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Service public: «Yes, We Can» or «No, We Can’t» par Mohammed Beghdad

27 septembre 2012

Mohammed Beghdad

L’une des premières déclarations du nouveau premier ministre est de s’attaquer à la réhabilitation du service public en général tout en rajoutant qu’il est fondamental de gagner la confiance des citoyens par une prise en charge sérieuse de ce problème qui est devenu un véritable fléau dans le pays. C’est donc un aveu clair des pouvoirs publics que de reconnaître publiquement que les services publics constituent une grande faille qui sépare l’administrateur de l’administré dont l’état algérien ne pourrait absolument pas d’une baguette magique se débarrasser alors qu’il a participé directement ou intentionnellement au maintien statique de cette situation. Si on veut réhabiliter les choses cela explique aussi qu’il y a un laisser-aller de la part des gouvernants algériens. Ce n’est non plus dans la langue de bois que l’on avance mais dans des déclarations de ce type qui ne constituent pour le moment que des discours d’effet d’annonce. Attendons l’avenir proche pour voir plus clair sur les intentions concrètes sur le terrain. Pour le moment, on n’est encore au stade de la bureaucratie qui a gangréné tous les rouages administratifs.

Commençons d’abord par donner quelques flashs de la situation catastrophique de nos services publics dont le citoyen en souffre énormément où l’abus du pouvoir administratif se dresse comme un véritable malheur devant leurs yeux. Dès que vous auriez affaire à un quelconque service public, vous trembleriez et chercheriez immédiatement une connaissance pour ne pas subir de tracas tout en étant un quelque peu tranquillisé. Si vous n’en trouveriez pas, c’est un véritable calvaire qui s’abattrait sur vous en entrant dans un cercle fermé. Bonjour les dégâts !

Est-ce que quelqu’un parmi-vous s’est hasardé un jour en allant à la wilaya au service des cartes grises et des permis de conduire pour se faire délivrer un de ces deux papiers ? Je sens que parmi les lecteurs beaucoup vont pousser un long et profond soupir en souvenir des galères qu’ils ont subies en allant et revenir à maintes fois dans ce service, j’allais dire qu’ils ont l’impression d’avoir grandi un peu plus dans cette salle où vous pouvez attendre une éternité sans que quelqu’un daigne vous demander si vous avez été servi ou non.

Il n’existe aucune notion de service public où les usagers sont à bout de nerfs comme s’ils se doutent à l’avance des réponses négatives du préposé au guichet lorsque tu le trouves à son poste et que tu arrives à le coincer entre deux furtifs gestes pour lui adresser un petit mot lorsqu’il s’approche de l’hygiaphone qui n’a pas encore disparu. En entrant dans cette salle d’attente, il n’y a aucune personne à l’accueil pour vous guider dans votre démarche. Vous vous asseyez sur un banc si vous avez la chance d’en trouver une place disponible et vous priez pour que quelqu’un puisse se présenter en face des pauvres administrés qui sont obligés de revenir plusieurs fois pour enfin espérer voir leur dossier étudié.

Tu ne sais pas lequel est arrivé le premier pour être servi en premier. Il n’y a pas la moindre organisation de la chaine pourtant ce n’est pas la mer à boire pour l’installer comme par exemple chez Djezzy qui reçoit énormément de monde mais où le premier arrivé est le premier servi. Tu te demandes qu’est-ce qu’on fait dans ce service qui est censé servir les citoyens dans le respect des règles et des institutions. A cause de la désorganisation fatale, tout le monde s’énerve facilement car la confiance n’est plus de mise ; elle s’évapore à la vue de toute cette bureaucratie et cette barrière psychologique. Le bruit ambiant est synonyme d’une sérénité disparue à jamais.

