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Sommet des chefs d’Etat des «5+5 » : Le dossier «Défense et sécurité» est le plus avancé par Nordine Azzouz

4 octobre 2012

Contributions

Ancien officier de haut rang de la marine française, Jean-François Coustilliere est aujourd’hui consultant indépendant sur les questions de relations internationales en Méditerranée. 

Dans cet entretien, il revient à l’occasion du sommet des chefs d’Etats des «5+5» qui se tient les 5 et 6 octobre prochains sur l’avenir de cette initiative ainsi que sur les grandes questions liées à la Méditerranée occidentale. Son observation principale est que tous les dossiers soumis aux pays partenaires c’est celui de la défense et la sécurité qui avance le mieux sans compter ceux relatifs à l’immigration, aux transports et à l’environnement.

Le Quotidien d’Oran : Les «5+5» se rencontrent en ce début du mois d’octobre à Malte. Pourquoi le choix de ce pays ?

Jean-François Coustilliere: La rencontre programmée en ce début du mois d’octobre à Malte n’est pas une rencontre ordinaire.

Il s’agit du 2ème sommet de l’initiative 5+5, le premier ayant eu lieu à Tunis les 5 et 6 décembre 2003. Ces sommets, à l’inverse des conférences annuelles des ministres des Affaires étrangères du 5+5, rassemblent les chefs d’État et de gouvernement concernés. La décision de la tenue de ce 2ème sommet fait suite à la volonté exprimée par les ministres lors de leur réunion annuelle du 16 avril 2010 à Tunis (8ème réunion des ministres des Affaires étrangères du Dialogue en Méditerranée occidentale 5+5) «d’œuvrer en faveur de la tenue d’un sommet 5+5 fin 2010 ou début 2011», prenant note de la proposition de Malte de l’accueillir.

Bien sûr, les révoltes arabes de 2011 ont retardé la réalisation de cet engagement.

Dès le 20 février 2012 à Rome, lors de la 9ème réunion des ministres des Affaires étrangères du Dialogue en Méditerranée occidentale 5+5, Malte confirmait son intention d’accueillir le 2ème sommet des chefs d’État et de gouvernement et proposait les dates des 5 et 6 octobre 2012.

-Le Quotidien d’Oran : Qu’est-ce que ce rendez-vous peut-il apporter de nouveau en ce qui concerne les chantiers dans lesquels sont engagés les pays partenaires de la façade occidentale de la Méditerranée ?

Jean-François Coustilliere: Les pays partenaires de la façade occidentale de la Méditerranée sont aujourd’hui concernés par diverses initiatives:

- Processus de Barcelone

- politique européenne de voisinage (PEV)

- l’union pour la Méditerranée (UpM)

- et enfin l’initiative 5+5

Force est de constater que l’UpM est mort-née.

Le Processus de Barcelone et la PEV sont fortement bridés par les différents conflits au Proche-Orient.

L’initiative 5+5 apparaît comme l’une des initiatives en Méditerranée encore susceptible de créer de la confiance.

Le sommet lui-même n’a pas pour objet d’apporter des nouveautés, en revanche on peut en attendre l’expression d’une volonté politique commune au plus haut niveau qui dynamise les divers dossiers de cette initiative. Il convient cependant de souligner une originalité : il semblerait que le président de la Commission européenne soit invité, comme il l’avait été lors du 1er sommet, et que cette fois-ci, les secrétaires généraux de l’UpM et de l’Union du Maghreb (UMA) arabe le soient également.

Cela me semblerait être un signal politique fort.

-Le Quotidien d’Oran : Quels sont les dossiers qui ont selon vous le mieux avancé ? Et pourquoi ?

Jean-François Coustilliere: Le dossier le plus avancé est certainement celui de la Défense et de la Sécurité. Les dossiers immigration, environnement et transports continuent de progresser.

Je crois que les raisons du succès du dossier Défense et de la Sécurité tiennent à la fois à la méthode adoptée, au pragmatisme des thèmes de coopération retenus, mais aussi à l’habitude qu’ont les militaires des dix pays concernés de travailler à l’international, sans que cela ne soulève de réserves sur le plan des fonctionnements internes.

