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Etat, argent et futur incertain de l’Algérie

1 septembre 2012

Larbi Mehdi

le 13.08.12 | 10h00

En janvier 2011, l’Algérie a connu des émeutes pour…

En 2010, j’ai publié un article dans El Watan pour apporter une analyse modeste à la question de l’Etat en Algérie à travers les contestations sociales déclenchées depuis le début de l’année 2011.

J’ai écrit que «les protestations en Algérie veulent mettre tout simplement le régime devant ses propres responsabilités. Elles n’arrêtent pas de l’interpeller pour ouvrir ses yeux sur les conséquences néfastes de son fonctionnement. La société ne cherche donc qu’à mettre le pouvoir à nu pour qu’il habite réellement sa propre vocation. Cela nous mène à conclure que les événements sociaux qui s’expriment à tous les niveaux et sous toutes leurs formes sont un moment décisif pour le régime politique afin d’entamer sa propre modernité.»(1)
Aujourd’hui, la permanence du fonctionnement irresponsable et absurde des hommes politiques a modifié les attentes sociales.

Les protestations qui alertaient autrefois le pouvoir sur les incohérences de sa politique sont révolues. L’accentuation de l’animosité sociale envers le régime politique autoritaire a produit une nouvelle forme de contestation qui exige essentiellement sa part du butin récolté des hydrocarbures, sans se soucier de l’avenir du pays. Suivre le slogan de«l’achat» de la paix sociale est devenu pour les catégories de la société algérienne une devise courante. En effet, contraint par les événements mondiaux, le régime algérien a réagi par la voix  de son Premier ministre pour dire : «Nous sommes disposés à acheter la paix sociale.»

Grâce aux réserves de la rente pétrolière, les hommes qui détiennent le pouvoir en Algérie ont décidé d’injecter des sommes colossales  par le biais des structures récemment créées pour placer les demandeurs d’emplois dans des postes temporaires avec un salaire qui n’atteint pas le (SNMG) et faciliter dans le même temps, aux porteurs de projet, l’accès aux crédits bancaires. Paradoxalement, aucune de ces structures ne s’est inquiétée sur l’avenir de ces projets. Aucune étude analytique sur la nature de ces emplois, leur durabilité et leur impact psychosocial sur les bénéficiaires n’a été réalisée et aucun soutien managérial n’a été conçu et préparé pour  les porteurs de projets.

Une absence totale en matière d’accompagnement et de  formation pour que les bénéficiaires réussissent réellement leur projet afin d’assumer et d’assurer par la suite une bonne intégration économique et sociale. La formation, le  suivi et les réorientations des objectifs que les experts nationaux puissent apporter pour  ajuster  et réajuster selon les résultats obtenus ne sont pas inscrits  comme  priorité dans  les structures de l’Etat.

De ce fait, l’argent public a bien été distribué  pour occuper les Algériens (es) afin qu’ils ne contestent pas la légitimité des hommes qui détiennent le pouvoir et ne tentent aucune action pour déstabiliser le régime politique en place.
Dans cette situation, l’argent de la rente pétrolière pourra-t-il réellement éteindre «la flamme sociale» ? Arrivera-t-il à occuper pour longtemps les Algériens (es) afin qu’ils ne reviennent pas à la charge pour contester afin d’avoir plus ?
La permanence des protestations et la multiplication des manifestations des catégories socioprofessionnelles prouvent que la solution adoptée par les dirigeants est loin d’être le moyen efficace pour acheter la paix sociale. Au contraire, cette politique a accentué les demandes, et toutes les franges de la société sont contaminées par le syndrome de la réclamation de leur part de la rente.
En réalité, la politique de la distribution de la rente n’a jamais été une solution aux problèmes qui bloquent le développement en Algérie. Bien qu’elle ait été contestée par plusieurs spécialistes et experts, les tenants du pouvoir  n’ont voulu croire qu’à leur stratégie obsolète et ne se sont jamais inquiétés du sort de l’Etat et de l’avenir  des générations futures.
En écartant toutes les stratégies et les voies qui pouvaient faire émerger des forces sociales pour construire un Etat-producteur de travail, de sens et de la richesse hors hydrocarbures, les décideurs politiques ont fonctionné pour aboutir en fin de compte à un  Etat-donneur d’argent.

