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Dieu est-il recyclable ? par Mazouzi Mohamed *

11 juillet 2013

Universitaires

«La foi commence précisément là où finit la raison (là où s’arrête la pensée)». Søren Kierkegaard

1ère partie 

Pure conception neuronale ou réalité intangible, la foi en Dieu demeure toujours un mystère qui s’avère aujourd’hui plus que jamais toujours difficile, voire impossible pour l’esprit à évacuer tel qu’il s’est accoutumé à procéder avec l’ensemble des autres phénomènes que l’on a jugé nécessaire de recycler ou d’escamoter.

Ce n’est pas la foi qui est un subterfuge ainsi que cela fut doctement prophétisé par les uns et les autres.

Le philosophe Michel Onfray nous dira qu’:  » On ne tue pas un souffle, un vent, une odeur, on ne tue pas un rêve, une aspiration. Dieu, fabriqué par les mortels…n’existe que pour rendre possible la vie quotidienne…Tant que les hommes auront à mourir, une partie d’entre eux ne pourra soutenir cette idée et inventera des subterfuges. On n’assassine pas un subterfuge, on ne le tue pas.  » (1)

Penser dissoudre ou recycler la/les religions, c’est là où résident le subterfuge et l’illusion.

De manière insensée et terriblement passionnée, on s’est invariablement complu à appréhender, à s’emparer du fait religieux sans y prêter attention ni à toute l’étendue de sa complexité dont la science prétendra explorer et expliquer aisément les invariants ni aux variables aléatoires qui ne cessent de défier ces mêmes suffisances scientistes approximatives et décalées.

Il est surprenant de constater que dans notre irrésistible désir d’en finir avec Dieu nous ne faisons que mettre en lumière non pas seulement certains mécanismes cognitifs et psychologiques qui sont à la base de nos croyances mais nous prenons aussi acte des mobiles qui, depuis la nuit des temps, assurent cet équilibre à nos frêles existences : le rêve, l’aspiration qui induisent les révoltes et les révolutions. En effet, tout part de ce postulat pour y aboutir inéluctablement après un long chemin tortueux fait de spéculations et de funestes malentendus.

Il serait par ailleurs équitable de rappeler que les autres subterfuges de nos idéologies successives qui avaient cru affranchir l’homme de ce que Freud appelait, en parlant de la religion,  » la névrose collective », n’ont été que de piètres ersatz thérapeutiques à nos illusions, à nos rêves, à nos aspirations.

L’homme doit prouver qu’il se suffit à lui-même s’il veut que Dieu disparaisse de son existence. Et cet hédonisme que l’homme n’a cessé de revendiquer n’est, lui aussi, que leurre et subterfuge.

 » La religion n’est pas une superstructure sociale que l’on met à bas et qu’on remplace par une idéologie de substitution. Elle est une construction humaine endogène.  » (2)

Dissoudre Dieu, recycler Dieu, apprivoiser Dieu …ces tentatives relèvent, elles aussi, de l’illusion et du subterfuge, car ne devrait-on pas, par souci d’honnêteté intellectuelle et tout en restant dans le domaine de la philosophie et de la psychologie, considérer que le fait d’avoir pris Dieu comme  » bouc émissaire  » n’était forcément pas la bonne solution. Nous utilisons les mêmes moyens que nous avons dénoncés chez les théistes et que nous essayons vainement de déconstruire. La  » théorie du bouc émissaire  » , utilisée en socio-psychanalyse ou en psychologie sociale, évoque ce désir ou ce reflexe inévitable que nous portons en nous et qui consiste à dénoncer  » l’Autre  » comme étant la source de notre malheur, et cette-fois ci en l’occurrence la religion, coupable tout désigné qui constitue un frein à nos désirs, à nos rêves, à nos aspirations, à nos libertés. Cette religion qui s’était fixé un but, un idéal (de justice, d’ordre, réels ou illusoires…) lesquels seront convoités par ceux-là même qui la diaboliseront sans pour autant accomplir les miracles que celle-ci s’est avérée incapable à réaliser.

