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La Aâssima suivante ……

13 août 2012

Farid Talbi


De retour au bercail à Alger , je m’en retourne le premier jour  me couper les tifs chez Moh . En réalité pour actualiser mon parler dialectal. Dans la Aâssima où le vocabulaire populaire de l’informel illicite  et la vulgarité pratique en expansion vertigineuse,  modifient suivant  le marché du maquignonnage ambiant,  constamment le langage châtié  de la culture conventionnelle de notre enfance. Évolution sémantique peut-être,  mais  tous les jours la dévastation du langage patrimonial.  A  l’exemple de la quête alimentaire insatiable  des fameuses  fourmis légionnaires amazoniennes qui croissent sur leurs propres déchets . Petites bêtes, énormes dégâts et fières avec çà  ! .  Bref, me voici chez  Moh, le coiffeur débarqué et scotché  en 1962 à Belcourt . Moh,  celui là même qui continuait à relever le revers de son futal nettement   au dessus de la chaussette jaune fluo   , une fois sorti de chez lui à Belcourt . ‘’La  bitoude ‘’!  On a su  la raison un jour de cette  nostalgie grave, une cassette de la Rimiti  parlant de  jeune gazelle fougueuse mais fugueuse, et  de vieux cœur  conquérant mais calciné qui lui courait après sans l’attraper.   Que de la zoophilie et bouffe  au deuxième degré ! -   Donc Moh,  avouant la larme à l’œil  que  « dans sa prime jeunesse , en sortant de chez lui au bled  ,  il avait à  traverser, sur l’itinéraire vers l’école du village , un oued  jamais tari des rejets de l’usine, l’obligeant à relever les revers du futal ». Depuis, il n’a jamais pu s’habiller autrement. Et quand il avait eu à éviter la crue au niveau de la ceinture ?  Le « bourourou « ,   la honte pour sa femme Aouaouèche , une vraie algéroise par son  père ( Mohand  Idir Layachi Ben Houari ) , sa mère ( Mabroukia Bent Ould Daddahiou  Sidi   Berkahoum El Oudji ) et son futur beau-fils Omar,   (M’barek  El Hassentris  Sidi  Baba  Bouli-Ghouti  Hennayat‘s) haut placé,  en plein houkouma .  Donc Aouaouèche, capable  de tétaniser par le verbe insidieux mille  jeunes redresseurs du hizb unique ,  et militants, récalcitrants , analphabètes  ,   à l’assaut de la  kasma de Parti pris politique du coin ; la répartie intarissable et  acerbe,  le sens le plus tordu  de la formule populaire, la Aouaouèche qui frise la méchanceté atavique .
Moh le coiffeur,  s’enfichait  royalement de ces défoulements oratoires, portées au paroxysme avec le retour d’âge précoce d’une moitié pleine de Aouiaouèche ,débordant de partout qui s’en était  longtemps cru dispensée de la ménopause ,  torturée de dépit libidineux. Si  le coiffeur Moh  et néanmoins époux ne s’en formalisait pas,  c’est parce qu’il le portait en permanence   le futal relevé en question,  par besoin de mâle assurance, d‘affirmation identitairedu  douar, affiche rancunière .Même au lit le futal amputé… . La colère de Aouaouèche, une simple consolation illusoire dans le lot des rites     anesthésiques,  entre les mains manipulatrices,  généreuses mais  gracieuses de nos compagnes tôt ou tard vrais patronnes du gourbi. Tiens dans le registre  !  Les godasses de Moh . Simplement déposées le soir, bien vues dans leurs effluves authentiques , devant la porte de la chambre. Dans un sens pointes ’entrant’ ou l’autre  ‘sortant’ , pour prétendre  ostensiblement , comme si le « taxi »  conjoint  se trouvait ou non « occupé » . Suivant la disposition des godasses, le programme ……….. . Tu parles ! bref un tas de codes  oui .Mais bon nombre de fausses pistes  pour tromper les intrus ou l’ animosité   féminine retorse  du voisinage et voisines en rade .  Surtout distraire ces vicelards  de pauvres gosses adolescents ,  instruits dans le déni absolu des actes naturels considérés comme honteux, assurant pourtant l’existence humaine et sa pérennité terrestre .  Et après quoi tu demanderas aux gosses de gamberger sur les sujets philosophiques  d’études  perplexes, qui nécessitent l’esprit libre ! . Voilà que je redéconne encore. 
Demain,  marché   « t’nach » l’autre Moh,  poissonnier de son  état,  qui en connaissait des choses sur la cité  et les algériâneries locales du zimbrek.
C’est lui, Moh,  qui me disait déjà il y a des années de cela, au sujet   du progrès de l’information  :  «  le journal ? On s’en sert uniquement pour emballer le petit maquereau ! ». 
Qu’est-ce encore à dire ?
Zappe !!! …..
Farid Talbi.  

 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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