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La nostalgie Zeroual par Kamel Daoud

13 juillet 2013

Kamel Daoud

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L’excès de corruption ou de rumeurs sur la corruption ont généré un curieux effet politique: la «nostalgie Zeroual». Sur le net, dans les conversations et dans les avis et les têtes quand elles se tournent vers elles-mêmes. Pourquoi ? Parce que Zeroual a laissé un bon souvenir à l’intérieur d’un mauvais cauchemar.
Techniquement, le bonhomme répond au portrait du leader tiers-mondiste caricatural: c’est un général d’armée, il est venu au pouvoir par ses pairs et pas par le peuple, il a été réélu de la façon africaine de cooptation, suivie d’élection. Pire encore, il a été placé à la tête du pays pendant une vraie guerre civile, entouré de milliers de morts, de milliers de disparus, torturés, exilés. Il a été là quand l’Algérie mourait, souffrait et était détruite. Il a été à la tête du pays pendant que l’on volait et a laissé son nom au bas des pires décrets, falsifications, mensonges d’Etat, fraudes électorales et de médias. Et pourtant, le bonhomme a bonne réputation: on le dit propre, humble, homme de principes, discret et inflexible sur ses raisons et sa vision. Aux yeux des Algériens, le bonhomme tient sa belle vie après sa mort de sa façon de vivre mais aussi de son caractère. A l’époque de sa présidence, on le sentait pris au piège, comme le bon peuple et le bon peuple le prit pour un proche parent, pas pour un homme du régime. Ensuite, l’homme a été sali et détruit par le système comme jamais fait: cela attire la sympathie du peuple envers un homme qui souffre du régime autant que le peuple. Ensuite, le bonhomme, malgré les scandales de ses proches, a su garder l’image d’un homme ascète, qui se suffit de peu et dit ce qu’il pense.Si on creuse bien, il s’agit donc d’une sorte d’avatar de Boumediène, moustache comprise, mais qui n’est pas mort. Du coup, le paradoxe: les gens, beaucoup, ont la nostalgie de Zeroual, mais pas de son époque. Comme on a la nostalgie de Boumediène mais pas de son socialisme. Face à l’actualité peu hygiénique d’aujourd’hui, on le regarde comme un bon vieux temps qui n’a rien volé. Il est donc une sorte d’effet rétroactif du messianisme: l’homme attendu est l’homme raté. L’homme propre est l’homme déchu. Zeroual a été réhabilité par sa chute et anobli pas son humilité. Face au père du peuple, il incarne l’image plus accessible du cousin du peuple, en quelque sorte.

Aujourd’hui donc, entre les trébuchements de Bouteflika à l’enterrement d’Ali Kafi, les dossiers de corruption, les peurs des prédations internationales, la crise du Sud et de la confiance, le manque de leaders et l’absence de but sur terre, certains rêvent en douce de Zeroual comme d’une sorte de copie de Boumediène. C’est-à-dire le rêve d’un homme fort, propre, humble, sincère, sans coloration politique, militaire converti en Président. Le contraire d’un homme vaniteux, naïf, faible, «civil».

Etrange culture politique de l’Algérien: après l’idéologie des cimetières et des martyrs, on en est au fantasme du grenier et des retraités. C’est dire toute la misère des orphelins.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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5 Réponses à “La nostalgie Zeroual par Kamel Daoud”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Liamine Zéroual (en arabe : ليامين زروال), né le 3 juillet 1941 à Batna, en Algérie est un général et un homme d’État algérien. Il dirige l’Algérie de 1994 à 1999.
    Élevé au rang de général en 1988, il est promu à la tête des forces terrestres de son pays en 1989 et devient ministre de la défense en 1993 dans le Haut Comité d’État.
    Nommé en période de crise, chef de l’État le 30 janvier 1994, il remporte l’élection présidentielle de 1995 avec 61,34 % des voix et devient du 16 novembre 1995 au 27 avril 1999, le 4e président de la République algérienne démocratique et populaire.

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    Formation militaire[modifier]
    Liamine Zéroual (ou Zeroual) est né dans une famille chaoui (originaire de la tribu des N’mamecha de Khenchela) à Batna. Inscrit à l’école du Stand (Allées Ben Boulaïd, ex Allées Bocca), il participe très tôt à la guerre d’Algérie; en 1957, âgé de 16 ans, il rejoint les rangs de l’Armée de libération nationale (ALN), branche militaire du Front de libération nationale (FLN), pour combattre le pouvoir officiel (armée française)2. Après l’indépendance de l’Algérie, Liamine Zéroual part suivre une formation militaire au Caire en Égypte, puis à Moscou en Union soviétique (1965-1966) et enfin à Paris. Diplômé de l’École Militaire de Moscou et de l’École de Guerre de Paris, il exerce différentes fonctions au sein de l’|Armée nationale populaire (ANP)2.
    D’abord commandant de l’École d’Application des Armes de Batna (1975), puis de l’Académie Militaire Inter-Armes de Cherchell (1981), il devient commandant d’importantes régions militaires : en 1982 au Sahara (à Tamanrasset) puis à Béchar sur la frontière marocaine en 1984 et enfin à Constantine en 19873. Élevé au rang de général en 1988, il est promu à la tête des forces terrestres en 1989. Il est cependant remercié dès 1990 par le président Chadli Bendjedid, en désaccord, notamment avec le général Khaled Nezzar, à propos d’un plan de réorganisation de l’armée algérienne. Liamine Zéroual est alors muté en Roumanie comme ambassadeur d’Algérie, mais quitte rapidement le poste et retourne s’installer à Batna en se retirant de la vie publique.