 » Le désir selon l’Autre est toujours le désir d’être un Autre. Il n’y a qu’un seul désir métaphysique, mais les désirs particuliers qui concrétisent ce désir primordial varient à l’infini.  » (3)

Ce sont toujours ces notions alternatives de « mécanisme victimaire « , de  » désir mimétique  » dont parlait le philosophe René Girard, qui sont en jeu, à tour de rôle exploités par les uns et les autres.

 » Chacun imite l’autre tout en affirmant la priorité et l’antériorité de son propre désir. Chacun voit dans l’autre un persécuteur atrocement cruel. Tous les rapports sont symétriques ; les deux partenaires se croient séparés par un gouffre insondable mais l’on ne peut rien dire de l’un qui ne soit vrai, également, de l’autre.  » (4)

Recycler Dieu ? Ce casse-tête ne date pas d’hier. Déjà à Babel, passé si flou et imprécis, animés par un désir irrépressible de vérifier la véracité d’un fait, de dévoiler le mythe ou de s’affranchir d’une puissance divine liberticide, les hommes s’engageront dans une lutte perdue d’avance. J’ignore s’ils s’étaient trompés de projet ou si leurs moyens étaient pitoyablement dérisoires. Leur audace fut toutefois sévèrement réprimée, d’autres y verront dans la zizanie qui s’en suivra plutôt une récompense, un salut. Néanmoins, c’est de là que tous les malentendus furent lâchés pour aller semer et alimenter cette altérité problématique qui donnera un sens à l’ordre du monde et à la création.

On découvre récemment que ce  » désir, voire ce besoin quasi-vital de croire  » a toujours élu domicile dans l’esprit de l’homme dont les neurones étaient programmés pour fabriquer le sens du sacré, la croyance, la foi et pourquoi pas la religion et Dieu, ajouteront certains.

Cette quête, naguère impossible, car tournée vers l’extérieur, à un niveau physique et spatial qui dépassait le savoir de l’homme, prendra une tournure beaucoup plus raffinée et exceptionnelle ; les recherches sont actuellement orientées vers l’intérieur, vers ce microcosme que l’on pense abordable et intelligible : L’Esprit de l’homme. Ainsi, au lieu de courir derrière des molécules divines qu’on ne trouvera jamais à l’échelle macrocosmique, il s’agit plutôt d’explorer au fin fond de l’esprit humain ces indices originels à même de nous permettre de lever le voile sur ce pacte d’alliance incompréhensible entre l’homme et cette voix ou cette présence divine impénétrable. S’agirait-il  » d’illusions « , (Winnicott) de  » Névrose collective  » (Freud),  » d’Opium du peuple  » (Marx) ou tout simplement d’un désir intrinsèque à notre nature humaine si fragile pour qui le sacré et le religieux demeurent des composantes vitales à notre bien-être.(Approches psychanalytiques- Julia Kristeva, Sophie De Mijolla-Mellor ). Courants cognitivistes (Pascal Boyer, Scott Atran). (5)

On aura tout fait pour essayer de localiser Dieu à travers toutes les dimensions possibles (espace-temps intracérébral-supranaturel…), mais tout ce qu’on est arrivé à prouver c’est que finalement, il ne disparaitra pas. Emboitant le pas aux sceptiques, aux agnostiques, aux athées, aux psychanalystes, de nouvelles théories érigées en science, viendront à leur tour proposer des schèmes proclamés (empiriquement) convaincants, car déduits d’un processus de mise à l’épreuve scientifique mais qui néanmoins demeure imparfait non pas dans son application mais plutôt au niveau des déductions ou des raccourcis qui seront exploités pour en faire une nouvelle littérature sur l’identité de Dieu.

