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«La Peste» est à réécrire par Kamel Daoud

5 août 2012

Kamel Daoud

«La Peste» est à réécrire par Kamel Daoud dans Kamel Daoud La-peste-195x300
De la bêtise en manuel. Quelle est la priorité des islamistes au pouvoir en Tunisie depuis des mois ? Redéfinir la vie, le corps, la femme, la sensualité, la liberté… etc. Au lieu et place de relancer l’économie, le pain, le travail, la plus-value ou l’investissement. La femme est-elle l’égale de l’homme ? Sa servante ? Sa docile bête humaine ou un être «complémentaire» ? La secte d’Ennahda a donc trouvé une sorte de mot tiède qui fait de la femme un être qui n’est pas l’égale de l’homme mais pas son inférieure directe comme au temps des tribus du Hedjaz. Elle devient «complémentaire», selon la loi. Une autre loi vient d’être pondue en Tunisie, par la même secte, définissant le crime d’atteinte au sacré, l’amende et la prison qui vont avec. C’est donc la priorité des islamistes quand ils prennent le pouvoir : la femme et le ciel et l’invisible, pas l’assiette, le concret et le naturel. Pas la terre et la récolte.

De ces nouvelles misères théologiques, le monde «arabe» mettra du temps à se débarrasser, car on n’a pas encore un Luther en vue, ni relecture «humaine» du corpus des textes sacrés. Les discours réformistes audacieux peinent à s’imposer, même au sein des élites. La mode collective et à la réédition du Moyen-âge en vrac : voile, dénis, enfouissement, refus de vivre, clergés, bigotisme et inquisitions. Comment relancer l’économie d’un pays quand tous veulent mourir pour aller au paradis et manger sans travailler ? Comment réinventer le monde quand il s’agit de le plier en quatre, de le mettre sous l’aisselle et d’aller à la mosquée le déposer à la porte pour demander des excuses d’avoir vécu ? Comment avoir des pays forts quand le but de la journée est l’ablution, pas la conquête ? Comment devenir une superpuissance quand la discussion de tous les jours est celle du Hallal/Haram ?

La secte d’Ennahda en Tunisie, ou des Frères en Egypte ou des zaouïas et autres fatwamen en Algérie, sont une maladie de l’économie, des dents, du ventre et de l’espoir. Et cela agace : il ne s’agit pas d’idéologie dite démocrate, laïque, anti-islamiste mais simplement de la colère et de l’agacement de voir les siens se pourrir l’âme de l’intérieur et se dissoudre dans l’absurde, pendant que le reste du monde amasse richesses et puissances. De la gêne à voir se multiplier autour de soi les mosquées et pas les entreprises, les barbes et pas les récoltes. Simple dépit de paysan face à tant de bêtises et de dépense de temps pour rien, pour des futilités, des surréalismes. N’a-t-on pas mieux à faire et plus urgent que de couper les cheveux des femmes en quatre et de chercher à voir si la femme est un os ou un objet complémentaire ? C’est quoi ce Moyen-âge de ténèbres et de bigotisme ? D’où viennent ces sectes et comment osent-elles nous dire que Dieu leur a parlé et les a déléguées ? Car il ne s’agit plus de dire «où fuir ?», mais de répéter «comment s’en débarrasser, car nous sommes chez nous et eux disent qu’ils tombent du ciel». Il ne s’agit plus de s’exiler, mais de les exiler eux, vers l’Arabie ou un autre désert plus «pur».

Le pire est que, comme dit plus haut, cet islamisme populiste et d’inquisition se propage, veut devenir un empire, a déjà des télés, des pays, un président, trois ou quatre chefs de gouvernement, quelques sportifs mous et sans compétence, des prêcheurs, des livres et des commerces et même un mode fashion et des délinquants au Sahel ou ailleurs et des produits dérivés et des Barbie voilées. Il ne lui manque que des armées. En attendant, il se propose de réécrire le dictionnaire du monde en tenant de redéfinir les évidences : la femme, la sexualité, le temps, le dessin, l’art et la rue et la chanson et la façon de manger les dattes par nombre impair. Triste de voir son pays, son monde, s’enfoncer dans la misère de l’âme, là où enfant, j’ai rêvé de marcher sur la lune et de fusée sans chute et de scaphandre aux profondeurs de la création et de l’énigme éblouissante de la vie.

«La Peste» d’Albert Camus est à réécrire, là aussi.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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3 Réponses à “«La Peste» est à réécrire par Kamel Daoud”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Résumé de la Peste

    La Peste est publié en 1947 et vaut à Albert Camus son premier grand succès de librairie : 161 000 exemplaires vendus dans les deux premières années. Ce roman s’est vendu, depuis, à plus de 5 millions d’exemplaires , toutes éditions françaises confondues.

    La Peste est bâti comme une tragédie en cinq actes. L’action se situe en avril 194. à Oran, une ville « fermée » qui « tourne le dos à la mer ».

    Première partie

    Oran, un jour d’avril 194. , le docteur Rieux découvre le cadavre d’un rat sur son palier. Le concierge, monsieur Michel, pense que ce sont des mauvais plaisants qui s’amusent à déposer ces cadavres de rats dans son immeuble. A midi, Rieux accompagne à la gare son épouse qui, malade, part se soigner dans une ville voisine. Quelques jours plus tard, une agence de presse annonce que plus de six mille rats ont été ramassés le jour même. L’angoisse s’accroît . Quelques personnes commencent à émettre quelques récriminations contre la municipalité. Puis , soudainement, le nombre de cadavres diminue, le rues retrouvent leur propreté, la ville se croit sauvée.

