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Je refuse d’être un 1/4 de citoyen ! par Mourad Chaalal

11 octobre 2012

Mourad Chaalal

«…ce maudit ratio qui nous donne à peine le droit de voter, de nous immoler sur vos places publiques, de nous éterniser dans vos prisons, ou psychiatries ou de quitter notre pays dans des canots de fortune, fuyant la misère et l’injustice à laquelle votre plein pouvoir au taux «4/4» nous condamne à vivre, à errer dans le monde tels de vulgaires délinquants, suivis et poursuivis, l’Algérien est le seul peuple au monde qui a du mal à vivre et dans son pays et en dehors de celui-ci…» 

Avouons que depuis son» Esprit des ois» Montesquieu (1689/1755), a définit la règle d’équilibre et des séparations des pouvoirs, laquelle en 1787 inspirera les auteurs de la Constitution américaine, d’ailleurs le seul véritable régime présidentiel, et en 1791 ceux de la constitution française et à laquelle le régime présidentiel représentatif est supposé obéir.

Dans de tels régimes, la notion de «souveraineté nationale» liée au mandat représentatif prime sur la notion de «souveraineté populaire», liée au mandat impératif, définit par Jean Jacques rousseau dans sa «démocratie directe». La souveraineté nationale stipule donc que, cette entité collective, abstraite, unique et indivisible qui est la nation est souveraine, elle englobe outre les citoyens vivants, du passé et ceux à venir. La nation dépasse donc la somme des individus que compte le peuple. Le mandat octroyé aux représentants de la nation dépasse donc celui de ses électeurs. Les citoyens aussi bien actuels que futurs ne pourront donc contester leurs représentants, théoriquement la constitution et la règle des séparations des pouvoirs jouent dans ce cas un rôle de contre-pouvoirs.

Dans des pays comme le nôtre qui a été colonisé, par soucie de sauvegarder «les acquis du peuple», le pouvoir est confié au bon soin d’un leader incontesté et incontestable, généralement une personnalité historique, qui fait unanimité dans son peuple, véritable»gardien du temple », pour guider son peuple sur les sentiers du développement, éclairé par les principes fondateurs et l’histoire de sa nation, autour de laquelle tous le peuple se reconnaîtra et pour laquelle tant de sacrifices fut versé sur l’autel de la sainte liberté.

Dans de tel système, le président, «élu au suffrage universel» arbitre les institutions de l’état, là où il constate des violations, des dérapages, ou des manquements, il intervient actionne son autorité constitutionnelle pour rappeler à l’ordre la partie défaillante, militaire fusse-t-elle ou civile cependant, dans un état «providence» comme fut le nôtre, (en opposition à celle de l’état policier, limitant le rôle de l’État à des fonctions purement régaliennes police, Armée etc.), en plus d’être le premier magistrat, le président se montre au peuple comme l’autorité paternelle suprême, vers laquelle le citoyen peut se réfugier, lorsque toutes les portes lui sont fermés!.

En règle générale, les inconvénients liés à ce genre de régimes sont nombreux. Premièrement, l’échec dans de telle gestion est endossé par le président lui-même, même si celle-ci est relativement collégiale et passe par diverses centres de décisions, d’exécution et de suivit au sein des rouages de l’état. Deuxièmement, derrière une présidence débilitée ou peu représentative, peuvent se cacher, des lobbies, ou autres, la présidence risque donc de devenir l’arbre qui cache la foret de certains intérêts occultes et des raisons d’état bien souvent, elle dissimulerait éventuellement l’institution dominante! Autrement, le président peut donc engager son pays dans des protocoles d’accord à long terme, ratifiés ou non, en dehors des instituions «élues» habilitées à en prendre connaissance, donc sans leur consultation ni contrôle, derrière de tels systèmes pourrait donc se cacher la nébuleuse du vrai pouvoir avec tous ses rouages et ses nuances au sein des régimes malades, avide de pouvoir, donc absolument despotiques. au sein de tels régimes, tout est fait pour affaiblir les institutions de l’état, les vider de leur substance, les réduire à de vulgaires façades institutionnelles, sortes de «Zombies institutionnels», démunis de toute volonté propre, pour les faire abdiquer au vouloir de certains cercles d’intérêts obscures bien sûr!.