Actuellement, l’Etat est représenté chez tous les Algériens (es) comme un distributeur de billets dont on peut tirer sans peine la somme qu’on veut avec la carte de contestation sociale seulement. Tirer le maximum sans se soucier du déficit et des conséquences qui sont incontestablement graves pour la santé financière des caisses publiques n’inquiète personne.
Ce constat alarmant et amer n’est pas la conséquence des événements externes. Au contraire, il est le produit de l’histoire sociale spécifique  de l’Etat algérien. Au lieu de propulser le projet étatique vers le futur pour  réaliser le rêve de nos martyrs, les hommes qui ont pris le pouvoir après l’indépendance l’ont ligoté afin qu’il soit en relation directe avec leur tombe.

De ce fait, l’Etat que les martyrs souhaitaient offrir aux Algériens (es) est enterré avec leurs corps. Pis encore, cet Etat, qui n’a pas pu voir le jour, saura endetter par le «sang» qui a coulé pour  ne pas permettre en effet aux Algériens (es) de vivre leur liberté afin de construire leur solidarité nationale sur la base de l’égalité sociale. Désormais, toutes les familles qui démontrent leur lien avec le «sang sacré» sont renvoyées à leurs ancêtres et ne seront définies et reconnues que dans l’acte du sacrifice.
Les avantages matériels qu’ils vont avoir avec l’Etat après l’indépendance, représenté par un gouvernement de clans, vont les acquitter du devoir qui leur a été assigné par leur prédécesseur et vont les gracier de leur rôle pour faire grandir justement et accomplir avec leurs frères algériens (es) le projet de l’Etat initial.

Ces avantages ne seront pas  malheureusement sans contrepartie. Ils seront contre la récupération de leur «capital symbolique»
par le régime en place afin de conquérir une légitimité politique pour exercer en toute liberté son autorité sur le peuple. Nous ne sommes pas contre l’indemnisation matérielle des familles de nos braves chouhada, mais, paradoxalement, nous déplorons l’appropriation de ces symboles historiques et leur utilisation à des fins politiciennes.
Le sang des chouhada a coulé pour laver en principe la terre algérienne des pratiques coloniales inhumaines, d’une part, et se transfuser dans le corps collectif des Algériens (es) afin qu’ils deviennent frères et égaux devant les chances qu’offrent les structures de l’Etat pour pouvoir construire ensemble leur nation, d’autre part.

En détournant ce projet par l’institutionnalisation  et la légalisation d’une «distinction naturelle»  qui valorise plus les liens familiaux aux autres liens qui peuvent se construire par l’effort de chacun dans les institutions publiques et faire valoir la société, les initiateurs de cette  stratégie diabolique ont occulté de facto l’émergence d’un Etat comme entité holiste et homogène, et ont ouvert par la même occasion la voie aux formes de gouvernements archaïques. La légalisation de ce type de «distinction» n’est pas négative en soi. Par contre, son utilisation comme instrument dans le jeu politique a porté préjudice au développement de la citoyenneté en Algérie.

Toute distinction naturelle, que ce soit celle liée au lien familial, racial ou religieux affaiblit incontestablement la construction de l’Etat. Il faut rappeler que l’histoire contemporaine de l’Algérie a démontré que  l’émergence du mouvement national et son développement étaient essentiellement contre la politique de ségrégation imposée par l’Etat colonial entre les autochtones et les Européens d’Algérie. Cette politique était conçue sur la base de la «distinction raciale».

Le mouvement national algérien s’est acharné au départ pour intégrer les autochtones dans la citoyenneté française afin qu’ils soient égaux avec les Européens et puissent accéder aux mêmes droits socioéconomiques et politiques.
Le déclenchement de la guerre de Libération nationale n’est en fin de compte que la conséquence de l’échec de l’expérience  politique qu’a effectuée le mouvement national depuis les années 1920.

Cependant, l’égalisation officielle de la distinction naturelle entre les personnes qui habitent le même territoire ne produira guère un gouvernement démocratique, car la plupart seront exclus de prime abord à cause de leur appartenance naturelle.
La valorisation de ce qualificatif, qui répartit les personnes et classe les familles selon leur lien naturel, a été intégré comme schème de pensée en Algérie. Toute la société est façonnée par ce modèle de pensée qui sera extériorisé à chaque fois où les personnes auront l’occasion à négocier leur place ou leur statut dans la société.

