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UNE NOUVELLE RÉPUBLIQUE POUR UNE NOUVELLE SOCIÉTÉ, DE ZOUBIR ZEMZOUM Une vision réaliste de la démocratie

26 octobre 2012

Auteurs Algériens

Culture : EN LIBRAIRIE

Zoubir Zemzoum a un parcours journalistique d’un demi-siècle, pendant lequel il a été promu à de hautes responsabilités dans la presse et les médias. Aujourd’hui à la retraite, il n’a pas résisté à l’appel de ce démon familier qu’est l’écriture. 
Oui, mais l’écriture des sages, avec le regard de ceux qui savent prendre du recul pour proposer un point de vue alternatif. Le journaliste réagissant souvent à chaud à l’actualité et aux données factuelles cède naturellement la place à l’observateur attentif et critique, à l’intellectuel qui revendique le débat d’idées. Un débat que les élites doivent absolument enclencher et entretenir si elles veulent s’adapter à un contexte local, régional et international de plus en plus mouvant. Le rôle des élites n’est-il pas, d’ailleurs, de produire des idées, de formuler des concepts, de proposer des solutions et d’éclairer la route ? Sans doute mû par le sentiment du devoir, Zoubir Zemzoum vient de faire paraître aux éditions Anep une première publication dans le genre essai : Une nouvelle République pour une nouvelle société. Tout un programme ! Mais que le lecteur rétif aux ouvrages pénibles, de longue haleine, se rassure : l’auteur prend soin de lui offrir un livre digest, presque un opuscule. Le professionnel en communication ne veut surtout pas être rébarbatif, il cherche à être compris en disant peu et bien. Sa démarche, plutôt audacieuse, vise à contribuer à «l’élaboration du véritable projet de société que le peuple attend de ses responsables et de ses élites». Il propose, en quelque sorte, un modèle démocratique (ré) inventé pour que le peuple puisse reconquérir sa souveraineté et s’implique résolument dans la construction de l’Algérie future. D’où l’équation : à société nouvelle, nouvelle République. Cette alternative au statu quo et à l’immobilisme actuels, Zoubir Zemzoum la dessine comme l’architecte un édifice accompli ; il en ordonnance les règles, les structures, les formes, en trace les lignes et les perspectives harmonieuses pour en faire un ouvrage solide, pérenne. Surtout, on ne peut pas lui reprocher la République et la société telles qu’il les voit, dès lors que la nécessité de changer le «système» commence à faire débat dans le monde, y compris dans les démocraties traditionnelles. Il le souligne d’ailleurs, fort à propos : «Malgré quelques réticences énoncées çà et là, la problématique de la démocratie est posée à travers le monde. Aux Arabes, pour ce qui les concerne, d’en tirer la profitable substance. Les idées n’ont pas de frontières.» Nécessairement, l’Algérie doit trouver sa place dans les processus qui s’enclenchent dans le monde, et surtout trouver la bonne porte de sortie à la crise. Pour l’auteur, le meilleur choix à faire c’est d’«opter souverainement pour un modèle de développement économique et sociétal et un nouveau système politique qui traduiraient en actes la rénovation souhaitée et qui, en finalité, s’inscriraient dans le sens de la marche vers l’instauration d’un nouvel ordre mondial». Elargir sa vision est d’autant plus impératif que, «si les gouvernants concernés analysaient, avec un peu plus de perspicacité, les visées des grandes puissances sur le monde arabe, notamment sur les pays du Maghreb et plus particulièrement sur l’Algérie, ils saisiraient mieux ce qui se trame à leurs frontières, ils comprendraient la nature et l’importance des grands enjeux idéologiques, politiques, économiques et sécuritaires mis au jour par l’interventionnisme des Américains et des Européens dans les pays secoués par le «printemps arabe». Les changements de régimes dans les pays de la région qui ont porté les courants islamistes au pouvoir procèdent d’une stratégie élaborée par les USA et dont les grands principes ont été énoncés par le président Obama dans son fameux discours du Caire». En parallèle, il