force est de constater, qu’avant toute opération d’affaiblissement des instituions il a fallut à l’institution dominante d’achever ce que j’appelle le processus «d’affaiblissement de la citoyenneté», elle consiste à empêcher le peuple d’exercer pleinement sa citoyenneté, donc sa souveraineté, étant donné que celui-ci est la seule source de souveraineté, il faudra donc l’en détrôner, par quels mécanismes? Primo: réduire le peuple à une masse humaine entièrement assistée, de jouisseurs et d’égoïstes, donc combattre en lui toute forme d’altruisme ou d’engagement vers l’autre, ou quelconque intérêt à la chose publique, de telle sorte que la violence s’offre comme l’unique moyen pour lui de régler ses problèmes, secundo: tuer en lui tout esprit d’initiative aussi bien individuel et collectif, Tertio: mains mise sur la société civile, la rendre en une société débile, acheter la paix sociale en étouffant les foyers de feu des revendications populaires qui s’allument ici et là par des sacs d’argent qu’on jette dessus les réduisant à de vulgaires requêtes sociales et existentielles, quarto: encourager la médiocrité, la banalité dans tous les aspectes d’expressions politique, artistique, culturelle et cultuels, quinto: faire régner un climat de peur persistante du lendemain, de menaces sécuritaires toujours présentes et du possible chaos et montrer ainsi, l’état comme un sauveur, sexto: cibler la classe cultivée pour la réduire au silence.

Affaiblir les institutions de l’état, les instrumentaliser en dehors des intérêts suprêmes de la nation est une stratégie bien connue, pour faire passer certaines schémas ou politiques, sauvegarder des intérêts cumulés et affirmer le statu quo et l’état de fait ! L’affaiblissement s’opère en amant comme en aval. En amant, affaiblir la représentativité populaire réelle au sein de ces institutions, donc semer le doute dans les esprits de ses représentants quant à la «consistance » de leurs mandats, c’est un moyen de pression efficace pour les faire abdiquer à leurs volontés. En aval, en paralysant leurs fonctionnements, ou opposant une institution à l’autre dans des querelles stériles, ante productives arrivant finalement aux blocages des institutions, le cas de Égypte après révolution nous en dit assez, opposant la présidence, le parlement «ikhouanistes», au constitutionnel.

Encore faut-il comprendre que les rivalités entre institutions souvent sont bénéfiques à la santé démocratique d’un pays sain et donc, au bon fonctionnement des ces dernières, pourvu, que l’arène où s’affrontent les divers acteurs institutionnels reste le débat d’idées pour l’intérêt suprême de la nation, sans prééminence d’un pouvoir sur l’autre, la principe du compromis reste donc la règle d’or. «Théoriquement» la constitution procède «au bornage du champ d’action pour chaque institution de l’état, mais dans les régimes malades, l’institution dominante procède à son propre » balisage bis «dessinant d’autres limites de fonctionnement que celles définis par la constitution.

Le premier invariant dans des régimes despotiques est en règle générale, la dominance d’une institution sur toutes les autres et au sein de l’institution dominante, la dominance d’un noyau dur généralement ethnique, d’obédience idéologique ou d’intérêts économique, sur l’institution dominante elle même, donc sur le pays tout entier, donnant ainsi un coup de grâce au principe d’équilibre et des séparations des pouvoirs, encore faudrait-il que l’état prenne en compte la diversité, politique, géographique et ethnique du pays dans toute sa pluralité et sa richesse, afin d’épargner à sa nation bien des malheurs inhérentes à une gestion exclusivement ethnique, qui exclue toute forme de pluralité culturelle, cultuelle ou d’expressions idéologiques minoritaires.

Le second invariant est la peur de ces régimes «du facteur surprise», ils doivent donc maîtriser totalement leur «sujet», avoir en portée de main, une liste exhaustive de «ministrables», voire de «présidentiables», acquises à leurs causes, à laquelle ils reviennent au cas où, gérer de «nouvelles mentalités «représenterait donc un risque majeur à ne pas courir pour ce processus de prééminence et donc à la pérennité du régime, raison pour la quelle le facteur «jeunesse» se trouve écarté au sein du leadership dans de telles systèmes despotiques ainsi, toute perspective d’un changement fait peur, de telle sorte que le seul changement admit reste celui qui s’inscrit dans la continuité de ces régimes en règle générale.

