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Gérer, c’est d’abord compter juste par Farouk Zahi

7 décembre 2012

Farouk Zahi

Presque tout le monde s’accorde à dire que le pays a atteint un niveau de développement appréciable que ce soit en matière d’équipements ou en matière de ressources humaines. La pléthore, dans ce dernier chapitre, est telle qu’il est devenu courant de pourvoir à des tâches subalternes par des agents de formation supérieure.   

La pression des demandeurs d’emploi a démocratisé le produit de l’université. Il suffit de jeter un coup d’œil aux guichets de l’état civil où ces commis aux écritures s’échinent à délivrer toutes sortes d’actes, de certificats et d’authentifications de documents. L’entreprise économique n’est pas en reste, la Poste par exemple ou encore la gare routière du Caroubier qui utiliserait, dans le cadre du préemploi, ce genre de personnel pour délivrer des titres de transport. Tant mieux si le but recherché est l’amélioration de la qualité des prestations ; malheureusement il ne s’agit parfois que d’une vague réponse à un vrai problème mal posé. Il s’agit, principalement, d’efficience ou de non efficience des prestations fournies. L’effort, est indubitablement, apparent, mais le mécontentement est général ou presque. Il est rare que les services publics s’assignent une cible à atteindre. L’exemple le plus courant est cette inadaptation des guichets communaux avec le nombre d’électeurs inscrits sur le fichier électoral communal. Un électorat de 80.000 âmes, supposant une population générale estimée au double, peut ne disposer que de services en rapport avec une bourgade de 20.000 hab. Un autre exemple, plus édifiant encore, est celui du transport urbain, il suffit d’être chef lieu de wilaya pour bénéficier de cet outil socioéconomique quitte à n’avoir que la moitié de population d’une daïra située ailleurs. Là, le planificateur n’aura tenu compte que du statut administratif de la localité et n’a pas pour souci d’éviter à des bassins de population entiers, les affres de l’iniquité, moteur des frondes observées çà et là. Les services de santé ont, pendant longtemps, accordé les ressources financières aux structures périphériques au prorata du nombre de lits hospitaliers.

Une aberration, quand chacun sait que les dépenses de fonctionnement sont générées, principalement, par la densité démographique et par l’étendue de la compétence territoriale. En matière d’affectation de ressources humaines, le déséquilibre est plus criard, il s’est trouvé que plusieurs wilayas réunies ne pouvaient pas faire prévaloir un nombre de médecins au moins égal à celui d’une circonscription algéroise, telle que Sidi M’Hamed, hôpitaux non compris.

Nous avons souvenir de quelques distorsions observées à l’intérieur de la même structure. Un simple exercice de comptage entre une dizaine de services hospitaliers, montrait des déséquilibres qui n’auraient pas existé si on avait tenu compte de la capacité technique de chacun des services. De même taille pourtant, les services se singularisaient par des effectifs, des coûts et des résultats différents. La différence ne pouvait s’expliquer que par la force de l’habitude. Il en a été toujours comme çà ! Il ne s’agissait en fait que d’indicateurs fixes, les indicateurs fluctuants quant à eux, ils pouvaient être expliqués par «…en hiver, on a plus de monde…» ou «…il nous vient des gens des wilayas voisines»… Une pharmacienne, accomplissant son service civil dans une wilaya steppique, commandait en toute bonne foi, 13.000 tests de grossesse quand le nombre de grossesses captées ne dépassait guère le 1/3 et le total de naissances atteignait à peine les 11.000/an. Une sage femme affirmait, mordicus, à un ministre de la République que sa maternité recevait 6 à 8 parturientes/jour alors que le nombre de gestes n’a jamais dépassé les 700/an. L’acte de compter semble être perdu de vue, il est souvent remplacé par «beaucoup» ou «énormément». Compter et consigner, ce binôme doit être le maitre mot de toute démarche évaluative et prospective. Le bilan quotidien érigé en exigence, évitera toutes les dérives de l’approximation inductrice de faux oracles nécessitant, le plus souvent, correctifs et surcoûts. Un bilan quotidien, régulièrement suivi, peut à tout moment avertir de la tendance haussière ou baissière d’une activité qu’il faille corriger ou réaménager. Le terroir, vous avertira d’éviter la nationale 8 entre 4h et 13h pour raison d’encombrement les jeudis, jours de marché de Sidi Aissa. Information empirique, mais tout de même utile. L’interview ou le sondage d’opinion sont des instruments que les sociétés évoluées ont, depuis longtemps, instrumentalisés pour mieux faire. L’expérience vécue, a montré l’efficience d’un projet et son appropriation par les partenaires professionnels, quand celui-ci est soumis à affichage public pour recueil d’éventuelles observations. A ce titre, il y a-t-il une quelconque commune ou structure étatique qui met bien en évidence son plan de développement annuel pour que l’usager sache dans quelle direction on navigue pour lui ?

Le vis à vis est dès lors valorisé par son implication et se considère d’emblée comme partie prenante dans l’initiation du projet. Celui-ci ne sera que mieux défendu. Le technicien absorbé par son art a, le plus souvent, tendance à mépriser l’acte d’écrire le considérant à tort, comme un acte primaire. Pourtant, l’acte de rédiger est l’unique moyen de restituer l’historicité de l’activité ou de l’événement dans l’espace et dans le temps. Il était très difficile, sinon impossible, par le passé de faire rédiger par un chirurgien un protocole opératoire. Il est tout aussi vrai que celui, pliait sous le poids de la surcharge de travail, notamment, dans le cadre de l’urgence. Mais, ce même praticien est tout heureux, quand dans le prolongement d’une étude académique, il trouve de la matière pour alimenter celle-ci. L’ordonnance ou la prescription médicale continue, jusqu’à ce jour, à être griffonnée pour être rendue illisible en dépit des moyens existants tels que le micro ordinateur et l’imprimante portables. Il s’agit en fait, d’un document médico-légal de première importance. Cette réflexion renvoie à une anecdote rapportée par le défunt Mouloud Kassem Nait Belkacem, penseur et polyglotte hors pair, sur la nécessité cognitive de la langue, notamment, écrite. C’est l’histoire surprenante de cette lycéenne allemande qui a été déboutée par toutes les instances judiciaires de son pays après avoir, introduit un recours suite à son échec au baccalauréat pour note éliminatoire en langue teutonne.

Pourtant, en dépit de cette note éliminatoire, elle obtenait une excellente note générale grâce aux coefficients des matières scientifiques où elle excellait. Le verdict était sans appel : «Le non respect des règles grammaticales ou syntaxiques, peut mener vers une mauvaises interprétation du contenu d’une œuvre d’ingénierie et par conséquent vers l’incident préjudiciable à la sécurité des biens et des personnes !».

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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