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L’irresponsabilité de l’exploitation des gaz de schiste

2 septembre 2012

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Par Mohand Bakir
Dans une situation de quasi-vacance des pouvoirs, l’Algérie s’apprête à prendre une décision qui engagera l’avenir des générations futures. Il est indispensable de s’interroger à la fois sur la légitimité de cette décision et la légitimité des pouvoirs actuels à l’engager sans un large débat public impliquant toute la société. 
L’Algérie est sans gouverne depuis les législatives de mai 2012. Le décor est alarmant. Une classe politique déchirée par des luttes intestines pour le contrôle des voies qui mènent aux mangeoires. Un gouvernement amputé de la moitié de ses membres et dont l’autre moitié attend, sur les paliers des ministères, de savoir s’il faut prendre la direction du parking ou celle de l’étage supérieur. Une Assemblée clientéliste qui n’a pas la moindre chance de donner l’illusion d’exercer un quelconque pouvoir législatif. Un chef de l’Etat affaibli, au plus bas de sa forme et de sa crédibilité. La société est piégée entre les conséquences dramatiques de la déliquescence de l’Etat et les résurgences d’un terrorisme islamiste aux aguets. La jeunesse est, quant à elle, livrée au contrôle idéologique des clergés islamiques. Nous pourrions croire que le fond est atteint. Que non ! Fellag l’a bien dit : «En arrivant au fond, nous, Algériens, nous creusons encore !»

Prospection ou exploitation ?
L’été a été ponctué de déclarations plus ou moins floues au sujet de l’exploitation des gaz de roche-mère. Des annonces contradictoires, qui ne renseignent que vaguement sur les intentions ou sur les décisions déjà prises : réalisation de puits expérimentaux ? Révision de la loi sur les hydrocarbures ? Exploitation commerciale de cette ressource ? Quelle est la véritable décision engagée par l’Algérie ? Qui l’a arrêtée ? Autant de questions sans véritables réponses. Les déclarations brouillonnes désarçonnent l’opinion. On nous dit avoir provisionné de quoi réaliser quelques puits «expérimentaux» et financer des études pour évaluer le potentiel algérien en gaz de schiste. Mais on claironne aussi que ces «réserves» correspondent au moins au quadruplement de nos réserves gazières ! ! Soit, mais si la question n’en est qu’au stade de la prospection et de l’expérimentation, pourquoi alors envisager la révision de la loi sur les hydrocarbures ? Et pourquoi surtout la mettre dans les tablettes d’un gouvernement sur le départ ? Pourquoi s’avancer dans les discussions avec des groupes étrangers et envisager même l’idée d’accords de gré à gré avec les quelques détenteurs de la technologie dite de la fracturation hydraulique ? La démarche à laquelle nous assistons, rend perplexe. Elle a tout l’air de chercher à imposer le fait accompli d’une décision en contrebande.

Plus de pétrodollars !!
Dans leur logique, nous devrions même être alléchés par de nouvelles recettes en devises que l’exploitation des gaz non-conventionnels procurera au pays !! L’argument ne tient pas la route. Il aurait été recevable si la manne de pétrodollars amassée depuis 1999 avait été affectée à la création d’emplois et de richesses. L’Algérie ôte toute ironie au fameux adage kabyle qui dit «atwssel taâwint ilevhar» (une marre ne peut rien apporter à un océan). La monétisation de nos hydrocarbures semble plus à même de soulager les difficultés financières des Etats-Unis, voire même du FMI, que de servir au développement du pays.

La question qui tue
Le départ de Chakib Khelil a été, semble-t-il, l’occasion de constater le recul qu’il a causé aux capacités propres de l’Algérie dans les multiples domaines de l’exploitation des hydrocarbures. Plutôt que d’y remédier voilà que l’Algérie s’apprête à l’accentuer par une dépendance totale à l’égard d’une technologie détenue exclusivement par deux ou trois opérateurs étatsuniens ? Cela a au moins le mérite de la continuité ! La situation de l’Algérie est-elle comparable à celle des Etats-Unis d’Amérique ? Les ressources en hydrocarbures conventionnels des Etats-Unis ont entamé leur déplétion dans le dernier quart du siècle passé. L’exploitation des hydrocarbures non conventionnels leur a permis de redevenir, en 2009, exportateur net de produits énergétiques. Le coût environnemental de cette exploitation est d’ores et déjà faramineux. Le recours à cette technologie en Amérique du Nord relève d’une démarche pragmatique face à la chute de leurs ressources en hydrocarbures et à la persistance de l’immaturité des énergies alternatives. Il n’en reste pas moins que le développement des énergies nouvelles reste le choix stratégique des grandes puissances énergivores. L’exploitation des hydrocarbures non conventionnels ne s’étalera que sur la période de maturation des énergies de substitution. L’Algérie, au contraire des Etats-Unis, n’a aucun intérêt à la banalisation de l’exploitation des gaz de schiste. L’exploitation de cette ressource non conventionnelle contracte les marchés pour le gaz conventionnel et accentue la tendance baissière des prix sur les marchés spot. Une situation qui compromet la stratégie des pays exportateurs de gaz conventionnel. Ceux-ci essaient d’assurer la rentabilité de leurs investissements gaziers par l’indexation des prix du gaz sur les cours du pétrole et du favoritisme pour les contrats à long terme. L’extension de l’exploitation des gaz non conventionnels ruine la stratégie des gros exportateurs actuels.

L’autre option
La Sonatrach, au lieu de s’aventurer dans un domaine où sa dépendance technologique est totale, et où l’intérêt du pays est défavorablement engagé, devrait plutôt tendre à jouer un rôle pivot dans un partenariat Sud-Sud de valorisation et de développement des hydrocarbures conventionnels du Niger et du Mali – dans l’Azawad – et des pays de la région. Le développement des ressources gazières conventionnelles du continent africain renforcera la résistance des pays européens à l’exploitation des gaz de roche-mères. Plus la ressource conventionnelle sera disponible, plus la préoccupation écologique sera prise en compte par les Européens, qui sont désormais nos partenaires privilégiés. La décision algérienne est grave. Elle introduit un risque écologique majeur dans une partie du continent africain où se concentrent des aquifères essentiels à la satisfaction des besoins en eau des générations futures. Ces systèmes souterrains contiennent d’immenses réserves d’eau potable. Prendre le risque que l’un ou l’autre d’entre eux soit pollué, par les centaines de produits toxiques entrant dans la fracturation de la roche, est une décision criminelle. La responsabilité serait au contraire d’obtenir un accord d’interdiction de l’exploitation des gaz de schiste dans toute la zone des aquifères, réserve majeure d’eau potable pour les générations futures. L’exploitation des gaz de schiste n’ont donc pour nous, dans l’immédiat, que des inconvénients. Pressions sur les marchés gaziers, dépendance technologique totale, atteintes environnementales majeures et dilapidation de ce qui sera la véritable richesse à l’avenir : l’eau.
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À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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