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Gouvernement : les commis et ceux qui ont desservi par Abdelkader Leklek

13 septembre 2012

Abdelkader Leklek

Un remaniement ministériel implique des départs et emporte de nouvelles arrivées. Si pour ceux qui arrivent pour leur première fois, l’indulgence est de mise. Elle commande d’éviter les a priori et de bannir les préjugés. Il en va autrement, pour ceux qui restent et ceux qui sont partis. 

Parmi ceux là, il y a les commis, de l’Etat bien sûr, et eux qui auront durant leurs missions desservi. Commençons par les premiers d’entre eux. Depuis la révision constitutionnelle de 2008, ils ne sont plus chef du gouvernement, mais Premier ministre, à la faveur de la loi n°08/19 du 15 novembre 2008. Les premiers ministres sont appelés, durant leur mandat à manager une équipe gouvernementale, composée d’hommes et de femmes. Et le management, qu’il soit stratégique ou bien opérationnel, exige des compétences. La compétence entendue au sens managérial, est définie, par les spécialistes de la gestion des ressources humaines, comme étant :» les capacités et les aptitudes à faire quelque chose, convenablement».

Celui qui a été nommé Premier ministre le 03 septembre 2012 par monsieur le président de la république, monsieur Abdelmalek Sellal, pour ne pas le nommer, fait parti de ceux qui sont restés. Alors possède-t-il les compétences indispensables, pour manager- ce mot n’est fidèlement rendu par aucune locution française- ou diriger et conduire convenablement son équipe. Ce diplomate de formation, entré en mission au service de l’Etat, à 25 ans, pur produit de l’école algérienne ne quittera plus le service public, jusqu’à être promu, Premier ministre. Mais avant cela, il avait commencé logiquement par le début de l’institution publique. L’administration des collectivités territoriales. Il fourbira ses premières armes d’administrateur au sein de la wilaya, institution qui se trouve être avec la commune, la convergence de toutes les sollicitations citoyennes et centres d’intérêts les plus fréquentés par les populations. Ces deux, collectivités territoriales, représentent depuis l’indépendance le cadre institutionnel de réponse à tous les besoins quotidiens, infinis et évolutifs en matière de services, d’aides et d’autorité. Il entama sa carrière, en qualité de chef de cabinet de wali dès 1975. Cependant, il fut nommé dans une wilaya qu’il fallait créer ex nihilo j’allais dire, puisque cela se passait dans une wilaya instituée lors du découpage administratif de 1974. En somme il lui avait échu à l’époque comme exercice de baptême de feu, avec d’autres agents de l’Etat, bien sûr, de mettre sur pied une administration et de la faire fonctionner, pour être au service et surtout plus près des citoyens. Il avait du, aussi, gérer en cette qualité, l’un des plus délicats dossiers de l’époque. Une opération stratégique et déterminante, voire vitale, pour le régime du président Boumédiène : la révolution agraire. Il s’agissait de nationalisations de terres appartenant depuis des générations à des particuliers et de leur réaffectation à des fellahs ou prétendus tels, sans terre. Il y avait bien sûr le cérémonial, la remise des titres d’attributaires en fanfare, et autres réjouissances que la télé passait chaque jour au JT de 20 heures. Mais il fallait parallèlement, gérer les contentieux, les recours et autres litiges. De nouveau concepts et une sémantique notionnelle virent le jour et auxquels, il fallait s’adapter. Il fallait les identifier, les assimiler, se les approprier pour en faire son vocabulaire, voire son outil de travail. On découvrit, les réactionnaires, comme on disait à l’époque, les féodaux, et les absentéistes, qu’une armée d’étudiants volontaires, embrigadés dans des comités de volontariat universitaire, officialisés dès le 16 mars 1973,allait dénicher avec l’assurance, les rêves et les espoirs, que donnent la jeunesse, pour révolutionner pensaient-ils, un monde rural et un mode ancestral d’exploitation des terres agricoles, et en instaurer, à la place partout en Algérie, un autre plus juste et non-exploiteur. Ce ne fut sûrement pas pour le jeune premier de l’administration locale, une sinécure de tout repos. Il fallait aussi commencer la construction, chacun à travers sa wilaya, son quota des 1000 villages socialistes agricoles. Recruter la main d’œuvre, gérer les pénuries de ciment et autres matériaux de construction. Maintenir la cadence de travail en attendant la visite d’inauguration par le président lui-même avec les états de stress continu et la montée ininterrompue d’adrénaline. Toutefois, pareils apprentissages dans le feu de l’action, vous encadrent pour la vie, et vous vaccinent le parcours professionnel d’un homme, contre les multiples accidents et les divers vallonnements dans un cheminement de carrière. Pour le nouveau Premier ministre, cela dure depuis presque 40 ans, au service des institutions de l’Etat dans leur diversité, et à leurs différents niveaux, toujours en réserve de la république. De chef de Daïra à plusieurs fois wali, en passant par l’administration centrale de ministères, et retrouvant pour un temps ses premières amours de jeunesse, la diplomatie. Il officiera à la tête de différents ministères à vocation dynamique, tels le département de la jeunesse et des sports, celui de l’intérieur, ainsi que celui en charge des ressources en eau.

