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Syndrome technology ! par Belkacem Ahcene-Djaballah

Le drone algérien made in Algeria n’a finalement pas volé, comme cela avait été annoncé, pompeusement, quelques mois auparavant par la Dgrsdt / Mesrs, en charge du projet. Après à peine 48 heures de tests (accélérations et freinages) et d’essais au sol, à l’aérodrome de Sidi Bel Abbès, les ingénieurs du Csc de Bou Ismail ont vite fait de remballer les caisses à outils. Ils «auraient bien aimé faire décoller le drone un 5 juillet ( sic !), mais…» L’idée, pas farfelue pour un sou, avait été lancée en 2010, lors de la visite du Président de la République à l’université de Ouargla. Etait-elle programmée (donc maturée) depuis longtemps ou était-ce l’occasion qui avait fait les «larrons» ?

Echéancier de réalisation prévu : 36 mois. On connaît la suite et, à vrai dire, sans diminuer de la compétence des chercheurs et des ingénieurs algériens, ce n’est pas demain la veille que l’on verra un drone 100% national voler sous les cieux nationaux. Par contre, un drone importé clés en mains… ? Si ce n’est déjà fait !

Ce n’est pas la première fois qu’une idée pas farfelue pour un sou est lancée… avec, juste après, tout un tapage médiatico-politique, L’échec constaté, c’est le silence quasi-total. Silence expliqué avec des détails ? Un peu. De la gêne ? Non. Normal ! Déjà que nos chercheurs ne communiquent que peu ou pas du tout sur leurs résultats et que nos politiques, ayant toujours un «chat à fouetter» ailleurs, suivent si peu le déroulement des projets scientifiques !

Il est vrai que nos ingénieurs et autres savants (les vrais, pas ceux, quasi-charlatans, médiatisés par la presse populaire, et qui passent leur temps à «inventer» des «trucs pas possibles»), pourtant excellemment formés (ici ou ailleurs), se retrouvent enfermés dans le carcan d’organismes de recherche bureaucratisés, soumis à des budgets et à des plans de charge préétablis, difficilement modifiables, ainsi et surtout qu’à des engagements politico-médiatiques parfois précipités, sinon démagogiques. Ils ne savent alors pas (et plus) où donner des méninges. D’où les faiblesses, les retards ou les échecs.

L’affaire du drone n’est pas la première. Bien d’autres ont précédé, tout particulièrement dans le domaine des technologies de pointe ou stratégiques, toutes sous la coupe de multinationales qui ne se «laissent pas faire» facilement et, surtout, gratuitement.

Qui ne se souvient, parmi les septuagénaires, lorsque dans les années 60, on avait «inventé» un véhicule automobile devant remplacer la mythique 4 L de Renault qui, alors, dominait le marché algérien (elle était montée du côté d’El Harrach)? Qui ne se souvient de la Fatia (avec Fiat, je crois !) une «morte- même pas née» conçue uniquement sur papier ? Les camions Sonacome –Rouiba (avec Berliet) qui avaient remporté un Paris-Dakar dans les années 70 face à des géants (la victoire de trop ?), n’ont pas roulé très longtemps. Idem pour le tracteur de Constantine et le vélo et le vélomoteur de Guelma (avec une marque allemande, je crois !)… Il a fallu attendre la fin des années 90 et les années 2000, avec l’ouverture du marché au libéralisme économique et industriel pour laisser fleurir les idées nouvelles et, surtout, pour entreprendre des initiatives novatrices (exemple des industries mécaniques avec le retour en scène de l’Anp / exemple des industries de l’électronique et de l’électroménager avec l’entrée en scène de «privés», en partenariat avec de grandes marques étrangères…)

Aujourd’hui, parallèlement au «drone », s’il y a une affaire qui perturbe vraiment l’atmosphère technologique, depuis déjà plusieurs années, c’est bien celle du choix de la désormais fameuse 3G (et de la 3G+). Ça avance, ça recule, ça va, ça vient, ça patine, ça traîne… Normal ! On se souvient du temps, toujours assez long, mis à adopter et pour généraliser ( ????) et démocratiser le téléphone fixe, puis le photocopieur, puis le télécopieur, puis le téléphone portable, puis, depuis une dizaine d’années, l’ordinateur et l’internet. Que d’embûches et de lenteurs, bien souvent inexplicables et inexpliquées. Non ! Toujours «expliquées» avec, en prime, l’espoir en des lendemains meilleurs… et des horizons… qui, c’est bien connu, s’éloignent au fur et à mesure que l’on s’en approche.

Entre-temps, ailleurs, on pense déjà à autre chose de bien plus perfectionné. Entre-temps, dans certains pays dits «sous-développés», on est en «plein dedans» et on «émerge»(alors que, pour notre part, l’Administration chargée de la prospective nous promet, grâce à ses «projets intelligents» (sic !) et grâce, cette fois-ci, aux Coréens, le «décollage économique» en 2019, l’«émergence» en 2030… et le statut de «nation développée»… en 2050. Qui vivra verra !

