Le roi, seul au pouvoir en 1661, doit d’abord céder devant la cabale des dévots mais rapidement, ses réformes gallicanes affirment son autorité et l’indépendance du clergé français par rapport au pape (donc aux jésuites). Alexandre VII est même menacé de guerre en 1662 car il veut réduire l’extraterritorialité de l’ambassade de France à Rome (pour raisons diplomatiques et de police). Avignon est occupée.
    Le jeune roi veut soumettre les factions religieuses du royaume dans une unité d’obéissance. Il encourage ainsi les conversions de la noblesse protestante au catholicisme. En outre, dès le 13 décembre 1660, il fait savoir au Parlement qu’il a décidé d’éradiquer le jansénisme. En 1664 il dissout les congrégations secrètes (ce qui vise la compagnie du Saint-Sacrement des dévots). Face au pape, il finit par affirmer son droit de régale sur l’ensemble des évêchés français (malgré les protestations de Rome mais aussi des évêques jansénistes de Pamiers et d’Alet lors de l’affaire de la régale). La politique religieuse du roi est donc gallicane.
    De la paix de l’Église au rapprochement avec les Dévots

    Jacques-Bénigne Bossuet, évêque et précepteur du Dauphin.
    Vers 1672, son entourage ayant changé, après s’être opposé et imposé aux différents courants catholiques du royaume, le roi réunit autour de lui toute l’Église de France dans le contexte de sa rupture avec les puissances protestantes : il choisit Simon Arnauld de Pomponne, un ancien proche des jansénistes pour secrétaire d’État, (1671), nomme Bossuet, le plus grand orateur des dévots, précepteur du dauphin et se rapproche du pape Clément et de ses jésuites (comme Bourdaloue). Le pape lui-même se réconcilie avec les jansénistes. C’est la paix de l’Église. L’évolution moraliste de la cour est sensible.
    Toutefois, la politique étrangère de Louis XIV entraîne une nouvelle rupture avec le pape (refus d’adhérer à l’alliance anti-ottomane, soutien du pape aux Habsbourg d’Autriche). Louis XIV revient alors à une vision de l’Église gallicane constituée autour de Bossuet : à l’assemblée du clergé de 1682 la déclaration sur les libertés de l’Église gallicane fixe les limites du pouvoir du pape par les déclaration des Quatre articles. Celle-ci est brûlée par Rome.
    Le roi s’appuie sur son Église. Avec le décès de la reine Marie-Thérèse, celui de Colbert en 1683 et avec l’affaire des Poisons qui choque le roi, c’est un entourage différent qui domine la cour : l’influence de Madame de Maintenon l’épouse secrète du monarque et celle de Bossuet favorisent ce gallicanisme dévot. Le roi, désormais en rupture avec les puissances protestantes, entame une politique de conversions forcées des protestants, que le remplacement de Colbert par les Le Tellier amplifie, en prélude à la révocation de l’édit de Nantes.
    Politique vis-à-vis des minorités religieuses

    Après la révocation de l’édit de Nantes, le protestantisme devient interdit sur le territoire français
    Persécutions des protestants
    Le protestantisme était, à l’époque de Louis XIV, minoritaire en France, où il n’avait jamais constitué plus de 10 % de la population y compris lors des guerres de religion du xvie siècle. L’édit, signé à Nantes le 13 avril 1598 par le roi de France Henri IV, était un compromis qui laissait la liberté de culte aux protestants dans certaines limites et la possession de certaines places fortes militaires. Cette possibilité de conserver des places fortes avait été révoquée sous le règne de Louis XIII lors de la paix d’Alès en 1629.
    À la cour, le parti nobiliaire protestant avait donc disparu. La conversion d’Henri IV et l’édit d’Alès l’avaient affaibli et Louis XIV, en « domestiquant » la noblesse, « domestiqua » aussi la religion : bon nombre de nobles protestants, pour acquérir une charge durent se convertir à la religion du roi, le catholicisme. En effet, sur le plan symbolique, le maintien du protestantisme contredisait l’idée royale qu’Élisabeth Labrousse formule ainsi : le royaume de France ne devait être que sous le règne de l’Unique « un roi, une foi, une loi ». La révocation de l’édit de Nantes ne fut donc pas un coup de tête soudain du monarque mais le coup final porté au parti protestant en France qui, sans chefs et polémistes charismatiques, ne put résister à la propagande et aux moyens mis en place par les catholiques, qu’ils soient dévots, gallicans ou même jansénistes.
    Au plan local et par des arrêts du Conseil, Louis XIV restreignit petit à petit les libertés accordées aux protestants par l’application rigide de l’édit de Nantes, jusqu’à vider le texte de sa substance. La logique fut rapidement que ce qui n’était pas autorisé par l’édit était interdit. Cela conduisit à l’interdiction de tout prosélytisme et de certains métiers pour les membres de la RPR. Avec l’arrivée au pouvoir de Louvois, la pression sur les protestants s’aggrava par le moyen des logements de troupes. Les protestants les plus pauvres furent soumis à partir de 1679 aux dragonnades. La radicalisation de cette politique accéléra des conversions contraintes.
    Révocation de l’édit de Nantes
    Article détaillé : Édit de Fontainebleau (1685).
    C’est donc le versant religieux de l’édit de Nantes qui fut révoqué par Louis XIV le 17 octobre 168534 (édit de Fontainebleau)35, contresigné par le chancelier Michel Le Tellier. Le protestantisme est dès lors interdit sur le territoire français. Cette révocation entraîne l’exil de beaucoup de huguenots vers des pays protestants : l’Angleterre, les États protestants d’Allemagne, les cantons protestants de Suisse, les Provinces-Unies et ses colonies, comme celle du Cap. On estime à environ 200 000 le nombre d’exilés, dont beaucoup d’artisans ou de membres de la bourgeoisie. Si les récents travaux de Michel Morrineau et de Janine Garrisson ont nuancé les conséquences économiques de la révocation, l’économie ne s’effondrant pas en 1686 et la formation d’une diaspora française en Europe favorisant l’exportation ou l’essor européen de la langue française, les conséquences humaines et religieuses sont sensibles.
    La révocation de l’édit de Nantes rétablit le Royaume comme exclusivement catholique, les temples sont transformés en églises ; mais chez beaucoup de protestants, l’adhésion au catholicisme reste superficielle, comme le montrent des soulèvements de protestants dans le Languedoc, dont la guerre des Cévennes entre les camisards et les troupes royales constitue le paroxysme.
    Tolérance puis persécution du judaïsme
    Louis XIV fut moins hostile que ses prédécesseurs aux Juifs. Le début de son règne marque en effet une évolution dans la politique du pouvoir royal vis-à-vis du judaïsme, dans l’esprit de la politique pragmatique de Mazarin : en 1648, les traités de Westphalie attribuent les Trois-Évêchés et l’Alsace à la France et le pouvoir choisit de ne pas exclure les Juifs qui y habitent bien que l’édit de 1394 expulsant les Juifs de France soit encore théoriquement applicable. Le choix est de préférer leur intégration. En 1657, le jeune Louis XIV est reçu solennellement avec son frère à la synagogue de Metz. Au début de son règne personnel, sa politique, peut-être parce que Colbert voit dans les Juifs une population favorisant l’activité économique, permet le développement de la communauté juive lorraine qui croît sensiblement durant son règne. De même, les Juifs portugais, dits Nouveaux Chrétiens, qui vivent à Bordeaux ou dans la région de Bayonne, connaissent une paix relative.
    Mais, comme c’est le cas avec les protestants, le roi change de politique en 1685, année de la révocation de l’édit de Nantes, qui est aussi une année noire pour les Juifs. Huit d’entre eux sont brûlés vifs à Toulouse et le Code noir publié par le roi décrète dans son premier article l’expulsion des Juifs des Antilles françaises.
    Le Roi très Chrétien de la fin du règne
    Pour la succession d’Espagne, le rapprochement diplomatique avec Rome
    La politique religieuse des dernières années de son règne est marquée par sa politique extérieure qui nécessite un rapprochement avec le pape. Après 1686, (dernière crise diplomatique entre Versailles et Rome au sujet de l’évêché de Cologne où Louis XIV soutient un candidat différent de celui du pape), Louis XIV n’a plus de conflit diplomatique avec Rome dont il veut le soutien pour l’accession de son petit-fils au trône d’Espagne: à un pontife qui lui est plus favorable (Alexandre VIII), le roi donne des signes d’apaisement (Révocation, envoi de jésuites en Chine, restitution d’Avignon en 1690, réalisation par un sculpteur Français d’un tombeau de pape…) La réconciliation religieuse a lieu en décembre 1693 quand Louis XIV accepte que le clergé retire la déclaration des libertés gallicanes, ce qui permet de faire reconnaître les évêques nommés depuis 1673 jusqu’ici non validés par Rome. Clément XI, le nouveau pape est élu grâce à la France et soutient Louis XIV et les Bourbons au début de la guerre de Succession d’Espagne.
    Dans le royaume, Louis XIV impose une stricte orthodoxie unifiant l’obéissance au roi et au pape (que symbolise la dédicace à Saint Louis, de l’église des Invalides en 1697). Il condamne avec le pape les factions religieuses qui tentent de réapparaitre en influençant une opinion publique naissante ou en s’attirant la protection de Madame de Maintenon. Il prend ainsi nettement le parti de Bossuet contre Fénelon (pourtant précepteur de son petit-fils) coupable d’avoir défendu le quiétisme de madame Guyon (1697): il le disgracie (1698) après l’avoir fait condamner par le pape Clément XI (qui ne l’excommunie toutefois pas). De même, devant des publications qui tendent à faire renaître le courant janséniste, la réaction du roi est ferme. Jean Racine est disgracié pour son soutien à ce mouvement et le pape condamne (en 1703 et surtout en 1709) les religieuses, qui ayant refusé de prêter le serment demandé, sont dispersées sans ménagement et dont l’abbaye est rasée en 1711. Enfin, une répression brutale est conduite contre les camisards protestants à partir de 1702.
    Le retour à un gallicanisme autoritaire
    Durant la guerre de succession d’Espagne, le territoire du pape est mis en danger par les défaites de la France et Clément XI doit momentanément changer d’alliance ce que Louis XIV, finalement rétabli militairement et diplomatiquement, lui fait payer à la fin du règne. Louis XIV le contraint à reconnaître la primauté d’un gallicanisme sourcilleux. La crise s’exprime au sujet du Jansénisme: le pouvoir royal impose au pape de reformuler sa condamnation parce qu’elle ne respecte pas l’autorité gallicane. Le pape doit rédiger la bulle Unigenitus en 1713. Louis XIV impose son enregistrement à un Parlement de Paris rétif et veut aussi l’imposer au cardinal de Noailles qui résiste à son application. Le roi et le pape ne parviennent pas à s’accorder sur la manière de faire obéir le cardinal, car le roi s’oppose à tout acte d’autorité pontifical qui mettrait en cause les libertés gallicanes. Le roi meurt chrétiennement sans avoir réglé la question dans un royaume tenu à une pratique catholique stricte mais où il n’a pu faire disparaître de l’opinion les courants religieux ou libertins qui réapparaissent pendant la régence.
    La Culture et les Arts
    Louis le Bâtisseur

