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L’Algérie à l’avant-garde des printemps arabes Par Abdeslam Bouchouareb

30 septembre 2012

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Membre du bureau national du RND,
vice-président à l’APN
Dans le tumulte des printemps arabes successifs et des sursauts libertaires des peuples arabes, l’Algérie semble vivre une situation inexplicable d’insularité par rapport à cette effervescence historique qui change le visage du monde arabe.
Serait-il que l’Algérie soit réellement dans une situation d’insularité politique qui la soustraie au commun arabe ? Serait-il que le peuple algérien ne soit pas encore mûr, contrairement à ses frères orientaux, pour porter de manière déterminante ses aspirations révolutionnaires et démocratiques ? Poser les questions de cette façon, c’est d’ores et déjà avancer dans le sens d’une meilleure compréhension de ce contexte particulier qui a fait que l’Algérie soit épargnée ou ne soit pas concernée par le ou les printemps arabe (s). Le passé révolutionnaire récent de l’Algérie et des Algériens et la dimension de la révolution algérienne dont le lourd tribut a été le sacrifice d’un million et demi de martyrs ne laissent pas de doute sur la capacité et la volonté de cette nation à prendre son destin en main quand cela s’avère impérieusement nécessaire. N’est-il pas vrai que les Algériens ont émis une très forte volonté, une volonté agissante de changement un certain Octobre 1988 ? L’ouverture démocratique qui s’en était suivie ne fut pas des plus heureuses, car dans cet élan précoce de construction démocratique, il avait échappé alors aux principaux acteurs de ces changements tant d’éléments indispensables à une structuration pacifique de la démocratie, à savoir une base économique solide qui puisse faire face aux attentes d’une population en très forte augmentation dans un contexte de surendettement et de chute vertigineuse des prix du pétrole, principale source de richesse du pays. Cette approche parcellaire, lacunaire de la démocratie a eu pour conséquence une plongée du pays dans l’inconnu une décennie durant, avec ses lots de morts, de destruction et de désolation. En voulant répondre sans préalables, par la démocratie, aux attentes populaires, le pays, qui refusa alors de tomber entre les mains de l’obscurantisme intégriste, sombra dans une violence terroriste inouïe, dont le monde ignora longtemps les prolongements et les tenants internationaux. Au sortir de cette crise qui a failli emporter l’édifice républicain, n’étaient encore une fois les sacrifices consentis par les enfants de ce pays, l’Algérie est sortie, certes éreintée et meurtrie par l’épreuve, mais également mûrie et confortée dans sa perception du processus de construction démocratique, un processus qui doit être complet et accompli, conciliant les besoins de liberté et de justice qui en sont l’essence, avec les impératifs de prise en charge économique et sociale des populations, tout en favorisant une structuration représentative d’une classe politique sachant porter les aspirations des catégories sociales dans le cadre commun du projet républicain. Fort de cette vision globale de l’édifice démocratique, le président de la République, Monsieur Abdelaziz Bouteflika, élu en 1999, s’attela à la mise en œuvre de nombreux chantiers qui se complètent les uns les autres, tout en œuvrant à concrétiser, à travers différentes étapes, la réconciliation et la cohésion nationales, noyau de cette entreprise et condition sine qua non pour sa réussite, aidé en cela par une embellie des prix du pétrole providentielle propice à un volontarisme financier de l’Etat. Tout est remis en question par une batterie de réformes jamais engagées par le pays, touchant la justice, l’éducation, la fiscalité, le filet social, le système économique, la gouvernance locale, etc. Tout cela accompagné par des programmes successifs de développement infrastructurel, économique et social, portant sur des centaines de kilomètres d’autoroutes, des millions de nouveaux logements, la création de dizaines de milliers de nouvelles entreprises et de millions d’emplois, sans oublier les efforts de développement sectoriel dont la finalité est l’érection d’une économie forte, diversifiée et créatrice