Le Quotidien d’Oran : C’est pourquoi je préconise un rapprochement entre les ministères au sein de chacun des pays, afin de partager ce savoir-faire.

Jean-François Coustilliere: -«Travailler ensemble» est un vieux rêve méditerranéen contraint et bloqué par le conflit israélien. Depuis 2010, c’est le « printemps arabe» et les frayeurs qu’il charrie auprès des Etats concernés de la rive sud qui semble s’ajouter aux écueils existants. Qu’en pensez-vous ? Ne va-t-il pas aggraver la mise en attente de la démarche «5+5» et la confiner dans son cadre informel ?

Certes les révoltes arabes n’ont pas simplifié les relations internationales à court terme. Les pays qui, à des rythmes différents, accèdent à des formes démocratiques de gouvernance suscitent des réserves chez leurs voisins qui n’ont pas évolué sur le plan de la démocratie. Mais la réserve à l’égard de ces pays existe aussi de la part des pays du nord. Par ailleurs de nouvelles crises ont éclaté, par exemple la Syrie.

Enfin, la crise économique qui affecte particulièrement durement les pays méditerranéens de l’Union européenne n’est pas un facteur favorable au développement de nouveaux axes de coopération. L’initiative 5+5 peut voir sa progression affectée. Une chose est certaine, c’est que si le 5+5 se voit freiné par ces différents facteurs, ce ne sont certainement pas les autres initiatives qui décolleront. Je crois que la démarche de l’initiative 5+5 appartient au domaine du faisable, si la volonté politique est là pour la soutenir. Le 2ème sommet du 5 + 5 en octobre 2012 peut constituer ce soutien. D’autant plus qu’il devrait être suivi d’un autre sommet en décembre en Tunisie, cette fois, celui de l’UMA.

Le Quotidien d’Oran : Le fait que l’initiative 5+5 soit réputée confinée dans un cadre informel -ce qui mériterait d’ailleurs d’être expliqué plus précisément- me paraît plus un facteur de force qu’un facteur de faiblesse.

Jean-François Coustilliere: Il convient de souligner que lors de leur 9ème conférence annuelle à Rome, les ministres des Affaires étrangères ont souhaité consolider et approfondir l’initiative 5+5 dans de nouveaux domaines : lutte contre les trafics illicites, sécurité alimentaire, société civile, institutions régionales, coopération décentralisée, collectivités locales, etc.

-Le Quotidien d’Oran : Vous avez publié il y a plusieurs mois un ouvrage collectif où vous considérez que les «5+5» connaissent une dynamique et un rebond. N’est-ce pas un constat trop optimiste d’autant que depuis 2010 c’est plutôt la panne ?

Jean-François Coustilliere: L’ouvrage a été publié fin 2011, après les révoltes arabes.

Simultanément apparaissait la volonté de la relance de l’UMA. Les divers dossiers du 5 + 5 reprenaient également leurs réunions. Le rebond me paraissait et me paraît toujours d’actualité.

Enfin, dire que «depuis 2010 c’est la panne» me semble être un constat pessimiste, notamment quand on observe les projets effectués dans le dossier Défense et Sécurité.

-Le Quotidien d’Oran : Quels sont les scénarios d’avenir ?

Jean-François Coustilliere: Deux scénarios selon moi:

- Les tensions, différends, crises et conflits affectent l’initiative 5+5 comme ils affectent les autres initiatives. Dans ce cas, la rive Nord abandonnera toute volonté de coopération avec les rives Sud et Est pour se replier sur elle-même, forteresse uniquement préoccupée par ses difficultés économiques qu’elle essaiera de résoudre en se projetant vers l’Est de l’Europe et l’Asie. La Méditerranée disparaîtra des sujets d’intérêt de l’Union européenne, tandis que les riverains Sud et Est ne seront plus appréciés qu’à travers l’enjeu de sécurité au sens restrictif du terme.

-La volonté politique des partenaires de l’initiative 5 + 5 suffit à dépasser leurs différends. L’initiative 5+5 deviendra alors l’espace de coopération Sud/Nord en Méditerranée, selon des méthodes originales, sur des sujets pragmatiques et en fonction des besoins réels des partenaires.