    Le dôme de l’hôtel des Invalides
    Dans l’esprit du roi, la grandeur d’un royaume doit aussi se mesurer par son embellissement. Sur les conseils de Colbert, un des premiers chantiers du roi sera la restauration du palais et du jardin des Tuileries confiée à Louis Le Vau et à André Le Nôtre. Les décors intérieurs sont confiés à Charles Le Brun et aux peintres de la brillante Académie royale de peinture et de sculpture.

    Le château de Versailles vu des jardins sud-ouest.
    Outre le château de Versailles que Louis XIV fait agrandir petit à petit tout au long de son règne, il fait aussi construire le château de Marly afin d’inviter ses intimes. Dans ces deux châteaux, tout comme à Saint-Germain, le château qui vit le début de son règne, il confia la restauration des jardins à Le Nôtre.
    Dans Paris, on lui doit aussi, entre autres, le pont Royal (financé sur ses propres deniers), l’observatoire, les Champs-Élysées, les Invalides, la place Vendôme mais aussi la place des Victoires qui commémore la victoire sur l’Espagne, l’Empire, le Brandebourg et les Provinces-Unies. Deux arcs de triomphe, la porte Saint-Denis et la porte Saint-Martin, célèbrent les victoires du Roi-Soleil lors de ses guerres européennes.
    Il fait modifier aussi profondément la structure de villes françaises telles que Lille, Besançon, Belfort, Briançon en les fortifiant grâce aux travaux de Vauban. Certaines villes, telles que Versailles pour la cour ou Neuf-Brisach pour défendre les acquisitions d’Alsace, sont créées ou développées.
    Pour faciliter le développement de la Royale, il développe les ports et arsenaux de Brest et de Toulon, crée un port de guerre à Rochefort, des ports de commerce à Lorient et Sète et fait construire le port franc et l’arsenal des galères à Marseille.
    En 1680, création de la Comédie-Française.
    En 1681, ouverture du canal du Midi, qui relie l’Atlantique à la Méditerranée, en passant par Toulouse.
    En novembre 1682, le roi place le collège royal Louis-le-Grand à Paris sous son haut patronage.
    En 1702, Paris est divisée en vingt quartiers. Création de l’éclairage public et d’une police dans les rues de la capitale.
    Louis XIV, patron des Arts

    Molière, un des artistes favoris de Louis XIV
    Après l’arrestation de Fouquet, le roi semble vouloir imiter sa vie fastueuse. Il se montre extrêmement dépensier en allouant des sommes immenses aux frais de la cour royale. Il dépense d’importantes sommes dans l’amélioration du Louvre avant de finalement choisir le château de Versailles comme résidence royale. Il y emménage en 1682 après plus de vingt ans de travaux.
    Il se comporte en mécène et patron des arts en finançant les grandes figures culturelles de l’époque tels que Molière (en signe d’amitié, le roi accepta d’être le parrain de son premier enfant), le musicien Jean-Baptiste Lully ou le décorateur Charles Le Brun ainsi que le jardinier André Le Nôtre. Dans la compétition culturelle entre les cours, Lully devient l’organisateur des spectacles, influence Henry Purcell et Johann Sebastian Bach. Louis XIV place l’Académie française sous son contrôle et devient son « protecteur ».
    Fin de règne et succession

    Une série de deuils affaiblit la dynastie

    Louis XIV et sa famille par Nicolas de Largillierre
    Des décès, entraînant des problèmes de succession et la santé dégradée du vieux roi assombrissent la fin de son règne.
    En 1710, Louis XIV avait une grande famille, et de nombreux héritiers légitimes: un fils de 48 ans, trois petits-fils (dont Philippe, roi d’Espagne) et deux arrières-petits-fils. Tous, (sauf le roi d’Espagne) se prénommaient Louis pour montrer la continuité de la dynastie. Or, il perd presque tous ses héritiers légitimes entre 1711 et 1714.
    En 1711, c’est le seul fils qu’il a eu avec la Reine, le Grand Dauphin qui décède de la variole à 49 ans. En 1712 une épidémie de rougeole ravage la famille de l’ainé de ses trois petits-fils, le nouveau dauphin duc de Bourgogne, qui meurt à 29 ans avec son épouse et son fils de 5 ans (un premier enfant était déjà mort en bas âge en 1705). Ne survit qu’un petit garçon de deux ans, Louis, sauvé de l’épidémie par sa nourrice mais qui reste affaibli: il est le dernier arrière-petit-fils légitime du roi régnant, d’autant plus isolé qu’en 1714, son oncle, le duc de Berry, le plus jeune des petits-fils du Roi meurt sans héritier des suites d’une chute de cheval.
    L’âge de Louis XIV et la santé très fragile de l’enfant qui est désormais son héritier posent un grave problème dynastique. En effet, si l’enfant venait à mourir, l’arbre génénalogique des Bourbon poserait un problème diplomatique majeur pour la succession du Roi de France.

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  13. Artisans de l'ombre Dit :

    Louis XV, dit le « Bien-Aimé », né le 15 février 1710 à Versailles et mort le 10 mai 1774 à Versailles, duc d’Anjou jusqu’au 8 mars 1712, dauphin de France du 8 mars 1712 au 1er septembre 1715, est un roi de France et de Navarre, membre de la Maison de Bourbon, dont le règne dure de 1715 à 1774.
    Orphelin à l’âge de 2 ans, succédant à son arrière-grand-père Louis XIV à l’âge de cinq ans, il voit son pouvoir alors délégué à son grand-oncle, le duc d’Orléans, proclamé « régent du Royaume » le 2 septembre 1715, jusqu’au 15 février 1723, date de l’entrée du jeune roi dans sa quatorzième année, où il prend officiellement le contrôle du gouvernement.
    Les premières années de son règne se déroulent dans un calme relatif, sous la direction prudente de plusieurs précepteurs, qui lui prodiguent une vaste culture. Ayant atteint sa majorité, il confie le gouvernement à ses proches parents, le duc d’Orléans, ex-régent, puis le duc de Bourbon puis à l’un de ses anciens précepteurs, le cardinal de Fleury.
    À la différence de Louis XIV, Louis XV n’a pas été en contact direct avec la vie politique du pays. Il ne voyait que rarement ses ministres et agissait souvent à l’encontre de leurs attentes en ayant du mal à donner des directives fermes et précises, d’après les informations émanant d’un réseau secret de diplomates et d’espions qu’il avait constitué1. Le désintérêt pour la politique de cet homme intelligent mais blasé et la succession de ministres aux tendances différentes aboutissent à un affaiblissement de l’influence de la France en Europe, qui porte en germe la future Révolution française.
    Étant de manière inattendue le seul survivant de la famille royale stricto sensu, il bénéficie au début de son règne d’un grand soutien populaire, ce qui lui vaut le surnom de « Bien-Aimé » en 1744 après une maladie qui faillit l’emporter à Metz. Au fil des années cependant, sa faiblesse dans la prise de décisions, le dénigrement de son action par les parlementaires et une partie de la noblesse de cour, les intrigues incessantes impliquant sa maîtresse, la marquise de Pompadour, et la dépravation prétendue de sa vie privée lui valent l’effondrement de sa popularité, à tel point que sa mort est accueillie dans les rues de Paris par des festivités joyeuses, comme l’avait été celle de Louis XIV. Miné par la petite vérole, il meurt de ses suites. Ses funérailles se déroulent en secret et de nuit pour éviter que son cercueil ne soit exposé à la dérision publique, comme cela avait été le cas pour son prédécesseur2.
    Sous son règne, toutefois, la France connaît de grands succès militaires sur le continent européen et acquiert le duché de Lorraine et le duché de Bar, ainsi que la Corse. En revanche, elle perd le contrôle d’une grande partie de son empire au profit de la domination coloniale britannique : spécialement la Nouvelle-France, en Amérique, comme la prépondérance aux Indes.