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    Dirigeant politique[modifier]
    En juillet 1993, il est rappelé au poste de ministre de la Défense nationale dans le gouvernement du Haut Comité d’État (HCE) créé à la suite de la destitution du président Chadli par l’armée et de l’interruption du processus électoral en janvier 19924, remplaçant ainsi Khaled Nezzar. Partisan d’un dialogue avec tous les partis politiques du pays pour trouver « une solution consensuelle à la crise », il rencontra plusieurs fois les principaux dirigeants du Front islamique du salut (FIS) emprisonnés.
    Au sein du commandement militaire, entre les « réconciliateurs », partisans et cautionneurs de la violence terroriste des sections armés du FIS, favorables au dialogue et les « éradicateurs (majoritaires au sein de la société algérienne) », partisans de n’accorder aucune concession aux islamistes et à lutter sans faille contre le terrorisme, la personne de Liamine Zéroual apparait comme un compromis, et c’est à ce titre qu’il est désigné le 30 janvier 1994 à la tête de l’État par le HCE, remplaçant Ali Kafi, pour assurer la période de transition3. Ses décisions durant la prise d’otages du vol AF8969 le 24 décembre 1994 le place en situation instable vis-à-vis du gouvernement Français.
    Le 15 janvier 1995, il exprime son courroux en jugeant intolérables les pressions diplomatiques internationales engendrées notamment par le contrat de Rome, dit de San Egidio, signé par les leaders politiques de l’opposition dénonçant une prétendue mainmise militaire de l’État. L’objectif du contrat était en réalité de mettre le pays sous tutelle, de réhabiliter le parti criminel du FIS en abdiquant devant ses exigences. Ainsi, dans le but de restaurer la légitimité perdue des institutions de l’État, il organise une élection présidentielle en 1995, la première à scrutin pluraliste en Algérie5. C’est également lui qui, après son accession au pouvoir et suite aux attentats du Maroc où le roi Hassan II provoqua l’Algérie en pointant du doigt son voisin algérien, sans preuve, comme responsable, fermera la frontière algéro-marocaine en 1995. Depuis, la frontière algéro-marocaine est toujours fermée6.

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    Présidence[modifier]
    Remportant le scrutin, il est élu président de la République le 16 novembre 1995 avec 61,3 % des voix. Ayant fait le constat de l’échec du rapprochement avec les représentants modérés du FIS dissous, eux-mêmes dépassés par l’émergence d’importants groupes terroristes, meurtriers, comme le GIA, Liamine Zéroual rompt le dialogue avec les islamistes et mène une politique d’« éradication des groupes terroristes »3.
    La révision constitutionnelle de novembre 1996 augmente considérablement les pouvoirs du président de la République même si elle limite le nombre de mandat à deux, et tend à fermer le champ politique à l’opposition. Des proches du président, et sous sa direction, fondent le 21 février 1997 le Rassemblement national démocratique (RND), à la veille des élections législatives algériennes du 5 juin 1997. Le parti RND y remporte une large majorité, et appuie le pouvoir de Liamine Zéroual. Mais des tensions de plus en plus présentes au sommet de l’État amènent Liamine Zéroual à se retirer. Il annonce ainsi, le 11 septembre 1998, dans son discours à la nation la tenue d’élection présidentielle anticipée pour février 1999 (normalement prévue pour 2000), auxquelles il déclare ne pas se présenter2. Il quitte la présidence de la République le 27 avril 1999. Son successeur est un ancien ministre et proche de Houari Boumédiène, du FLN, Abdelaziz Bouteflika.
    Suite à l’hospitalisation du président Abdelaziz Bouteflika en mai 2013, des rumeurs persistantes le désignent comme son probable successeur à la présidence de la république. 7

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    Notes et références[modifier]

    ↑ Chef de l’État du 30 juin 1994 au 16 novembre 1995.
    ↑ a, b et c Liamine Zéroual [archive]), portrait sur le site de la Présidence de la République algérienne.
    ↑ a, b et c ZEROUAL, Liamine [archive], Institut européen de recherche sur la coopération méditerranéenne et euro-arabe, Juin 1999.
    ↑ Par le Haut Conseil de sécurité (HCS), haut commandement militaire, après que le FIS, parti islamiste, ait remporté une large majorité lors du 1er tour des élections législatives.
    ↑ Élection présidentielle cependant boudée par des grandes formations de l’opposition (FFS, FIS et FLN).
    http://www.elwatan.com/Ouverture-de-la-frontiere-algero [archive]
    http://www.liberte-algerie.com/actualite/le-president-bouteflika-va-mieux-mais-le-parisien-evoque-la-sante-du-chef-de-l-etat-algerien-201091 [archive]

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