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La cause désespérée de l’OAS

2 août 2012

C. Djamel, Guerre d-ALGERIE

La cause désespérée de l’OAS
UN PROCESSUS DE PAIX EN DANGER
Les accords d’Evian [19 mars 1962] ont prévu la constitution d’une force locale, composée des « auxiliaires de la gendarmerie et groupes mobiles de sécurité actuellement existant », des « unités constituées par des appelés d’Algérie et, éventuellement, par des cadres pris dans les disponibles . Mais les Algériens ainsi armés rejoignent les unités de l’ALN qui, de fait, assurent, comme les forces françaises, patrouilles et contrôles de véhicules ou de papiers aux barrages. Progressivement, la future capitale algérienne est laissée aux hommes du commandant Azzedine, envoyé par le GPRA pour reconstituer la Zone autonome d’Alger, et dont l’adjoint, Omar Oussedik, souffle à l’Exécutif provisoire des mesures de lutte contre l’OAS. A Oran, en revanche, c’est l’armée française, sous les ordres du général Katz, qui est chargée du maintien de l’ordre. Des auxiliaires sont également embauchés dans les villes, sous l’appellation d’Attachés temporaires occasionnels (ATO).
L’OAS, qui a anticipé le cessez-le-feu en redoublant de violence, s’engouffre dans la brèche. Elle recrute, par contacts suivant des réseaux de sociabilité divers – famille, amis, voisinage, habitués d’un café -, dans la jeunesse masculine des villes à forte concentration française, Alger et Oran, plus particulièrement. À la lisière d’une criminalité de droit commun, ses membres maquillent des 403 volées, dépouillent des gardiens de la paix de leurs armes, se procurent des faux papiers et trouvent refuge chez des particuliers complices, qui tiennent appartement, maison, garage… à leur disposition. En son nom, des commandos de trois ou quatre hommes mitraillent des passants depuis leur voiture, et des jeunes gens, qui ont reçu une arme après un contact, suivi de quelques rencontres, avec un membre de l’Organisation, prennent des Algériens pour cible dans les rues, au hasard. L’OAS dispose aussi d’obus de mortier, tirés sur la place du Gouvernement général, à Alger, le 22 mars, et dans Oran trois jours plus tard. Aux plasticages, spectaculairement mis en scène par l’opération « Rock and Roll », dans la nuit du 5 au 6 mars, avec cent vingt explosions en deux heures, elle ajoute les attentats à la voiture piégée, qui font 25 morts à Oran, le 28 février, et 62 morts, le 2 mai, à Alger. Enfin, elle programme des journées de tueries aveugles, prenant des cibles au hasard, des préparateurs en pharmacie, le 17 mars, ou des femmes de ménage, le 5 mai. Ses commandos deltas procèdent à des assassinats, comme celui, le 15 mars, de six inspecteurs de l’Éducation nationale, dirigeant les Centres sociaux éducatifs, dont Mouloud Feraoun .
