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L’impasse qui harasse par Boutaraa-Farid

29 juillet 2013

Boutaraa Farid

Jadis tout était en fer, en verre ou en bois et on vivait tous comme des rois. Hélas, aujourd’hui notre quotidien n’est qu’une suite de malentendus. On ne fait que suivre les autres sans pour autant comprendre tous ces réformes qui n’ont rien ramené et qui gardent en plus nos âmes comme ceux des otages. 

Le ciment à tout envahi et nous sommes devenus des corps sans joie, des têtes aux cervelles de bois et qui vivent dans un royaume sans

loi. Le temps a vilipendé l’éclat de nos visages et nous sommes devenus des objets ternes et encombrants que même le grenier ne veut retenir. Nos cœurs ne sont rien que de geôles où s’entassent les ennuis qui fatiguent et qui sèment le stresse et harassent les âmes. Rien n’est plus comme avant et nous avançons tous vers un avenir incertain, où les nobles valeurs ont cessé d’exister en boudant les jours. Notre époque n’est qu’une image hideuse qui exhibe ses tares sans vergogne, et sans retenue. La ruse est devenue une qualité et ceux qui ne mentent pas sont classés dans la catégorie des gens sans importance et qui contient: les désœuvrés, les pauvres, les chômeurs, les mendiants, les sots et les débile. En effet, l’honnête citoyen est poussé à l’extrême épreuve afin qu’il perde tout espoir et qu’il tombe dans l’illogique du moment que les rapports entre les gens sont dominés par les lois de la jungle. Le plus faible n’aura même pas les miettes et personne ne le regarde. Notre si beau pays est redevenu si étrange et nous sommes redevenus un peuple qui ne savoure plus les repas, ni les sorties et qui se couche tôt pour tout oublier tout ce brouhaha que les chaines de télévisions crachotent .Autrefois, on avait un seul poste téléviseur et on voyait tous ensembles et sans trop respirer et maintenant, chaque enfant à son propre téléviseur et les disputes et le bruit sont dans toutes les demeures. Sommes-nous les étrangers de Camus? Ce n’est plus malheureusement les années de l’eau des sources qu’on ramenait si fraiche juste avant les repas avec nos pots à lait.

Ce n’est plus encore l’époque des écuelles en terre cuite ou en bois et où les repas avaient du gout sans la présence de la viande. Ce n’est plus aussi l’ère des fêtes et des cérémonies qui duraient des semaines et des mois. Ce n’est plus les mariages, où le couscous partait pour toutes les demeures et où les pauvres mangeaient avec le sourire au cœur. Il n’y avait pas de salles de fête où les invitations exigeaient la non présence d’enfants et où les invités de marque n’auront pas le gêne de manger ou de voir les pauvres comme il est à la mode chez nous aujourd’hui. En effet, les mariages d’aujourd’hui sont l’expression d’un racisme qui ne dit pas son nom. Les riches ne côtoient plus les démunis de peur d’attraper la maladie de la pauvreté. Hélas nous étions égales à nous mêmes et maintenant nous avons la honte de nous-mêmes. Nous étions les maitres de nos destins et un peu de chorba était le meilleur de tous les festins. On avait du respect pour nos voisins et professeurs et nos cœurs étaient remplis de fleurs. Rares étaient nos chagrins et on pensait que la vie n’était pas par le nombre de jours que nous allions vivre, mais par leurs qualités. Tout était permis, mais on savait dire non à l’interdit. Nous étions si soudés, si nostalgique et ni la France ni la Belgique ne pouvaient nous enlever l’amour de nos modestes villes. On avait la chance de visiter les gigantesques cités sans visas et jamais on n’avait l’idée de rester pour jouer le rôle de l’esclave dans ces villes qui avaient toutes les commodités, mais qui manquaient d’humanité. Notre Algérie était un immense sac de tendresse. Nos rues étaient si propres et nos cœurs pétillaient de mille feux. Tout était beau et parfait et on conjuguait au présent et au futur, mais jamais au passé, ni à l’imparfait. Nos banques étaient pleines et nos mains vierges.

