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Taghazout : berceau des prolégomènes d’Ibn Khaldun par Meriem Mahmoudi

30 juillet 2012

Contributions

Taghazout : berceau des prolégomènes d'Ibn Khaldun par Meriem Mahmoudi dans Contributions tlemce11-300x225
Tlemcen ! Tlemcen ! Que ton nom est sublime ! Ton nom est tout un poème, richement chargé d’histoire, de culture et de religion.

Du haut de ton ciel lumineux, semble encore résonner la plainte du luth, égrenant le vieil air des ancêtres qui rappellent la belle et douce Andalousie. 

Tlemcen, n’a-tu pas eu le grand  honneur d’accueillir dans la cour des princes abdelwadites l’illustre Ibn Khaldun qui t’affectionne particulièrement tout comme, il apprécia le séjour dans la citadelle de Taghazut, fief des seigneurs Salama? Illustre Ibn Khaldun, est-il vrai que vous aviez séjourné dans la région de Taghzut, fief des Béni Salama et que vous y aviez, également, rédigé les prolégomènes? Ouvrons les guillemets et prenons connaissance du message qu’il écrivit, il y a plus de six siècles: «c’est en 1374 ,que je me trouvai dans la forteresse des Beni- Salama, parmi les Ouled Arif, j’y demeurai quatre ans, tout à fait libre du tracas des affaires et j’y commençai la composition, de mon grand ouvrage historique.

Ce fut dans cette retraite que j’achevai mes prolégomènes, traité dont le plan était entièrement original et pour l’exécution, duquel j‘avais pris la crème d’une immense masse de documents»

Nous sommes sur les terres des Tudjins exactement à la citadelle, des fils de Salama. Cette puissante tribu des hauts plateaux occupa les grasses plaines du Sersou, jusqu’aux frontières du Chélif .Que de chevauchées effrénées, que de hennissements, que de chocs de sabres et de boucliers ! Ces hommes, appartenant à un lointain passé, sont pourtant, si proches de nous, et nous enveloppent encore, de leur tiède présence.

Jadis, Taghazout, aujourd’hui Qualaat b. Salama, le hameau offre au visiteur une vue sereine. Ce site archéologique est un lieu de mémoire et représente un moment d’histoire. Sur les couches sédimentaires qui se sont accumulées, à travers les âges, s’inscrit la véritable légende des Salama et des b.Idlaten, rameau farouche de la puissante tribu Tudjinide. Le savant s’explique à ce sujet: «les Béni Idlaten, tribu nombreuse et puissante, tenait le premier rang parmi la famille tudjinide. Leur droit, à cet honneur, est si bien établi que les Abdelqawi ne pensèrent jamais à le méconnaitre. Quand les Tudjin envahirent le Tell, après la ruine des Ilumi et des Umannu, deux de leurs grandes fractions, les Qadi et les Madun, s’établirent sur les terres de Mindas. Les Béni- Idlaten y arrivent sur leurs traces et occupent El Djabat et Taghzut.»

Cet espace historique rappelle, aux générations, le parcours exceptionnel d’Ibn khaldun et les met sur ses traces. Écrivain, politicien, historien, cet homme talentueux a fait une longue halte au pays des seigneurs Salama, halte qui fut pour lui, salvatrice.

Taghazout, Ibn khaldoun,deux noms, deux symboles indissociables; cet illustre personnage a gravé, depuis des siècles, son nom sur les grottes, les sentiers tortueux, les chemins descendant en cascade, les sources jaillissantes et les troncs d’arbres centenaires. Son nom est resté attaché à cette contrée où il entama sa carrière d’écrivain, à l’âge de quarante deux ans. Son âme éthérée survole cet endroit si cher à son cœur.

Ibn khaldoun dit: «j’aime L’Egypte et l’Egypte m’aime.» Nous Frendéens disons: «Ibn khaldoun aime Taghazout et Taghazout aime Ibn khaldoun .Il fait notre fierté et, à chaque fois, nous le célébrons. En cette année 2011, le 27 mai, nous commémorons le jour de sa naissance.

Vous, homme d’état, pourquoi avoir abandonné le pouvoir ?

Las des complots et des intrigues de cours, guéri de mes vaines ambitions de la vie urbaine et politique, j’ai tout abandonné pour me réfugier à Taghzut. La citadelle avec ses eaux fraîches, ses bouquets de lauriers aux fleurs roses ou blanches, son ciel d’un bleu intense, ses multiples jardins toujours verdoyants, sa terres inondée de lumière diamantine, apporta, à mon esprit tourmenté, le refuge de la solitude.