Cette violence, cependant, n’est pas seulement une fuite en avant désespérée. Elle relève aussi d’une stratégie : torpiller la sortie de guerre prévue, en tentant de provoquer, par les assassinats d’Algériens, une réaction de leur part, propre à rallumer la mèche – ce qui n’aboutit pas, la conscience de l’enjeu et la perspective de l’indépendance l’emportant sur d’éventuelles pulsions vengeresses. Le vocabulaire de l’instruction 29 de Raoul Salan, le 23 février, est significatif de cette stratégie : c’est « l’irréversible » qui « est sur le point d’être commis » ; c’est « l’irréversible », par conséquent, qu’il faut empêcher. Dans cet esprit, l’ex-colonel Gardes tente de constituer un maquis dans l’Ouarsenis, avec l’aide des hommes du bachaga Boualam, mais les maigres troupes activistes sont vite anéanties par les soldats français.
Le chef de l’OAS prévoit aussi le déclenchement d’une insurrection des Français d’Algérie. Le 22 mars, des groupes armés s’installent dans le quartier populaire de Bab-el-Oued, voisin de la Casbah à majorité algérienne, à l’ouest d’Alger. Ils tuent 5 jeunes du contingent, en patrouille, provoquant l’encerclement du quartier par les forces françaises, qui l’investissent, faisant 35 morts et 150 blessés, et le coupent de l’extérieur. Le 26 mars, l’OAS appelle les Français d’Algérie en renfort. Venus des quartiers de l’Alger coloniale, à l’est, rassemblés rue Michelet, les manifestants empruntent la rue d’Isly pour rejoindre Bab-el-Oued. Mais ils se heurtent en chemin à un barrage confié à des tirailleurs, qui font feu. Le bilan – 54 morts et 140 blessés – traumatise la communauté européenne, désormais certaine d’avoir perdu, et dont 20 % ont déjà fui au moment des accords d’Évian. L’OAS peut bien interdire les départs, synonymes d’abandon, ceux-ci se multiplient : les Français sont 46 030 à gagner la métropole en avril, 101 250 en mai, 354 914 en juin et 121 020 en juillet, 95 578 en août… Rares sont ceux qui reviennent ou ceux qui restent : en 1963, l’Algérie indépendante ne compte plus que 180 000 Français
sur son sol .
Ces départs obligent l’ OAS à revenir sur son interdiction ; l’Organisation est définitivement affaiblie, privée qu’elle est de son vivier de recrutement. Maquis et insurrection ont échoué. Fragilisée, elle est d’autant mieux infiltrée, puis décapitée par les services spécialement voués à son éradication : Edmond Jouhaud est arrêté à Oran le 25 mars, Roger Degueldre, chef des commandos Deltas, le 6 avril, puis Raoul Salan le 30 avril. Jean-Jacques Susini et Jean-Claude Pérez portent alors l’Organisation à bout de bras, tandis que dans les rues d’Alger les hommes du commandant Azzedine font la démonstration de leur force. C’est à ce moment que les irréductibles se lancent dans la politique de la terre brûlée, incendiant mairies, écoles et autres bâtiments publics. La bibliothèque de l’université d’Alger brûle ainsi le 7 juin. Mais, à cette date, Jean-Jacques Susini a déjà pris contact avec Abderrahmane Farès, par l’intermédiaire de Jacques Chevallier, pour conclure un accord.  Le 17 juin 1962, celui-ci est passé avec le Dr Chawki Mostefaï, membre de l’Exécutif provisoire agréé par le GPRA, même si ce dernier dément avoir cautionné de tels contacts. En échange de l’arrêt des violences, Jean-Jacques Susini a obtenu l’amnistie pour les membres de l’OAS, qui, en fait, quittent le pays, et l’engagement de Français d’Algérie dans la force locale, projet que l’imminence du référendum réduit à néant.

