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La vieille mentalité fait encore l’actualité par Slemnia Bendaoud

25 juillet 2013

Contributions

Comme en football, c’est la même équipe politique qui joue ! Encore et toujours ! Avec ses mêmes joueurs d’autrefois et de jadis ! Ses toutes anciennes vedettes d’antan. Semblables à d’incontournables porteurs d’eau, ils ont toujours le cœur porté sur ce terrain de jeu. 

Plus que jamais disponibles et surtout disposés à rester encore très performants ! Malgré l’usure du temps et les changements fréquents opérés dans leur propre environnement. Ils sont tous là ou presque. Défiant le temps et la science, le monde et leur conscience !

Ils forment cette équipe très soudée, longtemps boudée, accoudée à elle-même sur les terrains de jeux ou en dehors de ceux-ci. Certains d’entre eux jouent encore leurs prolongations, d’autres pour les honneurs ; d’autres encore pour juste le bonheur du maitre des céans. Et le tout continue encore à jouer comme à l’époque de ses vingt printemps. Même contre parfois le cours de l’histoire !

Ils sont tous rusés jusqu’aux os. Tous trempés dans cette certitude qui défie l’inquiétude. Tous impliqués dans ce pays à lui relever la tête de l’eau grâce à ses fossiles ressources afin d’en tirer plus de grâce de leurs dividendes et prébendes.

Il faut leur reconnaitre une chose : ils jouent toujours ensemble et à leur propre jeu. Avec la même tactique, le même style de jeu et la même technique d’autrefois. Celui de potentiels ou incontournables favoris dans l’habit de véritables houris de l’Eden. Tous insatiables, ils restent inépuisables, imbattables, irremplaçables, incontournables et incomparables !

Leur équipe s’adapte justement et très rapidement, en toute circonstance, à la longévité, à la fatalité, à la banalité, à la catastrophe, à l’apostrophe, à la nuisance et à la médisance. Elle s’acclimate à tous les temps et s’implique à tous les modes. Pour autant, elle ne craint jamais les gémissements ou frémissements de ses frêles membres et de son malheureux monde.

Ils se considèrent être les gagnants d’office d’une compétition qui n’a pas encore démarré. Ils se présentent comme les super favoris d’une épreuve qui n’aura pourtant jamais lieu.

A chaque interpellation au sujet de l’effectif vieillissant de leur formation, ils répliquent tout de go à leurs nombreux détracteurs par : « On ne change pas une équipe qui gagne ! ». Et Dieu seul sait qu’elle n’a enrôlé aucun trophée dans sa besace, hormis celui héroïque et historique, longtemps séquestré, appartenant cependant à toute la contrée !

Formée de ces très vieilles figures, celles du passé depuis longtemps dépassé ou à dessein ressassé, cette équipe-type est depuis des lustres déjà connue comme celle qui craint les matches officiels avec les pays voisins ou bien lointains, ayant pour l’occasion presque toutes injecté dans leurs rangs de très jeunes et surtout bien doués éléments.

Elle reste très vigilante à propos de ces confrontations officielles, raison pour laquelle elle privilégie ces exhibitions amicales où elle excelle et se révèle être à la hauteur de toutes ces missions impossibles et ce show de haute classe.

L’équipe adverse est bien souvent très chichement rémunérée, le profit à en tirer bien gros et très gras, pour lui avoir prêté le flanc, et permis de jouer à son préféré numéro.

Seulement l’arrangement est tout le temps bassement conçu ou provoqué, et savamment tu, suscitant au passage cette fausse émotion du titre de gloire chèrement acquis et du trophée péniblement arraché !

Leur équipe favorite et fétiche aura survécu à plus de trois générations complètes de spectateurs nationaux, lesquelles refusent à présent et à l’unisson de se rendre à leur stade afin de les voir de nouveau jouer à leur ancien jeu. De piètre exhibition et toute médiocre prestation !

