RSS

«Il faut abattre la Lune» Jean-Paul Mari

«Il faut abattre la Lune» Jean-Paul Mari  dans 1.Extraits 41Q18BE81SL._SL500_AA300_A la fin des années 50, une opération de manipulation montée par les services français a déclenchéune purge dévastatrice au sein de l’Armée de Libération nationale. Dans son livre «Il faut abattre la Lune», Jean-Paul Mari raconte cet épisode, l’un des plus tordus de la guerre d’Algérie. Extraits

Toute la zone rebelle de la willaya III est intoxiquée par la «bleuite». Ce nom étrange vient des bleus de chauffe arborés en guise d’uniforme par les spécialistes de la guerre contre-insurrectionnelle dirigée par le capitaine Paul-Alain Léger. L’homme est redoutable: fin, cultivé, brun, un regard noir et perçant, le nez aquilin, les lèvres minces, avec à la fois quelque chose de féminin et de prédateur dans le visage. Parachuté en France en juillet 1944, rompu au combat dans les rizières d’Indochine et les djebels, il n’ignore rien des méthodes des services secrets français, de l’action psychologique et de la manipulation. Quand il débarque à Alger, des bombes viennent d’exploser dans la capitale, dont la Casbah est aux ordres directs du FLN. Le capitaine Léger décide de noyauter l’organisation. Son supérieur hiérarchique, le colonel Godard, lui-même ancien de la Résistance, des troupes du 11e choc et du renseignement en Indochine, approuve son projet. Le GRE (Groupe de Renseignement et d’Exploitation) est né.
Le principe de la bleuite est simple et diabolique. Quand un rebelle est identifié et arrêté, il est interrogé, souvent torturé, toujours compromis ou piégé. On lui offre de changer de camp. Brisé, retourné ou acquis à sa nouvelle cause, il rejoint les Bleus. Une fois remis en liberté, il reprend le chemin de sa willaya, où on l’aide en secret à gravir un à un les échelons de l’Armée de Libération nationale. Le jeu est terriblement dangereux. De son bureau à Alger, le capitaine Léger met à profit le moindre renseignement et document saisi, confectionne de faux cachets et rédige des lettres signées des «frères d’Alger» qu’il fait parvenir par des boîtes aux lettres clandestines aux vrais «frères du maquis». Au fil des mois, ses hommes s’infiltrent, le renseignent et tissent une vaste toile d’araignée. Un soir, quand un de ses émissaires revient de la montagne en lui mettant sous les yeux une lettre officielle surchargée de cachets du FLN, le capitaine Léger se frotte les yeux: «Le porteur de cet ordre de mission est habilité au nom de la willaya III à représenter l’armée et le Front de Libération nationale au sein de la zone autonome d’Alger.»

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

Voir tous les articles de Artisan de l'ombre

S'abonner

Abonnez-vous à notre newsletter pour recevoir les mises à jour par e-mail.

6 Réponses à “«Il faut abattre la Lune» Jean-Paul Mari”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Description de l’ouvrage
    Date de publication: 15 octobre 2001
    Le narrateur se pose un soir sur l’aéroport d’Alger. Premier retour, après trente ans d’absence, sur le sol qui l’a vu naître et qu’il a rangé dans un coin de sa mémoire. Il a couvert les guerres du monde, il s’est battu, il a eu des enfants, on ne peut plus l’atteindre. Mais la ville va lui serrer la gorge. Retournant sur son passé, sur son père et son grand-père, assassinés sur le pas de leur porte en 1962, l’auteur nous dit aussi cette Algérie torturée, ce pays devenu fou. De l’horreur passée à l’horreur présente, Jean-Paul Mari plonge dans un jeu de miroirs, de lui à la ville, de la ville à son père, et sort cicatrisé par cette rude confrontation

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  2. Artisans de l'ombre Dit :

    Détails sur le produit
    Broché: 284 pages
    Editeur : Nil Editions; Édition : NIL Editions (15 octobre 2001)
    Langue : Français
    ISBN-10: 2841111636
    ISBN-13: 978-2841111633

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  3. Artisans de l'ombre Dit :