Notre esprit était sain et notre avenir était aussi pur qu’un jour d’été. On avait toutes les chances pour réussir notre essor du moment qu’on avait le quart de toutes les richesses de ce monde. On avait une si bonne position géographique qui nous permettait d’avoir des échanges avec tout ce vaste monde. Nos richesses étaient multiples: du gaz, du pétrole, du fer, de l’or, et surtout une terre si fertile qui pouvait nourrir toute l’Europe. Comment sommes-nous aujourd’hui? Un pays du tiers monde qui a de l’argent et qui ne raffine même pas son propre carburant. Nous avons gaspillé notre argent à gauche et à droite et rien de grandiose n’a été fait. Nos écoles peinent à éduquer des enfants qui n’ont plus d’espoir et qui ne sont sages que pour faire plaisir à leurs parents. Nos universités forment de nouveaux chômeurs qui vont se joindre aux anciens à qui on a donné un peu d’argent pour les calmer. De l’argent qu’ils ont dépensé dans des projets sans lendemain et les revoilà au point du départ. Des jeunes qui attendent du travail facile comme celui de gardien de parking qui agresse les vieux et les femmes, ou comme un vendeur de parfum ou d’ustensile de cuisine au fond de la rue tout en encombrant les passages. Quant à l’agriculture, c’est une fuite en avant. Elle ne produit pas assez, car tant de barrons ont le monopole sur ce secteur que l’Etat hésite à le structurer en reprenant l’ancien système de gérance des fermes agricoles. L’Algérie a actuellement un potentiel important de cadres en agronomie et nos ingénieurs et nos techniciens ont un savoir faire dans ce domaine qui peut à lui seul nous permettre d’aller à l’exportation. Pourquoi nous ne fabriquons plus d’usines pour absorber un peu de chômage? Pourquoi nos villes sont devenues des chantiers où les travaux ne finissent jamais et où on retape les dégâts causés hier. Le citoyen ne voit rien que des trous et des dos d’ânes sur toutes les voies et sur toutes les rues. Des ralentisseurs ou des dévoreuses de voitures? Nos villes sont sales et les visages de nos responsables sont pales. Rien ne régale, sauf des scènes et des images qui blessent les regards. En plus, nos hôpitaux sont souvent en grève et c’est le pauvre malade qui paye la facture de cette fuite en avant d’un gouvernement qui tarde à prendre des décisions pour un maintien de l’ordre partout. Une santé qui est elle même malade avec un certain nombre de médecins qui n’ont plus le sens de l’urgence de la situation. Car comment expliquer l’indifférence de cette gynécologue de Khemis Miliana qui avait refusé de voir une malade avant son heure de garde et qui nous a fait comprendre qu’elle était contrainte d’aller travailler à l’hôpital. Elle avait une certaine audace et un comportement inhumain et qui voulait que notre malade accouche dans une clinique privée et ou le tarif bascule entre 20000 da et 50000 da.

L’argent a floué tous les rapports et certains de nos toubibs ont oublié que leur rôle est de sauver des vies et non pas amasser des richesses sur le dos des pauvres et des démunis. Pourquoi notre Algérie a régressé au lieu de progresser? Presque tous les secteurs vivent au ralenti.