Ces spectateurs, en bons connaisseurs du sport pratiqué, se détournent volontairement de leur piètre football et ne désirent plus les suivre dans leur mouvement suicidaire. Ils les détestent purement et tout simplement.

Toutefois, ces joueurs de tous les temps et de troisième âge surtout disposent de cette malice puisée au fond des valises et caisses de l’état de trouver grâce à l’esbroufe et la ruse toujours cette bonne astuce d’évoluer devant des gradins pleins à craquer comme un œuf pourvus de spectateurs ramenés souvent par caravanes entières et à coup de balivernes et de pognon sonnant et trébuchant bien loin de la demeure.

C’est d’ailleurs ces derniers qui leur feront la fête attendue et tout ce nécessaire défilé d’après leur match en signe de victoire de leurs héros du jour et de toujours. Ce sont eux également qui fermeront tout à l’heure toutes les portes du stade pour remettre les clefs plus tard aux gardiens du temple une fois l’exhibition terminée.

Lorsque par malheur ou accident il lui arrive de se passer des services d’un quelconque joueur, cela ne le sera que de courte durée. Tous les éléments qui chauffent le banc de touche auront un jour ou l’autre leur place de titulaire incontestable. Et tous les remplacés reviendront tôt ou tard dans la compétition en grands favoris ou potentiels conquérants.

Rien ne se perd. Rien ne se détruit. Tout se transforme et tout est utile. Leur devise est à ce prix-là. Seulement elle ne s’applique qu’à l’équipe, qu’à la petite famille, qu’au groupe restreint et à des éléments bien distincts.

Depuis le temps que leur équipe joue, elle foule des pieds tous les terrains de jeu : de ceux boueux à ceux poussiéreux, de ceux en tuf, tapissés de gazon synthétique à celui bien naturel…

Cependant, elle n’a à son palmarès aucun trophée, hormis celui de l’histoire et de la mémoire nationale, à chaque fois bien haut brandi alors que la majorité de ses éléments n’y avait jamais participé. A sa conquête comme à son enrichissement et consolidation.

Cette équipe du passé joue donc avec l’histoire de toute une nation. Elle manipule à sa guise sa mémoire et instrumentalise son passé. Et tant qu’elle se sait atteinte par l’âge, elle préfère ne plus avancer. Faisant ce sur-place qui lui assure sa place et ses bonnes grâces !

Elle s’oublie cependant dans son présent décent, ignorant totalement ce futur propre à ses jeunes générations. Lassée de faire cet incessant sur-place, elle préfère retourner dans l’antre de l’histoire de toute la nation, se calfeutrant dans ce manteau commun à tous les algériens qu’elle s’arrange à le confisquer à tout un brave et héroïque peuple.

Dans son jeu, elle a un faible pour le dribble, la feinte de corps, le petit-pont, le grand-pont, les une-deux rapides et répétées, les retournés acrobatiques, le jeu sans ballon, les centres liftés, les simulations et les insinuations…

Lorsqu’elle qu’elle sent qu’elle est maitre de son sujet, elle n’ouvre jamais le jeu, jouant habilement à cette ligne du hors-jeu, comptant sur sa longue expérience pour faire douter le tout jeune adversaire. Elle dispose de très rusés attaquants, sachant trouver la faille à l’intérieur même d’un trou de souris, et compte beaucoup sur son maitre à jouer qui sait lire le jeu comme ce renard-chasseur qui lit dans les buissons l’itinéraire sûr de la perdrix. De très rugueux joueurs composent son hermétique rideau défensif, se manifestant à coup de grandes chandelles et de longs coups de pied balancés en l’air. Parfois, il lui arrive de trop longtemps calmer le jeu, suscitant de l’inquiétude, afin de tout juste s’adapter au jeu de l’adversaire…

Et avec tous ces atouts indéniables et incomparables, elle craint énormément la haute et toute officielle compétition. Elle préfère le plus souvent jouer sous l’auvent de sa propre demeure, convaincue qu’elle gagnera ainsi tous ses matches. Sans relâche et avec panache!