Ce constat acerbe est le résultat de nos propres  pratiques, et si, aujourd’hui, notre Etat national est menacé par l’effritement de son propre territoire géographique, c’est parce que nous n’avons jamais travaillé afin qu’il soit fort pour comprendre et contrecarrer les enjeux géostratégiques et économiques mondiaux, établis depuis fort longtemps.
En effet, depuis les élections du 10 mai dernier, l’Algérie n’a pas encore son gouvernement, car les hommes de l’ombre, qui ont construit des clans puissants pour l’objectif de tenir le pouvoir avec des bras de fer, cherchent, chacun de son côté, selon leur appréciation et leur propre intérêt l’homme qui peut remplacer l’actuel président pour maintenir le statu quo et préserver uniquement leur intérêt matériel démesuré.
Référence  
1)- L. Mehdi, Les contestations sociales et la question de l’Etat en Algérie, in le quotidien El Watan du 6 avril 2010.

Larbi Mehdi : enseignant à l’université d’Oran

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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8 Réponses à “Etat, argent et futur incertain de l’Algérie”

  1. thardet Dit :

    le 13.08.12 | 18h30
    La  » pouvoirite »
    Combien d’analyses ont été faites par des experts , des analystes, des économistes etc.. rien n’y fait. Il ne reste plus que l’intervention des psychiatres , des psychanalystes et des psychologues ensembles pour se pencher sur le cas des respensables décideurs algériens. Merci Mr. Mehdi quant même

  2. ZAMO Dit :

    le 13.08.12 | 15h05
    LA RENTE » POUR CALMER LA RUE  »
    LA GUERRE D ALGERIE A ETE SANGLANTE ELLE A FAIT 1 MILLION ET DEMI DE CHOUHADAS QUI ETAIENT DETERMINES A ARRACHER LA LIBERTE DES MAINS DE L OCCUPANT COLONIAL ET AINSI PERMETTRE L EDIFICATION D UNE SOCIETE ALGERIENNE JUSTE ET EGALITAIRE SUR LA BASE DE L ETAT DE DROIT DE LA DEMOCRATIE DU PROGRES ET DE LA MODERNITE…
    AUJOURDHUI LES EXIGENCES DES PROTESTATAIRES ALGERIENNES ET ALGERIENS DEMOCRATES SONT LA LIBERTE LA JUSTICE SOCIALE ET LA DIGNITE.LES MANIFESTATIONS QUI AVAIENT EU LIEU DEPUIS LONGTEMPS BENEFICIENT DE L APPUI DE BEAUCOUP D INDEPENDANTS ET D INTELLECTUELS MARGINALISES QUI ASPIRENT A UNE ALGERIE DEMOCRATIQUE ET LIBRE.
    AUTREMENT DIT LE SOUHAIT DU CHAHID EST DE PERMETTRE A L ALGERIEN SURVIVANT DE VIVRE DANS LA DIGNITE L HONNEUR LA SOLIDARITE LA FRATERNITE ET LA FIERTE D ETRE ALGERIEN…
    LA SPECIALISATION DE L ALGERIE DANS LA PRODUCTION ET L EXPORTATION DES HYDROCARBURES REMONTE CEPENDANT A LA FIN DE L ERE COLONIALE.CE FUT MEME L UN DES POINTS DE DESACCORD PROFOND ENTRE LE FLN ET L ETAT FRANCAIS QUI PROJETAIT DE PARTITIONNER L ALGERIE POUR EN GARDER LE SUD ALGERIEN QUI RECELE D IMPORTANTES RESSOURCES EN HYDROCARBURES.
    L ACCROISSEMENT DES RECETTES D EXPORTATION VA GONFLER LA DEMANDE INTERNE ALORS QUE LES CAPACITES LOCALES DE PRODUCTION DEMEURENT INSUFFISANTES .LA PART DES HYDROCARBURES ETAIT DE 69% EN 1970 POUR LES EXPORTATIONS DES HYDROCARBURES.ELLE EST AUJOURDHUI DE 98%.MEME LE VENEZUELA ET L ARABIE SAOUDITE SONT EN DEça.
    TOUTES LES STRATEGIES DE DEVELOPPEMENT INITIEES PAR LES GOUVERNEMENTS ALGERIENS SUCCESSIFS DE MEME QUE LES PROGRAMMES D AJUSTEMENT STRUCTUREL DICTES PAR LE FMI AU MILIEU DES ANNEES 1990 N ONT FAIT QUE RENFORCER CETTE TENDANCE….
    LA TARE ALGERIENNE EST AUJOURDHUI REPRESENTEE PAR UNE CONFIGURATION PARTICULIERE DE NOTRE ECONOMIE DE NOTRE SOCIETE ET DE L ENSEMBLE DE NOS RAPPORTS SOCIAUX ,CENTRALISEE ESSENTIELLEMENT AUTOUR DE LA RENTE.CETTE CONFIGURATION A ETE UN CHOIX PERMANENT DE L ETAT ALGERIEN PLUS PRECISEMENT DE SON GROUPE DOMINANT .CE POUVOIR AUTOCRATIQUE PRIVILEGIE UN TYPE D INTEGRATION SOCIALE REPOSANT SUR LA RENTE AU LIEU DE S APPUYER SUR LE TRAVAIL ET LA PRODUCTION.S ETABLIT ALORS UN TYPE DE RAPPORT SINGULIER Où L ETAT N EXIGE PAS DU CITOYEN-TRAVAILLEUR DES DEVOIRS ET NE LUI RECONNAIT PAS DE DROITS: ON A AFFAIRE A UNE SORTE DE « CONTRAT »TACITE Où L ABSENCE D EFFORTS DANS LE TRAVAIL ET LA PRODUCTION A POUR CONTREPARTIE L ABSTENSION DE TOUTE REVENDICATION SOCIALE ET POLITIQUE :SINGULIERE « SERVITUDE VOLONTAIRE ».C EST D AILLEU

