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22 février 2013

1.Citations, Mouloud Mammeri

« Vous me faites le chantre de la culture berbère et c’est vrai. Cette culture est la mienne, elle est aussi la vôtre. Elle est une des « composantes » de la culture algérienne, elle contribue à l’enrichir, à la diversifier, et à ce titre je tiens (comme vous devriez le faire avec moi) non seulement à la maintenir mais à la développer. »

Réponse de Mouloud Mammeri à l’article « les donneurs de leçons » paru dans le quotidien officiel et qui circula en Algérie sous forme dactylographiée en avril 1980.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “Citation”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    La communication d’Ali Mammeri sur le regard qu’il porte sur son cousin, l’écrivain Mouloud Mammeri, a été suivie avec un grand intérêt par le public. Voici la synthèse de cette communication qui permet une meilleure appréhension de l’homme qu’était Mouloud ASS UMAZIGH 2011 REGARD SUR MOULOUD MAMMERI
    Mammeri.

    Mouloud Mammeri représente pour lui un personnage central de la grande famille At Maammer dont les maisons sont toutes regroupées en haut du village de Taourirt Mimoun.

    Pour l’enfant qu’il était, Mouloud Mammeri que tous les jeunes appellent, par respect, Dda Lmulud, incarnait un modèle de réussite.

    La mère d’Ali Mammeri disait souvent :  » Travaille bien à l’école, ainsi tu ressembleras à ton ainé Mouloud ».

    Beaucoup plus tard, après la parution de son premier roman « La colline oubliée », Ali Mammeri a pris conscience de l’envergure de l’homme de lettres, du penseur, du chercheur et de « l’amusnaw » qu’il était tout à la fois. La facilité et le naturel avec lesquels il se départissait de son habit de Professeur pour celui de paysan lorsqu’il était en Kabylie, l’ont toujours impressionné.

    Ce qu’il a observé aussi chez Mouloud Mammeri c’est sa très grande capacité d’écoute. Toutes conditions sociales confondues, Il avait la même considération et le même respect pour chacun de ses interlocuteurs et interlocutrices dans le village ou ailleurs.

    Sa première expérience au théâtre fut avec lui. En 1962, les jeunes du village l’ont investi de la responsabilité de réanimer les activités du groupe Scout qui a préexisté à Beni-Yenni jusqu’en 1949. Il a fait appel à Mouloud Mammeri pour l’aider dans cette immense tâche. C’est ainsi qu’il apporta son précieux concours à la traduction et à l’adaptation en Kabyle, de la pièce « L’avare » de Molière.

    C’est en quelque sorte lui qui lui a fait aimer le théâtre ainsi qu’aux autres jeunes faisant partie de la troupe.

    Mouloud Mammeri était le genre de personne à prodiguer ses conseils et recommandations.
    Il était une véritable université ambulante. Il ne ménageait jamais sa peine pour dispenser son savoir et sa sagesse avec cette humilité dont il ne se départissait jamais.

    Ali se souvient qu’à l’occasion du mariage de son frère alors qu’ils étaient à Batna localité d’où ils devaient ramener la mariée, Mouloud Mammeri ne manqua pas cette opportunité pour leur faire visiter TIMGAD et se livrer devant une assistance nombreuse à un véritable cours sur cette prestigieuse cité. De nombreux visiteurs étrangers à leur groupe ne manquèrent pas de se joindre à eux pour écouter l’éminent Professeur qu’était Mouloud Mammeri.

    Comme l’avait souhaité son père, Mouloud Mammeri a été de son temps, tout en restant attaché à ses racines, à sa langue et à sa culture d’origine. Il a réussi à sauver des pans entiers de cette culture orale dans laquelle ont baigné son enfance et son adolescence.

    Il a puisé aux meilleures sources cette « tamusni » cette culture auprès des deux derniers représentants d’une lignée d « Amusnaw »poètes des At Yenni en l’occurrence son père, Sidi Lounas et de nombreux autres vieux de la Kabylie.

