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Terrasse d’immeuble, exil ou silence : Comment les Bouteflikistes vivent «l’après» ? par Kamel Daoud

4 août 2013

Kamel Daoud

Jour 452,7. Cap sur la nuit du doute. La date des fêtes sera tranchée par une commission de surveillance de la lune. On chauffera les croyants par l’incertitude, une longue causerie religieuse puis quelqu’un, à Frenda, verra l’astre mort sous forme d’une virgule et on décidera. Cela prendra une nuit. Et pour l’année du doute ? Là, la commission est divisée comme le sait chaque tasse de café algérienne : pour un autre mandat ou un autre Président. La question nous a «chauffés» pendant trois ou quatre mois puis on est retombé dans la solitude comme des divorcés. Le doute persiste, il est long, sans astres. Mais tout cela a été dit et il faut se poser alors la vraie question qui va se poser tôt ou tard : que deviendront les Bouteflikiste après Bouteflika ? Comment vont-ils survivre ? Que vont-ils faire et manger ? Pourront-ils revenir revivre dans la routine comme nous ? S’enfuir en Occident ou vers le Golfe ? Se faire discrets ou se reconvertir ? Revenir à la vie civile et mortelle ou se représenter ? C’est l’énigme. Et en même temps l’obsession et l’enjeu. Car sans issue de secours et sortie honorable pour le clan, point de transition douce. Et sans consensus sur l’après Bouteflika, pas de solution dans l’immédiat. C’est la grande question et sa réponse conditionne les prochaines présidentielles, la date, les choix.

La tradition de «l’après» est mauvaise et violente et traitresse, par tradition. Un clan ne rentre pas chez lui, mais «tombe». Il n’est pas écarté et laissé en paix, mais démantelé et jugé et traîné dans la poussière. La transmission des pouvoirs est violente et pas encore institutionnalisée.

Elle s’exerce par la loi de la force et de la méfiance et c’est pourquoi l’alternance est virtuelle et lente. C’est une question de vie et de mort, pas de solde de tout compte et de chèque de départ.

C’est donc ce que l’ont dit, aujourd’hui, : les Bouteflikistes se méfient. On dit qu’ils sont marqués par ce qui est arrivé à Bouteflika après la mort de Boumediene. On dit qu’ils voient déjà mal la vie après le départ de Bouteflika puisqu’il a suffi qu’il tombe malade pour qu’on commence à déboulonner les siens et à les jeter dans les fosses. La transition n’étant pas régulée et consensuelle, elle sera donc lente, difficile, cahoteuse et plus proche du coup d’Etat interne que de la démocratie en exercice.

C’est que par calcul ou par accident ou par instinct grégaire, les Bouteflikistes ont réussi à incarner l’image d’un «clan», d’un lobby familial, plus que toute autre «famille» présidentielle, avant eux. Avant, on parlait d’amis d’un Président, de «région», de grade ou de réseaux, rarement de «frères», sœurs et enfants de quartier et d’une seule ville. Parce que méfiant ou parce que «politicien» Bouteflika a choisi ses hommes dans le même panier et ce panier a fini par déteindre sur son image imaginaire : le «Royaume de Tlemcen» est plus qu’une mauvaise plaisanterie d’opposants et le choix des hommes a fini par polluer l’image d’un homme qui se voulait «rassembleur» et réconciliateur. A cela, on a fini par ajouter la question du «Frère» omniprésent pour aboutir à la logique du clan. Aujourd’hui, donc, on se retrouve avec la question de ce que deviendront les Bouteflikistes, après le départ de Bouteflika. A la Zerhouni. Comme Khellil ? Comme Belkhadem ou recasé comme Belaïz ? Ou rajeuni comme Ould Abbes ? Ou discret comme d’autres illustres ? C’est selon. Il n’y pas de solution. C’est une question qui n’est pas réglée et c’est elle qui donne au pouvoir sa fragilité permanente et son abus qui dure. Un abus sur les autres et sur les siens, paradoxalement.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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