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Autoroute Est-Ouest, il reste beaucoup à faire ! par Bachir Ben Nadji

1 août 2013

Bachir Ben Nadji

L’autoroute Est-Ouest qui va pour le moment de Maghnia à Constantine, et qui compte rejoindre la frontière tunisienne, est un des ouvrages du siècle pour l’Algérie indépendante. 

Un bel ouvrage qui rapproche les algériens d’Est en Ouest, en attendant l’achèvement du tronçon reliant Constantine à la frontière avec les voisins tunisiens, lequel tronçon est différé d’une date à une autre, de décembre 2012, à mars 2013 et peut-être jusqu’à la fin de l’année en cours, au regard des aléas que connait le projet en ce deuxième trimestre de cette année. Il y a plus d’une année que je ne me suis pas rendu à l’Ouest du pays (Oran, Tlemcen et Sidi Bel Abbès) par la voie terrestre, mais je ne pense pas que les choses aient beaucoup changés sur le tronçon allant de Blida à Tlemcen. Sur les sections des tronçons allant des wilayas de Ain Defla et de Relizane, les automobilistes ont le loisir de trouver des vendeurs de pomme de terre qui exposent leur marchandise dans des sacs à même la bordure de l’autoroute. El là, il y a des « téméraires » qui s’arrêtent pour acheter ce qu’ils pourront trouver dans n’importe quel marché, peut être à la différence de quelques dinars, et sans aucun risque de perdre la vie ou d’être handicapé à vie, car sur l’autoroute, l’accident ne rate pas, soit la mort, soit des blessures graves.

Sur le tronçon de la wilaya de Relizane se sont installés de véritables commerces, des échoppes de fortune qui vous proposent tout ce dont vous aurez besoin au cas où vous n’avez pas pris vos dispositions avant le départ sur votre destination initiale. Eau minérale, bonbons, café, pain, galettes et autres victuailles vous sont proposés par ces jeunes qui ont conquis, illégalement, les abords de l’autoroute dans les deux sens.

Sur l’autoroute Maghnia-Constantine, vous allez rencontrer toutes les immatriculations algériennes de l’est à l’ouest, du nord au sud, les immatriculations européennes et même des pays voisins, notamment les tunisiennes et libyennes. Les immatriculations de voitures marocaines sont rares sur les autoroutes algériennes, nos voisins de l’ouest ne s’aventurent pas sur nos routes, car n’ayant pas accès par la faute du makhzen qui a décidé un jour de fermer la frontière. Les seuls véhicules immatriculés au Maroc, sont celles, dans la majeure partie du temps, de citoyens algériens vivant au royaume de M6. Sur l’autoroute Est-Ouest, Maghnia-Constantine, il y a les barrages de la Gendarmerie nationale et il y a aussi des patrouilles de motards et de gendarmes dans leurs véhicules, ce qui rassure la quasi-majorité des automobilistes, hormis les trafiquants de drogue et autres de beaucoup d’autres choses que la logique répugne. Et ceux-ci ne peuvent échapper aux mailles des chasseurs de crimes de la Gendarmerie nationale et de la Police nationale qui les traquent sans cesse. Et les résultats sont là pour le prouver, combien de bandits et de bandes de ces délinquants et barons ont été mis hors d’état de nuire sur le tracé de l’autoroute, grâce à la perspicacité des éléments des services de sécurité.

Sur l’autoroute, il y a les fous du volant, les chauffards et autres conducteurs qui veulent se faire voir en vous doublant, vous qui roulez à 120 kilomètres à l’heure ou mois, à vive allure, parfois dépassant les 150 km/h et même les 200 km/h.