Seulement, cette équipe qui demeure très technique et bien tactique reste le plus souvent bien inapte sur le plan physique et très pratique.

Elle se considère être toujours d’attaque, toujours en super forme et disposée à bien tenir tête à tous les héros de la balle ronde ! Cependant, elle s’arrange par toujours calmer le jeu et différer à plus tard ces rencontres-couperets qu’elle craint de les perdre sur les terrains de vérité.

C’est elle qui joue encore et toujours, parce qu’elle considère que l’aire de jeu lui appartient à elle seule et que tout le reste de son monde n’aura droit qu’au rôle de simple ou même désintéressé spectateur ! Il n’ouvrira droit par contre qu’au statut de celui qui l’applaudit ou à celui qui fait à l’usure la claque. Jamais à celui qui fait ou improvise le jeu !

L’arbitre de la rencontre est toujours quelqu’un de la famille. Celui qui connait bien la maison. Ses différentes cours et nombreux prés. Egalement le vainqueur virtuel, sa stature et sa carrure. Ainsi que les raisons évidentes de ce score à l’avance quémandé et en urgence satisfait !

Formée de vieillis étalons, hybrides figurants, à l’allure très fétides, l’équipe donne l’air de faire dans la médiocrité absolue, se cloisonnant dans son restreint clan et raisonnant avec cette certitude de tout contrôler à l’horizon.

Comme un galion en véritable galère, chavirant au moindre coup de vent, l’équipe bat tout le temps de l’aile. Tel un passereau se trouvant dépassé par la nuée de ses semblables, brassant l’air très haut, sur le point de complètement disparaitre au loin, elle est souvent en hors champ ou complètement à côté de son sujet.

L’équipe est toujours sur le qui-vive. Elle vit donc toujours la peur au ventre, épiant à chaque instant le sens du vent, l’ampleur de la rumeur, l’importance de l’émeute, l’humeur matinale de son monde rebelle et peu fidèle à son mode de gouvernance, l’endurance de la grève, la finalité de la contestation, la gronde bien féconde de la rue, la tentative d’un plus ou moins sérieux rassemblement, les combines en sourdine, l’action des tractations et… que sais-je encore ?

Son écurie est donc pleine à craquer de ces anciens chevaux de courses, vieux tacots, vivant banco, bien fidèles haridelles où pullulent ces très anciennes guimbardes, ces véritables tocards, gémissant dans leurs brancards, ces toutes sortes de rosses, rossées par l’effet du temps et érodées à la lime de la vie pour avoir joué à toutes les combines et vieilles rapines!

Mangé à tous les râteliers et participé à tous ces ateliers assez particuliers qui les liaient entre eux pour faire bloc contre l’ennemi commun ou l’adversaire attitré. Le plus redouté !

Ces chevaux-là ne sont pas des étalons aux galons de grande classe ou de longue course auxquels l’on tient très court la bride. Ils sont tout le temps dans leur pré, sans le moindre lasso, plutôt non concernés par un quelconque assaut. Immobiles ou peu mobiles !

Ils auront beau se mesurer à Rossinante de Don Quichotte, à Bucéphale d’Alexandre Le Grand, à Babiéça du Cid. Rien n’y fit ! Ils n’ont ni l’étoffe d’un coureur de fond, ni la carrure et l’envergure d’un poulain capable de mettre ou semer ses semblables dans le vent. Ils sont tout juste ces équidés en instance d’être liquidés. Par leurs pairs ou farouches adversaires.

Ils sont dans leur enclos, bien clos et très fermé, enfermés dans une sorte de ‘’maison de vieillesse », vivant en veilleuse, où le moindre mouvement de ses poulains bien malins lui procure de sérieuses courbatures, de bien réelles fêlures dans leur histoire, craignant l’effet nocif du temps sur leur très fragile santé. Ils sont donc tout le temps au repos. Sans même prendre part à une quelconque compétition. Chichement nourris et grassement entretenus. Ils tiennent en otage tous les stades d’Algérie sans être pourtant bien capables de faire le jeu. D’animer la scène !

