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(Mauvais) souvenirs de guerre par Belkacem Ahcene-Djaballah

25 juillet 2013

Belkacem AHCENE DJABALLAH

REFRACTAIRES A LA GUERRE D’ALGERIE 1959-1963. Avec l’Action civique

non violente. De Erica Fraters (nom collectif, anagramme du mot Réfractaires). Recueil de textes : mémoires, études et documents écrits et photographiques. Casbah Editions (publié avec le soutien du ministère de la Culture) Alger 2012, 223 pages, 800 dinars. 

Ils ont une cinquantaine ou plus de «réfractaires» et leurs soutiens, de milieux divers, qui, en 2006, décident de se constituer en association : «Réfractaires non violents à la guerre d’Algérie» et de rassembler des souvenirs toujours vivaces d’un temps qui les a marqués pour la vie.

Dès 1957 (année de la constitution, en coordination avec la communauté de l’Arche, fondée par Lanza del Vasto, catholique, disciple de Gandhi, de l’Action civique non violente), ils ont refusé de porter des armes, de faire la guerre. Ils ont eu le courage de résister, de dire «non» à la «pacification», à la torture, aux répressions, aux camps d’internement. Ils ont eu le courage de «désobéir aux ordres», à la loi même, aux violations des droits de l’homme, droits individuels et collectifs, droit à l’autodétermination et à l’indépendance du peuple algérien. Ils n’ont jamais rien demandé, ni reconnaissance du peuple algérien, ni approbation de quiconque… et aucun parti, aucune organisation, aucune Eglise ou obédience quelconque n’avait dicté leurs choix. Parfois contre leurs amis, leurs proches, leurs familles, leur environnement… Leur calvaire durera jusqu’en 1963. Des coups. Des ruptures. Des procès. Les camps d’internement. La prison. Car le combat ne s’est jamais arrêté.

Avis : pour savoir que les Algériens n’étaient pas seuls à lutter contre le colonialisme. Des dizaines, voire des centaines d’étrangers, français entre autres, car concernés directement par le service militaire, ont milité contre la guerre en Algérie, pour l’indépendance du pays… parfois, sinon souvent, en le payant très cher. Pour en savoir plus : www.refractaires nonviolentsal gerie1959a63.org

Extraits : «L’homme ne se mesure jamais qu’à l’absolu qui ne compose pas avec le mépris, la haine, la violence, la bêtise, l’inhumanité de nos sociétés et de nos Etats cultivant petitesse et fausse grandeur» (p206). «Cette sublime et si rare conscience du juste qui les a portés à oser dire «non» (p 211).

AU CŒUR DE LA BATAILLE D’ALGER.

La grève des huit jours et l’arrestation de Larbi Ben M’hidi… Ouvrage mémoriel de Brahim Chergui (avec la collaboration de Mouloud Ben Mohamed et Hamid Tahri et préface de Zahir Ihadaden). Dahlab Editions, Alger 2013, 247 pages, 650 dinars.

Actif, téméraire, organisateur, mais aussi prudent, lucide, un beau portrait de Brahim Chergui tracé par le préfacier, le professeur et moudjahid Zahir Ihadadène qui, en même temps, met une sorte de point final à une critique qui n’avait pas lieu d’être. Une réponse claire à tous ceux qui, depuis plus de cinquante ans, continuent à calomnier le compagnon de Larbi Ben M’hidi…, arrêté une journée avant, un détail d’importance.

L’auteur, retiré de la vie politique depuis 1962, «appartenant à une époque désormais révolue et convaincu qu’il fallait passer la main» (comme beaucoup d’autres compagnons de militantisme de la «Zone autonome d’Alger», devenus des anonymes, «inconsidérés par l’histoire officielle et par ceux qui prennent soin et la précaution de ne pas les inviter aux commémorations officielles»), raconte, directement, ou à travers sa vie d’hier, son itinéraire, son engagement, tout en donnant son point de vue et ses analyses de situations politiques de l’époque… ainsi que des portraits saisissants de vérité… comme celui de Messali Hadj (pp 50 à 53), de Abane Ramdane (p 73), de Ben Khedda (p 213).