Dans cette région paisible, il se résigne alors, retrouve la quiétude et oublie la méchanceté des hommes et ses déboires. C’est dans ce cadre enchanteur qu’il prend son envol et décide de se mettre à l’écriture. Sur les hauteurs de la citadelle, il entreprend une tâche longue et ardue: la rédaction de son éminent ouvrage, la Muquadima et une partie de son «Histoire des Berbères.» Ce travail fut le fruit de son expérience personnelle, de ses profondes investigations et informations collectées, aux cours de ses pérégrinations.

Dans la forteresse des Salama , parmi les Ouled Arif, il travailla sans relâche et déclare lui même: «j’y demeurai quatre ans tout à fait loin du tracas des affaires et j’y commençai la composition, de mon grand ouvrage…., ce fut dans cette retraite que j’achevai mes prolégomènes et pour l’exécution, duquel j‘avais pris la crème d’une immense masse de documents».

Il est internationalement reconnu que le meilleur de la pensée d’Ibn khaldun réside dans la Muquadima, avec comme thème inséré, la domologie où il commence par expliquer ce terme: «c’est la tendance qui porte , les hommes à se figer ensemble, soit dans les villes, soit dans les tentes pour y vivre en société et pour satisfaire leurs besoins.» Dès 1930, Gaston Bouthoul, inscrit Ibn Khaldun parmi les précurseurs de la sociologie. Cette approche se précise chez G.H. Bousquet en 1965 et Yves Lacoste en 1969.

Personnage illustre, il participa de très prés à la vie intellectuelle, politique et militaire de son époque, Ibn khaldun se dit arabe, «ce qui était en soit un titre de noblesse». D’une longue lignée aristocratique, prince héritier, il est le descendant de Wael b Hudjr, roi de la tribu des Kinda, habitant le Hadramut, province du sud de la péninsule arabique.

L’hispanité a occupé une place importante dans le comportement de l’auteur qui insiste, dans son œuvre, sur l’originalité et la supériorité de l’Espagne musulmane. Son lointain ancêtre khaldoun 8ème, descendant de Wael, émigra en Espagne, s’installe à Carmona puis à Séville.

Cependant, il garda toute sa vie, «une affection profonde et sincère pour l’Afrique du Nord, son pays natal» Fascinant par son érudition, racé, d’une élégance subtile, Ibn khaldun a toujours conservé l’habillement de son pays et ne s’est jamais vêtu du costume des cadis. «Il portait un turban léger, un habillement de bon gout, et un burnous aussi fin que son esprit et semblable, par sa couleur foncée, aux premières ombres de la nuit.» Les grottes de Taghzut nous rappellent, constamment, qu’elles ont été le refuge du grand Ibn khaldoun, elles nous rappellent ,également, l’effort soutenu qu’il lui a fallu fournir pour rédiger.

C’est là, qu’il se découvrit la passion d’écrire et révèle son esprit encyclopédique. Il oublia qu’il fut ministre, secrétaire du roi, Chambellan diplomate et recruteur militaire.

Quelles circonstances ont incité Ibn Khaldun à se réfugier dans le château de Taghzut ?

En des temps incertains, il se réfugie à Biskra, chez son ami Ibn Muzni… En 1374, il quitte Biskra pour Tlemcen mais son prince, Abu Hammu II le pourchasse et il s’embarque pour l’Andalousie. A peine arrivé à Grenade, il est «indésirable. Le prince nasride, oublieux des services que lui a rendus naguère Ibn Khaldun, l’expulse le faisant débarquer au port de Hunayn, aux environs de Tlemcen.» En effet, en 1363, le prince nasride l’envoie en tant qu’ambassadeur auprès du roi de Castille, Pierre le cruel, pour la ratification du traité de paix avec les rois du Maghreb. Fin diplomate, il était rompu à l’art de la négociation. Sa mission fut un immense succès car le roi chrétien avait une haute opinion de lui et comptait sur l’alliance de Mohamed V pour faire face à l’hostilité d’autres souverains chrétiens. Ibn Khaldun s’exprime lui même sur le sujet:«l’année suivante, ce monarque m’envoya en mission auprès de Pédre, fils d’Alfonse et roi de Castille. J’étais chargé de ratifier le traité de paix que ce prince avait conclu avec les souverains de la côte africaine, et à cet effet, je devais lui offrir un présent composé de belles étoffes de soie et de plusieurs chevaux de race, portant des selles d’or.»