Ils maintiennent de force tout leur jeune peuple en dehors de l’arène du stade ou parqué dans ses minuscules tribunes et tout misérables gradins tels de véritables gamins, encore immatures et incapables de se mettre en tenue et de jouer comme tout le monde au ballon.

Ses rares matches amicaux, de gala et de prestige, qu’elle organise à l’occasion des dates-symboles sont toujours joués avec cet effectif d’antan qui s’applique autant que de besoin à y reproduire ces gestes anciens désormais bien archivés, mais qui refont encore surface. Faute de mieux, et surtout d’articulations ou de mouvements de corps féconds et bien attrayants.

Les quelques bien rares spectateurs zélés ou opportunistes qui suivent encore l’équipe dans ses pirouettes réalisent, souvent à leurs dépens, qu’ils revoient à chaque fois ces mêmes matches de la veille ou d’autrefois.

Tant la technique n’a pas changé d’un iota et le style de jeu évolué d’un seul pouce. Ils assistent, médusés, à ce pousse-ballon forcé, qui les ennuie et leur perturbe l’esprit, mais ils restent tous accrochés à ce spectacle médiocre parce que tous guidés encore par cet instinct bestial du profit génial à en tirer ou virtuellement en soutirer de cette valeur vénale à encore mettre à rude épreuve.

Ce n’était pour ces bien vieilles gazelles de haut et osé zèle autre qu’une subtile manière de les entrainer sur ce terrain de jeu qui les intéresse au plus haut point afin de leur sauver la face après tant d’erreurs commises dans leurs multiples alternatives de monter le bon cheval, de bataille ou de plaisir, ou de prendre le tout indiqué train rapide le croyant de passage dans la contrée.

Il ne leur reste que cette histoire commune à autant que de besoin confectionner en véritable costume de cérémonie et le porter en triomphe, toute honte bue, comme une médaille de mérite afin de tromper l’assistance et longtemps berner leur monde, lassé de suivre sans discontinuité leur piètre spectacle à renâcles !

Ils auront leur vie durant tout monopolisé : comme circuits de courses, aires de jeu et nombreux prés de distraction et d’engraissement. Le reste, tout le reste, n’ouvrira droit qu’à ces miettes restées encore bien moites dans leurs grandes assiettes, qu’au rebus de leur tribut, qu’à ces tralalas de favelas qui ceinturent leurs somptueuses villas. Malgré le poids de l’âge qui les confond avec leur impuissance du moment, ils veulent tous nous paraitre tel cet éclair qui troue la nuit, sinon comme cette brèche qui perce à froid les ténèbres de la vie. Ils veulent emprunter à l’ouragan la force de percussion de ses nombreuses trainées de wagons, et au tonnerre l’éclair de ses lames de fond qui font peur à tout un monde.

Ils osent tous espérer garder pour longtemps encore l’influence menaçante de leur symbolique fleuret béret pour berner avec les pauvres gens, instrumentalisant à dessein leur ancienne cassette qui les montrent habillés de cette vieille mais puissante casquette afin d’inquiéter la foule avec, les poussant en fin de compte à rouler pour leurs seuls intérêts. Au crépuscule de leur vie, il devient plus difficile aux chevaux de course de reprendre rapidement un jour leur galop. Leurs anciennes chevauchées ne sont désormais plus qu’un rêve. Une utopie ! Malgré cela, le maitre des céans est toujours resté attaché à ces toutes bien vieilles montures.

Il s’est, disons-le avec les mots qu’il faut, depuis bien habitué à son ancienne selle laquelle demeure encore très confortable et bien praticable. Voilà pourquoi il ne pensera plus jamais à rajeunir ses effectifs ! Il cherchera plutôt à autant que possible régénérer (réhabiliter !) ses anciens étalons.

Une bien vieille mentalité qui fait encore l’actualité et… surtout son chemin…

Les jeux resteront donc bel et bien ouverts. Mais avec les vieux seulement … !

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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