Au fait où est passé le gros des pénuries et manques d’eau d’antan ? Dans les lots des hommes et des femmes des maints gouvernements qu’a connus l’Algérie, il y a celles et ceux qui ont laissé leurs empreintes sur leurs zones de performances, et d’autres qui y sont toujours, mais demeurés tout le temps silencieux selon toutes les significations que peut évoquer ce terme. Oui, la haute administration, peut avoir ses commis et aussi ceux qui par indolence, et peut-être malgré leurs bonnes intentions, auront desservi. D’où, pour l’efficacité, c’est-à-dire, le talent de transformer des objectifs en résultats que doit détenir chaque titulaire de maroquin. Autrement dit, la nécessité de combiner harmonieusement, les savoirs, les savoir-faire et les savoir être, afin de convenablement servir, l’Algérie et les Algériens. Les diplômes qu’on nomme avec euphémisme, les qualifications, ne suffissent pas et plus. On peut avoir suivi une formation sur, par exemple, le thème : «territoire et développement», durant des dizaines d’heures de théorie, avoir subi un examen, avec succès sur ce thème, sans jamais avoir fait de terrain, sans jamais avoir rencontré les acteurs locaux qui peuplent ce territoire, sans jamais avoir identifié avec eux leurs besoins, et leurs attentes. C’est ce gap là, qui aura manqué et qui aura fait défaut, pour réaliser les résultats attendus. Dans cette manière de faire, tout repose sur l’enseignement, sur l’académique, sur le conventionnel, en somme sur les savoirs uniquement et seulement. Resteraient alors à conquérir les savoir-faire et les savoirs être, c’est-à-dire, les compétences comme définies plus haut, et les aptitudes, soit, les qualités personnelles. Dans les cursus de formation des grandes écoles préparant au management public, des apprentissages aux savoirs comportementaux en situations de manager d’actions de développement, et pas seulement, sont aux programmes. Mais quand ce genre de décalages et de lacunes existe, il y a des hommes et des femmes, qui une fois nommés à la tête d’un département ministériel, plongent vélocement le nez dans le guidon et pédalent frénétiquement, durant tout leur mandat, en pondant des notes directives, des instructions, des circulaires, et autres arrêtés ministériels. Et qui au jour du nouveau remaniement, s’aperçoivent qu’ils n’avaient pas roulé du tout, mais qu’ils avaient fait du surplace.

Ainsi on ne peut manager, seulement avec des armes théoriques, et ceci demeure valable à tous les échelons d’analyse, de compréhension et d’élaboration de la décision à prendre. Alors tout le crédit positif doit être accordé à la nouvelle équipe, puisque le premier d’entre sa composition, possède les savoirs didactiques cognitifs nécessaires, acquis à l’ Ecole Nationale d’Administration d’Alger, d’une part, et de l’autre, sa longue carrière dans les nombreuses institutions à tous les niveaux de la présence de l’Etat, lui auront apporté les savoir-faire indispensables et idoines. Quant enfin, aux savoirs être, et pour ne prendre qu’un seul élément d’évaluation, mais assez parlant. Toute la profession journalistique, le décrit comme un homme affable et convivial. Ayant un sens de l’humour clean, et beaucoup de finesse pour aborder l’autre, l’interlocuteur. La majorité des éditorialistes, des chroniqueurs, des critiques et même les pigistes le créditent de dispositions avenantes dans ses rapports avec toute la composante de cette profession, que cela soit, lors de ses rencontres sur le terrain durant les visites d’inspection et de travail, sur les chantiers de projets de développement, ou bien lors de rencontres plus solennelles. Rarissime, sinon inexistants, sont les portraits négatifs, du nouveau Premier ministre. Alors bon vent, même avec un petit pincement au cœur, car le cabinet Sellal manque cruellement de compétences féminines. Elles sont trois dames, pour 32 hommes, soit 8,5%. On est encore bien loin de l’esprit de l’article 31 bis de la constitution, et pour la parité, il va falloir repasser. Enfin, pour boucler la boucle, si ma grille de lecture de l’évènement vaut quantité d’autres, alors ceux et celles des intéressés, qui auront parcouru ma chronique, et qui se seront d’eux-mêmes, catalogués, parmi ceux qui auront desservi, sauront, s’ils en éprouvent le besoin, se remettre en cause. Dans un cadre strictement personnel, cela peut-être bienfaisant, voire salvateur. Mais dans un cadre plus général, quand il s’agit d’avoir l’occasion dans sa vie, de servir, comme ministre, son pays et rendre service à ses concitoyens.

Se remettre en cause, c’est une tache exaltante qui commande de la générosité. Dans le sens, ne jamais manquer de ténacité pour entreprendre et exécuter toutes les choses jugées être les meilleures pour ses semblables, d’une part. Et de l’autre ne rien entreprendre dont on se sent incapables de réaliser les résultats. La générosité est un dévouement aux intérêts des autres, sans en attendre de rétributions. En conclusion, dans ce cas de figure, se remettre en cause, pour mieux servir, c’est en ultime étape d’un itinéraire de vie, la capacité de pouvoir être supérieur à son être.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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