    Enfance[modifier | modifier la source]

    Louis XV est né le 15 février 1710 à Versailles. Il est le troisième fils de Louis de France, duc de Bourgogne, surnommé le Petit Dauphin, et de Marie-Adélaïde de Savoie. Il est ainsi l’arrière-petit-fils de Louis XIV. De ses deux frères aînés, également prénommés Louis, le premier (titré duc de Bretagne) mourra en 1706 à l’âge d’un an, le second (reprenant le titre de duc de Bretagne), né en 1707, ne vivra que cinq ans.
    À sa naissance, en pleine guerre de Succession d’Espagne, le futur Louis XV, titré duc d’Anjou — titre porté précédemment par son oncle, Philippe de France, prétendant français au trône d’Espagne et futur roi Philippe V (1700-1746) — est immédiatement confié à sa gouvernante, la duchesse de Ventadour, secondée par Madame de La Lande, sous-gouvernante3. Il n’est alors pas destiné à régner, se plaçant au quatrième rang dans l’ordre de succession dynastique. Avant lui, doivent logiquement régner le fils de Louis XIV, le Grand Dauphin, puis son père le Petit Dauphin, et enfin son frère aîné, le duc de Bretagne. Mais entre 1710 et 1715, une série de morts dans la famille royale met brusquement le jeune prince en première ligne dans la succession de Louis XIV : le Grand Dauphin meurt de la variole le 14 avril 1711. L’année suivante, une « rougeole maligne » emporte le Petit Dauphin et son épouse les 18 et 12 février 1712.

    Demi-Louis dit de « Noailles » sous Louis XV le Bien-Aimé.
    Les deux fils aînés du duc de Bourgogne, les ducs de Bretagne et d’Anjou, contractent également la maladie. L’aîné, Bretagne, meurt le 8 mars 1712. Le jeune duc d’Anjou, âgé alors d’à peine deux ans, devient alors l’héritier du trône de France avec le titre de dauphin de Viennois, abrégé en dauphin. Malade, sa santé est scrutée avec attention par Louis XIV, roi vieillissant et suffisamment affecté par les pertes familiales récentes pour se laisser aller à pleurer devant ses ministres. On craint longtemps pour la santé du jeune prince, mais, petit à petit, il se remet, soigné par sa gouvernante et protégé par elle des abus de saignées qui ont vraisemblablement causé la mort de son frère4.
    En 1714, Louis est confié à un précepteur, l’abbé Perot. Celui-ci lui apprend à lire et à écrire, et lui enseigne des rudiments d’histoire et de géographie et, bien sûr, lui donne l’enseignement religieux nécessaire au futur « roi très chrétien ». En 1715, le jeune dauphin reçoit également un maître à danser, puis un maître à écrire. Son confesseur est le père Le Tellier.
    Le jeune roi[modifier | modifier la source]
    Le futur Louis XV commence sa vie publique peu de temps avant la mort de son bisaïeul Louis XIV. Le 19 février 1715, Louis XIV reçoit en effet en grande pompe dans la galerie des Glaces de Versailles l’ambassadeur de Perse. Il associe son successeur, qui vient d’avoir cinq ans, à la cérémonie, le plaçant à sa droite. En avril 1715, l’enfant participe avec le vieux roi à la cérémonie de la Cène du Jeudi saint et participe au Lavement des pieds. Il est toujours accompagné de sa gouvernante, Madame de Ventadour. Dans les derniers temps de la vie de Louis XIV, le futur roi participe à plusieurs défilés militaires et cérémonies visant à lui donner l’habitude de la vie publique5.

    Louis XV en costume de sacre.
    Le 26 août, sentant la mort venir, Louis XIV fait entrer le jeune Louis dans sa chambre, l’embrasse et lui parle avec gravité de sa future tâche de roi, dans des mots qui sont par la suite passés à la postérité, qui y a vu une sorte de testament politique du grand roi et des remords concernant sa propre action :
    « Mignon, vous allez être un grand roi, mais tout votre bonheur dépendra d’être soumis à Dieu et du soin que vous aurez de soulager vos peuples. Il faut pour cela que vous évitiez autant que vous le pourrez de faire la guerre : c’est la ruine des peuples. Ne suivez pas le mauvais exemple que je vous ai donné sur cela ; j’ai souvent entrepris la guerre trop légèrement et l’ai soutenue par vanité. Ne m’imitez pas, mais soyez un prince pacifique, et que votre principale application soit de soulager vos sujets6. »
    Louis XIV meurt six jours plus tard, le 1er septembre 1715.
    Les 3 et 4 septembre 1715, Louis XV accomplit ses premiers actes de roi, d’abord en se rendant à la messe de requiem célébrée pour le feu roi à la chapelle de Versailles, ensuite en recevant l’assemblée du clergé venue célébrer son propre avènement. Le 12, il enchaîna sur un lit de justice, l’une des cérémonies les plus solennelles de la monarchie, le 14, sur les harangues du Grand Conseil, de l’Université de Paris et de l’Académie française, les jours suivants, sur les réceptions d’ambassadeurs venus présenter leurs condoléances, etc. Malgré son jeune âge, il dut se plier à la mécanique du gouvernement et de la cour et jouer son rôle de représentation.
    En 1717, ayant atteint l’âge de raison, son éducation est désormais confiée à un gouverneur, le duc de Villeroy, et à un précepteur, André Hercule de Fleury, évêque de Fréjus. On lui apprend désormais le latin, les mathématiques, la cartographie, le dessin et des rudiments d’astronomie, mais, aussi, on lui enseigne à chasser. L’éducation manuelle n’est pas non plus négligée : en 1717, il apprend un peu de typographie, et en 1721, il s’initie à tourner le bois. Depuis 1719, il avait des maîtres de musique. Contrairement à Louis XIV, il n’avait que peu d’affinités pour la musique mais était attiré par l’architecture.
    Régence du duc d’Orléans[modifier | modifier la source]
    Article détaillé : Régence (1715-1723).
    La monarchie française a, depuis le Moyen Âge, fixé de manière stricte les règles de succession. Elle a cependant peu de règles concernant les régences. Ces périodes sont redoutées comme propices aux troubles à cause de la faiblesse alors présentée par le pouvoir royal. Louis XIV, voyant ses descendants mourir avant lui, a donc réglé les problèmes de régence qui allaient se poser après sa mort. Il songeait également que, le petit Louis XV étant seul de sa lignée et fragile, il fallait assurer une succession au trône. Cela entraîna donc, à la fin du règne de Louis XIV, plusieurs modifications des coutumes, et notamment le fait que les enfants bâtards de Louis XIV aient été déclarés « successibles ».
    Mais le régent fait casser le testament de Louis XIV et devient le successeur potentiel de Louis XV. Le principal danger dynastique vient, pour lui, de l’Espagne, dotée d’un roi Bourbon qui, normalement, avait (par le traité d’Utrecht) renoncé à tout droit au trône, mais qui aurait bien pu évoquer l’indisponibilité de la couronne pour faire valoir ses droits en cas de décès de Louis XV sans enfant.
    Le Régent, Philippe d’Orléans, à qui Louis XIV a confié le jeune roi, est donc conduit à prendre quelques libertés avec les instructions de l’ancien roi, ce afin de protéger Louis XV et de commencer à assurer son autorité.
    La première mesure prise par le Régent est de ramener Louis XV et la Cour à Paris. C’est aller contre les volontés de Louis XIV, mais se rapprocher du peuple. Le souvenir de la Fronde est encore vif, et le Régent souhaite construire un lien fort entre le peuple de Paris et le jeune roi, afin d’éviter tout trouble. Après un passage par Vincennes de septembre à décembre 1715, Louis XV s’installe au palais des Tuileries. Le peuple parisien se prend alors d’affection pour ce jeune roi.
    Un des premiers actes politiques de Philippe d’Orléans est également sa volonté de donner des garanties au Parlement pour compenser le retour à Paris de la Cour et la liberté prise par le Régent avec les instructions de Louis XIV. Il lui redonne notamment le droit de remontrance, que Louis XIV avait fortement réduit en le cantonnant à des remontrances postérieures à la prise de décision royale. En ces temps de faiblesse du pouvoir, les parlements (et principalement le Parlement de Paris) se présentent comme des représentants du peuple, malgré la vénalité de leurs charges et leur composition quasi exclusivement issue de la noblesse de robe. Cela leur donne le pouvoir de s’opposer au Régent, notamment par des grèves, appelées « cessations d’activité ». Le premier conflit apparaît en 1717-1718, à propos des soucis financiers dus à la banqueroute de Law. Par ailleurs, entre 1715 et 1718, le gouvernement central est réorganisé: les secrétaires d’État sont supprimés et remplacés par des conseils qui redonnent un rôle politique à la haute noblesse: c’est la polysynodie. Ce système est abandonné en raison de sa lourdeur.
    D’autres conflits apparaissent régulièrement, liés notamment au problème janséniste et à l’application de la Bulle Unigenitus. En rompant avec la mainmise de Louis XIV sur les droits des parlements, le Régent ouvre la porte à une ère de contestation, que Louis XV aura bien du mal ensuite à contrer.