de richesses, moins dépendante de l’exportation des hydrocarbures et de l’importation de biens d’équipement et de consommation. Au jour d’aujourd’hui, un programme de développement quinquennal est en cours (2010-2014), doté de 286 milliards de dollars. Dès lors, l’anticipation volontariste et constructive qui procède de l’édifice démocratique en Algérie initiée en 1989, puis reconduite en 1999, ne justifie pas l’utilité d’un printemps arabe dans notre pays et explique l’absence de mobilisation des masses populaires en Algérie, au plus fort des tumultes tunisien, égyptien et libyen. Au moment où des jeunes Arabes, les armes à la main, revendiquent les plus élémentaires de leurs droits bafoués des décennies durant, l’Algérie réussissait, pas plus loin que ce mois de mai passé, le pari d’élections indiscutablement transparentes, mais également la gageure de voir élues, au sein du Parlement, pas moins de 144 femmes. Notre formation, le RND, qui a soutenu le Président Bouteflika dans sa démarche ayant permis de forcer la porte du conservatisme anti-féminin dans le code électoral, entend contribuer à la réédition de cet exploit pour les prochaines élections communales. De fait, la démocratie qui ne donne pas sa place aux femmes dans la vie politique n’est qu’un semblant de démocratie. Nous parlons d’une démocratie intégratrice de la majorité et de toutes les différences qu’elles soient de fondement ethnique, racial ou sexuel. Une démocratie qui favorise une participation active de tous à la vie politique à travers une juste représentation partisane ou une action associative dynamisée et promue dans ses missions et ses finalités. C’est d’ailleurs l’absence de toute voie, de tout espace d’expression qui porte les attentes, les doléances ainsi que les frustrations des citoyens, qui a favorisé les explosions populaires auxquelles on a assisté à travers les printemps arabes, après avoir nourri, longtemps, les rancœurs, la haine et l’envie de vengeance. Le monde arabe dont la communauté de destin est irréfragable aujourd’hui, a abrité, des décennies durant, des populations frustrées de n’avoir pu contribuer à imposer, depuis les indépendances, la voie arabe dans le règlement des conflits impliquant la nation arabe. Les échecs successifs, l’impuissance évidente des gouvernants arabes, voire parfois la conviction des masses arabes quant à la trahison de leurs gouvernants, ont fini par nourrir la certitude, chez ces peuples, qu’ils doivent commencer, pour restaurer leur dignité, par prendre leur destin en main. Mais au risque de paraître vouloir occulter l’avenir prometteur sur lequel ouvre le printemps arabe pour ses artisans, il faut bien reconnaître que les situations nouvelles qui se sont créées dans les pays arabes au lendemain des révolutions suscitent beaucoup d’interrogations et font craindre des épisodes de nouvelles violences et des désordres. S’il ne s’agit peut-être là que de répliques naturelles consécutives à la secousse révolutionnaire, il n’en faut pas moins reconnaître que l’ouverture démocratique et la liberté d’expression sont historiquement les filles naturelles de la prospérité, une condition qui a besoin pour advenir de deux éléments indispensables : le temps et les moyens. Loin de vouloir, dans cet espace, faire l’apologie de l’autoritarisme, nous nous efforçons juste de démontrer, à la lumière de l’expérience algérienne, que la meilleure des constructions démocratiques est celle qui advient par la transition pacifique en mettant, de son côté, tous les atouts qu’elle peut voir réduits ou même anéantis dans un contexte de violence. L’Algérie se trouve à l’avant-garde de la construction démocratique dans le monde arabe ; elle a vécu ce processus dans la douleur et se fait forte d’une expérience unique qui nourrit désormais aussi une sagesse du peuple qui refuse de parler le langage de la violence et qui manifeste une grande jalousie pour la souveraineté et les constantes nationales, conforté qu’il est de voir donner écho à ses aspirations libertaires dans tous les domaines de l’activité humaine.
B. A.

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/09/30/article.php?sid=139743&cid=41

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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