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Le conte au croisement du biculturalisme

23 juin 2013

Nora Aceval

 

C’est en Algérie, pays francophone, que j’ai hérité de tout un répertoire de contes populaires arabophones. Il me fut transmis depuis l’enfance par ma mère dans une langue rurale de Tousnina à l’accent rude des Hauts Plateaux du Sud-Ouest. Mais, paradoxalement, lorsque je convoque mes plus lointains souvenirs à la recherche du premier conte entendu, me revient une version du Petit Poucet racontée en français par mon père, pied-noir d’origine espagnole. Enfant de la mixité, je grandis dans ma langue maternelle qui imprima en moi la littérature orale. Le français, ma langue paternelle, en même temps que langue d’apprentissage scolaire, devint naturellement la langue de transmission. Au croisement de mes deux cultures, l’utilisation de la narration en français de mes contes arabophones, loin d’être une esthétique, me permit d’établir un pont solide entre mes deux moitiés, l’Algérie et la France. Des histoires entre les deux rives, entre les deux langues. En Algérie, hors la sphère intime, l’utilisation du français en toutes circonstances pour ma narration s’impose d’elle-même aussi aisément qu’en France. A la réflexion, je fus bercée par une triple culture. Dans la ville, mon parler rural passait pour un emprunt exogène. Les citadins parlent français. C’est juin 2013 / Francophonie 7 là sans doute la raison pour laquelle je restitue en français ce qui m’a été transmis dans le patois local. En Algérie, malgré une politique volontariste d’exclusion de l’espace « administré », la langue française, même un peu chahutée par les couleurs locales, demeure un vecteur d’expression. Son utilisation me permet de dépasser les rapports complexes entre ruralité et citadinité, entre arabité et francité. A la manière du conte universel, le français fonctionne comme langue magique assemblant ce qui est épars en une unité fertile. Nora ACEVAL : auteure et conteuse 2013 : « La femme de Djha, plus rusée que le diable ! Il». Sébastien Pignon. Préface de Leïla Sebbar. Ed. Al Manar Alain Gorius. (Adultes) 2011 : « 10 contes d’Algérie » (+fiches pédagogiques) sur Internet par l’association Deci-Delà. (www.conte-moi.net/conte-moi-francophonie)tel est le titre de mon article dans cette revue Francophonie N°18
Clin d’oeil à Alain Gorius : en réf de dernière publication La femme de Djha
Bises à toutes et tous d’Alger

Nora Aceval
fichier pdf 20 pages BD Francophonie N°18
SITE: www.nora-aceval.com

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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