  3. lhadi Dit :

    lhadi le 13.08.12 | 13h06
    Ma modeste contribution
    La société civile est une des expressions fondamentales de cette structure citoyenne. On peut épiloguer longuement sur les aveuglements comme sur les faiblesses de la politique actuelle. On peut stigmatiser ceux qui se concentrent uniquement sur les luttes du pouvoir et les intérêts qui les concernent de près mais ce qui m’intéresse le plus en tant que progressiste patriote, c’est d’inventer la « volonté générale » comme fondement du pacte social pour que notre société soit habitée d’une chance sans limites…avec des hommes qui soient fait pour gouverner, à qui on laisse le temps et la possibilité. Des hommes et des femmes de compétences qui ne se détournent pas vers autre chose que la tache et qui par là mérite l?adhésion du pays. Fraternellement lhadi (lahdi24@yahoo.Fr)

  4. lhadi Dit :

    le 13.08.12 | 13h05
    Ma modeste contgribution (4)
    Et ne pas souligner l’importance de la responsabilité dans notre société menacée par tant de maux. L?Algérie a plus que jamais besoin d’hommes politiques intelligents et cultivés, courageux et capables de considérer avec générosité ce qui dépasse les limites de leurs influences immédiates. L?Algérie a besoin de femmes et d’hommes disposés à dépasser l’horizon de leurs intérêts politiques propres, des intérêts particuliers de leurs partis et prêts à agir dans le respect des intérêts, capables de se comporter comme tout le monde doit se comporter, sans se cacher derrière le fait que la majorité des gens ne se comporte pas ainsi. En résumé, on a besoin de femmes et d’hommes politiques capables de concevoir des projets à long terme et globaux. Plus les intellectuels-les doivent êtres accueillis plus ils devraient êtres soutenus entre autres par des personnes qui ne font pas de la politique mais qui partagent leurs opinions, leurs éthiques et leurs actions. Nous devons puiser nos forces dans une ambiance civique développée et plurielle à condition d’en être inspirée et d?être confrontée à une critique sérieuse. Lorsqu’on néglige ou qu’on sous-estime gravement les initiatives citoyennes de participation à la vie publique, le vide entre l?État et le citoyen ne peut que nourrir des pulsions dangereuses. Dès lors se manifeste notre médiocrité si bien connue et si autodestructrice. Par conséquent, la société civile constitue la base fondamentale de tout système politique démocratique. L’argument selon lequel le développement de la société civile constitue une attaque contre le système établi ne cache que le refus de partager le pouvoir. La société civile constitue donc une soupape de sécurité contre la montée éventuelle d’un pouvoir politique autoritaire. Pas besoin d?être un grand économiste pour comprendre que la société civile est rentable. Elle permet de mieux discerner l’utilisation de l’argent et de réduire le danger de la mauvaise gestion, sans parler de la valeur économique considérable que représente la structure décentralisée et plurielle de l?État. Les dangers qui nous menacent dans notre univers global, et exposés à ses propres piégés, peuvent êtres évités par une meilleure structure sociale, la plus ouverte, la mieux disposés à la réalisation des aspirations humaines, celle du citoyen, une structure sociale basée sur la confiance du citoyen et sur son respect. (suite) fraternellement lhadi (lahdi24@yahoo.fr)