Il y a de ces automobilistes qui vous dirons qu’Alger-Oran s’effectue en moins de trois heures de temps et la même chose pour Alger-Constantine. Il faut les voir comment ils passent, incroyable mais vrai. Mais il faut aussi les voir à la vue du barrage des gendarmes qui ont tout vu sur le radar, il faut aussi les entendre se faire tout petit avec les gendarmes qui leur annoncent le retrait de permis de conduire pour vitesse excessive dépassant la norme requise. Les uns se disent pressés pour affaires, les autres qu’ils ont quelqu’un de malade à qui ils veulent rendre visite dans la journée, et ne pas écouter ceux qui déclarent que la voie était libre, qu’il n’y a aucun obstacle à ce qu’ils fassent de la vitesse, et que leurs bolides « demandent » toujours plus de vitesse. Ceux-là ne méritent pas seulement le retrait de permis de conduire pour une durée limitée, mais définitive à mon avis, car là ils prendront conscience de leur folie. Sur l’autoroute, il y a aussi de vieux tacots qui doivent être interdits de circulation sur pareilles infrastructures au regard des risques qu’ils constituent pour le reste des automobilistes. Il y a aussi les gros et moyens camions, et les fourgons. Ah, les fourgons, quelle fougue ont leurs conducteurs à les pousser à l’extrême. Ils filent comme des flèches, insouciants de ce qui peut leur arriver au cas où… Les camionneurs dans leur majorité, au regard du gabarit de leurs engins, vous narguent sur l’autoroute. Ils leur arrivent de doubler n’importe comment, à occuper la voie de gauche (normalement interdite) ou celle du milieu sans raison aucune, question d’empoisonner la vie des automobilistes et autres routiers et usagers de l’autoroute. Il y a aussi des routiers et des automobilistes « sympas » sur l’autoroute qui vous lancent des appels de phares pour vous dire qu’il y a un radar installé quelque part, et ces gens-là ne sont pas réellement sympathiques parce qu’eux-mêmes fraudent et veulent multiplier le nombre de fraudeurs, allez-y savoir pourquoi ! Le font-ils pour sauver des vies ou pour sauver des permis de conduire du retrait ? Nul ne le sait ! Une chose est sure, c’est que ces gens-là vous dirons qu’ils sont « solidaires » avec ceux qui enfreignent et transgressent la Loi, pensant que le gendarme ou le policier est leur ennemi, alors que ceux-ci ne font que leur travail pour la sécurité de l’ensemble des usagers de l’autoroute et des routes en général. Sur certains tronçons de l’autoroute Est-Ouest dans le sens Alger-Constantine, il y a de grands « nids de poule », plus particulièrement dans les sections des wilayas de Bouira et de Bordj Bou Arreridj. Ces points noirs constituent une calamité pour les automobilistes et le cas de la wilaya de Bouira est quelque peu flagrant ! Les usagers se posent des questions sur ces deux tronçons. Comment ont-ils été réceptionnés ? Y a-t-il un suivi de cet ouvrage par son maître ? Qui s’occupe de son entretien, est ce toujours l’entreprise de réalisation ou quelqu’un d’autre. En attendant la réponse et le réel démarrage de l’AGA (l’algérienne de gestion des autoroutes), il faudrait que quelqu’un « bouche » ces trous, comme il faudrait que quelqu’un sillonne les sections d’autoroute de certaines wilayas pour « enlever » les chiens écrasés, les morceaux de pneus usagers que laissent les camionneurs dont les pneus éclatent et se disloquent sur des dizaines de mètres. Dans certaines zones, il y a même des piétons qui traversent l’autoroute pour aller d’un côté à un autre. Il y a même des autostoppeurs dans certains endroits, notamment au niveau des bretelles de sortie vers l’autoroute, ce qui est dans les autres pays, interdit et absolument sanctionné. Sur l’autoroute Maghnia-Constantine, il y a beaucoup de choses. Il y a des voitures complètement embouties par d’autres, il y a celles qui se renversent par la faute de leurs conducteurs imprudents qui roulent à tombeau ouvert jusqu’à ne plus parvenir à contrôler leurs bolides. Il y aussi les automobilistes et les camionneurs qui tombent en panne, et qui faute de disposer de moyens à même d’avertir les autres usagers causent des drames ou en sont victimes.