    Il s’est servi aussi des outils modernes pour fixer dans l’écrit cette culture.(CF. « Les isefras de Si Mohand », « Poèmes kabyles anciens », « Innayas Ccix Muhand »)

    Des connaisseurs de l’œuvre de Mammeri ont tous relevé son mérite d’avoir maintenu intactes ses racines, alors qu’il avait subi à travers sa scolarisation française, l’immersion dans un monde et dans une culture qui n’était pas la sienne.

    Il a été le porte voix d’une culture qu’il a contribué à faire découvrir sur le plan international.

    Pour Ali Mammeri, en tant que simple lecteur de quelques publications de Mouloud Mammeri et notamment son œuvre romanesque, il retient son souci permanent d’être en phase avec les réalités de la société algérienne.

    A cet égard, le dernier roman de Mouloud Mammeri « La traversée » qu’ Ali Mammeri a lu et relu lui avait donné froid dans le dos. Ce roman publié en 1982 et presque passé inaperçu en Algérie, plantait déjà le décor de ce qu’allait connaitre l’Algérie dans les années 9O.

    Il pense que son livre d’entretien avec Tahar Djaout mérite un intérêt particulier. Il met en lumière un échange passionnant de deux générations d’écrivains aux styles différents. Ce livre paru en 1987 a été l’occasion pour Mouloud Mammeri de livrer le fond de sa pensée sur tous les thèmes abordés par son complice et ami.

    Ali ajoutera que l’œuvre romanesque de Mouloud Mammeri est traversée par un souffle poétique qui est sa marque de fabrique.

    Tout au long de sa vie, Mouloud Mammeri a mené ses combats en solitaire. Souvenons-nous des attaques injustes qu’il a subies des milieux nationalistes, lors de la parution de son premier roman « La colline oubliée » en 1952. Mohamed Harbi, dans ses mémoires, fait son « mea culpa » et reconnait la pertinence de la conception de l’engagement chez Mammeri.

    En 1962, il a été élu par ses pairs, Président de la première Union des Ecrivains Algeriens de l’Algerie indépendante. Il remit sa démission lorsque le gouvernement de l’époque décida de faire passer cette union sous la coupe du parti FLN.

    Il importe de rappeler ici que l’interdiction d’une conférence qu’il devait donner le mois de Mars 1980, à l’université de Tizi-Ouzou sur son livre « Poemes kabyles anciens » a donné lieu aux évènements appelés « Printemps berbère ».

    Ali Mammeri, ne résiste pas à l’envie de rapporter ce jugement de Pierre Bourdieu sur l’itinéraire de Mouloud Mammeri qui a été son ami : « Toute sa vie aura été une sorte de voyage initiatique qui tel, celui d’Ulysse, reconduit par de longs détours au monde natal au terme d’une longue recherche de la réconciliation avec soi même c’est-à-dire avec les origines. Un difficile travail d’anamnèse qui a commencé avec son premier roman

    « La colline oubliée ». Héritier d’une longue lignée de poètes, il se fait porte parole de toute une civilisation aujourd’hui menacée de disparition. En se retrouvant, il retrouve son peuple ».

    C’est justement en pensant au devenir de son peuple, que Mouloud Mammeri concluait ainsi son entretien avec le journaliste écrivain Thahar Djaout qui fut son complice et ami.

    « C’est par là que je voudrai finir. Le nombre de jours qu’il me reste à vivre, Dieu seul les sait. Mais quel que soit le point de la course où le terme m’atteindra, je partirai avec la certitude chevillée que, quels que soient les obstacles que l’histoire lui apportera, c’est dans le sens de sa libération que mon peuple (et à travers lui tous les autres ) ira. L’ignorance, les préjugés, l’inculture peuvent un instant entraver ce libre mouvement mais il est sûr que le jour inévitablement viendra où l’on distinguera la vérité de ses faux semblants. Tout le reste est littérature »

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