On appellera cela la  » Neurothéologie « . Après avoir eu recours à l’imagerie cérébrale pratiquée de manière parcellaire, un neurobiologiste et un anthropologue publieront en 2001 des recherches qui tendent à confirmer la corrélation entre des pratiques méditatives et l’empreinte laissé de manière visible par ces activités sur certaines aires cérébrales. (6) Et ainsi, les neurosciences, utilisant tour à tour l’imagerie cérébrale ou la technique RTMS (répétitive transcranial magnetic stimulation ou stimulation magnétique transcrânienne répétée) (7) s’approprieront à leur tour ce Dieu qui était la priorité exclusive des théologiens, des philosophes, des psychanalystes ou tout simplement de croyants ou d’athées lambda.

Laissant planer des doutes quant à la fiabilité de leurs hypothèses, toutes ces tentatives ne susciteront jamais un assentiment général. Las de courir après ce dieu impalpable, on a donc grimpé sur une machine à explorer le temps. Et quel temps ! Celui de la pensée humaine. Le bidule a propulsé d’autres chercheurs très loin, au-delà de ce monothéisme incorrigible qui ne peut s’empêcher de faire de la politique. On ira fouiller les méninges du pauvre néandertalien pour déchiffrer à travers ses gribouillages rupestres ce qu’il essayait de communiquer au monde. En effet, il parait que les réseaux neuronaux de cette espèce préhistorique produisait déjà le sens du  » sacré « , du  » spirituel « , des notions qui, je dirai, détermineront l’humain dans la mesure où elles se perdent dans des temps immémoriaux et promettent de nous tenir compagnie jusqu’à l’extinction de l’espèce humaine.

L’anthropologue Scott Atran dira à ce sujet que :  » Les structures biologiques et cognitives qui permettent la vie humaine sur terre semblent avoir peu, ou pas du tout changé – du moins depuis  » Eve mitochondriale  » qui aurait vécu dans la savane africaine il y a plus de cent mille ans  » (8)

Encore une fois, et ce n’est sûrement pas l’ultime tentative d’élucider le mystère de la foi, ce sera au tour de l’anthropologie cognitive et de la psychologie évolutionniste de tenter humblement d’y apporter des éclairages nouveaux et très pertinents (du moins concernant cette période embryonnaire de la pensée humaine) sur le mystère de la longévité de nos croyances. Dans son livre  » Et l’homme créa les dieux « , l’anthropologue Pascal Boyer, avec un cocktail subtil fait d’anthropologie cognitive, d’ethnologie et de psychologie évolutionniste, consacrera ses recherches non pas à essayer de prouver Dieu mais à rendre explicites les mécanismes mentaux et autres connexions neuronales qui, depuis des millénaires, témoignent du fait  » sacré, spirituel et religieux  » :  » L’explication des croyances et des comportements religieux est à rechercher dans la façon dont fonctionne l’esprit des hommes.  » (9)

Bien que les trois religions monothéistes adhéraient déjà à ces thèses, ces chercheurs innoveront sur la question de la généalogie de la morale en affirmant que dans notre esprit, aussi bien la Morale que d’autres sensations comme celles vis-à-vis de la mort ou nos dispositions empathiques, préexistent au phénomène des croyances religieuses qui ne feront que s’articuler à posteriori autour de cette tâche d’explicitation ou de justification d’intuitions  » qui nous sont fournies par les processus implicites de notre sous-sol mental « .(10) Pascal Boyer dira sur le même registre que ce n’est pas la Religion qui eles rituels et tout le bazar émotionnel afférent et indispensable aux partages des normes et des pratiques religieuses mais que ce serait plutôt le contraire. Il y aurait eu au fil d’un temps immémorial d’abord le rituel, l’émotion et ce n’est que par la suite que la religion prendra forme. En somme, la religion ne fait qu’agir sur un socle mental et émotif, flou et déjà là, qu’elle contribue à rendre communément intelligible en y faisant germer de l’adhésion et de la vivification à travers des pratiques collectives ou des  » dynamiques de coalition  » pour reprendre la description de Pascal Boyer.