Sur l’autoroute Maghnia-Constantine, il y a quelques stations multiservices Naftal qui rendent d’énormes services aux automobilistes et routiers, lesquels pour certains se conduisent comme des primitifs sans conscience aucune, ni civisme. Il y a aussi des travailleurs de sous-traitants de services qui n’ont, eux aussi, aucune notion du service public, s’adressant aux usagers comme s’ils seraient venus dans leur bien personnel quémander quelque chose. Sur l’autoroute il y a beaucoup de choses, beaucoup a été fait mais quand même il manque beaucoup de choses. Sur l’autoroute, la signalisation laisse à désirer et il vous arrive de rater votre destination pour peu que vous n’êtes pas très concentré, surtout quand vous l’empruntez pour la première et même deuxième fois. Votre serviteur a raté l’entrée d’Oran et s’est retrouvé dans la wilaya voisine de Sidi Bel Abbès. La même chose s’est produite pour entrer à Sétif et je me suis retrouvé à faire demi-tour dans la wilaya de Mila, avec 170 kms de plus au compteur et dans les jambes engourdies par les accélérations, l’embrayage et le frein. La signalisation constitue une des faiblesses de notre autoroute, comme elle l’est sur tout le réseau routier national d’une manière générale. Et bien, quand vous vous trouvez sur l’autoroute il vous arrive de ne pas savoir ou vous êtes et ce par la carence de nos responsables occupés dans les bureaux et qui oublient que le commun des usagers n’est pas censé avoir une carte routière dans sa poche. La disponibilité constante du réseau de téléphonie mobile sur l’ensemble des sections de l’autoroute est également un des autres points faibles de cet ouvrage, parce qu’il vous arrive d’être en pleine communication que celle-ci se coupe. Et vous risquez de vous retrouver sur un long parcours sans pouvoir effectuer une communication téléphonique parce que la région ou vous vous trouvez n’est pas du tout couverte. Et un coup sur la main des opérateurs de téléphonie mobile, lesquels à coup de pub vous disent que l’autoroute Est-Ouest est couverte ! Sur l’autoroute, il y a des localités entières oubliées que vous ne pourrez joindre qu’après un grand détour. Nos ingénieurs auraient pu créer des dizaines de bretelles pour toucher le maximum de villes et villages situées sur l’axe de l’autoroute, cette autoroute qui a « tué » nombre de villes qui étaient traversées par les routes nationales et qui disposaient d’un commerce florissant. J’ai vu une petite ville de l’Ouest de l’Algérie, jadis réputée par la viande fraiche de très bonne qualité que servaient ses nombreux petits restaurants situés sur la route nationale numéro quatre (RN4), dépérir et voir ses boutiques fermer une à une, et ses commerçants aller voir comment nourrir leurs enfants. Même ses bouchers, légaux et informels installés le long de la route, ont mis la clé sous le paillasson et sont partis chercher ailleurs, eux aussi. Il en est de même d’une autre localité de l’Est elle aussi très connue pour la viande ovine grillée, pour son méchoui, et qui voit disparaitre sa réputation et son commerce par la faute de l’autoroute.

Dignes, tous ces gens n’ont pas brulés les pneus pour marquer leur désapprobation, ils se sont certainement dirigés vers d’autres métiers de leur savoir-faire afin de gagner leur croute et nourrir leurs enfants.

Trêve de critiques ! Trêve de remarques ! Sur l’Autoroute Maghnia-Constantine, il y a une partie de l’Algérie du nord. Il y a la beauté du paysage, en dépit de tout. Il y a les belles couleurs de la nature, il y a les terres labourées, les terres semées, les terres laissées en jachère. Il y a sur l’Autoroute Est-Ouest la variété des beaux paysages de l’Algérie. Il y a les montagnes, les vallées, les barrages, les retenues d’eau, les oueds, les monts et monticules, les forêts, les bosquets. Il y a les constructions individuelles, les constructions collectives, il y a aussi les commerces, il y a les animaux domestiques, moutons, chèvres et vaches qui se nourrissent des richesses des terres algériennes que l’homme algérien travaille et surveille. Sur l’Autoroute Est-Ouest, il y a la richesse de l’Algérie que la palette d’un artiste-peintre ne peut et ne saura reproduire, eu égard à la multitude ce couleurs que le pinceau ne pourra exprimer. L’autoroute c’est l’Algérie développée, c’est l’Algérie belle, c’est l’Algérie qui aspire à une meilleure image, à réunir les siens par la route, comme cela se fait par les airs, et par le chemin de fer. L’Autoroute Est-Ouest de Maghnia à Constantine aujourd’hui, et demain de Maghnia jusqu’à la frontière tunisienne, réunira la famille algérienne, réunira les cœurs, car elle permettra à tout un chacun de joindre ses amis, de rejoindre ceux qu’il aime, ceux qui l’attendent. L’autoroute répondra aussi et sans aucun doute aux attentes de l’Algérie de demain, à celles des nouvelles générations qui construiront d’autres ouvrages grandioses. L’autoroute Est-Ouest se renforcera également par d’autres qui relieront les autres régions de l’Algérie, des Hauts-Plateaux, du Sud pour créer un grand réseau à travers lequel la vie ne s’arrêtera pas et les gens continueront de jour comme de nuit à sillonner les routes pour leur bonheur et celui de leur pays. C’est vrai beaucoup a été fait, mais il reste aussi beaucoup à faire sur l’autoroute Maghnia-Constantine.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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