  5. lhadi Dit :

    le 13.08.12 | 13h03
    Ma modeste contribution (3)
    Tant que nous ne changerons pas, il ne sera pas une garantie pour l’avenir. Il y a beaucoup de questions non résolues dans notre triste société actuelle. Nous devons les résoudre par une discussion amicale et digne parce qu?elles ne seront pas résolues par le meurtre d’innocents. L’homme politique d’aujourd’hui et de demain doit savoir apprendre à attendre, dans le meilleur et dans le plus profond sens du mot. Cette attente doit traduire un certain respect pour le mouvement intrinsèque et le déroulement de l?être, pour la nature des choses, leur existence et leur dynamique autonomes qui résistent à toute manipulation violente. Cette attente doit s’appuyer sur la volonté de donner à tout phénomène la liberté de révéler son propre fondement, sa vraie substance. Le comportement de l’homme politique postmoderne ne doit plus procéder d’une analyse impersonnelle mais d’une vision personnelle. Au lieu de se fonder sur l’orgueil, il doit se nourrir de l’humilité. Il faut apprendre à attendre comme on apprend à créer. Une attente dotée de sens parce qu’elle est générée par l’espoir et non par le désespoir, par la foi et non par la désespérance, par l’humilité et non par la peur, par la sérénité et non par la tension. On peut duper tout le monde, on ne peut duper l’histoire. Je trouve paradoxal – et cela me semble symptomatique de notre époque – que tout en connaissant les dangers qui guettent notre société, on ne fasse actuellement rien pour éliminer ou s’en protéger. Ce sujet doit être mûrement réfléchi, car on ne peut aspirer à aucune amélioration de l?état des choses sans définir et sans analyser ce que l’on vit et ce que l’on veut changer. Je suis personnellement convaincu que le seul moyen consiste à changer la façon de penser, changer les mentalités, transformer le rapport de l’individu à la société dans laquelle il vit, faire comprendre à l’homme qui il est et quelle est sa place dans l’ordre de la nature. Cette prise de conscience seule peut créer de nouveaux modèles de comportement, de nouvelles échelles de valeurs et de nouveaux défis. Au delà de ces responsabilités particulières, chacun de nous ressent une part de responsabilité pour la société et pour l’avenir car nous savons tous que le monde ne disparaîtra pas avec notre propre disparition et qu’il n’est pas admissible de dire : « après nous le déluge ». (suite) fraternellement lhadi (lahdi24@yahoo.fr)

  6. lhadi Dit :

    le 13.08.12 | 13h01
    Ma modeste contribution (2)
    La réalité passe pour évidente, ce qui épargne le soin de la dire et de la penser. Il est pourtant des évidences que nous refusons de voir. On objectera qu’on ne nous les montre pas, ou guère, par flashes : mais c’est nous de toute façon qui sommes responsables de nous contenter de ce que le rassurant « spectacle » nous propose en nous interdisant d’interroger au-delà, donc de penser. Nous sommes un pays sous-développé avec tous les cercles vicieux de la pauvreté, ne vivant qu’avec la rente pétrolière au c?ur de la politique mondiale telle qu’elle se déploie autour de nous. C’est vrai, nous avons su et nous n’avons rien fait. Nous sommes collectivement coupables mais dans le même temps, nous ne pouvons pas en rester là. Il y a une voix qui nous rappelle à l’ordre, elle nous enjoint, chacun de nous, de nous battre en nous rappelant l?évidence que nos destins sont liés et que cette terre ne sera viable que si nous la faisons vivre ensemble. À la lumière des livres que j’ai lus, à la lumière aussi des changements qui se produisent sur l’ensemble de la planète, à la lumière de l’histoire proche et moins proche, je refuse de confondre la grandeur politique avec les combines du jour, les échéances électorales, les petites man?uvres et les grands calculs ; il y va de la vie de nos concitoyens et de la forme de notre société. La réforme des intelligences et des esprits est aussi nécessaire car notre époque est celle de la négation furieuse au profit du seul étant. Au fond, celle qu’on appelle aujourd’hui « politique » n’est rien d’autre que de la propagande organisée, multiple, anonyme en faveur du rien. Une propagande-insu qui veut faire croire que ce rien est quelque chose de préférable au néant de tout étant qui seul oblige chaque Algérien et algérienne à regarder sa vie en face et à la vivre jusqu’au bout comme une vie de mortel. Que ce travail de discrimination soit difficile, il ne faut pas en douter, mais il est nécessaire. On doit se donner les moyens de saisir quelle vérité se trouve à son tour empêchée ou renoncée dans la disposition présente de la politique. Nous devons tourner vers elle telle qu’elle est inscrite afin de lui donner la forme qui lui convient et qui pourrait nous sauver…tous les hommes de bonne volonté doivent travailler à l’idéal supérieur, ce qui signifie pas seulement résoudre la crise présente mais aussi préparer tout simplement une atmosphère indispensable de paix perpétuelle. Suite fraternellement lhadi (lahdi24@yahoo.fr)