Mais ni l’anthropologie ni les autres disciplines ne s’attarderont sur cette mystérieuse matrice qui rend possible dans notre  » sous-sol mental « ,  » ces processus implicites « , encore moins sur les institutions complexes et pérennes qui prendront forme au fil des siècles pour féconder en mettant à l’épreuve le phénomène religieux ou sur l’engagement existentiel indéfectible qui se traduit à travers cette représentation du monde si particulière qu’est et que sera la Religion.

En dépit des arguments à caractère scientifique que les sciences humaines et la neurobiologie (récemment) font valoir pour contester/relativiser ce qui était présenté dans le phénomène religieux comme donnée inhérente à la révélation ( un phénomène extérieur), ces courants scientifiques ont été de piètres rhétoriciens/rationalistes, aussi peu persuasifs quant à la probabilité ou à la certitude de l’inexistence d’une origine spirituelle ou religieuse ( Dieu) en dehors ou anté/système d’inférence. (11)

Nous avons donc à faire à un scénario semblable à celui du big-bang. La glose et la prétention scientifique ne commencent qu’une fois le mouvement et l’action, émergés miraculeusement du néant, manifestent leur présence. Ce qu’il y a ou ce qu’il pourrait y avoir avant cette bouillonnante vie neuronale sera de manière splendide invariablement escamoté, complètement ignoré ou interprété différemment. D’ailleurs, l’anthropologue Pascal Boyer aura quand même l’honnêteté, ne pouvant faire autrement, d’avouer que ses recherches ne consistent qu’à  » décrire les dispositions cognitives qui rendent certains genres de concept particulièrement  » virulents  » et notamment ceux ayant un lien avec le phénomène religieux. Il ajoutera que  » l’étude du cerveau nous permet de comprendre les aspects les plus généraux de la religion. Comment ces concepts sont acquis et transmis d’une personne à une autre. Cette explication, en elle même, ne requiert nullement que les concepts en question aient un  » fondement objectif « . En d’autres termes, nul besoin nécessaire de la présence d’un Dieu attesté pour rendre compte des multiples et complexes mécanismes mentaux qui s’activent lors de l’assimilation de ces phénomènes liés à la foi et aux croyances : « Les concepts religieux mobilisent les ressources de systèmes mentaux qui seraient là, religion ou pas  » (12) Et voilà comment les scientifiques se posent eux-mêmes des limites à leur objet de recherches ainsi qu’aux diverses méthodes qu’ils mettent en pratique pour justifier leurs résultats.

Depuis la nuit des temps, et fondamentalement pour des raisons de survie et par souci de consolidation des potentialités psychologiques face à (l’Angoisse -l’Insécurité -l’Irrationnel…) et la pérennisation de la cohésion du groupe, l’esprit de l’homme interconnecté avec celui de ses semblables a laborieusement entrepris de sélectionner des techniques ou modèles de représentation, de tri et de sélection des concepts inhérents à la compréhension du monde qui avantageraient son évolution ; pour cela il lui fallait fabriquer et maintenir de manière sélective et spécifique ses croyances. Ce que les spécialistes essayeront de développer à travers ces notions de  » Système d’inférence  » ou  » d’agentivité « .

Pour schématiser, (et je commettrai ici un sacrilège en essayant d’expliquer de manière aussi scandaleusement laconique des concepts aussi complexes et évasifs) l’esprit humain, soumis aux lois de l’évolution et pour mieux supporter le vertige existentiel, a été obligé de se représenter le monde, de réagir et d’interagir avec lui en élaborant un système de pensée pas forcément rationnel mais extrêmement utilitaire et fonctionnel qui l’amène à concocter des réponses et des ripostes, qu’il estime appropriées, aux situations problématiques auxquelles il serait confronté.