A noter que, souvent, il n’a pas sa «langue dans sa poche» et, agacé par l’image qu’ont donnée de lui ses contempteurs dont les «vociférations hystériques ont dépassé les bornes», il tempête, s’emporte et perd son sang-froid pour les clouer au pilori : «Lorsque j’étais militant dans le mouvement national, ils faisaient dans le proxénétisme», tonne-t-il (extrait d’une interview accordée à Hamid Tahri, qui dresse son portrait, pp. 180 à 186).

Avis : l’écriture journalistique facilite la lecture, bien qu’il y manque la cohérence éditoriale. Des souvenirs. Des souvenirs.

Extraits : «Dire la vérité, restituer les faits n’était pas du goût des gouvernants. En déficit d’itinéraires, plusieurs d’entre eux étaient peu enclins à laisser le passé revenir dans le débat public. Dès l’instant où on ne se reconnaît pas, autant ne pas le convoquer» (p.189. A propos d’écriture de l’Histoire. Interview Le Jeune Indépendant en 2005).

Le 1er Novembre 1954. LA NUIT REBELLE. Au cœur de la Bataille d’Alger…

Recueil d’études et d’articles coordonné par Abdelmadjid Merdaci (Bachir-Chérif, Amiri, Harbi, Stora, Remaoun, Tengour, Tazaroute, A. Ghezali, Djerbal, Chominot, Peyroulou, Kaddache, Carlier, Soufi, Lemkami, Haya, Meynier, A. Benziane, M. et Mme Korso…). Editions OMP/La Tribune, Alger 2004, 164 pages, 450 dinars.

Rares sont les journaux qui se lancent, en parallèle, dans l’édition d’ouvrages sur des thèmes déjà abordés quotidiennement ou presque. On eut, par le passé, quelques expériences… bien rares. Un autre métier ? Un travail fait à perte ? Une actualité dépassée ? Pourtant bien des journaux de par le monde ont gagné en crédibilité et en influence en allant au-delà de leur métier de base, en investissant dans des produits dérivés qui ne coûtent que les dépenses de papier et d’impression. Par ailleurs, cela ne peut que servir la notoriété du titre.

En son temps, l’Aps avait édité quelques livres reprenant des «papiers» de ses journalistes, «locaux», en particulier. El Watan a édité un ou deux ouvrages. Echourouk aussi… Depuis peu, Horizons puis El Moudjahid.

La Tribune, journal quotidien beaucoup plus d’analyse et de réflexion, s’est lancé dans la chose éditoriale publiant un ouvrage qui revisite le 1er Novembre 1954. Des textes assez courts. Des plumes spécialisées, algériennes et françaises. Des écritures simples qui vont à l’essentiel. Un grand nombre d’informations. Des vérités dites sans fioritures… Du beau travail. Très utile ? Nécessaire !

Avis : un ouvrage documentaire. Un véritable «Que sais-je» de la Révolution armée. Mais format inadapté.

Extraits: «Le Premier Novembre 1954 est comparable à un arrêt sur image, suivi de la diffusion par rafales d’une série de messages et autant d’opérations de guérilla qui disaient : «Regardez qui nous sommes et écoutez notre discours» (A. Benziane, p 144). «D’une manière générale, on peut considérer que la politique a beaucoup contribué à ancrer, dans les esprits, différents clichés sur le FLN, et donc à en entraver l’étude» (M. Harbi, p 160).

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “(Mauvais) souvenirs de guerre par Belkacem Ahcene-Djaballah”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Erica Fraters
    Erica Fraters, anagramme de « réfractaires », est un pseudonyme collectif utilisé par Joseph Pyronnet et un groupe d’auteurs anonymes réfractaires à la guerre d’Algérie.

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