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Epopée Hassi Saka

6 novembre 2012

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Culture : HISTOIRE

Le début d’une épopée de combats de résistance a été indubitablement marqué par la mutinerie de Hassi Saka qui a eu lieu le 15 octobre 1957 dans la région de Timimoun que les autochtones connaissent et baptisent «la Bataille de l’erg». 
Pour mieux situer le lecteur, il serait judicieux de rappeler les faits historiques tels qu’ils se sont déroulés et les situer dans leur contexte. Les montures de réserve de la compagnie méhariste du Touat paissaient paisiblement dans la région de Hassi Saka, 80 km environ au nord-est de Timimoun. Cinquante musulmans sont chargés de leur surveillance encadrés par huit Français qui furent retrouvés plus tard morts et tous les méharistes se sont volatilisés. Le Figaro du 21 octobre 1957 en parle dans son édition en s’étalant sur les faits qu’il qualifie de mutinerie. Cet événement allait marquer le début de nombreux combats menés par nos 63 méharistes de 1957 à 1962 et les autres groupes. Le gouvernement français n’en resta pas là et décida de mener une grande offensive en novembre 1957 sous le commandement du général Bigeard et de toute une division de plus de 1 500 soldats, 1 000 parachutistes, 200 légionnaires, 100 commandos, 100 méharistes motorisés, 11 avions de chasse et 6 hélicoptères. Une véritable petite armée pour damer le pion à ces «prétendants», mais c’était sans compter sur l’abnégation, l’intrépidité, la foi et le courage de nos vaillants combattants. Les autorités françaises, avant de déclencher cette vaste opération, ont quand même mis plus de deux jours avant de se rendre compte de la disparition des méharistes et de la mort de huit des leurs. Mais le groupe de nos 63 méharistes, forts de cette avance et de ce gain de temps considérable, ont fini par rejoindre un autre groupe de l’ALN à Hassi Djedid. A Adrar, l’un d’eux, en survivant, raconte : «Cette opération fut le fruit d’une longue préparation de plusieurs mois. Nous faisions partie de la compagnie MT composée de 120 soldats, et le mois de février fut retenu pour déserter les rangs de l’armée française et rejoindre ceux de l’ALN. Au mois de mai, la visite de Si Omar, connu sous le nom de Ferhat Belaïd, allait donner le déclic de l’opération prévue pour le mois d’octobre. Les plus vieux, sachant dès le départ qu’ils pouvaient constituer un handicap pour leurs partenaires, ont décidé de se sacrifier. Les autres, animés de bonne foi et d’une forte conviction de mener la vie dure à l’envahisseur, sont restés.» Le 15 octobre, c’est le jour J, juste après la descente des couleurs, au crépuscule, on se charge d’exécuter les soldats français. Sitôt l’acte accompli, nos méharistes se dirigent vers Hassi Chergui, vers l’est à 90 km. S’ensuivit une longue marche de trois jours et deux nuits en emportant avec eux 250 chameaux, 120 fusils, 3 mitrailleuses, des munitions, des vivres et de l’eau. Au troisième jour, le troupeau de chameaux est repéré par des avions de chasse qui survolaient la région. Les deux avions sont abattus. Le quatrième jour, un autre avion, qui parvint à décimer une partie du troupeau, fut abattu à son tour. Sur les 250 dromadaires, seuls 18 ont survécu. La troupe finit par atteindre Hassi Tasselgha à 60 km au nord de Timimoun. Une stèle fut érigée par les autorités françaises au lieudit Hassi Saka qui fut remplacée à l’indépendance par une autre portant les noms des martyrs de la région. Cette attaque de Hassi Saka eut l’effet d’une bombe, puisqu’en 1956, le pétrole est découvert à In Anemas et la France craint pour ses gisements menacés. Les compagnies pétrolières inquiètes pour leur propre sécurité, demandent l’appui de l’armée qui se veut et se montre rassurante, ridiculisée par une poignée de méharistes qui ont combattu l’ennemi et qui aujourd’hui méritent notre reconnaissance et notre admiration.
E. H. S.

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/11/06/article.php?sid=141120&cid=16