y a l’analyse objective des données concernant la conjoncture internationale marquée, selon Zoubir Zemzoum, par «l’aggravation de la crise du système du capitalisme mondialisé (…), le poids et l’influence de plus en plus forte des pays dits émergents », mais aussi par la révolte grandissante de la société (occidentale) à l’ultralibéralisme ». Au Nord comme au Sud, le monde bouge et «la mondialisation a, au moins, le mérite de provoquer, par effet boomerang, un déclic suscitant le réveil des consciences». Alors, de quelle démocratie peut-on parler, celle-ci ayant été mise à mal par le néolibéralisme et par les fondamentalistes du marché, dont les spéculateurs financiers qui dictent les nouvelles lois fondamentales ? Une démocratie qui exclut une partie des citoyens (et dont on nous vante le modèle de gouvernance en cette conjoncture économique très difficile) ne serait-elle pas un choix hasardeux, voire dangereux ? L’Algérie étant devenue un pays fortement convoité par les puissances occidentales, celles-ci exercent différents moyens de pression «pour activer l’application des réformes visant son insertion dans le système politique et économique libéral». Mais comment éviter adroitement le piège de cette «démocratie» qui met des Etats sous tutelle ? Zoubir Zemzoum a écrit son essai en réponse à ces interrogations (parmi d’autres), livrant une analyse étoffée par «des hypothèses de travail sur la théorisation de la démocratie qui devrait caractériser la nouvelle République que la société d’aujourd’hui appelle de tous ses vœux, celle qui émanerait de la souveraineté unifiée du peuple». Ce sont d’ailleurs ces deux grandes problématiques — souveraineté et démocratie — qu’il propose de soumettre à un large débat, en prenant grand soin à défricher le terrain des idées, des «enjeux et défis» actuels et futurs, et ce, pour mieux envisager ce qu’il appelle «l’avènement du règne du souverainisme sociétaliste», c’est-à-dire une véritable démocratie participative. Un tel travail de théorisation est également enrichi par d’autres concepts (par exemple le «souverainisme consensuel», le «process d’action et de production») que l’auteur élabore et organise suivant une théorie de l’évolution du monde et de l’homme assez pertinente. Le recours aux instruments d’analyse marxistes, avec la lexicologie y afférente, pourrait rebuter certains lecteurs non habitués à ce genre d’étude ou de vocabulaire, mais la méthode et le raisonnement dialectiques choisis par l’auteur ont l’avantage de donner corps et crédibilité à son ouvrage. Bien sûr, il y a là aussi l’influence des grands philosophes et penseurs tels que Rousseau, Tocqueville, Hobbes, Locke, Montesquieu, Weber…, et d’autres auteurs plus contemporains. On retrouve même certains ingrédients des systèmes saint-simonien, phalanstérien et fouriériste dans le type d’«organisation démocratique de la société» et, en corollaire, «l’agencement institutionnel» dont Zoubir Zemzoum architecture l’organisation, le rôle et la fonction. Une double pyramide qui, dans cet esprit, favoriserait la symbiose entre le peuple et ses élus, entre la société civile et ses représentants. Et comme Zoubir Zemzoum est loin d’être un doux rêveur ou un penseur chimérique, les idées et propositions qu’il développe dans son ouvrage méritent qu’on s’y arrête. Cela incite à réfléchir, d’autant que de plus en plus de voix s’élèvent à travers le monde pour dénoncer les injustices et les dérives du système capitaliste dans sa version actuelle. Tout simplement, il suffit d’écouter les «fermes revendications» exprimées (…) par les altermondialistes, par les «indignés», par tous ceux qu’on appelle aujourd’hui les «révoltés du XXIe siècle». Une leçon magistrale à lire et à méditer.
Hocine T.
Zoubir Zemzoum, Une nouvelle République pour une nouvelle société. L’effet du Printemps arabe, essai, éditions Anep, Alger 2012, 148 pages.

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À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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