    Le mieux est encore de lire…, 26 octobre 2001
    Par Anonyme
    Ce commentaire fait référence à cette édition : Il faut abattre la lune (Broché)
    commentaire LE DEBUT…
    «  »
    Je suis né au bord de la mer et la mer m’a toujours emporté. Je suis né en Méditerranée où la terre est obscure et le soleil aveuglant, dans un pays en noir et blanc, violent comme un négatif. Les cartes postales d’Algérie sont des mensonges qui ne montrent que les apparences, un ciel toujours bleu, un soleil doré et un horizon léger; une terre chaude, caressante et maternelle, floquée d’ocre rouge et de tâches de verdure. En réalité, le soleil d’ici est trop fort, coupant comme le bord d’une boîte en fer blanc. Il ne réchauffe pas les habitants, il leur brûle la peau, les écorche vifs. Terre et ciel de feu crachent alors la même couleur, ce rouge sang qui englue régulièrement l’histoire du pays. Blanc le soleil, noir le sol, rouge le sang; l’univers est impitoyable pour les délicats, les faibles, les lâches. Et insupportable pour tous les autres s’il n’y avait là, à portée du corps des hommes, la masse sensuelle et lourde de la mer. Avec ses vagues qui se balancent, écument de vie, soupirent et meurent en paix au bord de la plage. C’est la mer qui meut et émeut la terre d’Algérie jusqu’à en faire une chair souple, chaude, vivante. Comme une main qui caresserait en permanence un rein douloureux. Elle est là, masse d’eau bleue, verte, violette, parfois boueuse du gris des profondeurs mais toujours lumineuse de désir. Sans elle, les humains seraient nus et durs comme des os oubliés sur une dune. Lui, le soleil, ne sait produire que chaleur et poussière ; c’est la mer, qui l’apprivoise et lui renvoie son double féminin, elle qui transforme son éblouissement en clarté, en doigt de lumière, en reflet d’eau. Le soleil laboure la terre d’Algérie mais c’est la mer qui l’ensemence. Et la sauve. Notre mer, qui êtes la chair de la terre, vous êtes là, sous moi, marchepied de velours aux portes d’Alger.

    Dix-neuf septembre 1991, ce retour ne ressemble pas à des retrouvailles. Après vingt-neuf ans d’absence, ce pays m’est devenu étranger. L’autre, celui de mon enfance, n’existe plus. Un pays est un espace et l’enfance un moment. Il faut les deux à la fois pour dire  » mon pays « . Je ne suis plus un enfant et cette terre est habitée par d’autres. Elle leur appartient désormais. D’avant-hier à aujourd’hui, il y a une trentaine d’années où je n’étais pas ici. Le pays de mon enfance, stocké dans ma mémoire, me semble momifié. L’avion survole un coin du monde que j’ai rangé au rayon Politique Etrangère sans jamais rouvrir le dossier. Je ne sais rien de ces gens et de leur histoire contemporaine. Un immense trou noir. Ici, je suis un étranger qui ne revendique aucun droit spécifique. En posant le pied sur le tarmac de l’aéroport Houari Boumediène à Alger, je ne ressens pas d’ émotion particulière. Je suis de passage. Juste le temps de voir un documentaire sur la guerre d’Algérie que son auteur, un historien français, a tenu à projeter dans un cinéma local. J’arrive ici écœuré par la farce de la guerre du Golfe et la tragédie des montagnes du Kurdistan d’où je suis revenu anéanti par une fièvre inconnue. Du coup, ce bref voyage culturel à Alger ressemble à une permission pour convalescent.
    Maintenant, une violente odeur me soulève le cœur, quelque chose entre l’ordure et le végétal, une pestilence que je reconnais aussitôt : la rivière de l’Harrach ! A quelques kilomètres de l’aéroport, mon taxi franchit un pont au-dessus d’une eau noire, épaissie par les déchets d’une usine d’alfa et l’émergence de bouches d’égouts. Autrefois, quand le vent tournait en direction de la banlieue d’Alger, cette haleine de malade soufflait sur plusieurs kilomètres et escaladait les dix étages de notre immeuble. Du haut de mon balcon, je regardais, dégoûté et fasciné, des gamins croûteux qui n’hésitaient pas à jeter leur radeau de planches pour tenter la traversée du grand cloaque. Aujourd’hui, je n’en vois aucun. Mais voilà plus de trente ans que l’Harrach pue, toujours aussi fort. Le taxi file sur la  » Route Moutonnière « , séparée de la mer par une jetée d’énormes rochers noirs.  » Moutonnière « … quelqu’un m’a dit un jour que le nom venait des troupeaux de moutons qu’on menait à l’abattoir. J’ai toujours préféré croire qu’ils évoquaient cette écume de laine blanche que le vent soulève au sommet des vagues. En fait, je ne sais plus. La voiture roule trop vite pour mon début de mémoire et j’ai soudain très envie de dormir. Les yeux mi-clos, je perçois pourtant cette qualité de ciel, une certaine quantité de couleur vaporisée dans un certain volume d’air marin, une lumière de  » sortie de lycée  » comme l’a dit un ami. D’un coup de frein brutal, le chauffeur évite un chien jaune, jure dans l’embouteillage, me parle de son neveu asthmatique soigné à Paris et de son père torturé par les parachutistes français :
    - » Quand il en parle, – pas souvent, hein ! -alors, il est tout bizarre. Son corps devient chiffon. Et il pleure. Mon père! Il pleure comme un enfant…  »
    Je n’entends déjà plus. Et le reste de son monologue se noie, enveloppé dans ma torpeur.
    ….. »"