    Monsieur Michel, le concierge de l’immeuble de Rieux, tombe malade . Le docteur Rieux essaye de le soigner. Sa maladie s’aggrave rapidement. Rieux ne peut rien faire pour le sauver. Le concierge succombe à un mal violent et mystérieux.

    Rieux est sollicité par Grand, un employé de la mairie. Il vient d’empêcher un certain Cottard de se suicider. Les morts se multiplient. Rieux consulte ses confrères. Le vieux Castel, l’un d’eux, confirme ses soupçons : il s’agit bien de la peste. Après bien des réticences et des tracasseries administratives, Rieux parvient à ce que les autorités prennent conscience de l’épidémie et se décident à « fermer » la ville.

    Deuxième partie

    La ville s’installe peu à peu dans l’isolement. L’enfermement et la peur modifient les comportements collectifs et individuels :  » la peste fut notre affaire à tous » , note le narrateur.

    Les habitants doivent composer avec l’isolement aussi bien à l’extérieur de la ville qu’à l’intérieur. Ils éprouvent des difficultés à communiquer avec leurs parents ou leurs amis qui sont à l’extérieur. Fin juin, Rambert, un journaliste parisien séparé de sa compagne , demande en vain l’appui de Rieux pour regagner Paris. Cottard, qui avait, en avril, pour des raisons inconnues tenté de se suicider , semble éprouver une malsaine satisfaction dans le malheur de ses concitoyens. Les habitants d’Oran tentent de compenser les difficultés de la séquestration , en s’abandonnant à des plaisirs matériels. Grand , employé de la mairie, se concentre sur l’écriture d’un livre dont il réécrit sans cesse la première phrase. Le père Paneloux fait du fléau l’instrument du châtiment divin et appelle ses fidèles à méditer sur cette punition adressée à des hommes privés de tout esprit de charité.

    Tarrou, fils d’un procureur et étranger à la ville, tient dans ses carnets sa propre chronique de l’épidémie . Lui ne croit qu’en l’homme . Il fait preuve d’un courage ordinaire et se met à disposition de Rieux pour organiser le service sanitaire. Rambert les rejoint.

    Troisième partie

    C’est l’été, la tension monte et l’épidémie redouble. Il y a tellement de victimes qu’il faut à la hâte les jeter dans la fosse commune , comme des animaux. La ville est obligée de réprimer des soulèvements et les pillages. Les habitants semblent résignés . Ils donnent l’impression d’avoir perdu leurs souvenirs et leur espoir . Ils n’ont plus d’illusion et se contentent d’attendre…

    Quatrième partie

    Cette partie se déroule de septembre à décembre. Rambert a eu l’opportunité de quitter la ville , mais il renonce à partir. Il est décidé à lutter jusqu’au bout aux côtés de Rieux et de Tarrou. L’agonie d’un jeune enfant, le fils du juge Othon et les souffrances qu’éprouvent ce jeune innocent ébranlent Rieux et troublent les certitudes de l’abbé Paneloux. L’abbé se retranche dans la solitude de sa foi, et meurt sans avoir sollicité de médecin, en serrant fiévreusement contre lui un crucifix. Tarrou et Rieux , connaissent un moment de communion amicale en prenant un bain d’automne dans la mer . A Noël, Grand tombe malade et on le croit perdu. Mais , il guérit sous l’effet d’un nouveau sérum. Des rats, réapparaissent à nouveau, vivants.

    Cinquième partie

    C’est le mois de janvier et le fléau régresse. Il fait pourtant de dernières victimes : Othon, puis Tarrou qui meurt, serein au domicile de Rieux . Il confie ses carnets au docteur. Depuis que l’on a annoncé la régression du mal, l’attitude de Cottard a changé. Il est arrêté par la police après une crise de démence

    Un télégramme arrive chez Rieux : sa femme est morte.

    A l’aube d’une belle matinée de février, les portes de la ville s’ouvrent enfin . Les habitants, libérés savourent mais ils n’oublient pas cette épreuve « qui les a confrontés à l’absurdité de leur existence et à la précarité de la condition humaine. »

    On apprend l’identité du narrateur : C’est Rieux qui a voulu relater ces événements avec la plus grande objectivité possible. Il sait que le virus de la peste peut revenir un jour et appelle à la vigilance.

    Source bibliographique

    Véronique Anglard , La Peste d’Albert Camus (Nathan)
    Kléber Haedens Une Histoire de la Littérature française, Grasset 1970
    Dictionnaire des Grandes Oeuvres de la Littérature française, Jean-Pierre de Beaumarchais, Daniel Couty (Editions larousse)

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  2. Ferid Chikhi Dit :

    Belle réflexion M. Kamel Daoud, bien que le pire réside dans le fait que des intellectuels  »pseudo exilés en Europe et en Amérique du Nord », qui hier encore se disaient contre l’intégrisme, les faux dévots, la bigoterie  »retournent la veste » et joignent les rangs des  »idiots utiles » de cet islamisme non pas populiste et d’inquisition mais islamisme tout court et deviennent ses propagateurs enragés contre la femme quel que soit son

  3. Ferid Chikhi Dit :

    Belle réflexion que fait Kamel Daoud, bien que le pire réside dans le fait que des intellectuels  »pseudo exilés en Europe et en Amérique du Nord », qui hier encore se disaient contre l’intégrisme, les faux dévots, la bigoterie  »retournent la veste » et joignent les rangs des  »idiots utiles » de cet islamisme non pas populiste et d’inquisition mais islamisme tout court et deviennent ses propagateurs enragés contre la femme quel que soit son

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