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LA PARFUMEUSE, DE MOHAMED BENCHICOU La femme au drapeau

11 novembre 2012

Mohamed Benchicou

Culture : EN LIBRAIRIE

La Parfumeuse, biographie romancée écrite par Mohamed Benchicou, lève le voile sur Emilie Busquant, dite Emma, l’épouse de Messali Hadj, le père du nationalisme algérien. A travers cet ouvrage, l’écrivain et journaliste entend réhabiliter la mémoire de cette dame, qui a milité pour la cause algérienne aux côtés de son époux.
Une belle histoire d’amour entre un Tlemcénien et une Lorraine. Elle a 22 ans et lui 24 ans lorsqu’ils se rencontrent pour la première fois à Paris, en octobre 1923. Une mansarde de la rue du Repos, au quartier Père-Lachaise du vingtième arrondissement de Paris, abrite leurs premières amours. Ils vont apprendre à se connaître et à s’aimer. Emilie a vu le jour le 3 mars 1901 à Neuves- Maisons (France). Fille d’un mineur et syndicaliste en Lorraine, la future Mme Messali Hadj s’installe à Paris dans les années 1920. Elle travaille comme vendeuse au rayon parfumerie aux Magasins Réunis. «Elle voulait crée, innover, faire ses propres vêtements, tout ce que n’autorisait pas cette localité désuète de Neuves-Maisons qui lui parut tout d’un coup si exiguë pour ses rêves colossaux. Elle se rêvait en Coco Chanel» ( p. 30). A cette époque, Messali Hadj travaille comme manœuvre à l’usine de la rue de Vitruve. Emilie Busquant, militante de la cause algérienne, créera le premier drapeau algérien. «Elle avait imaginé une composition qui exprimerait ce qu’il y avait de grand et de précieux chez ce peuple, toutes ces appartenances sacrées et néanmoins refoulées… Elle l’avait dessiné en amoureuse, en militante, ce drapeau si longtemps dissimulé dans les cœurs et dans les fantasmes, ce drapeau qui serait donc tricolore, rouge à la hampe, blanc et vert avec un croissant et une étoile rouges à cheval sur blanc et vert.» (P. 45). Elle participera, par ailleurs, à la création de l’Etoile nord-africaine (ENA) à Paris en 1926. Monsieur et Madame Messali Hadj auront deux enfants : Ali, né le 8 juillet 1930, aujourd’hui décédé, et Djanina, qui a vu le jour le 15 avril 1938. Elle vit actuellement au Canada et était présente lors du dernier Sila à Alger. Victime d’un accident vasculaire cérébral en 1952, Emilie Busquant est paralysée. Clouée sur une chaise, la «parfumeuse» vit ses derniers instants dans sa demeure à Bouzaréah (Alger) avec ses deux enfants, sa voisine Graziella et un chat de gouttière qui lui tient compagnie. Sur des charbons ardents, elle guette désespérément le facteur. Peut-être lui apportera-t-il une lettre de son mari, en déportation à Niort ? Des épisodes de sa vie refont surface sous forme de flashback. «…Je revoyais le jeune homme mal dégrossi de ce soir de 1923, aux cheveux noirs outrageusement gominés, engoncé dans un costume noir qui jurait avec un large béret basque et ses chaussures marrons à tige haute qui lui donnaient l’allure d’un fantassin.» (P. 112). La Lorraine se souvient de son premier tête-à-tête avec l’homme de sa vie : «… Ils s’étaient donné rendez-vous au Champ-de-Mars, avaient visité la tour Eiffel, déjeuné tard dans une brasserie de la rue de Vaugirard et longtemps flâné dans Montparnasse avant d’aller au cinéma. Il avait adoré Nanouk l’Esquimau…»(P. 118). Tombée dans le coma le 23 septembre 1953, Emilie Busquant rend l’âme le 2 octobre. «Ses deux enfants Ali et Djanina (Jeny) veillèrent leur mère à leur domicile, 5, rue de la Montagne… Des milliers d’hommes et de femmes défilèrent devant son cercueil déposé au foyer civique, et recouvert du drapeau algérien qu’elle avait conçu et confectionné dans les années trente, rue du Repos, dans le 20e arrondissement de Paris.» (P. 262). Elle fut enterrée en France selon ses dernières volontés. «Hadji assista à l’enterrement après maintes tractations.» «Les deux enfants… accompagnèrent leur mère. Ils ne devaient revenir en Algérie que vingt ans plus tard, le 6 Juin 1974, pour accompagner dans l’autre sens le cercueil de leur père» (P.262). Le dernier ouvrage de Mohamed Benchicou est exaltant. A lire absolument !
Sabrinal
La parfumeuse de Mohamed Benchichou, Editions Koukou, 2012, 650 DA, 267 P.
Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/11/11/article.php?sid=141299&cid=16

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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