L’initiative 5+5 confirmera sa capacité à être un partenariat réel, respectueux de chacun de ses partenaires. Elle constituera alors, à cet égard, non seulement une démarche productive pour les partenaires, mais aussi un véritable laboratoire pour les autres initiatives méditerranéennes.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “Sommet des chefs d’Etat des «5+5 » : Le dossier «Défense et sécurité» est le plus avancé par Nordine Azzouz”

  1. Ait Allah Dit :

    Vous avez dit

    L’arnaque du siècle en Algérie : la taxe sur les superprofits

    Par Le Matin DZ
    La toute puissante Sonatrach avait oublié de rajouter dans le contrat signé en 2004 avec l’américaine Anadarko la taxe sur les superprofits. Ce « oubli » coûtera très cher aux Algériens, soit plus de 5,9 milliards de dollars remboursables en pétrole, à un moment où celui-ci commence à nous manquer.
    Sonatrach, le siège.
    La compagnie nationale des hydrocarbures Sonatrach est obligée de fournir l’équivalent de 4,4 milliards de dollars de pétrole au cours des 12 prochains mois à la firme américaine Anadarko. L’accord à l’amiable entre Sonatrach et Anadarko prévoit en plus des 4,4 milliards de dollars de pétrole remboursable, ils obtiennent également, selon cet accord, un volume plus élevé de pétrole estimé à 2,6 milliards de dollars environ, pour la durée du contrat. L’accord prévoit aussi de prolonger à 25 ans la durée d’exploitation de chaque gisement.
    La toute puissante Sonatrach avait oublié de rajouter dans le contrat signé en 2004 avec l’américain Anadarko la taxe sur les profits. Le litige entre Sonatrach et Anadarko remonte à 2006, l´année où le gouvernement algérien qui, voyant la hausse continue du prix du baril, avait décidé d´introduire une Taxe sur les profits exceptionnels (TPE) réalisés par les compagnies étrangères opérant en Algérie. Les dirigeants de Sonatrach crient au triomphe en exprimant leur soulagement et leur satisfaction et déclarent avec fierté que la loi sur les TPE restera en vigueur et que cette loi instaurée en 2006 leur a permis de gagner 10 milliards de dollars.
    La compagnie pétrolière américaine Anadarko s’est opposée à cette taxe et a même menacé la Sonatrach de recours à l’arbitrage d’un tribunal international, c’est son droit le plus absolu. Dans un accord d’arbitrage, la Sonatrach devrait payer une compensation de l’ordre de l’ordre de 4,4 milliards de dollars Dans une déclaration faite à l´agence de presse Reuters, l´attaché de presse de Anadarko a commenté cet accord en disant que les concessions ont été faites de part et d´autre et dans un style de langage du marketing, il a présenté les gisements pétroliers algériens comme un futur eldorado. Mais voilà, sachant que dans notre pays toutes les magouilles économiques se discutent dans un carré d’une poignée de gens qui dirigent le pays sous le dogme de la politique des coulisses et de l’opacité. D’après un expert boursier algérien, qui exerce dans les rouages flous de l’Etat et dont nous retenons son anonymat, il considère que le montant de compensation de 4,4 milliards de dollars que la Sonatrach souhaite verser à Anadarko est une arnaque à grande échelle. Et même si la Sonatrach accepte l´arbitrage international et qu´elle perd la partie, elle ne sera jamais contrainte de payer des dommages et intérêts dépassant les 1,5 milliard de dollars. Il s’explique par les chiffres par les chiffres et donne son point de vue sur la compagnie Anadarko.