Quant au fameux poisson que nous fantasmons sur lui de loin et que nous n’avons oublié son gout du fait que nous l’évitons comme un voisin envieux. En effet, Il est devenu un mets de luxe pour ceux qui vivent du trafic et du vol et strictement interdit pour le simple fonctionnaire qui n’a que sa modeste paie qui sera dévorée par les nombreuses factures et les demandes de cette vie trop onéreuse. Si nous passons au secteur de la culture, on constate qu’elle vit dans une vaste impasse. Elle est est entre des mains de gens incultes et qui dépensent de l’argent pour juste maintenir un état d’ignorance. Si non comment expliquer la tournée de nos artistes ailleurs pour animer des fêtes et des soirées et nos jeunes n’ont rien pour se défouler. L’accident mortel du défunt Cheb AKIL au Maroc, l’enfant de Khemis Miliana est la preuve de la fermeture des portes pour nos artistes qui partent seuls pour gagner leurs vies. En plus, comment expliquer la fermeture des deux maisons de culture à Khemis Miliana depuis maintenant trois ans ? Comment ces deux boites à sardines en comparaison avec les autres bâtisses construites ailleurs. Ces deux maisons de culture qui restent fermées au grand public qui veut lire et trouver un lieu paisible pour nourrir son esprit. Comment peut-on semer les bonnes habitudes et éloigner nos enfants de la drogue, du vol et de l’agression? Comment peut on parler de l’éducation si nous fermons ces espaces aux jeunes et nous voilà à la fin de l’année scolaire et où la majorité des établissements scolaires seront clos? La seule piscine dans la même ville est dans un état lamentable et les élus locaux n’ont rien fait pour démolir cette salle de fête qui a bousillé le décore et qui a pris la place d’une cafétéria trop estimé pour les joueurs de cartes et de dominos et qui permettait aux vieux de surveiller leurs petits pendant la baignade. Le simple citoyen n’a même pas un endroit pour lire son journal. Même les jets d’eau sont réservés pour le siège lieu de la wilaya et les élus locaux restent sans force devant cette abus du pouvoir qui nous oblige à hausser le ton et de crier à l’injustice que vit le citoyen qui habite un peu loin du siège lieu de sa wilaya et surtout les gens du sud qui vivent avec du rien. Le pauvre citoyen ne vit plus et le suicide est devenu une habitude pour faire entendre sa détresse. Les écrits ne sont plus des témoins sur la tragédie de ce peuple qui vit dans une impasse. Les écrits ne sont plus les cris d’un peuple qui veut du concret. Et pour finir, ce sont nos élèves qui décident maintenant de choisir les questions qu’on devrait leur poser au bac. Un comportement qui demeure étrange à nos traditions de peuple civilisé et instruit. Ce que le simple citoyen ignore est que le passage d’un palier à un autre ne se faisait pas selon les règles du moment que nous avons développé le système du social un peu partout. Une partie des élèves sont sauvés et par miracles sautent d’un étage à un autre et les parents un peu affaiblis par leurs enfants vont cédés aux caprices de ces derniers. Ce manège a poussé les enfants à compter sur les bonus des enseignants et sur le copiage. Cette année les sujets étaient à la hauteur et voilà que tout bascule dans l’anarchie du moment que certains candidats au bac avaient employé la force pour copier. Un comportement soutenu par certains parents complices qui n’ont jamais poursuivis le cursus scolaire de leur enfant et qui les revoilà entrain de crier à l’injustice, si des sanctions seraient prises contre les fraudeurs. Qu’on l’accepte ou pas, Le bac commence à prendre un peu de crédibilité et surtout si les copieurs seraient pénalisés. Un autre moyen serait envisageable avec le brouillage du champ des téléphones portables des centres d’examen pendant la durée des épreuves. Une option qui va obliger les élèves à ne plus compter que sur eux mêmes. La réussite d’un Etat ne se fera que grâce à une éducation forte et qui n’obéit à aucune pression. Le savoir doit reprendre sa place si nous voulons surmonter cette impasse qui nous casse les dents et qui nous classe au bas du tableau des nations de ce monde. L’éducation et la culture sont les secteurs les plus important pour le maintien du l’ordre et la naissance d’une nouvelle génération qui travaille et non pas celle du face book et du gel.

Notre souhait également est de voir la disparition de ces jours sans lumière. Nous souhaitons le retour des années du verre et que notre quotidien soit plein d’arbres, d’herbes et d’énormément de vert. Nous convoitons enfin, la sortie de notre Algérie de cet enfer est que la gestion du budget soit entre les mains de gens sages qui sachent bâtir un avenir à tous ces enfants qui n’ont pas de comptes en devises à l’extérieur. Nous voulons le retour des années du métal avec la sortie de notre président Bouteflika de l’hôpital et que chacun de nous sache qu’après tout dans cette vie la santé reste notre seul et unique capital. Alors profitez de votre passage dans cette vie et n’oubliez jamais que la mort prend tous les visages sans distinction d’âge.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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