Dommage que cela puisse se dérouler à quelques mètres des bureaux du premier responsable de la Wilaya dont l’objectif est justement d’abattre ces lourds fardeaux dont souffrent les citoyens. Comment pourrait-il l‘imposer dans toute la wilaya si ces propres services sont presque à l’état d’abandon ? Qu’il essaierait un jour de jeter un coup d’œil camouflé ce qui se passe comme obstacles aux citoyens sous les fenêtres de son cabinet. Il verrait là sous ses yeux ébahis, là sous ses pieds, la bureaucratie sous toutes les formes et de toutes les couleurs.

On vous donne un rendez-vous verbal pour venir tel jour pour revenir récupérer vos papiers mais arrivé le jour prévu, vous êtes aussitôt renvoyés à une date ultérieure sans vous donner la moindre explication de ce retard décidé selon votre facial et votre intervention. Et dire que les algériens sont impatients ! Au contraire, ils débordent de patience devant une administration qui à la moindre réclamation, tu verras tes papiers écrasés sous la lourde charge de l’abus d’autorité.

Trouvez-vous normal qu’il faut en moyenne 4 ou 5 mois pour se faire délivrer la carte grise de votre nouvelle voiture après d’incessants va-et-vient et 3 mois au minimum pour avoir ton permis de conduire ? Dites-moi qu’est ce qu’il y a de sorcier à établir un permis de conduire du moment où tous les papiers nécessaires sont fournis à l’administrateur et qu’il ne reste qu’à remplir les renseignements, à imprimer et la photo à coller ? Alors que l’on est à l’ère de l’informatique et des nouvelles technologies ! Tu te questionnes parfois qu’est ce qu’on fabrique avec tout ce personnel payé aux frais du trésor public et dont le travail marche à la vitesse de la tortue, pas à la légendaire héroïne de La Fontaine ?

En attendant des jours meilleurs dans tous les services publics dont celui de la Wilaya n’est un exemple frappant parmi d’autres à l’instar de la Daïra, d’Algérie Télécom ou des finances et etc.

Dans le premier service, entre l’appel téléphonique pour obtenir le rendez-vous de dépôt de votre dossier de passeport et son obtention vous avez au minimum à attendre deux longs mois pour avoir le précieux document. Par contre dans les consulats algériens à l’étranger, quelques heures suffisent pour se faire délivrer le même document de voyage. Pourquoi ces deux contradictions flagrantes de deux services publics algériens ? Pourquoi l’un « we can » et l’autre « We can’t » ?

Chez Algérie Télécom, on vous suspend votre connexion durant 5 jours pour une histoire de mots de passe dont vous n’êtes pas absolument pas la cause mais vous devez fatalement payer les frais, erreurs des autres obligent. Si vous rouspétez, on pourrait vous laisser poireauter durant des jours et des jours pendant tout ce temps-là votre abonnement se trouverait tronqué du nombre de jours à ramer. Et tant-pis pour toi !

Chez les finances, attention si une autre personne possédant les mêmes noms et prénoms que le votre et qui est redevable d’une somme aux impôts, c’est à vous qu’on bloque la délivrance d’un extrait de rôle sans prendre la peine de vérifier d’abord la filiation complète de votre identité qui doit différer logiquement de votre autre homonyme. C’est à vous qu’il revient de justifier qu’il s’agit bien deux personnes totalement différentes. On ne compte pas assez le temps perdu dans ces services en passant d’un bureau à un autre pour solliciter. D’une situation propre face aux impôts, vous devenez par la grâce bureaucratique impropre face à l’administration.

Nous n’avons pas évoqué ici tous les services publics du pays qui en existent par milliers et où chaque administration dispose de ses propres lois et règlements intérieurs. Partout où vous allez, vous mesurez de plus en plus le retard entrepris pour arriver à satisfaire des administrés qui sont au courant des moindres avancées des pays développés tandis que notre service public végète dans ses méthodes anachroniques où encore une fois l’incompétence règne et persiste en long et en large et sous toutes les dimensions. Le sursaut serait-il pour demain ? C’est là la question intéressante que se posent depuis assez fort longtemps les pauvres administrés et à laquelle pourrait répondre le gouvernement à la seule condition de ne pas se contenter de frapper encore une nième fois l’eau d’un coup d’épée.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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