    Louis XV et sa fiancée Marie Anne Victoire d’Espagne, fille de Philippe V d’Espagne par François de Troy.
    La Régence marque aussi un changement d’alliances pour la France. Alors qu’elle avait auparavant noué une solide alliance avec l’Espagne des Bourbons, voisine géographique et alliée catholique, le Régent opte au contraire pour un éloignement d’avec l’Espagne et un rapprochement avec les puissances du nord de l’Europe, revenant à la politique du siècle précédent alors que le risque d’encerclement des Habsbourg n’existe plus. C’est ainsi qu’il renoue des contacts avec l’Angleterre et les Pays-Bas, pourtant protestants. En 1717 est formalisée la Triple alliance de La Haye, liant France, Pays-Bas et Angleterre. Ce retournement d’alliance du régent est même complété en 1718, par une alliance innovante avec l’Autriche des Habsbourg (quadruple alliance). Tout cela inquiète le roi Philippe V d’Espagne à tel point qu’il tente de faire renverser le régent par le duc du Maine et que cela entraîne une courte guerre entre la France et l’Espagne en 1719. La victoire des puissances européennes contraint l’Espagne à rejoindre leur alliance et à organiser des fiançailles ou des mariages franco-espagnols. Le roi est un temps fiancé à Marie-Anne-Victoire d’Espagne, renvoyée en Espagne par le duc de Bourbon.
    Sur le plan économique, la Régence est une période de vitalité et d’expérimentations. Mais l’échec du système de Law et les réticences qui suivent concernant le crédit et l’investissement ralentissent, à terme, la modernisation de l’économie.
    La Régence laisse donc au jeune roi Louis XV, lorsqu’il prend effectivement les rênes du pouvoir en 1723 un royaume à la fois héritier de la monarchie absolutiste de Louis XIV et des ouvertures parfois « fragilisantes » du Régent. Cela influence considérablement le règne de Louis XV7.
    Règne[modifier | modifier la source]

    Début du règne personnel[modifier | modifier la source]
    Le jeune Louis XV est sacré et couronné à Reims le 25 octobre 1722. Il atteint sa majorité (13 ans) l’année suivante, et est déclaré majeur lors du lit de justice du 22 février 1723. Cependant, encore trop jeune pour régner par lui-même, il laisse l’exercice effectif du pouvoir tout d’abord au duc d’Orléans et au cardinal Dubois. Les deux meurent à quelques mois d’intervalle, à la fin de l’année 1723. En 1724, le Roi, probablement sous influence, signe une révision du Code noir. Destiné à la Louisiane, il s’agit d’un durcissement de la version précédente édictée par son père. Notamment, les mariages entre Noirs et Blancs sont interdits.
    C’est le duc de Bourbon, prince du sang, qui devient alors le principal conseil du roi. Pendant que celui-ci termine son éducation et s’adonne à de nouveaux plaisirs, comme ceux de la chasse, le duc de Bourbon cherche à trouver une épouse pour le roi. La première pressentie, Marie-Anne-Victoire de Bourbon, avait été fiancée en 1721 à Louis XV, alors qu’elle n’avait que trois ans. Mais le duc de Bourbon, craignant que le jeune roi, de santé fragile, ne décède sans enfant mâle s’il fallait attendre que sa fiancée soit en âge d’avoir des enfants, et craignant alors de perdre sa place privilégiée en cas de transmission de la couronne à la branche d’Orléans, rompt les fiançailles en 1725.
    La recherche d’une autre fiancée parmi les princesses d’Europe est dictée par la santé fragile du roi, qui nécessite une rapide descendance. C’est sans doute la principale raison du mariage de Louis XV avec Marie Leszczyńska, fille du roi détrôné de Pologne Stanislas Leszczyński. Le mariage n’est d’abord pas très bien vu en France, la jeune reine étant perçue comme de trop faible extraction pour un roi de France. Mais les époux se plaisent (malgré les sept ans qui les séparent, Marie Leszczyńska ayant 22 ans et Louis XV seulement 15) et la reine est rapidement appréciée du peuple pour sa charité. Le mariage est célébré à Fontainebleau le 5 septembre 1725.
    À la suite de ce mariage, et malgré l’insistance de la reine qui le considérait comme son mentor, Louis XV écarte le duc de Bourbon du pouvoir et l’exile dans ses terres à Chantilly. Avec cet exil, Louis XV décide également de supprimer la charge de premier ministre8. Il appelle auprès de lui le cardinal de Fleury, son ancien précepteur. Celui-ci commence alors auprès du roi une longue carrière à la tête du royaume, de 1726 à 17439
    Ministère du cardinal de Fleury[modifier | modifier la source]

    Le cardinal de Fleury
    Le renvoi du duc de Bourbon marque le début du règne personnel du roi adolescent. En fait, se réfugiant derrière l’ombre tutélaire du feu Louis XIV, le jeune roi, orphelin trop tôt, abandonnera la totalité du pouvoir au cardinal de Fleury, le précepteur fidèle qui avait su capter son affection. Ainsi, bien qu’instruit et désireux d’accomplir au mieux sa charge, il commence son règne le 16 juin 1726 en fixant les cadres de son gouvernement, annonçant à son « Conseil d’En Haut », outre la fin de la charge de premier ministre, sa fidélité à la politique de Louis XIV, son arrière-grand-père :
    « Mon intention est que tout ce qui regarde les fonctions des charges auprès de ma personne soient sur le même pied qu’elles étaient sous le feu Roi mon bisaïeul. [...] Enfin, je veux suivre en tout l’exemple du feu Roi mon bisaïeul. ». « Je leur [aux conseillers] fixerai des heures pour un travail particulier, auquel l’ancien évêque de Fréjus [le cardinal de Fleury] assistera toujours. »10.
    De 1726 jusqu’à sa mort en 1743, le cardinal dirige donc la France aux côtés du roi. La situation est alors inédite. C’est la première fois qu’un ancien précepteur de roi devient de facto Premier ministre. Louis XV, désireux de garder auprès de lui son mentor auquel il était profondément attaché, qui avait déjà des charges importantes et en qui il avait totale confiance, donne au cardinal de Fleury pourtant septuagénaire un pouvoir extrêmement étendu. Les près de dix-sept ans où Fleury administre au jour le jour le royaume, pour l’historien Michel Antoine, « délimitent dans le règne une période caractéristique et importante, tant pour l’extension du royaume et son rayonnement dans le monde et pour les affaires intérieures, que pour l’administration, la législation et l’économie11. ».
    Nouvelle équipe[modifier | modifier la source]
    Si le cardinal de Fleury est un homme âgé en 1726 (il a soixante-treize ans), le reste des ministres et très proches conseillers du roi se renouvelle et est composé d’hommes plus jeunes qu’auparavant. Les changements sont nombreux, mais ensuite la période du ministère Fleury est marquée par une grande stabilité. Fleury fait revenir le chancelier d’Aguesseau, renvoyé en 1722. Il ne retrouve cependant pas toutes ses prérogatives, puisque les sceaux et les Affaires étrangères sont confiées à Germain Louis Chauvelin, président à mortier du Parlement de Paris. Le comte de Maurepas devient secrétaire d’État à la Marine, à vingt-cinq ans. C’est la période la plus pacifique et prospère du règne de Louis XV, malgré d’importants troubles avec le parlement de Paris et les jansénistes. Après les pertes humaines et financières subies à la fin du règne de Louis XIV, le gouvernement de Fleury a souvent été qualifié de « réparateur ». Il est difficile de déterminer avec exactitude le degré d’intervention du roi dans les décisions de Fleury, mais il est certain que Louis XV a soutenu sans relâche son mentor et qu’il n’est jamais allé véritablement contre ses volontés. Pour Michel Antoine, Louis XV, extrêmement timide, « resta pratiquement en tutelle jusqu’à l’âge de trente-deux ans12 ».
    Avec l’aide des contrôleurs généraux des finances Michel Robert Le Peletier des Forts (1726-1730) et surtout Philibert Orry (1730-1745), « Monsieur le Cardinal » parvint à stabiliser la monnaie française (1726) et finit par équilibrer le budget du royaume en 1738. L’expansion économique était au cœur des préoccupations du gouvernement. Les voies de communications furent améliorées, avec l’achèvement en 1738 du canal de Saint-Quentin, reliant l’Oise à la Somme, étendu ultérieurement vers l’Escaut et les Pays-Bas, et principalement la construction systématique d’un réseau routier sur l’ensemble du territoire national. Le corps des Ingénieurs des ponts et chaussées construisit un ensemble de routes modernes, partant de Paris selon le schéma en étoile qui forme encore l’ossature des routes nationales actuelles. Au milieu du xviiie siècle, la France s’était dotée de l’infrastructure routière la plus moderne et la plus étendue du monde. Le commerce fut également stimulé par le Bureau et le Conseil du Commerce. Le commerce maritime extérieur de la France grimpa de 80 à 308 millions de livres entre 1716 et 1748. Cependant, les lois rigides édictées auparavant par Colbert ne permirent pas à l’industrie de profiter pleinement de ce progrès économique.
    Le pouvoir de la monarchie absolue s’exerça lors de la répression des oppositions jansénistes et gallicanes. L’agitation causée par les illuminés du cimetière Saint-Médard à Paris (les Convulsionnaires, un groupe de jansénistes qui prétendait que des miracles survenaient dans le cimetière) cessa en 1732. Sur un autre front, après l’exil de 139 parlementaires en province, le parlement de Paris dut enregistrer la bulle papale Unigenitus et fut dorénavant interdit de s’occuper des affaires religieuses.
    Acquisition de la Lorraine et du Barrois[modifier | modifier la source]

