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L’unité du pays n’est pas menacée par le Sahel ou Sidi Fredj… par Kamel Daoud

29 septembre 2012

Kamel Daoud

C’est le nouveau «parti» imaginaire lancé par le nouveau Premier ministre: l’unité nationale. Elle est menacée et donc il faut la défendre en s’unissant. L’Algérie est désormais le plus vaste pays d’Afrique. Il peut donc être coupé en deux. Peut être mangé ou colonisé ou cerné. Cela est possible : la prédation internationale est une loi de l’histoire. Donc il faut se regrouper, se défendre, s’unir. Oui mais avec qui ? Autour de qui ? Un Anglais l’avait bien écrit un jour : « Aimer pour deux êtres, c’est ne faire qu’un. Mais lequel ? ». Un Algérien l’avait aussi écrit : la seule doctrine de défense stratégique d’un pays faible est la démocratie. Alias la légitimité qui fait qu’un peuple croit en sa terre et en son Etat et s’arme pour les défendre quand ils sont menacés. Quand le régime est illégitime, le peuple ne le défend pas et la terre est volée à un voleur. On l’a vu en Irak par exemple avec Saddam et les siens. Le Bon Peuple veut bien défendre le pays et s’unir mais autour de qui ? Un avion ? Belkhadem ? Ouyahia ? Ould Kablia ? On veut bien être Un, mais lequel ? Nous ou eux. Car c’est différent. On peut s’unir autour de gens dont les billes et les enfants sont et vivent ici et pas en Occident. On veut aussi s’unir à des gens qu’on a choisis pas qui nous violent ou nous volent. Le talon d’Achille de pays comme le nôtre c’est la nature peu légitime de leur «Etat». C’est par cette brèche que s’engouffre l’étranger. Pas par Sidi Fredj ou le Sahel. On s’unit aussi quand le pays est vous, vous faites Un. C’est-à-dire lorsqu’on vous traite avec autant de respect qu’un gisement de pétrole.

Dans le pays, le bon peuple de l’hymne devine que le régime a ses enfants ailleurs, son argent ailleurs et que, quand il se sent fatigué et malade, il va ailleurs. On ne s’unit pas avec un homme, ou une femme, qui prépare sa valise, tout le temps et à la moindre secousse. L’appel à l’unité doit s’accompagner d’une cause légitime et d’hommes ou femmes légitimes. Et cette légitimité n’est pas celle de l’aliment de bétail ou de l’égalitarisme néo-Benbella. C’est celle de la Justice et de la compétence. Et c’est pourquoi il faut faire vite : rendre le pays au bon peuple de l’hymne pour que l’hymne fonctionne et que l’unité soit préservée. C’est une formule simple qui fonctionne partout. En Terre de Feu comme en Israël. Un pays est partagé par les étrangers comme un butin seulement quand il est morcelé par les siens comme un bien vacant et vécu par son peuple comme un enfermement. Donc on est d’accord : le pays le plus vaste d’Afrique attire aujourd’hui les mangeurs de terres et de gisements mais on ne peut le sauver que si on y croit, que si ceux qui nous gouvernent sont les meilleurs entre nous et seulement si certains de ceux qui le possèdent ne le regardent pas justement comme ceux qui veulent l’envahir : un bœuf tombé ou une femme coincée dans un angle mort.

Le peuple de l’hymne sent confusément que ce n’est pas une histoire d’amour, comme en 54, entre lui et le Pouvoir. Mais une histoire de lait à traire et de foules à manipuler. Confusément, le peuple de l’hymne connaît les noms des premiers qui fuiront à la première morsure au flanc de la géographie nationale. Le bon peuple a vécu cela il y a deux siècles. Tous les Algériens se souviennent, en dormant, de la fuite du dernier dey quand la France a débarqué.

Du coup, il y a peur de deux ennemis : de celui qui va déserter et de celui qui nous envahit. Du coup, il y a méfiance et soupçon. «J’ai regretté d’avoir investi tout mon argent ici» a dit un jour un homme d’affaires patriote au chroniqueur. La cause ? «Eux, alias le régime, seront les premiers à fuir et ont déjà pris leur précaution et ne perdront rien si le bateau coule». L’appel à défendre l’unité doit être précédé par la légitimité, la restauration de la confiance et l’honnêteté du propos : un régime n’a pas le droit de nous demander de défendre le pays quand lui-même a ses enfants et son argent dans d’autres pays. L’unité d’un pays est menacée. Par la mauvaise foi d’abord et toujours.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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