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FLN : du méchoui d’Aflou au restaurant de Delly Brahim par Kamel Daoud

24 juillet 2013

Kamel Daoud

Il s’agit de quatre ministres : Amar Tou, Harroubia, Ziari, Tayeb Louh. Qu’ont-ils fait ? Ils ont mangé dans un restaurant à Delly Brahim à Alger. Puis, ils ont mangé de l’argent donné par des hommes d’affaires ou des sachets noirs. Puis, ils ont destitué Belkhadem en distribuant de l’argent, en liasses, lors du vote de destitution dans un hôtel de Sidi Fredj à Alger. Conclusion ? Le FLN est un être mort que l’on sert dans un restaurant et que l’on mange dans un hôtel. D’autres formules existent et peuvent être trouvées par les lecteurs. 

Et ensuite. L’un ou deux ou trois de ces ministres n’a pas que la nationalité algérienne.

Qui dit cela ? Pas la rue, le café ou l’oisiveté mais un ministre d’Etat, représentant du président, lui-même représentant du Pouvoir, lui-même représentant du pétrole et des martyrs. Abdelaziz Belkhadem. Dans un journal saoudien (clin d’œil) qui paraît à Londres, Echark El Awsat. Mort donc, Belkhadem devient intéressant, concret, direct, avec des noms et des restaurants. Comme tous ceux qui quittent le casting du pouvoir et qui en veulent à des trahisons subies et pas à des trahisons menées. Seul dans son maquis, Belkhadem promet un 1er Novembre contre le 1er février. Il part en guerre et annonce qu’il n’a qu’une seule double nationalité : Aflou et l’Algérie. Les autres sont des méchants et des traîtres. Des messalistes, benflissites, mangeurs de plats et maffieux personnages. Qui ? Ses ministres à lui. Ceux qu’il a couverts, présentés. Belkhadem ne dit rien pendant son long mandat mais après la mort. Après la mort, les Algériens sont bavards. Vivants, ils sont discrets. Et on aime. On aime voir les doubleurs se manger entre eux. A Delly Brahim ou ailleurs. Dans un restaurant ou dans un salon. On aime et on savoure de les voir se manger parce qu’on ne peut pas manger avec eux à Delly Brahim ou ailleurs. C’est délicieux. On aime les voir s’accuser qui, d’avoir donné deux bourses universitaires à ses enfants qui, d’avoir placé sa fille dans une ambassade en euro qui, d’avoir aidé son frère lors d’un scandale d’université, etc.

Le pays comme un restaurant, on le sait et on le connaît. A Alger, il y a une version politique du «qui tue qui ?». C’est celle de «qui mange avec qui ? Comment ? Quoi et dans quel restaurant ?». Vite et bien. Il y a des restaurants avec des étoiles mêmes, pas pour les plats servis mais pour les plats à venir. C’est un signe de civilisation cependant : on est passé du cru au cuit. Ce qui est un signe de libéralisme. Sauvage ou pas. Le FLN a fait un grand pas sur sa lune : il est passé de l’époque des méchouis à celle du menu à la carte. Il mangeait avec les mains, maintenant, il mange avec des sachets.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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