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Sport : l’argent, la dope… puis quoi encore? par Belkacem AHCENE DJABALLAH

Le sport va mal. Très mal. Jamais, depuis des décennies, il n’avait accumulé autant de polémiques et de catastrophes. Image fidèle d’une situation générale qui ne prête pas à l’optimiste, mais qui reflète une santé sociétale qui n’est bonne qu’en apparence. Pour toujours aller de l’avant, en principe, il n’y a pas mieux, chez tout manager ou athlète, tout « entrepreneur », que « le pessimisme de l’intelligence et l’optimisme de la volonté ». Chez nous, on a l’impression d’une pratique de l’inverse: « l’optimisme de l’intelligence …et le pessimisme de la volonté ». Ce qui donne une sorte de suffisance imbécile et inconsciente doublée d’un fatalisme immobilisateur menant droit au mur. 

Les JO de Londres 2012. Optimisme total ! Le président du COA espère « au minimum une médaille algérienne aux JO » ; ceci voulant tout simplement dire qu’il en espère deux, ou trois, ou plus. Voilà donc un optimisme objectivement surdimensionné, tenant compte du fait que la minuscule délégation algérienne (celle des sportifs et non celle comprenant les accompagnateurs) ne compte que 39 athlètes… pour douze disciplines seulement. Une régression quantitative… féconde ? Reste à voir.

Douze athlètes sont des femmes volleyeuses, parties assurément le moral (la volonté) à plat après l’exclusion de deux de leurs co-équipières, accusées de « vol à l’étalage» juste avant le départ pour Londres. Comme si être sélectionné aux JO protégeait des caméras de surveillance. Optimisme d’une « intelligence » des Algérien (ne)s qui ne savent pas que les caméras existent aussi dans les plus petits magasins de France et de Navarre! Une « erreur de jeunesse », dit-il (le président du COA) et « il ne faut pas dramatiser ». Et, cette histoire de boxeurs bien étourdis qui « empruntent » les vélos appartenant à des athlètes étrangers ? Ce sont là, en fait, les gouttes qui font déborder le vase du sport algérien qui s’est rempli, peu à peu, au fil des ans, d’eaux bien troubles. Juste avant, on a eu des affaires de dopage en veux-tu, en voilà. Deux joueurs de football (et il y aurait un troisième « en course ») écopent de six mois de suspension à compter du 25 mai pour dopage, ayant été contrôlés positifs à l’occasion de rencontres.

A noter, là encore, l’esprit « rahma» et l’indulgence de la commission de discipline qui a considéré que « malgré l’infraction commise, les joueurs n’ont pas fait usage de cette substance (interdite) dans le but d’améliorer leur performance sportive «. Tu parles, Charles ! Juste avant, on a eu les cas d’un décathlonien et d’une coureuse du 800 m …des sélectionnés aux JO de Londres …écartés suite à des contrôles positifs. La tentation existe.

On le comprend, vu l’« état de manque » dans lequel baignent nos jeunes, sportifs ou non. Mais, la volonté aussi. On l’oublie souvent. Il suffit seulement, pour établir un bon équilibre (mens sana in corpore sano), d’avoir une bonne et réelle intelligence en pensant que les autres en ont aussi, souvent bien plus que nous. Il suffit d’avoir, aussi, de la volonté en pensant que nous en avons bien plus que tous les autres réunis… même si, en réalité, ce n’est pas le cas. Il suffit d’avoir des éducateurs et des managers qui puissent savoir tout cela, le « saisir» et surtout savoir le transmettre. Il est vrai que ce n’est pas facile dans un monde (sportif) de plus en plus pris dans les rets du professionnalisme et de l’argent –roi, sinon de l’affairisme primaire (Voir « Argent, pouvoir et langage dans le football professionnel » … de Lalaoui Belkacem, spécialiste de la psychologie des sports, in Le Soir d’Algérie, 23 juillet 2012).

De quoi inverser les « dits » les plus logiques, les plus raisonnés et les plus raisonnables. Comment agir lorsqu’on voit l’envol des salaires de certains « pousse-ballon » et de certains entraîneurs…     Comment réagir lorsqu’on voit des dirigeants de clubs s’écharper pour conserver les postes de président et ne se consacrer qu’au foot, sport populaire facilitant tous les populismes, abandonnant les autres disciplines, et lorsqu’on les voit jongler avec des sommes d’argent (généralement ne leur appartenant pas en propre ou, alors, acquis de manière peu recommandable) qui donnent le tournis, tout en réclamant bien plus encore de l’Etat et du supporteur…au nom, parfois, qui d’une « légitimité historique «, qui « d’une légitimité révolutionnaire », qui d’un « soutien indéfectible au programme présidentiel …». Cela est allé même jusqu’à l’utilisation de l’argent de travailleurs et de la position de « décideur » dans des entreprises importantes pour s’accaparer un club, manipuler les supporteurs avec un argent circulant à flots dans des sachets noirs, en faire des « baltaguias » dans des campagnes électorales politiques… pour, aussi, devenir « élu du peuple» et se doter ainsi d’une « immunité parlementaire » que personne (la presse y compris pour éviter des procès perdus d’avance), par peur d’un « effet papillon», n’avait osé lever.

Pour les athlètes, tout particulièrement la nouvelle génération, dont la carrière dure toujours bien moins que celle des dirigeants, et face aux mauvais exemples et les dépassements des « gens d’en haut » qui se sont multipliés en toute impunité, le choix est clair : La qualité rapporte, c’est sûr… Parfois des sommes folles. Mais, désormais, la qualité … « doit être payée ». La qualité se « force » … parfois au dépens de la santé physique et mentale…de plus en plus, à n’importe quel prix. Comme si l’éthique sportive avait un prix ! Par la suite, le professionnalisme (comme le libéralisme en économie) a bon dos. Alors que c’est, d’abord et avant tout, un problème d’homme(s), de morale et de comportements. Tout dernièrement, Hassiba Boulmerka (qui a débuté l’athlétisme en 1983…avant de connaître la gloire en 1991… une sacrée année, qui plus est, faite de pressions sociales et politiques de toutes sortes dans un pays « fauché » comme les blés et endetté jusqu’au cou ) a résumé les choses crûment et sans détours, après avoir dénoncé le tout- football : « Quand il y a des responsables sportifs exceptionnels, il y a des résultats exceptionnels… Il faut une vraie volonté politique et surtout des gens honnêtes qui soient du domaine…. ». Douloureuse problématique ! Car problèmes quasi-insolubles…chez nous. Peu de volonté et encore moins d’intelligence. Quant à l’honnêteté ! Peut-être chez les sportifs handicapés …et dans les toutes nouvelles disciplines, encore jeunes vierges?

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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