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Une révolution au cœur du territoire Français

2 août 2012

Guerre d-ALGERIE

La guerre secrète du FLN, pour la première fois dans l’Histoire d’une révolution populaire s’était étendue au-delà du pays colonisé, pour frapper au cœur même d’un pays occupant, et qui allait démystifier les allégations du colonisateur considérant le peuple algérien comme indigène, inculte et immature.

Cette année les Français, découvriront au matin du 25 août 1958 avec stupeur que la révolution avait  franchi la Méditerranée et qu’elle se déroulait sur leur  sol, car dans la nuit, une série d’attentats avaient été commis simultanément dans plusieurs régions : postes de police attaqués, policiers et militaires tués, voies ferrées sabotées, dépôts d’essence et raffineries incendiées. Ces actions simultanées avaient surpris les Français, du fait que c’est en Métropole que les évènements se jouaient d’où l’amplification par la presse et les radios du Moyen-Orient de l’époque, et ces actions étaient pour la direction extérieure du FLN « comme un véritable ballon d’oxygène ».

Porter la guerre au cœur de l’ennemi était vital pour le  C.C.E
La Fédération de France du FLN, comme on l’appelait était aussi destinée à mobiliser la communauté algérienne de France  Lancée en 1955 sous l’impulsion de Mohamed Labjaoui, sa principale mission au départ était de soustraire la communauté algérienne de France à l’influence du MNA. Celle-ci sera dirigée par Omar Boudaoud et Ali Haroun et sera baptisée « Septième Wilaya », comme nous l’avons signalé. L’organisation pyramidale de la Fédération de France était reproduite à chaque niveau et structurée de manière à se mouvoir et prendre en main la communauté algérienne. Le nombre et les limites des wilayas ont été plusieurs fois remaniés selon les effectifs, les évènements  et les opérations. Elle était divisée en cinq régions par le FLN : région parisienne et Ouest (Paris), région Nord et Est (Longwy), Région Centre (Lyon), région Sud Est (Marseille). Les militants adhérents et sympathisants, d’abord rassemblés dans les mêmes structures, seront séparés en organisations distinctes pour diminuer les risques de démantèlement et d’arrestations par les services de sécurité qui traquaient les algériens. Le comité fédéral siégeait en Allemagne, à Cologne, et ce depuis juin 1958. En 1956 l’organisation compte déjà plus de 8 000 membres, grâce au recrutement massif et le nombre ne cessera d’augmenter pour atteindre très vite le chiffre de 136 345 en 1960, y compris les 878 éléments de la Belgique et de la Sarre en Allemagne.

L’ouverture d’un second front
La mission de La Fédération de France devait avant tout sensibiliser la communauté algérienne pour une contribution plus large et surtout influencer l’opinion publique et les politiques français. Au-delà de cette mission, elle devait aussi ouvrir un second front sur le sol Français mené par l’OS. Pour rappel l’OS (Organisation spéciale), avait déjà son embryon et était déjà structurée en France et ce depuis 1956, mais ce n’est qu’en 1957 qu’elle prit véritablement de l’importance de par ses opérations spectaculaires , du fait qu’elle était constituée de militants aguerris, et était spécialisée, dans les actions délicates voire périlleuses, ainsi que dans les infiltrations et la clandestinité. Elle avait aussi comme objectif principal : l’instauration d’un climat d’insécurité en France même, pour contraindre les autorités à y maintenir le maximum de troupes et de policiers en Métropole, ce qui avait pour but d’alléger le dispositif de guerre qui pesait lourdement sur l’A.L.N dans les maquis, les villes et les villages en Algérie. La Fédération de France, devait s’organiser en conséquence, pour la préparation militaire et la formation en envoyant spécialement des militants pour un entraînement intensif dans les camps de Larache et Khemisset au Maroc, La création de la Fédération de France et la décision historique de faire porter la guerre sur le territoire français pour le C.C.E était vitale. Ce fut d’abord le coup de semonce qui secoua l’apathie du peuple français, qui n’était en majorité pas aux faits du drame des algériens,  aussi la mission consistait de lui faire prendre conscience et le mettre devant le fait accompli. C’est ainsi que, dans toute la France, des commandos de combattants se sont préparés : vérification des armes et des voitures devant servir à l’acheminement, consignes de prudences,  repérages des cibles et des objectifs et mobilisation des artificiers.