    Voyons ensemble de plus près et avec des chiffres à l’appui cette arnaque. Premièrement qui est Anadarko ? Cette compagnie que les dirigeants de Sonatrach ainsi que certains médias algériens décrivent comme un colosse pétrolier, n´est en réalité, qu´un petit acteur sur la sphère pétrolière internationale. Anadarko est une compagnie pétrolière américaine spécialisée dans l´exploration ainsi que l´exploitation des gisements pétroliers et gaziers. Aux USA, son activité se localise sur des gisements de l’Alaska et du golfe du Mexique et à l´étranger elle est implantée dans plusieurs pays dont les principaux sont : l’Algérie, le Brésil, la Chine, le Ghana, le Mozambique et le Trinidad. Faisons maintenant connaissance avec son identité financière. APC est le symbole boursier d´Anadarko. En 2010 cette entreprise a réalisé un chiffre d´affaires de 10,65 milliards de dollars. Durant la même année, Sonatrach a fait un chiffre d´affaires de 75 milliards de dollars et la compagnie pétrolière française Total en a fait 140 milliards de dollars.
    La valeur d´Anadarko sur le marché boursier est de 42,2 milliards de dollars et celle de Total est de 99,6 milliards de dollars. Les actifs d’Anadarko en 2010 étaient évalués á 51,55 milliards de dollars (ceux de Total étaient de 142 milliards de dollars). Le bénéfice net d’Anadarko en 2010 était de 761 millions de dollars (celui de Sonatrach était de 10 milliards de dollars).
    Son passif qui est toujours égal à son actif, pour l’année 2010 était 51,55 milliards de dollars, dont 30,23 milliards de dettes et 20 milliards de capitaux propres (cela montre clairement que Anadarko ne vit pas dans une aisance financière). Son cash flow net pour l´activité opérationnelle de 2010 était de 5,24 milliards de dollars. Tous ces chiffres cités servent d´observation pour les mettre en proportion avec le montant de 4,4 milliards de dollars que la Sonatrach compte rembourser á Anadarko. Ces chiffres sont également une preuve que cette entreprise est loin d’être un géant comme on le présente et surtout la différence qu’il y a entre Anadarko et la Sonatrach. Que représentent ces 4,4 milliards de dollars pour les éléments de la fiche financière d’Anadarko ? Ils représentent plus de 5 ans de bénéfices (en se référant au bénéfice net de 2010 et qui est de 761 millions de dollars). Ils représentent 42% du chiffre d´affaires d´Anadarko pour 2010 et presque la totalité du cash flow net de son activité opérationnelle de la même année. Passons maintenant à une autre vérité qui va jeter des doutes sur la crédibilité des déclarations de la partie algérienne.
    Dans le rapport financier de Anadarko pour l´année 2010 (un rapport destiné aux investisseurs boursiers et contrôlé par la SEC qui est le gendarme de la Bourse américaine) portant le titre « Current Foreign income tax » on lit ceci: en 2010 Anadarko a payé 638 millions de dollars d´impôts pour ses activités à l´étranger, en 2009 l’impôt payé était de 409 millions de dollars et 1,031 milliard de dollars pour l´année 2008.
    Cela veut dire quoi ?
    Cela signifie qu’Anadarko a payé 638 millions de dollars d´impôts, pour tous les pays où elle a eu des activités. Mais la question qui nous intéresse est de savoir combien cette société a-t-elle payé à la Sonatrach en 2010 ? Probablement, le montant ne dépasserait pas les 300 millions de dollars. Dans le même ordre d’idées, quel serait le TPE versé par Anadarko à Sonatrach en 2010, sachant que le TPE n´est qu´une portion de l´impôt global ? Quelles sont les pertes ou le manque des gains à gagner en Algérie subies par Anadarko à cause de la loi sur TPE, et ce de 2006 à nos jours ?
    En tant qu’expert, je suis étonné par la déclaration du patron d´Anadarko en Algérie lorsqu´il a affirmé que sa société a subi une remarquable dépréciation de ses actifs en Algérie passant de 10 à 2 milliards de dollars! Voici la valeur des actifs qui figure dans le rapport financier d´Anadarko de 2010. La valeur des actifs d´Anadarko pour l´année 2008 était de 49,92 milliards de dollars, pour 2009, elle était de 50,12 et pour 2010 de 51,55 milliards de dollars. Même les bénéfices d´Anadarko n´ont pas connu de yo-yo durant la période allant de 2007-2010.
    Conclusion : alors où est la dépréciation des actifs ?
    Y. Mérabet
    N.B.: Tous les chiffres contenus dans cet article sont déclarés par Anadarko dans ses rapports financiers

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