Je ne vois pas comment on pourrait ne pas souscrire, même partiellement ou avec certaines réserves, à tout ce foisonnement de recherches en psychanalyse, en anthropologie et en sciences cognitives. Ce serait une gageure de ne pas leur accorder toute l’attention qu’elles méritent, non pas pour leurs velléités à réfuter obstinément l’existence de Dieu, chose à laquelle ils n’ont jamais prétendu, mais pour leurs considérables efforts à mettre en lumière les prodigieuses forces qui nous travaillent de l’intérieur, à notre insu, et qui façonnent nos actes et nos destins. Le risque assez fort de  » l’illusion  » ou du  » subterfuge  » tant dénoncé par ces chercheurs et qui peut s’immiscer dans nos croyances et nos convictions multiples, religieuses ou autres, demeure entier et incontestable.

Ces  » intrusions  » ou cet  » irrationnel prépondérant et incontrôlable  » auxquelles il est difficile de prendre garde auront pour effet de pervertir nos croyances et de donner lieu à des conséquences regrettables, contre-productives et à contrecourant de la paix et du progrès dans le monde.

D’un autre côté, et pour des raisons fondamentales, (de pures apories), ce serait une ineptie d’avoir la prétention aujourd’hui de dire que toutes ces recherches éreintantes sur le phénomène religieux auraient totalement épuisé la question et seraient arrivées à leur terme.

D’abord, parce que l’Esprit lui-même restera la grande énigme indépassable.  » Force est de constater qu’au bout de 2?500 ans de philosophie, 200 ans de psychologie, 50 ans de sciences cognitives, on n’a pas de réponse unanime à la question de la nature de l’esprit. L’hypothèse même d’une théorie globale est abandonnée par certains?: inutile de chercher une théorie générale, cela n’existe pas?!  » (13)

Ensuite, parce que, sur le plan psychologique, le  » Moi « , comme disait Freud,  » n’est même pas maître dans sa maison  » et  » doit se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe, en dehors de sa conscience, dans sa vie psychique « .

Et puis, parce que, sur le plan cognitif, l’accès à la vérité sur la réalité demeure aussi aléatoire et arbitraire dans la mesure où  » tout ce que l’on connait du monde extérieur dépend de ce que l’on peut glaner de ces indices intérieurs « , L’esprit étant comme disait le neurophysiologiste Delgado,  » l’élaboration intracérébrale de l’information extra cérébrale « , il en ressort que forcément, l’accès à la vérité sera tout aussi relatif. La réalité transmise par cette médiation demeurera donc soumise aux risques de  » l’Illusion « .

Et enfin, parce que sur le plan physique au sujet duquel tout le monde pensait détenir des notions moins vaseuses, la réalité ne serait qu’une  » hallucination informationnelle.  » :  » Alors que l’on pensait toucher les fondements tangibles de notre monde, ceux-ci disparaissent pour ne laisser qu’une sorte d’hallucination collective, un artefact généré par notre propre questionnement  » (14)

On peut alors conclure que les dangers de  » L’Illusion  » et du  » Subterfuge  » risquent de pervertir l’ensemble des vérités que nous tentons de soutirer au monde et pas seulement celles inhérentes au fait religieux. Néanmoins, les seules observations (évidentes en soi) auxquelles aboutissent invariablement l’ensemble de ces théories énoncées au sujet du phénomène religieux et auxquelles tout le monde y souscrira seront que les religions possèdent manifestement une fonction sociale, économique, politique, intellectuelle et émotionnelle fondamentalement utilitaire.  » Depuis que le XIXe siècle annonça sa mort avec fracas, Dieu se porte mieux que jamais. Ni le capitalisme (en 1990, on estimait que seul 0,7% de la population américaine était agnostique), ni le communisme (à en juger par la vigueur contemporaine de l’Eglise orthodoxe) n’ont été en mesure d’éteindre la flamme du religieux. Par certains aspects, Dieu peut même être considéré comme l’un des principaux vainqueurs du champ de bataille du XX e siècle  » (15)