Mais, pourquoi donc ? s’interroge le citoyen lambda, peu sensible aux arguties techno-bureaucratiques et toujours prêt à se lancer dans l’aventure ne voyant que les avantages tirés sur le moment.

Des raisons financières ? Certainement pas lorsqu’on voit toute la «quincaillerie» dans les vitrines ou déjà installée dans les bureaux des administrations. Des raisons conceptuelles ? Certainement pas lorsqu’on sait que nos technologues sont une main-d’œuvre recherchée dans le monde.

Des raisons techniques ?

Certainement pas, avec la miniaturisation des outils et la baisse des prix pour accéder aux contenus.

Des raisons sécuritaires ? Un peu mais pas beaucoup, nos services chargés de lutter contre la cybercriminalité (et l’espionnage) sachant pertinemment qu’il est presque impossible, désormais, de «fermer» totalement le pays. Seuls, les souveraino- alarmistes, maîtres en la bergerie, font feu de tout bois pour crier au loup. Il paraît qu’en Russie poutinienne, un service «spécial» va se remettre à la machine à écrire mécanique pour taper des documents secrets et, pour se soustraire, ainsi, à l’espionnage «internet». Le papier va, aussi, revenir en force. En attendant de trouver une parade électronique ce qui, chez eux, ne saurait tarder.

Des raisons psycho-sociologiques ? Pas au niveau du citoyen, toujours à l’affût du «dernier cri» technologique, saisi par une continuelle frénésie consumériste (anarchie?), donc toujours bien en avance sur les politiques publiques et les réglementations nationales (le parcours inverse des pays «normaux»).

Les blocages se situent surtout chez nos décideurs qui acceptent mal qu’une (nouvelle) technologie, toujours plus libératrice qu’asservissante vienne marcher sur leur plate-bande et diminuer de leur «pouvoir d’informer» et de partager leur «pouvoir de décision». Bien souvent, cela relève de l’inconscient et l’acte de blocage est produit quasi-involontairement. Automatiquement ! 50 ans de pouvoir ou plus, ça renforce les réflexes conditionnés ! Pgnm : Pouvoir génétiquement non modifié.

Résultat des courses : des débats sans fin, des analyses et des réflexions qui re-commencent avec l’arrivée de nouveaux ministres, d’un nouveau gouvernement ou d’un nouveau Président… de nouveaux axes de coopération et de partenariat… de nouveaux concepts. Entre-temps, les pays les plus dynamiques, les plus entreprenants, les plus en phase avec l’avenir (et, aujourd’hui, avec la mondialisation-globalisation, les choses s’accélèrent) avancent, sautent les étapes, osent, prennent des risques… nous rattrapent, nous court-circuitent, nous dépassent et «émergent». Entre-temps, le citoyen lambda connecté (ou parabolé) s’abreuve dans les contenus étrangers (ou «algériens» émis de l’étranger) et se fait son idée sur le pays, ses réalisations et ses projets et sur ses dirigeants à partir du «ciel»…et d’internet.

De toutes les manières, le retard en matière de quincaillerie n’est pas le seul et le rattraper ne résoudra pas immédiatement le problème. Celui du contenu est encore plus dramatique (sur les 4 000 sites hébergés dans le pays, uniquement 900 sont actifs)… et ce ne sont pas les extraits de naissance et les casiers judiciaires, désormais délivrés quasi-immédiatement grâce au «micro», qui feront oublier tout l’autre vide. Avant d’arriver à cette étape, il faut passer par d’autres bien plus éprouvantes qui, à cause d’une mauvaise transcription manuelle, vous mèneront aussi bien au commissariat du lieu de résidence que chez le procureur du lieu de naissance ou de mariage. Une hirondelle n’a jamais fait le printemps, mais une mauvaise lecture, un archivage inexistant ou lacunaire, un point omis ou rajouté par des stylos mal tenus, vous feront vivre un rude hiver.

PS : En 2010, selon la World Intellectual Property Organization, les Etats Unis ont déposé 45 008 demandes de brevets, le Japon, 38 888, la France 7 664, le Canada 2 923… le Maroc 20. ….et l’Algérie uniquement 2 (Chiffres empruntés à Souhila Hammadi, Liberté, samedi 13 juillet 2013)

-La technologie a du bon, mais à un certain moment, son utilisation, tous azimuts devient gênante. Ainsi, les mille un sms promotionnels ou publicitaires, institutionnels ou commerciaux ne manquent pas de surprendre ou de déranger à partir de certains moments. On devrait les limiter en nombre et dans le temps. Mais qui règlementera tout cela ? l’Arpt ? En l’absence d’un texte réglementaire de la publicité, c’est la bouteille à encre.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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