La cause désespérée de l’OAS
Les attentats cessent alors à Alger puis, progressivement, à Oran, après le baroud d’honneur du 25 juin, lorsque les fumées de l’incendie de dix millions de tonnes de carburant dans le port obscurcissent la ville. Les dirigeants de l’OAS encore en liberté se réfugient en Espagne ou en Italie, où ils retrouvent leurs homologues métropolitains, qui ont subi la même déconfiture. Des réseaux survivant dans l’Hexagone sortiront encore, tout de même, l’attentat contre le général de Gaulle, au Petit-Clamart, le 22 août 1962, dont l’initiateur, Jean-Marie Bastien-Thiry, condamné à mort, est fusillé le 11 mars 1963. Roger Degueldre, lui, a été exécuté le 6 juillet 1962, Edmond Jouhaud a été gracié. Raoul Salan a échappé à la peine de mort. S’ils fuaient le climat de violence créé par l’OAS, les algériens c’était pour aller se réfugier ailleurs que dans les centres urbains car durant toute la période entre le cessez le feu et l’indépendance un climat d’insécurité s’était installé et craignant la vengeance, ils devaient fuir la horde sauvage aveuglée par la haine de l’algérien car les groupes armés de cette organisation criminelle ne faisaient aucune distinction. Leurs actes, étaient calculés et prémédités à Alger, comme à Oran, ils envoyaient des hommes, en petits commandos, exercer des représailles et tuaient  au hasard. Que s’est-il passé?  Après le cessez-le-feu, les rangs de l’OAS grossissaient dans un dernier sursaut de désespoir  et des Européens venaient renforcer les rangs. Exactions et politique de la terre brulée c’est ce qu’ils préconisaient pour l’Algérie. En réalité, les hommes de l’OAS  qui avaient pris les armes après le cessez-le-feu comme les autres, étaient mus par leur propre interprétation de l’accession à l’indépendance : cette perspective signifiait pour eux une réappropriation du pays par les algéiens, synonyme d’un départ de tous les  Français. Outre des violences sur les Algériens, qui battaient leur plein par la pénétration des quartiers , fou de rage  Ils étaient  loin des accords d’Évian, rédigés par des hommes d’État ou qui se considéraient comme tels – dont la mission était d’encadrer la marche vers l’indépendance, le gouvernement français n’avait plus de contrôle sur ces missionnaires de la mort et qui avaient décidé de ne plus se soumettre aux autorités françaises, alors que le GPRA  tenait à ce que la transition se passe sans effusion de sang. Cette attitude reste cependant au centre des polémiques sur les responsabilités françaises dans les violences postérieures au cessez-le-feu, voire à l’indépendance. Le 1er juillet, en effet, à la question « Voulez-vous que l’Algérie devienne un État indépendant, coopérant avec la France, dans les conditions définies par la déclaration du 19 mars 1962 ? », 99,72 % des votants ont répondu « oui ». Après la reconnaissance de l’indépendance sera célébré le 5 juillet. Ce 5 juillet en chasse un autre : c’est ce jour-là, en effet, qu’en 1830, le dey d’Alger a signé l’acte de capitulation conduisant à la conquête française. Mais pour symbolique qu’il soit, la date et l’événement ne pouvaient enrayer des mécanismes de violences enracinés dans les profondeurs de la société coloniale, dont le dernier accès se produit dans la liesse même des manifestations de la première fête nationale algérienne. A la fin des années 90, Jean Jacques Susini (né à Alger en juillet 1933) commence une nouvelle carrière politique au sein du FN. Arrêté à la suite de la Semaine des barricades (janvier 1960), il avait fait connaissance de Jean-Marie Le Pen venu lui rendre visite à la prison de la Santé. Les deux hommes s’étaient liés d’amitié. Après l’échec de l’OAS, Susini se cache à l’étranger. La Cour de sûreté de l’État prononce deux condamnations à mort à son encontre, d’une part pour son rôle au sein de l’OAS et d’autre part comme instigateur de l’attentat manqué contre de Gaulle, au mémorial du Mont Faron en août 1964. Il revient en France après l’amnistie de 1968. Il est à nouveau arrêté et détenu pour plusieurs affaires ; avant d’être jugé, il  bénéficie d’une amnistie de François Mitterrand. En 1997, Jean-Marie Le Pen le nomme secrétaire de la fédération frontiste des Bouches-du-Rhône pour contrer l’ascension de Bruno Mégret. Il se présente sous l’étiquette du Front National aux élections législatives à Marseille en 1997 et obtient 45% des suffrages au deuxième tour. Conseiller régional PACA de 1998 à 2004, il figure en vingt-cinquième position sur la liste Le Pen aux élections européennes de juin 1999. En janvier 2000 Jean-Marie Le Pen le fait entrer au Bureau national du FN.
Réflexion
Mardi 6 Décembre 2011
Arrêt Sur Mémoire

 

Source :
http://www.reflexiondz.net

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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