Le 25 Août 1958,  marquera une seconde fois la révolution
Le 25 Août 1958, il est zéro heure, et, conformément aux directives de la direction politique le (C.C.E) décide des actions de sabotages et d’opérations de grande envergure. Zéro heure rappellera la date du 1er novembre 1954 et le 25 août 1958, sera l’une des dates marquantes de la révolution algérienne franchira une nouvelle étape  et dès cette nuit là les commandos de cette organisation, entreront en action et procèderont à plus de 56 sabotages et 242 attaques contre 181 objectifs économiques, militaires, politiques et autres objectifs,  sans pour autant recourir au terrorisme aveugle, comme se plaisent à le raconter certains historiens Français, qui ont falsifier l’histoire, pour jeter le discrédit sur la révolution. Ces actions feront comprendre à  la France coloniale, que la révolution algérienne avait prit une autre dimension, de par son extension en plein territoire ennemie. La guerre d’Algérie qui minait la France et à travers elle toute l’Alliance atlantique avait franchi la méditerranée, et, c’est grâce au sacrifice des militants organisés au sein de l’organisation de la Fédération de France. A 02 heures, c’est un garage de police qui est attaqué au cœur de Paris :03 heures, c’est le ciel du midi de la France qui est illuminé par des explosions à Narbonne, Toulouse, Mourepiane, Cap Pinède et aux Augallades, Marseille, Martigues, Frontigni prés  de Montpellier, Ivry, Gennevilliers, Notre Dame de Gravenchon, le Havre,  Vitry, la cartoucherie de Vincennes et autres points non moins importants. Le 25 Août 1958, sera le prélude d’un autre combat, de par les actions qui s’étendront à toute la France, le  27, Rouen : le 31, c’est l’usine de gaz d’Alès : le 4 septembre, ce sont les installations de l’aérodrome de Melun ; le 5, c’est le déraillement du train de marchandises à Cagnes-sur-mer ; le 7, c’est au tour de l’aérodrome de Villacoublay et des opérations à Beglès ainsi qu’à Marseille ; le 8, c’est la centrale électrique de la Boise dans l’Ain, qui est attaquée. A cela, il faut ajouter l’attaque de policiers, de jour comme de nuit, dans les grandes villes : Paris, Lyon, Marseille, Saint-Etienne et plusieurs forêts seront la proie des flammes. Ces opérations commandos prendront de cours les autorités Françaises, dans ce contexte même la Fédération de France donnera des instructions strictes, en ce qui concernait la vie des civils contrairement à ce qui a été écrit par les historiens français et qui ont voulu entacher la révolution en traitant des combattants de terroristes.

La guerre secrète du FLN, pour la première fois dans l’Histoire d’une révolution populaire s’était étendue au-delà du pays colonisé, pour frapper au cœur même d’un pays occupant, et qui allait démystifier les allégations du colonisateur considérant le peuple algérien comme indigène, inculte et immature.

Cette page d’histoire, parait à première vue fort complexe pour certains historiens Français, qui n’ont jamais cherché à aller loin dans les recherches du fait, qu’elle est prise à controverse, se faisant un devoir de la falsifier voire dénaturée, oubliant que ces hommes ne faisaient que se battre pour la liberté et l’autodétermination d’un pays écrasé sous le joug.

L’aide des pays étrangers
L’aide apportée par les pays « frères », comme le Maroc et la Tunisie notamment, ont été des relais entre la fédération de France, et il ne faut pas oublier aussi que leurs antennes diplomatiques à l’étranger furent d’un grand apport pour la lutte de libération, aussi pour mener cette lutte il fallait bien entendu des armes.  En novembre 1956, Abdelkrim Souici, qui venait  de purger trois mois de prison et qui avait bénéficié d’une mise en liberté provisoire fera transiter dans les bagages d’un touriste un  lot de pistolets Beretta par l’un de ses hommes, d’Italie. Une seconde opération « Beretta » sera moins heureuse, le responsable de l’acheminement avait  décidé de les expédier de Nice par la SNCF en bagages non accompagnés, mais à Paris, gare de Lyon, lors des manipulations, l’une des valises s’écrasera, et une cinquantaine de pistolets avec leurs munitions seront découverts. La police, alertée, tend une souricière dans laquelle tout le groupe sera arrêté, un autre exemple,  le 13 mai 1958, Amar Haddad, surnommé « Amar-z-yeux bleus », arrive par le train à Düsseldorf. Dans un hôtel de la Bismarkstrasse, il rencontre une certaine Mme Bisner, intermédiaire en tous genres, et M. Springer, son associé. Le contact avait  été préparé depuis le Caire. On se met d’accord sur trois mille pistolets calibre 9 mm parabellum avec deux chargeurs chacun. Le jour même, le trio se rend dans une usine proche de la frontière de l’Allemagne de l’Est. La marchandise est payée comptée et chargée à destination de Cologne où elle est entreposée avant d’être acheminé en France. Mehdi, arrive à son tour en Allemagne, il avait à cette époque des relations, en la personne de Georg Puchert. Propriétaire d’une petite flotte marchande, et il avait été  le fournisseur en armes des nationalistes marocains avant l’indépendance. Avec l’intermédiaire de Mehdi Alias le diable il fournira à la direction de la Fédération de France un lot d’armes composé de pistolets  espagnols Astra calibre 9 mm, de Beretta et de Mauser du même calibre. Pour stocker avant de les envoyer vers leur destination finale, l’organisation du FLN avait loué des villas isolées,  près de Bonn, aux environs d’Aix-la-Chapelle, et  non loin de Francfort et c’est des ouvriers marocains qui  aménageront les caches et les garages insonorisés, et  transformeront des voitures de telle sorte que les armes passent la frontière, camouflées dans la caisse, sans que rien ne trahisse le chargement.

