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L’hôpital est en France et la salle d’attente est en Algérie par Kamel Daoud

5 juillet 2013

Kamel Daoud

«…Oui, il faut fuir. Loin où c’est tellement le silence. Rien à dire ou à subir. N’écouter que sa propre arrivée quelque part, puis suspendre le souffle et le prénom et s’asseoir et enfin se sentir chez-soi. C’est une question de vie ou de mort. Car le pays manque d’air. Tous sont médecins, moi y compris. On a tous été entraîneurs de football en 2010. Puis tous analystes des révolutions dites arabes. Puis on s’est assis et Bouteflika s’est couché. Alors on est tous médecins. Puisque personne ne sait rien, cela mène à ce que tout le monde sait quelque chose. Et on s’épuise. Pourquoi on ramène tout au politique, tu me dis? Parce qu’il s’agit de savoir qui est son père quand on vient au monde. Qui possède quoi et au nom de quoi. Les colons sont partis et on s’est retrouvé, enfin, entre nous, mais nos héros étaient morts et il y avait plus d’armés que d’actes de propriété. Donc il y a eu doute qui a été tranché par la force. Puisqu’on n’a pas réglé cette question, hier, elle reviendra demain. «Hier» est quelque chose qui ne passe jamais si on ne lui tient pas la main et qu’on lui demande pardon. Cela vous revient, encore et encore, et vous prend la tête, vous écrase, vous donne l’impression que vous êtes fou ou que vous n’avez pas de chaussures ou pas la bonne adresse, alors que vous êtes chez vous. C’est comme ça. On est y encore l’ami. La question 62. Ton président est malade et voilà le drame : l’hôpital est en France, mais la salle d’attente se trouve en Algérie. Peut-être qu’il fallait se fixer un but avant l’indépendance, désigner un président dès 1912. Je dérive. C’est que je veux que cela sorte de ma tête. C’est tout le temps. L’Algérie est très vaste dans la tête de chacun et on n’en finit pas de faire le tour, d’en palper le malheur. Des rumeurs partout. Comme autrefois. Est-ce que cela a changé ? Vas savoir. C’est toujours le maquis face au village. J’en ai la nausée. Je voudrais penser à autre chose. Même plus penser. Juste ne plus être président de ce pays. On l’est tous justement. Tout le temps.»

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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