Le troisième invariant, reste son vouloir «obsessionnel» à maîtriser coûte que coûte toute forme d’opposition politique, médiatique ou d’expressions revendicatives par des mécanismes infaillibles, la perversion financière on est un, la promotion sociale et politique en est l’autre, le colonage puis l’implosion, bien que l’intimidation policière ou judiciaire reste la règle, pour que finalement en face d’eux, ils ne doivent voire qu’une opposition du pouvoir au lieu d’une opposition au pouvoir.

chez-nous, je constate que l’institution la plus critiquée c’est celle de la présidence, comme si les autres institutions fonctionnaient à merveille, ou que celle-ci (la présidence) même après avoir récupérer «présument» son ¼ de pouvoir tant réclamé par le président lui-même en son «.Je refuse d’être un 3/4 de président !»…, se trouve complètement indépendante de celles-ci, pour encaisser toute seule le déchaînement médiatique, ou que ces dernières sont tout à fait innocentes par rapport à ce qui s’est passé comme malheurs dans ce pays ! Une seule réponse me vient à l’esprit: Nous les algériens (de l’intérieur) on a pas le courage de pointer du doigt, la partie qui détient une capacité avérée de nuisance, de la critiquer même par des insinuations, la présidence quant à elle, quelques soient ses défauts et ses faiblesses, elle n’a liquidé personne pour l’avoir critiquer à ma connaissance!

depuis l’indépendance, tout le monde s’est chamaillé pour des ¼, des 2/4 ou des ¾ de pouvoir, oubliant que le peuple est la seule source de souveraineté, bien que notre constitution à balisé le champ des exercices institutionnels et repartie les prérogatives revenant à chacune d’elles en vérité, pour très gradée, très honorable et illustrissimes que vous soyez, le peuple est plus gradée, plus honorable et plus et illustre, il reste donc l’unique patron, il à détrôné de plus puissants, de plus illustres, que Néron dans toute sa somptuosité les envie.

Seriez-vous enfin sage d’aider vos compatriotes, à récupérer eux aussi l’intégralité de leur citoyenneté, à exercer librement leur part de souveraineté? En vérité, plus votre peuple gagne en citoyenneté, plus vous-même gagnerez en pouvoir et en légitimité et vous épargnerez à votre patrie bien des malheurs, l’intérêt suprême de la de nation ne mérite-t-il pas cela ?.

Je crains qu’arrivera un jour où les algériens perdront patience, la révolution s’imposera alors comme unique voie, en vue d’un changement substantiel dans ce pays! Me concernant, je refuse que mon pays soit brûlé, détruit ou que mes compatriotes souffrent d’avantage dans une révolution qui risque d’être détournée vers un autre despotisme, plus redoutable, plus terrifiant encore.

Je refuse de même d’être un ¼ ou ¾ de citoyen, ce maudit ratio qui nous donne à peine le droit de voter, de nous immoler sur vos places publiques, de nous éterniser dans vos prisons, ou psychiatries(le pays tout entier s’est converti en une sorte de grand hospice psychiatrique), ou de quitter notre pays dans des canots de fortune, fuyant la misère et l ‘injustice à laquelle votre plein pouvoir au taux «4/4 « nous condamne à vivre, à errer dans le monde tels de vulgaires délinquants, suivis et poursuivis, l’Algérien est le seul peuple au monde qui a du mal à vivre et dans son pays et en dehors de celui-ci, on ne cessera de réclamer calmement et pacifiquement l’intégralité de notre citoyenneté, qui nous revient de droit, avec tous ce qui va avec comme droits et devoirs, je dis basta à l’usurpation de pouvoir en notre nom et place!.

Je ne cesserai donc de pointer du doigt tous ceux qui ont mit l’honneur de mon pays dans la boue, saccager ses ressources et mettre à plat le moral collectif des algériens que nous sommes et ce, quelque soit leur place ou leur rang au sein de l’état ou de l’institution à laquelle ils appartiennent, ou même leur capacité de nuisance qu’ils pourront éventuellement déchaîner sur ma personne, je les condamnerai, sans peine et sans retenue, assurez-vous messieurs ! Je n’ai aucun avion, aucun hélicoptère, pour venir perturber votre sérénité, ni aucun canon, aucune kalachnikov à vous pointer au nez, ma seule arme se sont ces écris, son chargeur c’est la douleur, la misère, le marasme de mon vécu et celui du peuple auquel j’appartiens avec fierté, ses balles resteront des mots, uniquement des mots, qui parfois blessent, mais qui guérissent bien souvent, contrairement à vous balles à vous.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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