L’emprise de l’organisation politico-administrative du FLN
Les conducteurs de ces véhicules, ne devaient pas avoir le teint de type nord-africain, pour mener les missions à bien, la fédération de France mettait à contribution les « porteurs de valises ». Il arrivait parfois à la police de saisir certaines armes, mais elle échouera dans sa traque des réseaux de l’organisation qui finira par s’étendre à tout le territoire français. Tout en changeant d’appellation, l’emprise de l’organisation politico-administrative du FLN n’avait  pas cessé de se renforcer et ce jusqu’à l’indépendance. Du peuple français participent activement avec le FLN et les plus célèbres sont ceux qui étaient  associés au réseau Jeanson. Pour revenir à la collaboration de certains français, avec la Fédération de France, il y a lieu de savoir comme nous l’avons cité plus haut, que c’est à travers le réseau Jeanson qui avait été mis en place par Francis Jeanson en 1957, Jeanson était un intellectuel étroitement associé à Jean-Paul Sartre, durant la fin des années 1940 et 1950, il avait visité l’Algérie à deux reprises. Choqué par le colonialisme il a contacté les nationalistes algériens et sur le retour en France, il a écrit un certain nombre d’articles avertissant de la situation explosive. En 1955, il coécrit un livre attaquant férocement la politique française en Algérie. Le réseau Jeanson, deviendra  célèbre à cause de l’arrestation en Février 1960 et le procès subséquent en Septembre de la même année et qui avait défrayé la chronique en France. Cependant il n’y avait pas que ce réseau, il y en avait d’autres,  à Marseille, Lyon et Lille et en dehors de ces réseaux, il y avait aussi d’autres Français qui travaillaient directement avec le FLN.  Cette petite minorité de Français, comme il avait été rapporté par les historiens français et les autorités de l’époque, minime soit-elle  était contre la colonisation et pour elle le seul moyen d’exprimer sa colère contre cette guerre et de venir en aide à l’organisation FLN. Ce qui a motivé aussi cette minorité de français pour aider le FLN est du aux événements et aux expériences passés pendant la deuxième guerre mondiale, mais contrairement au mouvement de résistance de la Seconde Guerre mondiale, la résistance à la guerre d’Algérie n’a jamais été légitimée.

Préjugés et hostilité, contre ceux qui ont aidé le FLN
Dans la période après la Libération, les ambiguïtés de l’Occupation avaient tendance à être effacé et le phénomène de résistance a été placé dans un continuum historique simple, celle du devoir patriotique contre l’envahisseur. Leur action n’a pas été différente de celle du peuple français pendant la Première Guerre mondiale. Ainsi, la question des motivations pour de nombreux résistants de la Seconde Guerre mondiale a été une affaire simple. Beaucoup de ceux qui ont aidé le FLN, sont restés en prison jusqu’en 1964, deux ans après la fin des hostilités. Ils n’ont pas eu d’amnistie et pour eux cela a souvent été difficile de se réinsérer dans la société. Longtemps après l’indépendance, les français se sont interrogés sur cette motivation qui a poussé ces français à prendre le parti d’une cause qui leur paraissait juste dans un sens, d’où cette reconnaissance des algériens à ceux qui les ont aidé. Pendant la guerre d’Algérie l’activité de ces résistants a été considérée comme comportement anormal, par les pieds noirs et les nostalgiques de l’Algérie Française, il les désignait comme des traîtres, des rebelles, des étrangers à la société française, et malgré le temps qui s’est écoulé, même maintenant un grand nombre de Français seraient réticents à approuver ce qu’ils ont fait. Pour la droite, ils sont des traîtres; pour la gauche établie, ils sont irresponsables, aventuriers. Le Parti communiste aurait pu prendre une position claire contre la guerre mais il n’a jamais toléré l’action illégale et tout français qui avait aidé le FLN avait été  exclu. Les préjugés et l’hostilité continue à exister, avec l’émergence de l’extrême droite le racisme ne cesse d’augmenter et ce depuis les années 1980 et leur  action n’a jamais été acceptée dans la culture dominante alors que l’opposition au conflit était croissante parmi de nombreux segments de la population, notamment les gauchistes, avec le Parti communiste français, alors une des plus fortes forces politiques du pays, qui soutenait la Révolution algérienne à cette époque. Des milliers de parents de conscrits et de soldats de réserve s’étaient élevés contre la guerre ; d’où les révélations rapportées, sur la torture et la brutalité aveugle de l’armée employées contre la population algérienne. Ils étaient très engagés et les événements sont restés intenses, uniques, profondément personnelle, pour ces hommes confondus pour qui la cause algérienne était juste voir légitime. Pour conclure nous tenons à remercier, l’association des anciens de la Fédération de France, qui nous ont apporté leur contribution, pour la réalisation de cette rétrospective quoi que insuffisante, mais qui nous a éclairé sur le rôle de cette organisation en territoire ennemi du fait de son importance en matière historique.

Réflexion
Dimanche 25 Décembre 2011
Arrêt Sur Mémoire
Source :
http://www.reflexiondz.net

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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