    La reine Marie Leszcynska
    En ce qui concerne les affaires étrangères, Fleury a recherché la paix à tout prix en pratiquant une politique d’alliance avec la Grande-Bretagne, tout en se réconciliant avec l’Espagne. En septembre 1729, après sa troisième grossesse, la reine donna enfin naissance à un garçon, Louis Ferdinand, qui devint aussitôt dauphin. L’arrivée d’un héritier mâle, qui assurait la pérennité de la dynastie, fut accueillie avec une immense joie et célébrée dans toutes les sphères de la société française et également dans la plupart des cours européennes. Le couple royal était à l’époque très uni, se manifestait un amour réciproque et le jeune roi était extrêmement populaire. La naissance d’un garçon écartait également le risque d’une crise de succession et le probable affrontement avec l’Espagne qui en aurait résulté.
    En 1733, malgré la politique pacifiste de Fleury, le roi, convaincu par son secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Germain Louis Chauvelin (1727-1737), intervint mollement pour tenter de remettre sur le trône de Pologne Stanislas Leszczyński, son beau-père qu’il hébergeait à Chambord. Ce fut la guerre de Succession de Pologne. Si l’intervention sans conviction de la France contre l’Autriche ne permit pas de renverser le cours de la guerre ni de rendre le trône à Stanislas, en revanche, l’habileté du cardinal de Fleury réussit à programmer le rattachement des duchés de Lorraine et de Bar au Royaume, stratégiquement situés entre Paris et le Rhin.
    Ces duchés furent, en effet, le principal enjeu de la guerre: ils étaient possession du jeune duc François III, fils du duc Léopold Ier et d’Élisabeth Charlotte d’Orléans, sœur du feu régent, qui en assurait la régence. François III, en effet, vivait à Vienne où il avait été appelé par son proche parent, Empereur du Saint-Empire Charles VI, qui l’avait nommé vice-roi de Hongrie en 1731, prémices d’une carrière plus prometteuse, puisqu’il le pressentait pour épouser sa fille aînée et héritière Marie-Thérèse. Une telle union aurait considérablement renforcé la puissance autrichienne qui possédait déjà aux frontières de la France, les Provinces belges et le Luxembourg. L’empire aurait protégé ainsi la route du Rhin et se rapprochait dangereusement de Paris.
    Lors de la guerre, les troupes françaises occupèrent rapidement le Barrois et la Lorraine. La paix fut signée dès 1735. Fleury trouva un habile arrangement : par le traité de Vienne (novembre 1738), le beau-père de Louis XV obtint à titre viager les duchés de Lorraine et de Bar en compensation de la seconde perte de son trône polonais (avec l’objectif que le duché soit intégré au royaume de France à sa mort par le biais de sa fille), tandis que le duc François III devenait héritier du grand duché de Toscane avant d’épouser la jeune Marie-Thérèse et de pouvoir prétendre à la couronne impériale (en Toscane le dernier des Médicis n’avait pas d’héritier). Par le traité secret de Meudon, Stanislas abandonnait la réalité du pouvoir à un intendant nommé par la France qui préparerait sans ménagement la réunion des duchés au royaume. Cette guerre, peu coûteuse comparativement aux ponctions humaines et financières exorbitantes des campagnes de Louis XIV, était un succès pour la diplomatie française. L’annexion de la Lorraine et du Barrois, effective en 1766 à la mort de Stanislas, constitue la dernière expansion territoriale du royaume de France sur le continent avant la Révolution.
    Peu après ce résultat, la médiation française dans le conflit entre le Saint-Empire et l’Empire ottoman aboutit au traité de Belgrade (septembre 1739), qui mit fin à la guerre avec un avantage pour les Ottomans, alliés traditionnels des Français contre les Habsbourg depuis le début du xvie siècle. En conséquence, l’Empire ottoman renouvela les capitulations françaises, qui affirmèrent la suprématie commerciale du royaume au Moyen-Orient. Après tous ces succès, le prestige de Louis XV, arbitre de l’Europe, atteignit son sommet.
    Guerre de Succession d’Autriche[modifier | modifier la source]
    En 1740, la mort de l’empereur Charles VI et l’avènement de sa fille Marie Thérèse déclencha la guerre de Succession d’Autriche. Le vieux cardinal de Fleury n’avait plus la force de s’y opposer et le roi succomba à la pression du parti anti-autrichien de la cour : il entra en guerre en 1741 en s’alliant à la Prusse contre les Autrichiens, les Britanniques et les Hollandais. Ce conflit devait durer sept longues années. La France était de nouveau entrée dans un cycle guerrier typique du règne de Louis XIV. Fleury mourut avant la fin de la guerre, en janvier 1743. Le roi, suivant finalement l’exemple de son prédécesseur, décida alors de gouverner sans Premier ministre.

    Louis XV en armure
    La dernière partie de la guerre fut marquée par une série de victoires françaises : bataille de Fontenoy (1745), bataille de Rocourt (1746), bataille de Lauffeld (1747). En particulier, la bataille de Fontenoy, remportée par le maréchal de Saxe et le roi en personne, est considérée comme une des plus éclatantes victoires des Français contre les Britanniques. À la suite de ces victoires, la France occupait tout le territoire de l’actuelle Belgique et se trouvait en position d’envahir la Hollande avec la chute de la forteresse de Berg-op-Zoom. Louis XV n’était pas loin de réaliser le vieux rêve français d’établir la frontière septentrionale du pays le long du Rhin. La bataille de Plaisance, perdue en 1746 par le marquis de Maillebois, força toutefois les Français à repasser les Alpes, mais sans grandes conséquences politiques car le front essentiel se situait aux Pays-Bas.
    Sur mer, la marine royale, qui combattait pourtant à un contre deux13 contre la Royal Navy fit mieux que de se défendre puisqu’elle réussit, entre 1744 et 1746, à maintenir ouvertes les lignes de communication vers les colonies et à protéger les convois commerciaux. La bataille du cap Sicié permettait de lever le blocus de Toulon. Deux tentatives de débarquement en Angleterre échouaient en 1744 et 1746, de même qu’une attaque anglaise débarquement contre Lorient en 1746. En Amérique du nord, l’Angleterre s’empara en 1745 de Louisbourg qui défendait l’entrée du fleuve Saint-Laurent, mais sans pouvoir envahir le Canada français. Aux Indes, les Français tinrent en échec la flotte anglaise et mirent la main en 1746 sur Madras, le principal poste anglais dans la région. Ils repoussèrent ensuite une flotte anglaise venue reconquérir la place et attaquer Pondichéry. La marine anglaise, qui changea de stratégie en 1746 en imposant un blocus près des côtes, fit subir à la marine française en 1747 deux lourdes défaites dans l’Atlantique (au cap Ortégal, en mai et au cap Finisterre, en octobre), mais sans conséquences sur la prospérité coloniale de la France car la paix était signée peu après.
    Au traité d’Aix-la-Chapelle en 1748, la France et l’Angleterre se resituaient leurs conquêtes respectives (Louisbourg contre Madras) ce qui créait, pour quelques années, un équilibre naval entre les deux pays. Mais le roi rendit toutes ses conquêtes à l’Autriche, à l’indignation du peuple, la consternation de ses généraux et à la surprise des puissances européennes. Louis XV, qui n’avait pas le tempérament belliqueux de son prédécesseur et qui avait compris que jamais l’Angleterre ne laisserait les ports belges devenir français et que le temps était venu de contrecarrer les nouvelles puissances émergentes protestantes (Angleterre, Prusse) pour sauvegarder l’ordre ancien représenté par la France et l’Autriche catholiques, se satisfaisait d’un royaume hexagonal, qu’il appelait son pré carré. Il préférait cultiver son pré carré plutôt que de chercher à l’étendre. Les seuls changements notables en Europe furent l’annexion par la Prusse de la Silésie, riche région minière austro-bohême, et le retour du minuscule duché de Parme à la dernière des Farnèse, la reine douairière d’Espagne; le duché fut attribuée au fils cadet de celle-ci, l’infant Philippe, gendre depuis 1739 de Louis XV. Louis déclara qu’il avait conclu la paix « en roi et non en marchand ». Sa générosité fut saluée en Europe dont il devint l’arbitre.
    Portrait adulte[modifier | modifier la source]
    Physiquement, Louis XV est beau, grand (1,77 m selon ses médecins), d’une constitution athlétique, la taille cambrée et le maintien droit ; il émane de sa personne une autorité naturelle qui impressionne fortement ceux qui le voient pour la première fois. Passionné de chasse, il s’y rend chaque jour, sauf les dimanches et fêtes. Il connaît parfaitement tous les chiens de sa meute, à laquelle il prodigue des soins attentifs, au point de faire aménager dans ses appartements du château de Versailles le cabinet des chiens. Il aime l’exercice physique, la vitesse, et mener ses chevaux au grand galop. Pour faciliter ses courses, il fait réaménager les forêts d’Île-de-France avec les pattes d’oie qui subsistent actuellement. D’esprit vif, il a un jugement prompt et sûr. Sa mémoire est grande, et il se rappelle avec précision une foule de détails sur les Cours étrangères, qui étonnent les ambassadeurs. Il aime lire, et les résidences royales sont équipées de bibliothèques : Versailles mais aussi Choisy-le-Roi, comme Fontainebleau et Compiègne. Malgré sa clairvoyance et sa lucidité, il doute en permanence de ses capacités, et préfère suivre l’avis d’un conseiller en dépit de son opinion : c’est ainsi que, contre son opinion, il engage la France dans la guerre de Sept Ans.
    Méfiant voire méprisant pour les gens de lettres, sa curiosité le porte vers les connaissances scientifiques et techniques. Il observe avec les astronomes les plus réputés les éclipses des planètes. Ses connaissances en médecine lui permettent d’avoir des conversations suivies avec les grands médecins de son temps sur les découvertes récentes. Il fait aménager au Trianon un jardin botanique qui, avec 4 000 espèces, sera le plus important d’Europe. Enfin, passionné de géographie, il encourage le travail des géographes, et est à l’origine de la réalisation de la carte de Cassini. Il possède, en outre, une grande connaissance de l’histoire du royaume, et étonne ses interlocuteurs par la précision de ses connaissances liturgiques. Capable de beaucoup de bienveillance, il peut aussi se montrer cassant. Il est sujet à des accès de neurasthénie, où il s’enferme dans un mutisme complet. Son entourage est très attentif à l’humeur du roi quand il faut traiter d’affaires importantes. Il est d’une timidité quasi maladive, ce qui le fait paraître froid et distant. Sa voix mal posée et rauque l’encombre, et, lors des cérémonies officielles, il demande souvent que son discours soit lu par un de ses ministres.