A suivre…

Notes de Renvoi :

(1) Michel Onfray, Traité d’athéologie, Grasset 2005, p.38-39

(2) Benoit Virole, La complexité de soi, Charielleditions, 2011, p.292

(3) Girard R., (1961), Mensonge romantique et vérité romanesque, Paris, Grasset, réédition, Paris, Hachette Littérature, 2008 , p. 101

(4) Ibid., p.119

(5) Karl Marx,  » Introduction à la Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel, (1843)

- Sigmund Freud  » L’avenir d’une illusion, (1927  » -Donald Winnicott  » Jeu et réalité, l’espace potentiel, (1975)  » – Sophie de Mijolla-Mellor,  » Le besoin de croire -Métapsychologie du fait religieux, (2004)  » – Julia Kristeva  » Cet incroyable besoin de croire », (2007) « -Pascal Boyer, Et l’homme créa les dieux. Comment expliquer les religions (2001) – Scott Atran, In gods We trust. The Evolutionary Landscape of Religion (2002)

(6) Le neurobiologiste A.Newberg soumettra l’activité cérébrale de moines bouddhistes tibétains en méditation, à une caméra tomographique à émission de positions. L’imagerie cérébrale indiquera que l’extase mystique est associée à une chute d’activité d’une zone précise du cortex pariétal, chose qui fera dire à certains qu’on venait de découvrir le  » Centre cérébral de la religion « , déductions hâtives qui seront par la suite assez contestées. En 2003, le neurobiologiste A.Newberg co-publiera un livre qui mérite bien son nom  » Pourquoi Dieu ne disparaitra pas. Quand la science explique la religion. « 

(7) RTMS : Technique qui consiste à diriger un champ magnétique bref et puissant sur le cerveau, pour modifier l’activité de zones précises, procédé utilisé en recherche fondamentale, pour mieux comprendre le rôle de certains circuits neuronaux. Par le biais de cette technique, le Dr Michaël Persinger, chercheur en sciences cognitives (Canada), a voulu recréer artificiellement des sentiments religieux en stimulant électriquement une vaste subdivision du cerveau. Persinger croit qu’il avait ainsi fabriqué le « Casque de Dieu » qui, en générant de faibles champs électromagnétiques focalisés sur des régions particulières de la surface du cerveau, induisaient chez la plupart des sujets la sensation d’une présence (entité spirituelle) ainsi qu’un profond sentiment de béatitude. Bref ! Ces éminentes recherches faites par les uns et les autres ne visaient qu’un seul objectif : prouver que toute cette foire mentale et émotionnelle inhérente au phénomène de la Foi et des autres croyances n’était que des manifestations hallucinatoires créées localement et exclusivement par l’esprit humain. Point de Dieu à l’horizon. La globalité de ces expériences partiales et partielles seront remises en question.

(8) Scott Atran, In gods We trust. The Evolutionary Landscape of Religion, Oxford Université Presse, 2002, p.8-9

(9) Pascal BOYER, Et l’homme créa les dieux. Comment expliquer les religions, Paris, Robert Laffont, 2001. P. 10

(10) Ibid., p. 302.

(11) Selon l’anthropologue Pascal BOYER  » L’esprit se compose d’un grand nombre de dispositifs d’explications spécialisés, plus précisément nommé système d’inférence, dont chacun est adapté à certains types d’événements précis et suggère automatiquement des explications à leur propos. « 

(12) Pascal BOYER, Et l’homme créa les dieux. Folio Essais, 2003. p, 468

(13) J.F Dortier,  » Balade parmi les théories de l’esprit « , Sciences Humaines, N° 248 – mai 2013

(14) Science et Vie, Octobre 2005  » Le Monde existe-t-il vraiment ?  » ?p.70-83

(15) Fabrice Clément, Les Dieux disséqués. Vers une science du religieux, In Critique 677 (Octobre), Paris, Ed. de Minuit, 2003, pp.747-762.

* Universitaire

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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