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La vérité de Mehdi par Rachid Brahmi

25 juillet 2013

Contributions

Alors qui se souvient de Mehdi qui, sauf le dimanche, dit et divague à longueur de journée ? Ramadhan ou pas. Mehdi, celui qui trouve inutile d’inspirer béatement la vanité, par la narine d’un nez. S’il opère un retour, lui qui vague, c’est qu’on pense que c’est sa tête qui divague. Que sa bobine disjoncte. Egaré le fusible ! De ce fait, il s’assoit parfois sur la pelouse, prend sa tête entre ses mains, et rêve de pouvoir la déboulonner. Puis la poser sur le gazon, la déposer gentiment, devant lui, devant ses pieds, puis la shooter, l’envoyer bourlinguer le plus loin possible, afin qu’on ne la retrouve plus jamais. Mais le problème, c’est que Mehdi ne sait pas pointer ; il tapera donc, sûrement à côté. De sa citrouille. De plus, lui qui n’aime pas tant le foot, ne saisit pas pourquoi, 22 valeureux gladiateurs et 3 mousquetaires s’acharnent à courir après un bidule tournicotant par terre et dans les airs. Et ça roule, pendant que toute une foule, dans la houle, cernant en direct les 22 plus 3, donc les 25 gus, d’autres postés devant la TV, tous pistant des yeux et des nerfs, ce bidule tout rond qu’on appelle un ballon. Et tout ça, ça amasse du pognon ! L’enjeu sonnant, où l’on ne peut trébucher. Et ça pêche. Plus que le jeu détonnant, où l’on peut tricher. Et ça pèche aussi.

Mais amasser du matériau est-ce la vie ? Car Mehdi ne voit pas que l’on puisse parler de vie, quand on a, on mange, on dort, on monte, on sort, on descend, on remonte, on redescend plus encore. On sort sans pouvoir échapper à notre prison. Et encore et encore. Et on apprivoise le sort et ses «zoiseaux». Bien que Mehdi affectionne le parler des moineaux. Chaque jour est la photocopie d’un autre. On continue ? On se fixe des buts, avoir, recevoir sans vraiment être, paraitre, vendre de l’air, acheter n’ importe quoi, être une star, se faire voir, tout avoir. Pouvoir. Être l’héritier d’un nabab, ou son sous-fifre à défaut. Vivre dans le faux, avec le faux. Par le faux et pour le faux. Il faut dire qu’il y a aussi, le vrai du vrai, telle cette triche au bachot. Et des ados aux couteaux, tels des «terros». Et l’onction de papas-gâteaux. Et un sirocco démago-populo. Allo ? Que de la friture en ligne. Récepteur en panne. La grosse panne ! De quoi devenir marteau. Quel numéro ! Un show si chaud, pas du tout beau.

De plus, Mehdi la géométrie ne saisit pas cet acharnement à vouloir construire des maisons en béton, avec colonnades et arcades, et pourquoi la finalité ce sont les marmots, les autos, les lots et la magouille pour le magot. Ah les bambins ! Mehdi se souvient de cet homme, un copain à lui qui disait : «Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils voient le jour à travers vous mais non pas à partir de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne sont pas à vous». Ah les maisons et l’étanchéité des cloisons ! Et ce même homme qui disait : «Bâtissez de votre imagination un berceau de verdure dans les terres reculées, avant que vous ne bâtissiez vos quatre murs dans l’enceinte de la cité» et «Que gardez-vous derrière vos portes verrouillées ? Avez-vous la paix, cet élan serein qui révèle votre pouvoir ? Avez-vous la beauté, ce chemin qui conduit votre cœur à travers les objets de bois et de pierre jusqu’à la montagne sacrée ? Avez-vous réellement tout cela dans vos maisons ? ». Bref, Mehdi aime bien ce copain qui vient du pays du cèdre. Ce cèdre sacré, dit-on, mentionné dans les trois grandes religions monothéistes. Mehdi pense que son copain s’appelle Jalil Khibran, un poète, un peintre, mais qui fait aussi des dessins. Et Mehdi aime Jalil, car la peinture, la géométrie et les dessins, ça va bien ensemble, dans l’ensemble.

Oui, pourquoi cette irrésistible envie, de bazarder sa propre cuillère en l’air, se dit Mehdi. Pourquoi certains arrivent –ils, simultanément, à expirer de l’air par une narine, et l’inspirer par l’autre ? La contrée des miracles! Pourquoi tire-t-on sur une porte qui doit être poussée, ou la pousser si elle doit être tirée. Et pourquoi s’acharne-t-on à remplir d’eau, un bidon troué ? Ou chercher dans sa poche de droite, ce que l’on fourre toujours dans celle de gauche. Ou avancer vers l’arrière et reculer vers l’avant ? A croire que nous sommes nés dans un bus. Mehdi s’interroge aussi, quand par exemple, il a mal dans sa peau. Enfin, sur un point de sa peau. Il ne comprend pas pourquoi il a encore mal, quand il appuie sur le point, lui qui abhorre les points dans les phrases cernées de maux en mots. Mais il sait pourquoi il lorgne la lune, ou ose zyeuter le soleil. Et pourquoi, quand on casse du sucre sur son dos, elles sifflotent ses oreilles .Il n’a, dès lors, en pensant au sucre, nulle envie de chamia ou de zlabia. Et pourquoi est-il souvent atteint de fou rire. Au final, il est peut être comme tout le monde ; il désire traverser la mer en marchant sur l’eau.

Oui ! Paraître avant d’être. Vanité. Pouvoir. Amasser. Avoir. Entasser. Ignare. Ne pas trop bosser. Souvent farniente h24. Des sous et des gosses. Des lots et des «carrosses». On se fixe des objectifs ; on se défonce pour les réaliser. Si c’est OK, on n’est pas tout à fait content. Mais ce que Mehdi saisit, ce sont ces gus qu’on abrutit et qu’on lâche dans l’artifice de la nature pour défendre quelques idées obscures, les pétards et les bastos giclant de leur douille. C’est tragique, et ça rend aphasique. C’est trop laid. Mais dire la laideur et les maux, avec la géométrie et la plasticité des mots, ça semble moins moche pour Mehdi. On se défonce donc, pour réaliser des objectifs. Si ce n’est pas OK, c’est alors presque le KO, la frustration intégrale. Entasser et amasser, pour finalement clamser. Et tout laisser. Ne laisser que béton et ferraille. Rien de beau. Et les boucles sont bouclées, pas celles de «griouche» au miel, mais celles enrobées de fiel. Voilà. Et Mehdi sait qu’il ne détient pas la vérité. Car son copain Jalil Khibran lui a dit : «Ne dites pas, j’ai trouvé la vérité, mais plutôt, j’ai trouvé une vérité». Tout compte fait, la Vérité de Mehdi, c’est que chacun puisse respecter la vérité d’autrui. Mais comment ? Là est la question !

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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