    Louis XV, pastel de Quentin de La Tour, 1748
    Louis le Bien-Aimé[modifier | modifier la source]
    À la mort du cardinal de Fleury en 1743, le roi avait 33 ans. Il avait connu des années heureuses avec la reine qui l’adulait et lui était entièrement dévouée. Un enfant naissait presque chaque année. Cependant, la reine finit par se fatiguer de ces grossesses à répétition, autant que le roi se lassait de l’amour inconditionnel de son épouse. De plus, la plupart de leurs enfants étaient de sexe féminin, ce qui finit par indisposer le roi. Sur leurs dix enfants, ils n’eurent que deux garçons et un seul survécut, le dauphin.
    En 1734, pour la première fois, la reine se plaignit à son père des infidélités du roi. Le roi tomba amoureux de la comtesse de Mailly, puis de sa jeune sœur, la comtesse de Vintimille, puis à sa mort d’une autre de leurs sœurs, la marquise de Tournelle qu’il fit « duchesse de Châteauroux ». Il rencontrait généralement ces dames dans l’entourage de la reine qui se réfugia alors dans la religion, les œuvres de charité et la vie familiale. Pour des raisons d’économie, le cardinal de Fleury avait confié l’éducation des plus jeunes filles du couple royal aux religieuses (toutes nobles) de l’abbaye de Fontevraud. Une des princesses y mourut à l’âge de 8 ans, les autres princesses revinrent à la cour entre 1748 et 1750. Les enfants royaux prirent le parti de leur mère.
    Épisode de Metz[modifier | modifier la source]
    Un an après la mort de Fleury, se produisit un événement qui allait marquer la personnalité du roi et la suite de la vie politique française : « L’épisode de Metz ». Louis XV était parti diriger ses armées engagées sur le front de l’est dans la guerre de succession autrichienne. En août 1744, à Metz, il tomba gravement malade et ses médecins pronostiquèrent une mort imminente. Les prières se multiplièrent à travers le pays pour son salut. Sa maîtresse, Madame de Châteauroux, qui l’avait accompagné, dut le quitter tandis que la reine arrivait en hâte. C’est à cette période que le roi fait le vœu de faire construire une église dédiée à Sainte Geneviève, dans le cas où il guérirait14.
    Sous la pression du parti dévot, Monseigneur de Fitz-James, premier aumônier du roi, refusa de lui donner l’absolution sans une confession publique de ses péchés dans laquelle le roi apparaissait comme une personne immorale, indigne de porter le titre de Roi Très Chrétien. Colportée dans tout le pays par le clergé, la confession royale ternit le prestige de la monarchie. Pendant ce temps, les dévots, fort maladroitement, plaçaient ostensiblement un second oreiller dans le lit de la reine et poussaient celle-ci, pourtant quadragénaire, à s’habiller comme une adolescente, abusant du rouge et des parfums, ce qui seyait peu à une femme de son âge.
    Le roi échappa à la mort et, à la suite de la messe d’Action de grâce célébrée en l’église Notre-Dame de Metz en présence de la famille royale, le pays tout entier reprit les qualificatifs du célébrant et appela le roi Louis le Bien-Aimé. Louis XV donne ses indications pour faire construire l’église qu’il avait promise en cas de guérison ; elle deviendra le Panthéon14.
    Cependant Louis XV, en tant que roi, avait ressenti douloureusement l’humiliation que lui avait infligée le parti dévot. De retour à Versailles, il démit Monseigneur de Fitz-James de ses fonctions d’aumônier, l’exila dans son diocèse et rappela Madame de Châteauroux, mais celle-ci mourut avant sa rentrée en grâce officielle. Le roi, bien que sa vie sexuelle déréglée le fît souffrir d’un profond sentiment de culpabilité, ne renoua pas avec la reine.
    Marquise de Pompadour[modifier | modifier la source]
    Article détaillé : Madame de Pompadour.

    Madame de Pompadour
    Jeanne Le Normant d’Étiolles, née Poisson, rencontrée en 1745 lors du bal masqué donné à l’occasion du mariage du dauphin Louis-Ferdinand, devint la favorite la plus célèbre du règne. Le roi, pour lui permettre d’être présentée à la cour et de devenir dame d’honneur de la reine, lui attribua une terre limousine tombée en déshérence : le marquisat de Pompadour. Fille d’un financier, elle était plutôt belle, cultivée, intelligente et sincèrement attachée au roi, mais avait contre elle d’appartenir au tiers état, étant une bourgeoise proche des milieux financiers, ce que la cour et le peuple ne pardonnèrent pas : les maîtresses officielles de Louis XIV, et celles de Louis XV jusqu’à présent, choisies dans les hautes sphères de l’aristocratie, avaient été d’autant plus tolérées qu’elles n’exerçaient aucune influence sur le gouvernement (à l’exception de Madame de Maintenon).
    Le fait que le roi se commette avec une roturière provoqua un scandale orchestré par l’aristocratie, qui se sentait humiliée de l’influence grandissante de la bourgeoisie dans la société, et reprise par le peuple qui haïssait le monde de la finance qui l’exploitait… Parurent bientôt des chansons et des pamphlets injurieux appelés « Poissonades » (par allusion aux « Mazarinades » du siècle précédent, le nom de jeune fille de la marquise étant Poisson), qui la brocardaient comme dans l’exemple suivant :
    « Fille de sangsue et sangsue elle-même
    Poisson d’une arrogance extrême
    Étale en ce château sans crainte et sans effroi
    La substance du peuple et la honte du Roi15 »

