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Une ville, une histoire L’inconnu du cimetière

Charité - Les vendredis la foule est énorme et les citoyens s’apitoient facilement dès qu’ils franchissent les grilles d’un cimetière où reposent près de trois mille morts.

Il n’a pas de nom, pas de prénom, il fait partie de cette cohorte de migrants qui ont abandonné leurs terres et leurs villages et qui sont venus se blottir autour d’Oran.
Les uns ont eu la chance de trouver un travail saisonnier, les autres se sont convertis en vendeurs occasionnels et quelques-uns, malheureusement, ont été obligés de tendre la main pour mendier.
C’est le cas de cet inconnu dont on ne connaît même pas le douar ou le hameau d’origine.
Et comme la mendicité est devenue un art aujourd’hui, il a jeté son dévolu sur le cimetière de Aïn Beïda.
Chaque vendredi, qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente, il occupe la même place à l’entrée du mausolée.
Pourquoi les vendredis, parce que la foule est énorme et les citoyens s’apitoient facilement dès qu’ils franchissent les grilles d’un cimetière où reposent près de trois mille morts.
A la fin de la journée il pouvait amasser un bon pactole grâce à la générosité des visiteurs.
Il y a quelques mois – l’histoire est donc très récente – il prenait comme à son habitude le chemin de Aïn El-Beïda en tâtonnant sur le bitume car un épais brouillard recouvrait la ville. Il n’était que cinq heures trente du matin.
Arrive alors une voiture qui, bien que roulant lentement, le percute. L’automobiliste ne s’arrête pas car il croyait avoir percuté un chien. L’homme s’affale sur le sol et hurle de douleur.
Une seconde voiture arrive et lui passe sur le corps, le pilote étant persuadé d’avoir heurté un quelconque animal sauvage, ce qui est très fréquent dans ces lieux.
Un troisième automobiliste qui roulait à très vive allure, n’a pas le temps de l’éviter et l’escalade comme un dos d’âne et prend la fuite.
Le pauvre cadavre ne sera déplacé qu’aux premières lueurs du petit matin.
Il sera enterré dans le cimetière qui le faisait vivre.

Abdenour Fayçal

Le journal des locales Edition du 29/10/2012

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À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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