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Elections locales : monsieur le Président par M’hammedi Bouzina Med

23 novembre 2012

Contributions

La lutte est rude pour les candidatures aux prochaines élections communales. En Europe aussi, puisque des ministres d’Etat abandonnent, souvent, leurs postes pour celui de maire ou bourgmestre. Est-ce à dire que le titre de maire est plus important que celui de ministre ? 

« Aucun déficit budgétaire n’a été enregistré chez les Communes en 2012». Cette information rapportée, dimanche par l’APS, et reprise par des confrères est en soi une exclusivité à la fois économique, comptable et politique. Ainsi, nos 1.541 Communes sont gérées avec rigueur, sérieux et…honnêteté. Dur d’expliquer alors, les raisons de la mise en accusation des nombreux Président d’APC démis de leurs fonctions par des walis ou chefs de Daïra ou ceux jugés pour divers motifs et emprisonnés. L’explication de l’équilibre budgétaire de nos Communes suit dans la même information : «L’Etat a alloué des subventions – plusieurs milliards- aux Communes qui accusaient un déficit entre 2009 et 2011.» C’est donc cela l’astuce comptable qui permet à l’Etat de solder ses comptes avec un budget en équilibre : Des subventions. Le trésor public fera avec. Du coup, la mission (transformée en fonction) de «Président» d’APC est réhabilitée et reprend toute sa noblesse et sa dignité dans l’architecture institutionnelle du pays. C’est la première collectivité de base de la république. Son premier responsable est affublé du prestigieux titre de «Président», lorsqu’ailleurs on l’appelle maire, bourgmestre, mayeur, cheikh etc. Attribuer le qualificatif de «Président» au responsable de l’institution de base de la république de chez nous, revêt-il quelques distinctions particulières ? Est-ce pour cela que, l’heure du scrutin venue, la recherche du titre de «Président» provoque-t-elle querelles, combines, bagarres et autres ruses entre partis politiques et prétendants à la candidature ? Difficile à dire, bien que…Ah ! Oui, en Europe c’est presque pareil, presque. Le mois d’octobre dernier a vu des élections communales en Belgique. Tenez vous bien, il y eu un bon nombre de ministres qui se sont portés candidats avec l’engagement de quitter leurs postes ministériels contre celui de bourgmestre (maire) de Communes parfois bien discrètes. Et la promesse fût tenue pour celles et ceux qui furent élus. Comment diable, un ministre abandonne-t-il sa fonction pour aller galérer dans la gestion d’une Commune, marquée parfois par de gros problèmes en tous genres. Peut-on imaginer pareille attitude chez nous ? C’est à dire un ministre quitter son poste pour aller gérer une Commune de l’arrière -pays ? Si des belges (et des français aussi) risquent un tel défit, c’est pour des raisons, sûrement, très importantes. Nous en connaissons au mois, l’une de ces raisons : la recherche de la légitimité par le suffrage populaire. En Belgique (comme en France et ailleurs dans les autres démocraties), on ne devient ministre, généralement, qu’après avoir été élu au moins au niveau régional (député, sénateur, président de région etc.) C’est donc une question de légitimité démocratique qui pousse des ministres à tester leur popularité au niveau local. Comme pour éloigner tout doute sur les raisons de leurs nominations aux plus hauts postes de responsabilités dans les institutions de l’Etat. Pour un homme politique, affronter le suffrage populaire en toute transparence est un devoir auquel il ne peut échapper. Cependant, il y a une différence entre nous et eux. Un maire, bourgmestre ou mayeur a toute la liberté de gérer (avec son collège) sa Commune comme il le pense. Il a un double souci : un climat de vie agréable pour ses administrés et des charges fiscales portées, avec équité, par les habitants. L’école, la santé, la sécurité, la propreté, les services publics sont sa priorité. Les délibérations du conseil communal sont publiques et les habitants sont invités à y assister et à intervenir s’ils le souhaitent. Une revue communale est distribuée gratuitement et informe, régulièrement, les habitants sur le cours des choses, les projets et même de la situation financière de la Commune. Le Bourgmestre réserve un jour de réception à la population et reçoit aussi à la demande. Il reçoit en priorité l’instituteur, l’éducateur, le médecin, la personne isolée avant l’entrepreneur, le gros commerçant ou le tenancier d’un bar. Mieux, beaucoup de bourgmestres invitent les nouveaux habitants à un «verre de bienvenue» et leurs présentent le personnel communal et les services. Bref, le bourgmestre ou maire qui est aussi le 1er chef de la police de sa Commune, dispose de pouvoirs régaliens important et jouit d’un respect considérable. Bien sûr, chez nous le «Président» d’APC bénéficie des mêmes prérogatives vous dirons les constitutionnalistes. Sauf que dans la réalité, on voit mal un «Président» d’APC remettre en cause la décision d’un wali ou sanctionner un commissaire de police. On n’admettra pas qu’il puisse recevoir un instituteur avant un gros commerçant ou un cafetier. En fin de compte, dans les démocraties occidentales le premier élu local, le premier magistrat de la Commune est le serviteur loyal de ses administrés respecté et respectable, et il est désigné sous le vocable de maire, bourgmestre ou mayeur, alors que chez nous le premier élu local est nommé «Président», sans doute pour l’illusion du titre pour lui et ses administrés. Il devient difficilement accessible pour ses administrés, comme un «Président». Un vrai. C’est pour pourquoi, la bagarre est rude pour le rendez-vous de ce 29 novembre.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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