    La marquise de Pompadour
    Malgré ces critiques, la marquise de Pompadour eut une influence indéniable sur l’épanouissement des Arts durant le règne de Louis XV. Véritable mécène, la Marquise amassa une imposante collection de meubles et d’objets d’art dans ses diverses propriétés. Elle fut responsable du développement de la manufacture de porcelaine de Sèvres, et ses commandes assurèrent leur subsistance à de nombreux artistes et artisans. Elle joua également un rôle important en architecture, étant à l’origine de la construction de la place Louis XV (aujourd’hui place de la Concorde), et de l’École militaire de Paris, réalisées par Ange-Jacques Gabriel, un de ses protégés. La Marquise défendit également le projet de l’Encyclopédie contre les attaques de l’Église. À sa manière, elle fut représentative de l’évolution des mentalités lors de ce siècle des Lumières, bien qu’elle ne parvienne pas complètement à convertir le roi à ses vues. L’étalage de tout ce luxe dans ses propriétés lui valut bien des reproches, bien que sa famille, très riche, fournît également une aide financière au gouvernement et sauvât la monarchie de la banqueroute.
    La marquise de Pompadour était officiellement logée au troisième niveau du château de Versailles, au-dessus des appartements du roi. Elle y organisait des soupers intimes avec des invités choisis, où le roi oubliait les obligations de la cour qui l’ennuyaient. De santé fragile, et supposée frigide, la marquise devint dès 1750 une simple mais véritable amie et confidente, après avoir été amante, et elle parvint à conserver ses relations privilégiées avec le roi, jusqu’à sa mort, ce qui est exceptionnel dans les annales des maîtresses royales. Ne pouvant satisfaire la sensualité du roi et pour éviter d’être évincée par une rivale potentielle (ce qui fut sa hantise jusqu’à la fin de sa vie), elle se chargea de « fournir » discrètement au roi, avec l’accord de leur famille (bien rémunérée), des jeunes filles peu farouches, de petite vertu et de peu d’intelligence qui, occupant les sens du roi, n’occupaient en revanche ni son cœur ni son esprit. Ainsi la marquise conservait son influence sur le roi… Les rencontres se faisaient après le passage des jeunes filles dans un lieu dont le nom seul offrait au fantasme et aux ragots : le parc-aux-cerfs.
    Après 1750 donc, Louis XV, qui venait d’avoir 40 ans, s’engagea dans une série d’histoires sentimentales et sexuelles de courte durée, la plus connue étant celle avec Marie-Louise O’Murphy. Le pavillon du parc-aux-cerfs servit à abriter ces amours éphémères : les jeunes filles y étaient examinées par un médecin avant d’être menées discrètement dans la chambre du roi. La légende a exagéré les événements qui s’y sont passés, contribuant à assombrir la réputation du souverain. Cette image de roi vieillissant et libidineux accaparé par ses conquêtes féminines ne le quittera plus et entachera sa mémoire, bien qu’il n’ait été guère différent de François Ier ou de Henri IV de ce point de vue.
    Impopularité et attentat de Damiens[modifier | modifier la source]
    La popularité du roi pâtit largement des suites de la guerre de Succession d’Autriche. Les Français avaient pardonné à Louis XIV ses impôts, ses maîtresses et ses dépenses fastueuses, celui-ci ayant toujours su donner à ses fins de guerres des allures de victoires. De la même façon, pour Louis XV, les scènes de Metz (1744) comptaient peu aux yeux de la population en regard des victoires de la guerre de succession autrichienne. Mais la nouvelle de l’abandon des Pays-Bas à l’Autriche – en opposition avec les intérêts français tels que les avaient définis Richelieu puis Louis XIV – fut accueillie avec incrédulité et amertume. Les Parisiens utilisèrent l’expression « bête comme la paix ». On avait « travaillé pour le roi de Prusse ». Tant d’efforts et de vies humaines pour donner une couronne – minuscule – à la fille du roi, alors que la couronne impériale était conservée par les Habsbourg puisque l’ex-duc de Lorraine, époux de la reine de Hongrie avait été élu empereur en 1745. La montagne avait accouché d’une souris.
    On peut à ce titre considérer que 1748 fut marquée par la première manifestation d’une opinion publique française, portée par un nationalisme émergeant que le monarque n’avait pas compris. La présence aux côtés du roi de la marquise de Pompadour, fortement décriée par l’aristocratie curiale qui n’hésitait pas à faire courir les bruits les plus ignobles qui, sortant du palais, atteignaient le peuple, donnait du roi l’image d’un jouisseur égoïste uniquement préoccupé de ses plaisirs. Le mécontentement s’amplifiait, alimenté par le train de vie de la Cour et ce qui était perçu comme une incompétence du roi à gouverner. En se replaçant dans une perspective historique, il apparaît que Louis XV n’était pas incompétent, bien qu’il manquât certainement de volonté. D’autre part, les dépenses de la cour n’étaient pas spécialement élevées, comparées à celles des précédents monarques français, ou encore d’autres cours européennes, comme celle de Russie qui dépensait des sommes astronomiques pour construire les palais de Saint-Pétersbourg. Pourtant, telle était la perception qu’en avait le peuple de France, également influencé par la campagne violente à l’encontre de la marquise de Pompadour.
    Peut-être est-ce ce contexte qui poussa Robert François Damiens – domestique chez plusieurs conseillers du Parlement – à essayer de tuer le roi. Le 5 janvier 1757, Damiens loua épée et chapeau dans une boutique sur la place d’armes devant le château pour se faire passer pour noble16, entra au palais de Versailles, parmi les milliers de personnes qui essayaient d’obtenir des audiences royales. Vers 18 heures, le roi revenait de visiter sa fille qui était souffrante et s’apprêtait à entrer dans son carrosse pour retourner à Trianon, quand Damiens franchit la haie de gardes et le frappa avec une lame de 8,1 cm. Louis XV portait d’épais vêtements d’hiver et la lame ne pénétra que d’un centimètre, entre les 4e et 5e côtes. Cependant, on craignait un éventuel empoisonnement. On tortura à plusieurs reprises Damiens, pour savoir s’il avait des complices, mais il apparaît que cet homme, serviteur de membres du parlement de Paris, était un déséquilibré qui avait surtout entendu beaucoup de discours critiques à l’encontre du roi. Louis XV était plutôt enclin à pardonner, mais il s’agissait de la première tentative de meurtre sur un monarque français depuis l’assassinat d’Henri IV par Ravaillac en 1610, et il dut accepter un procès pour régicide. Jugé par le parlement de Paris, Damiens fut exécuté le 28 mars 1757 sur la place de Grève, dans des conditions effroyables. La main qui avait tenu le couteau fut brûlée avec du soufre, on lui entailla ensuite les membres et la poitrine avant d’y introduire du plomb fondu, ses quatre membres furent arrachés par des chevaux (écartèlement) et son tronc finalement jeté aux flammes. Une foule immense assista à ce spectacle, les balcons des maisons de la place de Grève furent loués jusqu’à 100 livres (plus de 500 euros actuels).
    Le roi était déjà si impopulaire que l’élan de sympathie provoqué par cette tentative de meurtre disparut rapidement avec l’exécution de Damiens, dont l’inhumanité pourtant laissa le parti philosophique de marbre. Louis XV lui-même n’y était pas pour grand-chose, les détails de cette horrible mise à mort ayant été élaborés par le parlement de Paris, peut-être avec le souci de se réconcilier avec le monarque. Mais plus que tout, le peuple ne pardonnait pas au roi de ne pas s’être séparé de la Pompadour. L’ambassadeur d’Autriche écrivait à Vienne : « le mécontentement public est général. Toutes les conversations tournent autour du poison et de la mort. Le long de la galerie des Glaces apparaissent des affiches menaçant la vie du roi ». Louis XV, qui avait conservé un calme royal le jour de la tentative d’assassinat, parut profondément affecté et déprimé dans les semaines qui suivirent. Toutes les tentatives de réformes furent abandonnées. Sur la proposition de la marquise de Pompadour, il renvoya deux de ses ministres les plus décriés, le comte d’Argenson (secrétaire d’État à la Guerre) et Machault d’Arnouville (Garde des Sceaux et précédemment contrôleur général des finances), et introduisit Choiseul dans le gouvernement.
    Résistances intérieures et déboires de la politique extérieure[modifier | modifier la source]
    Affaire du Vingtième[modifier | modifier la source]
    Toutes ces histoires amoureuses n’empêchaient pas Louis XV de travailler, mais il lui manquait l’inépuisable énergie de son arrière-grand-père. Pendant les dix-sept années du gouvernement de Fleury, il avait formé son jugement mais n’avait pu forger sa volonté. Décidé à diriger seul le royaume, il s’évertuait à suivre les instructions de son aïeul : « Écoutez, consultez votre Conseil, mais décidez ». Cependant, il n’avait pas assez confiance en lui pour appliquer efficacement ce précepte. Sa correspondance politique révèle sa profonde connaissance des affaires publiques et la justesse de son raisonnement. Il éprouvait en revanche des difficultés à décider, et quand il y était obligé, se montrait comme tous les timides, brutal.
    Amical et compréhensif avec ses ministres, du moins en apparence, sa disgrâce tombait soudainement, sans prévenir, sur ceux qu’il estimait l’avoir desservi. Sa direction était souple, les ministres ayant une grande indépendance, mais il leur était difficile de savoir si leurs actions convenaient au souverain. La plupart du travail gouvernemental s’effectuait dans des comités auxquels le roi ne participait pas, ce dernier siégeant dans le Conseil d’en haut, créé par Louis XIV, chargé des secrets d’État concernant la religion, la diplomatie et la guerre. Divers partis s’affrontaient, celui des dévots, dirigé par le comte d’Argenson, secrétaire d’État à la Guerre, opposé à celui du parti philosophique emmené par Jean-Baptiste de Machault d’Arnouville, contrôleur général des finances, et soutenu par la marquise de Pompadour, qui agissait comme un ministre sans portefeuille. Appuyée par de puissants financiers (Paris-Duverney, Montmartel…), elle obtint du roi la nomination de certains ministres (Bernis, secrétaire d’État des Affaires étrangères en 1757) autant que leur révocation (Orry, contrôleur général des finances en 1745 malgré ses quinze ans de loyaux services et efficaces ; Maurepas, secrétaire d’État de la Marine en 1749). Sur son conseil, le roi approuva la politique de justice fiscale de Machault d’Arnouville. Afin de combler le déficit du royaume, qui s’élevait à 100 millions de livres en 1745, Machault d’Arnouville créa un impôt prélevant un vingtième des revenus, qui concernait également les privilégiés (édit de Marly, 1749). Cette brèche dans le statut privilégié du clergé et de la noblesse, traditionnellement dispensés, les premiers effectuant un « don gratuit » au trésor et s’occupant des pauvres et de l’enseignement, les seconds payant « l’impôt du sang » sur les champs de bataille, était une première dans l’histoire de France, bien qu’elle ait été déjà envisagée par des esprits visionnaires comme Vauban au temps de Louis XIV.
    Cette nouvelle taxe fut accueillie avec hostilité par les états provinciaux qui avaient encore le pouvoir de décider de leur politique fiscale. Le clergé et le parlement s’opposèrent également violemment au nouvel impôt. Pressé par son entourage et par la cour, Louis XV abandonna la partie et en exempta le clergé en 1751. Finalement, le « vingtième » finit par se fondre dans une augmentation de la taille, qui ne touchait pas les classes privilégiées. Ce fut la première défaite de la « guerre de l’impôt » engagée contre les privilégiés.
    À la suite de cette tentative de réforme, le parlement de Paris, s’emparant du prétexte de la querelle entre le clergé et les jansénistes, adressa des remontrances au roi (avril 1753). Le parlement, constitué d’aristocrates privilégiés et de roturiers anoblis, s’y proclamait le « défenseur naturel des lois fondamentales du royaume » contre l’arbitraire de la monarchie et présentait le roi comme un tyran.
    Bannissement des Jésuites[modifier | modifier la source]
    L’opposition aux Jésuites était menée par une curieuse alliance contre-nature des jansénistes avec les gallicans, les philosophes et les encyclopédistes. Après la faillite commerciale de l’établissement dirigé par le père Antoine Lavalette, qui finançait les missions jésuites aux Caraïbes (la Martinique), le parlement, saisi par les créanciers, confirma en appel le 8 mai 1761 un jugement ordonnant le paiement de ses dettes par les Jésuites de France, sous peine de saisie de leurs biens.
    Il s’ensuivit toute une série d’actions qui allaient aboutir à leur bannissement. Sous la direction de l’abbé de Chauvelin, le 17 avril 1762, le texte des Constitutions de l’Ordre fut épluché par le parlement. On mit en exergue des écrits de théologiens jésuites, afin de les accuser d’enseigner toutes sortes d’erreurs et de considérations immorales. Le 6 août, un arrêt ordonnait la dissolution de l’ordre, mais un délai de huit mois leur fut accordé par Louis XV. Après que le pape eut refusé un compromis permettant de rendre les constitutions de l’ordre compatibles avec les lois du royaume, les parlements votèrent les uns après les autres la suppression de l’ordre dans leur ressort respectif. Seuls les parlements de Besançon et de Douai s’y refusèrent. Les collèges furent fermés d’autorité le 1er avril 1763. À la fin novembre 1764, Louis XV signa un acte de bannissement complet de l’ordre dans tout le royaume afin de protéger les Jésuites en tant qu’individus des poursuites judiciaires que les parlements entendaient entreprendre contre eux. Seuls les prêtres qui acceptaient de se placer sous l’autorité d’un évêque étaient autorisés à rester sur le sol français. La plupart choisirent de partir en exil.
    Renversement des alliances[modifier | modifier la source]
    De plus, en 1756, le roi opéra un renversement d’alliance impromptu en rupture avec l’alliance franco-prussienne traditionnelle. Un nouveau conflit européen était en préparation, la paix d’Aix-la-Chapelle ne constituant qu’une sorte de trêve. Les Britanniques et les Français se battaient déjà en Amérique du Nord, sans déclaration de guerre. En 1755, les Britanniques s’emparèrent de 300 navires marchands français violant plusieurs traités internationaux. Quelques mois plus tard, le 16 janvier 1756, le Royaume-Uni et la Prusse signèrent un traité de « neutralité ». À Paris et Versailles, le parti philosophique et la marquise de Pompadour furent déçus de cette trahison du roi Frédéric II de Prusse, qui était auparavant considéré comme un souverain éclairé, ami des philosophes. Frédéric II avait même accueilli Voltaire à Potsdam quand ce dernier s’était retrouvé en disgrâce suite aux manœuvres du parti dévot. Mais Frédéric II était surtout animé par des motifs politiques dans le but de consolider la puissance prussienne. Il avait déjà abandonné ses alliés français en signant des traités séparés avec l’Autriche en 1742 et 1745. La marquise de Pompadour n’appréciait pas Frédéric II, snob et misogyne, qui la tenait dans le plus grand mépris, allant jusqu’à appeler un de ses chiens « Pompadour ». Pendant la même période, les responsables français commencèrent à percevoir le déclin relatif de l’Empire autrichien, qui ne représentait plus le même danger qu’au début de la dynastie Habsbourg, aux XVIe et xviie siècles, alors qu’ils contrôlaient l’Espagne et la plus grande partie de l’Europe. La Prusse apparaissait maintenant comme la puissance émergente la plus menaçante. C’est dans ce contexte que la marquise de Pompadour et le parti philosophique convainquirent le roi de l’intérêt de ce retournement d’alliances. Par le traité de Versailles signé le 1er avril 1756, le roi, contre l’avis de ses ministres, s’allia avec l’Autriche en mettant fin à deux siècles de conflit avec les Habsbourg.
    À la fin du mois d’août 1756, Frédéric II envahit la Saxe sans déclaration de guerre et vainquit facilement les armées saxonnes et autrichiennes, mal préparées. Le sort réservé à la famille électrice de Saxe fut particulièrement brutal, l’électrice Marie-Josèphe succombant à ces mauvais traitements. Ces exactions choquèrent l’Europe et particulièrement la France. La femme du dauphin, sœur du prince François-Xavier de Saxe, fille de l’électeur et de l’électrice de Saxe, fit une fausse couche en apprenant la nouvelle. Louis XV se trouva contraint d’entrer en guerre. Entre-temps, la Grande-Bretagne avait déjà déclaré la guerre à la France le 18 mai 1756. Ce sera la guerre de Sept Ans (1756-1763), qui aura des conséquences importantes en Grande-Bretagne et en France.
    Traité de Paris et la perte de la Nouvelle-France[modifier | modifier la source]
    L’ascension de Choiseul, sous l’influence de la marquise de Pompadour, marque une certaine victoire du parti philosophique. Fait pair de France, le nouvel homme fort du gouvernement autorise la publication de l’Encyclopédie et contribue à la dissolution des Jésuites. Il réforme la structure de la marine et de l’armée et essaye d’étendre les colonies françaises dans les Antilles.
    Avec le désastre de Rossbach, les nombreuses défaites dans les colonies et la perte des îles du littoral (Belle-Île, etc.), Choiseul, successivement à la tête de la diplomatie et du ministère de la Guerre et de la Marine, cherche à arrêter rapidement la guerre. Le traité de Paris (1763) reconnaît une importante défaite française avec la perte de la Nouvelle-France et de l’Inde au profit des Britanniques. Cependant, la France récupère ses comptoirs et les îles des Antilles, indispensables à la vitalité de son commerce.