Ibn khaldun est pris entre deux feux. « Fort heureusement, il se trouve que son ami, Wanzemmar Ben Arif, Ben Yahia, puissant chef de tribu, allié des Mérénides, s’est rallié à Abu Hammu II et intervient en sa faveur.

L’émir de Tlemcen saisit l’occasion pour charger encore Ibn Khaldun d’une mission de recrutement de soldats à Biskra»

Il accepta cette mission, néanmoins, il en éprouva une grande rancœur. Déprimé par une vie qui ne cesse d’être orageuse, Ibn khaldun décide de tout abandonner et se rend au château des Béni Salama dans la région de Frenda ; là son destin prit un autre cours. Lisons les confidences de l’auteur lui même: «comme j’avais renoncé aux affaires, pour vivre dans la retraite, j’eus la plus grande répugnance à me charger de cette mission; cependant je fis semblant de l’accepter. M’étant mis en route, je me rendis à El Batha, et de là je tournai à droite pour gagner Mindas. Arrivé au midi du mont Gezul, je rencontrai les Awlad Arif, tribu arabe dont j’étais bien connu, et je trouvai chez eux un accueil si hospitalier que je me décide à y rester. Ils envoyèrent à Tlemcen chercher ma famille, et ils se chargèrent de faire connaitre au sultan l’impossibilité de la mission dont il m’avait chargé… pendant le long séjour que je fis au milieu des Awlad Arif, j’oubliai les cours du Maghreb et de Tlemcen pour m’occuper uniquement de mon ouvrage.» C’est justement, pendant cette période de retraite (1374-1382) qu’il s’adonne entièrement à la réalisation de son œuvre. La première tranche de cette retraite (1374-1378) est passée au Fort des Béni Salama, à Taghzut, près de Frenda. C’est aussi là qu’il compose une partie de son «Histoire des Berbères».

Maintenant il est historien, allons derrière lui: homme matinal, il se lève avant l’aube, fait sa prière et se dirige vers son antre, dénudée du confort et du faste de l’Andalousie.      Gravissant lentement, à pied, les chemins assez escarpés, il atteint son refuge. Autour de lui, d’immenses rochers pendent en ruine au dessus de la plaine. La douce et agréable plaine du Tath réjouit son cœur et il sent venir l’inspiration.

A-t-il effacé la profonde amertume qu’il a ressentie ,lorsqu’il fut expulsé d’Espagne et pourchassé à travers les campagnes du Maghreb?  Dans cette contrée ensoleillée, l’envie d’écrire est grande, les idées se bousculent, son kalem trempe dans son Smaq et la main sillonne fébrilement le papier; Ibn khaldun retrace fidèlement son histoire et l’histoire des Berbères du Maghreb de l’époque médiévale.

Quatre ans s’écoulent rapidement et vint le jour du départ. Après s’être profondément attaché à cette terre, à ses vignes et à ses rochers, après s’être profondément lié à une population simple et généreuse, à des princes hospitaliers, Ibn khaldun dut partir. A l’heure violette du crépuscule, la caravane s’ébranle ,mais avant d’y prendre place , notre hôte enveloppe d’un dernier regard mélancolique la cité qui fut sa fervente marraine. Bientôt le convoi se fond dans le lointain horizon, envahi par les vêpres.

Depuis bien longtemps, Taghazut est tombée en léthargie; plusieurs fois menacée, assiégée et entièrement rasée, il est difficile aujourd’hui de la tirer de sa torpeur. Ibn Khaldun écrit: «la destruction eut lieu à l’époque où toutes les villes furent détruites par les tribus Zenatiennes qui s’occupaient sans relâche…à détruire les ouvrages de civilisation… Ce furent ainsi que succombèrent… El Djabat et el Qalâa. Depuis lors, ces villes sont restées inhabitées: on n’y trouve plus un foyer allumé on n’y entend plus le chant du coq…» Elles ont également subi les outrages des intempéries et la négligence des hommes. «Jadis, cité prospère et animée, aujourd’hui, Tagazut est ensevelie sous des couches sédimentaires centenaires comme si elle avait succombé au désastre de Pompéi, réduite à un hameau insignifiant et amnésique.