  7. lhadi Dit :

    le 13.08.12 | 12h59
    Ma modeste contribution (1)
    Notre premier magistrat doit méditer sur la citation de JOHN LOCKE (défenseur du libéralisme) : « Quand on plonge un peuple dans la misère et qu’il se trouve exposé aux sévices du pouvoir arbitraire… vous pouvez faire passer les gouvernants pour ce que vous voudrez, vous arriverez toujours au même résultat. Le peuple qu’on maltraite d’une manière illégale saisira la première occasion de se libérer d’un fardeau qui lui pèse lourdement. Il appellera de ses v?ux le moment opportun et il guettera : les affaires humaines sont sujettes à tant de fluctuations, de faiblesses et d’accidents, qu’il est rare que l’occasion tarde à se présenter d’elle-même ». Les agitations de surface et les poussières sous le tapis sont improductives (…). La politique n’est pas un jeu d’égo, nul ne peut-être juge en sa propre cause, parce que son intérêt égarerait à coup sûr son jugement et corromprait, peut être son intégrité (…). Ainsi, si on veut faire des grands changements dans la nation, il faut qu’on reforme par les lois ce qui est établi par les lois et qu’on change par les manières ce qui est établi par les manières (…). La tache aujourd’hui s’impose pour être délivré des résidus de la vieille politique qui entrave encore (…). Pour éviter tout danger, on doit prier l’autorité de rester dans ses limites. Qu’elle se borne à être juste; nous chargerons d’être heureux. La société moderne met en question l’autorité politique, mais cherche plus à reformer qu’à s’y soustraire. On doit commencer à s’interroger sur la façon de concilier démocratie et la liberté, et le loyalisme avec les droits universels de l’homme. Les occupants actuels essayent de faire un peu de bien (en tous les cas, ils pensent en faire) dans le présent aux dépens de beaucoup de mal dans l’avenir. Le pouvoir exploite la meilleure illusion que ses prédécesseurs en passant par la même voie, va bientôt s’engloutir dans le même gouffre (…). Cette politique de pénurie, de casino, de trompe l’?il n’a aucune orientation, aucun programme, qui permet d’assurer et de développer l’initiative et la responsabilité personnelles des citoyens dans tous les secteurs de l’activité économique et donne la priorité à l’ensemble des mesures sociales qui s’accompagnera d’une saine politique financière et budgétaire qui évitera l’inflation et garantira la croissance de la production, des investissements, de l’emploi et des salaires…Fraternellement lhadi
    (lahdi24@yahoo.fr)

  8. OKRAM Dit :

    le 13.08.12 | 12h10
    Etat, argent et futur incertain de l’Alg
    Félicitations M. Mehdi. L’objectivisme dont a fait preuve cette analyse devient plus logique quand vous avez touché du doigt cet épineux problème appelé « l’hégémonie révolutionnaire », un concept qui a été longuement entretenu par le Pouvoir, pour ériger la couche sociale des nantis,premiers « hallabas » du pays.
    Ces soit-disant Moudjahidines n’ont aucun mérite pour avoir libéré le pays tant que le Trésor Public continuent à les payer depuis 50 ans. Ils sont payés pour ajouter de l’amertume à notre simple vie de tous les jours

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