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De la godasse à Nagasaki, la réflexion ….

24 novembre 2012

Farid Talbi

 
Démarrons cette chronique par une note d’optimisme : la télé des visions non parabolées   nous annonce une météo torride  demain à  l’entrée  de Mascate  (45 degrés), et un  ciel  encombré à la sortie  du ciel de sur Vancouver. Une vraie préoccupation nationale . Comme chacun ne l’ignore pas boulevard des martyrs,  l’information du genre  conforte le bonheur du beauf’  du village des piémonts  arides deChlef . Un  jeune vieillard de beauf’ se nourrissant de fierté inconsidérée, surtout par ignorance, sensible aux comparaisons en vrac essentiellement avantageuses au bled . En   ce  matin  de printemps à  siroter un moitié- moitié bien noir, par 18 degrés de saison, sous une voûte céleste  clémente de baraka et compte là-dessus tu verras papa noël . En écoutant le dernier tube percé de  chaba  «  Houhoua–Canastel »  promettre à son futur, des gâteries et grattouilles  revigorantes inédites au tarif syndical en vigueur . Normal . Et il y croit au refrain murmuré  dans un râle érotique,  le bougre de beauf’  à voire sa bouille congestionnée par l’effort d’imagination provenant des abysses de ses tripes bouillonnantes de refoulement collectif et d’époque  ! Comme quoi nos jeunes, si tu leur donnais leur chance , le bac pour tous , (ou « sanche »)  , ils te bâtiraient des usines  de bonheur éternel outre- tombe pourvu de te trucider de sur terre ferme,  en leur cédant ta place .  Les pauvres, pas d’chance, z’har makache , c’est tout !!
Entre vieux retraités à discuter de tout et de rien, attentifs aux échos du bled, voilà que  Bachir nous en sort une bien bonne.  Pour mémoire, Bachir cet enfant de Oued Souf, élevé en Tunisie, émigré à 19 ans à Gilou-la-folle près de Paris , que sa femme tunisoise  a  plaqué  trente ans plus tard . Seulement une fois la maison de Tunis payée,  les gosses toujours en âge de procurer des aides sociales  à une pauvre femme intégrée,  isolée, abandonnée à ses  revenus mensuels . Et à elle-même.  Rassurons nos amis,  la femme est pieuse faute de mieux .
Le cousin de Bachir, un certain Echattaoui, trois fois veuf , un héros au bled pour cet exploit et l’autre, celui de dix sept gosses délivrés à l’humanité décontenancée, désarmée . Que des frisés, dont deux  petits albinos,   nains  et myopes. Des fins de séries.  Echettaoui, n’a jamais disposé à la fois que d’une seule paire de chaussures . Essayées chez la marchande, et lassées une fois pour toutes en réglant la facture. Et qui ne sauraient être dénouées au plus tôt que , en fin de vie de l’un ou l’autre . Au point  où, les boucles usées à la corde,  devenaient  littéralement rigides et  pétrifiées. Et ce n’est pas tout. Les godasses lacées à bloc, parvenaient à se chausser sans problème, à force d’enfoncement brutal, avec la cuillère à chorba, puis deux doigts mouillés,  puis enfin à la longue s’enfilaient   directement comme dans du beurre. Faut dire que la couche  de sueur et de poussière gélifiée permanente autour de la tige de la godasse,  le permettait. Donc sans dénouer les lacets, le pied d’Echettaoui prenait place dans la chaussure facilement  .Et deuxième bizarrerie, lequel pied épousait la forme parfaite …en se dilatant  comme dans un moule. Phénoménal, la nature à horreur du vide ! .Et là mon frère tu comprendras , dilatation  par çi ou par là , automatiquement, comment Echettaoui a survécu aux ardeurs de tant de veuves  gabséiennes esseulées   .
Dans le métro, c’est simple , fixe le plancher jusqu’à rencontrer  du regard une paire de pompes râpées,  déformées,  jamais cirées, nouées à mort . Poursuit ton observation vers le haut du quidam repéré , lentement  comme une caméra balayant en grand champ. Et là, le choc avec une moustache noire corbeau   ostentatoire et au moins  cinq incisives défaillantes : un cousin débarqué la veille , en chasse au papelard  !.  
Pourquoi libérer des histoires à la noix, entre nous ?   Pour nous fendre la pêche pardi !
Uniquement parce que l’on en a ras la casquette  d’exilés à perpet’ des : « d’origine », « d’apparence » «  deuxième, troisième génération », » des quartiers » « cités sensibles  » , quand tu sauras que Larbi est en fait  blond aux yeux bleu ciel météo anticyclonique .  
Il ne leur viendrait  pas à l’esprit aux crétins qui nous les gonflent sec,   d’interpeler unPiotru Polansxiwxkj quelconque  contrevenant à n’importe quoi de mineur,  au prétexte que  « d’origine »,  son aïeule une certaine  Salomeae  Sklodowska ( Marie Curie) , aurait contribué implicitement à la conception initiale du cadeau fait au japonais àNagasaki ou Hiroshima les 6 et 9 août 1945  ! En recommandé avec accusé de réception. A la grandeur de l’occident civilisé. Santé !
Une simple  civilité qui a fait basculer l’humanité dans le progrès « urbi etc… »  .
Rien que pour çà,  on va se resservir un arabica bien serré,  pur jus  !
      Farid  Talbi

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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