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  4. Artisans de l'ombre Dit :

    Jean-Paul Mari est un grand reporter et écrivain français, né à Alger en 1950.
    Biographie

    Jean-Paul Mari effectue des études de psychologie, puis devient kinésithérapeute. Il se tourne ensuite vers le journalisme et devient présentateur du journal à Radio Antilles, puis grand-reporter à RMC. Il se dirige ensuite vers la presse écrite, et intègre l’équipe du Matin de Paris
    Depuis 1985, il est grand-reporter au Nouvel Observateur où il a publié plusieurs centaines de reportages.

    Œuvres

    Livres[modifier]
    L’homme qui survécut, Éditions Jean-Claude Lattès, 1989.
    Le prix d’un enfant, document (avec Marie-France Botte), éditions Robert Laffont, 1993.
    Il faut abattre la lune, éditions Nil, 2001 – réédité en mars 2003, sous le titre : La nuit algérienne.
    Carnets de Bagdad, éditions Grasset, 2003.
    Carnets, Israël Palestine, carnets de reportage (dessins de Yann le Bechec), éditions Jalan Publications, 2004.
    Sans Blessures Apparentes, éditions Robert Laffont, octobre 2009.
    Documentaire Sans blessures apparentes, 2010, 63 minutes, Infrarouge, FR2.

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  5. Artisans de l'ombre Dit :

    Récit sur l’Algérie d’aujourd’hui et d’hier.
    « Il faut abattre la lune ».

    « Il faut abattre la lune ». Jean Paul Mari, NiL Editions, Octobre 2001, 284 pages. En savoir plus :

    P.-S. Ce livre sera publié une deuxième fois sous le titre : « La nuit algérienne » en mars 2003.
    octobre 2001
    Par Jean-Paul Mari

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

  6. Artisans de l'ombre Dit :

    Construit autour d’enquêtes, de portraits, ce récit d’un grand reporter au Nouvel Observateur est l’un des rares à raconter l’Algérie sur la durée. Au départ, à travers l’enquête du fils sur l’assassinat de son père à Alger en 1962, il y a cette question d’une génération à une autre : «Qui étais-tu pendant la guerre ?» Dans le récit qui avance, ce n’est pas une réponse mais un miroir que découvre l’auteur, qui court la planète d’un conflit à l’autre : «Et toi ?»

    Dernière publication sur 1.Bonjour de Sougueur : Les 7 profils d’apprentissage

Académie Renée Vivien |
faffoo |
little voice |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | alacroiseedesarts
| Sud
| éditer livre, agent littéra...