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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2 Réponses à “Epopée Hassi Saka”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    La mutinerie de Hassi Saka
    Adrar
    M EPublié dans La Nouvelle République le 15 – 03 – 2010
    En effet, pour mieux situer le lecteur, il serait judicieux de rappeler les faits historiques tels qu’ils se sont déroulés et les situer dans leur contexte.
    Les montures de réserve de la compagnie méhariste du Touat, paissaient paisiblement dans la région de Hassi Saka, à 80 km environ au Nord-est de Timimoun.
    Cinquante musulmans sont chargés de leur surveillance encadrés par huit Français qui furent retrouvés plus tard assassinés et tous les méharistes se sont volatilisés.
    Le Figaro du 21 octobre 1957 en parle dans son édition en s’étalant sur les faits qu’il qualifie de mutinerie.
    Cet événement allait marquer le début de nombreux combats menés par nos 63 méharistes de 1957 à 1962 et les autres groupes le gouvernement français n’en resta pas là et décide de mener une grande offensive en novembre 1957 sous le commandement du général Bigeard et de toute une division de plus de 1 500 soldats, 1 000 parachutistes, 200 légionnaires, 100 commandos, 100 méharistes motorisés, 11 avions de chasse et 6 hélicoptères. Une véritable petite armée pour damer le pion à ces prétendants mais c’était sans compter sur l’abnégation, l’intrépidité, la foi et le courage de nos vaillants combattants qui ont brillé durant les combats.
    Les autorités françaises avant de déclencher cette vaste opération ont quand même mis plus de deux jours avant de se rendre compte de la disparition des méharistes et de l’assassinat de huit des leurs.
    Mais le groupe de nos 63 méharistes forts de cette avance et de ce gain de temps considérable ont fini par rejoindre un autre groupe de l’ALN à Hassi Djedid. A Adrar, l’un d’eux en survivant raconte : “cette opération fut le fruit d’une longue préparation de plusieurs mois nous faisions partie de la compagne
    MT composée de 120 soldats et le mois de février fut retenu pour déserter les rangs de l’armée française et rejoindre ceux de l’ALN. Au mois de mai, la visite de Si Omar, connu sous le nom de Ferhat Belaïd, allait sonner le déclic de l’opération prévue pour le mois d’octobre. Les plus vieux, sachant dès le départ, qu’ils pouvaient constituer un handicap pour leurs partenaires ont décidé de se sacrifier.
    Les autres animés de bonne foi et d’une forte conviction de mener la vie dure à l’envahisseur sont restés.
    Le 15 octobre c’est le jour J, juste après la descente des couleurs, au crépuscule on se charge d’exécuter les soldats français. Sitôt l’acte accompli nos méharistes se dirigent vers Hassi Chergui vers l’est à 90 km, s’ensuivit une longue marche de trois jours et deux nuits en emportant avec eux, 250 chameaux, 120 fusils, 3 mitrailleuses, des munitions, des vivres et de l’eau.
    Au troisième jour, le troupeau de chameaux est repéré par des avions de chasse qui survolaient la région. Les deux avions sont abattus. Le quatrième jour, un autre avion qui parvint à décimer une partie du troupeau fut abattu à son tour. Sur les 250 dromadaires, seuls 18 ont survécu. La troupe finit par atteindre Hassi Tasselgha à 60 km au nord de Timimoun.
    Une stèle fut érigée par les autorités françaises au lieudit Hassi Saka qui fut remplacé à l’indépendance par une autre portant les noms des martyrs de la région.
    Cette attaque de Hassi Saka eut l’effet d’une bombe puisqu’en 1956, le pétrole est découvert à In Anemas et la France craint pour ses gisements menacés. Les compagnies pétrolières craignent pour leur propre sécurité demandent l’appui de l’armée qui se veut et se montre rassurante ridiculisée par une poignée de méharistes qui ont combattu l’ennemi et aujourd’hui ils méritent notre reconnaissance et notre admiration.

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    La visite du « Mathaf El Moudjahed » d’Adrar a été l’occasion pour commémorer le 20 août marqué par la journée nationale du Moudjahed.Cette infrastructure, qui abrite une bonne partie de l’histoire de la révolution algérienne, est implantée au centre ville d’Adrar, à quelques mètres de la place du 1ier Novembre 54, sur une superficie de 900 m2, inaugurée en 1997 sous la direction de M. Touahria Mohamed. Ce petit palais de l’histoire est une annexe du Mathaf El Watani du Moudjahed d’Alger. Il héberge une portion de la mémoire de la révolution algérienne et sa lutte armée, spécifiquement celle des régions du Touat, Gourara, Tidikelt et sur le front sud connu sous l’appellation « Front Mali ». La virée dans ce musée nous plonge en plein cœur de notre histoire par le témoignage d’objets, d’armes, de cartes, d’ustensiles, etc., qui ont servi pendant la guerre de libération, ainsi que l’exposition de photos, portraits, listes, archives, débris d’avion abattu qui rappellent la résistance farouche sur le terrain de combattants pour l’indépendance. Cependant, l’exposition qui a énormément soulevé notre intérêt reste celle qui exprime les « batailles de l’erg », de 1957 à 1962, sous le commandement du général Bigeard du côté Français, dans laquelle on peut voir et suivre sur une carte d’Etat Major de l’ALN, toutes les étapes parcourues par les Moudjahiddines durant cette lutte menée dans cet immense désert de dunes de sables à découvert avec des armes rudimentaires. action héroïque
    L’exposition retrace l’une des plus grandes offensives de l’armée française lancée dans le grand erg occidental, le 13 novembre 1957, avec la mobilisation de toute une division composée de 1 570 soldats dont 1 000 parachutistes, 200 légionnaires, 100 commandos, 100 méharistes avec des Land-Rover, 11 avions de chasse et bombardiers et 6 hélicoptères. Cette offensive faisait suite à l’action héroïque perpétrée, le 15 octobre 1957, par 63 méharistes musulmans (algériens enrôlés dans l’armée française), stationnés dans la caserne de Hassi Saka, à 84 Km au nord-est de Timimoun. Ces derniers avaient alors assassiné leur chef de détachement et ses adjoints (2 sergents chef, 1 sergent, 2 caporaux et 3 soldats) avant de rejoindre les rangs de l’ALN avec une importante quantité d’armes et de munitions. Cette action a fait l’objet de plusieurs articles dans la presse française de l’époque, une copie du journal Le Figaro du 21/10/1957 relate cette opération sous le titre de « Huit méharistes européens assassinés au Sahara par les militaires musulmans qu’ils commandaient ». On retiendra les plus importantes de ces batailles de l’erg avec celle de Hassi Saka, de Hassi Tasselgha le 06/11/57, de Hassi Rhambou le 21/11/57 et puis, enfin, celle du 07/12/57 à Hassi Ali. 79 chouhada dont l’âge variait entre 16 et 45 ans sont tombés sur le champ d’honneur durant ces batailles. C’était dans la zone 8 de la wilaya 5, commandée alors par Hanni Ali et son adjoint Moul El Farâa.

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