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  14. Artisans de l'ombre Dit :

    Louis XVI, né le 23 août 1754 à Versailles et guillotiné place de la Révolution à Paris le 21 janvier 1793, est roi de France et de Navarre de 1774 à 1791 puis roi des Français de 1791 à 1792.
    Louis XVI est le fils du Dauphin Louis-Ferdinand de France et de Marie-Josèphe de Saxe. Il succède à son grand-père Louis XV en 1774. Il est le frère aîné des futurs rois Louis XVIII et Charles X, de Clotilde de France, reine de Sardaigne qui a été Vénérable en 1808 et d’Élisabeth de France.
    Le règne de Louis XVI est marqué par des réformes importantes concernant le droit des personnes : abolition de la torture en 1781 et 1788, abolition du servage dans le domaine royal en 1779, abolition du péage corporel des juifs d’Alsace en 1784, édit de tolérance des protestants en 1787. Il est aussi marqué par quatre tentatives de réformes profondes du royaume (1774-1776, 1781, 1787 par deux fois) passant par l’instauration d’un impôt direct égalitaire (en remplacement de la taille inégalitaire) et d’assemblées provinciales élues destinées à contrôler cet impôt. Ces dernières réformes butèrent sur l’hostilité des privilégiés, en particulier celle de la noblesse de robe, celle du Parlement de Paris et celle de la Cour de Versailles. Louis XVI tenta alors de passer outre leur opposition en présentant ses réformes devant une assemblée des notables (1787) puis devant les états généraux (1789).
    Les dernières années du règne de Louis XVI sont marquées par d’importantes spéculations boursières, puis par la Révolution française qui, tout en reprenant certaines des réformes soutenues par le roi avant 1789, transforment le rôle politique du roi et le système de gouvernement de la France en mettant fin à la monarchie absolue de droit divin. Dans un premier temps, le roi Louis XVI devient un monarque constitutionnel en butte à une opposition de plus en plus hostile. Dans un second temps, le roi est renversé le 10 août 1792 par les sections républicaines et la monarchie est abolie le 21 septembre. Dès lors surnommé « Louis le Dernier » ou « Louis Capet » par les Révolutionnaires, Louis XVI est inculpé pour trahison par ces derniers sur l’accusation de ne pas avoir respecté son rôle constitutionnel, d’avoir manœuvré secrètement contre la Révolution et d’avoir tenté de fuir la France en juin 1791. Jugé coupable par la Convention nationale, il est condamné à mort et guillotiné le 21 janvier 1793 sur la place de la Révolution à Paris. Après l’avoir considéré d’abord soit comme un traître à la patrie soit comme un martyr, les historiens français ont fini par globalement adopter une vue nuancée de la personnalité et du rôle de Louis XVI, décrit comme un honnête homme mû par de bonnes intentions, mais qui n’était pas à la hauteur de la tâche herculéenne qu’aurait représentée une profonde réforme de la Monarchie.

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  15. Artisans de l'ombre Dit :

    Louis-Charles de France (Versailles, 27 mars 1785 – Paris, 8 juin 1795), second fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, duc de Normandie, dauphin de France à partir de 1789, puis prince royal de 1791 à 1792. Après la mort de son père, en 1793, et suivant l’ordre dynastique, il est reconnu comme titulaire de la couronne de France sous le nom de Louis XVII par les puissances coalisées et par son oncle, futur Louis XVIII. Il meurt à la prison du Temple en 1795, à l’âge de dix ans, sans avoir régné dans les faits.

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  16. Artisans de l'ombre Dit :

    Les dates dans la deuxième partie sont les dates de règne sauf Louis XX qui est la date de naissance et Louis XVII qui n’a pas régné.
    * C’est de la poésie et ne correspond pas à l’ordre chronologique du règne des rois de France. Mais pour le fun c’est sympa et instructif.
    * En fait ils savent compter jusqu’à vingt Très content (ce texte a été écrit en 1949, et Louis XX est né en 1974)

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