Ibn khaldoun vécut durant quatre années dans cette contrée sous la protection des b.Arif. C’est grâce à lui si nous avons pu tisser son histoire, l’histoire d’un homme exceptionnel.        Aujourd’hui, grottes, rochers, monts, sentiers sont pleins de voix, de chocs d’armes et de hennissements. «Les royaumes naissent, grandissent, tombent et disparaissent avec leurs générations.»

Ouvrages consultés

1/Ibn khaldoun: Histoire des Berbères /des dynasties musulmanes de l’Afrique septentrionale tome 1, 2, 3 .traduction, de William Mac Guckin de Slane nouvelle édition berti.

2/Actes du premier colloque international sur Ibn khaldun : Frenda, 1-4 septembre 1983.

3/ Krzysztof Pomian :Ibn khaldun au prisme de l’Occident, NRF Editions Gallimard, octobre 2006.

4/Abdelaziz Reziki Mohamed : la diplomatie en terre d’Islam. Editions Hartmann, histoires et perspectives méditerranéennes. mai 2005

EL Djabat, ce sont les sources de Sbiba. Site très avantageux pour l’implantation d’une population.

El Batha, l’actuelle Bétihoua.

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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8 Réponses à “Taghazout : berceau des prolégomènes d’Ibn Khaldun par Meriem Mahmoudi”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Tlemcen
    Tlemcen

    L’hôtel de ville
    Noms
    Nom algérien تلمسان
    Administration
    Pays Algérie
    Région Oranie
    Wilaya Tlemcen
    Daïra Tlemcen
    Président de l’APC Abdenebi Brixi
    2007-2012
    Code postal 13000
    Code ONS 1301
    Indicatif 043
    Démographie
    Gentilé Tlemcénien(ne)
    Population 140 158 hab. (20081)
    Densité 15 hab./km2
    Géographie
    Coordonnées 34° 53′ 24″ Nord
    1° 19′ 12″ Ouest
    Altitude mini. : 842 m
    Superficie 9 061 km2
    Divers
    Saint patron Sidi Boumediene
    Localisation

    Localisation de la commune dans la wilaya de Tlemcen
    Géolocalisation sur la carte : Algérie

    Tlemcen
    Voir la carte Algérie administrative
    Tlemcen (en arabe : تلمسان ; en berbère : Tala Imsan (), ou Tilimsen2, est une commune de la wilaya de Tlemcen, dont elle est le chef-lieu. Elle est située au nord-ouest de l’Algérie, à 520 km au sud-ouest d’Alger, à 140 km au sud-ouest d’Oran et, frontalière du Maroc, à 76 km à l’est de la ville marocaine d’Oujda. Tlemcen, érigée dans l’arrière-pays, est distante de 40 km de la mer Méditerranée.
    Ancienne capitale du Maghreb central 3, la ville mêle influences berbères, arabes, hispano-mauresques et françaises4. De cette mosaïque d’influences, Tlemcen tire le titre de capitale de l’art arabo-mauresque en Algérie5. Selon Dominique Mataillet, divers titres sont attribués à la ville dont « Perle du Maghreb »6, « Grenade africaine » et « Médine de l’Occident »7

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    Préhistoire
    La proche région de Tlemcen a été habitée à l’époque néolithique16, ce dont témoigne la découverte en 1875 par G.M. Bleicher de haches polies dans les grottes de Boudghène. En 1941, M. Estaunié[Qui ?] a mis au jour, à Bab El Qarmadin, un magnifique polissoir néolithique actuellement conservé au musée de la ville.
    Il existe trois gisements préhistoriques importants dans la région : le lac Karar à 1 km au sud de Remchi, les abris sous roches de la Mouilah à 5 km au nord de Maghnia et le gisement dit « d’Ouzidan » à 2 km à l’est d’Aïn El Hout. Les abris de la Mouilah et de Boudghène présentaient les meilleures conditions d’habitat pour l’homme préhistorique qui s’y est fixé durablement.

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    Antiquité

    Pierre tombale romaine à la base du minaret d’Agadir
    Vers 17 après J.-C., Tacfarinas soulève toutes les tribus gétules (zénètes)17 contre la présence romaine ; il meurt dans la région18.
    À la fin du iie siècle, au début de l’ère sévèrienne, un castrum romain est installé sur un piton rocheux qui domine la plaine de Chetouane (anciennement Négrier). Son nom de Pomaria signifie « vergers » en latin, sans doute en référence à la plaine fertile qu’il domine. Ce camp, qui est créé en même temps qu’Altava et Numerus Syrorum, avait pour rôle de surveiller les confins de la Maurétanie. C’est l’acte de naissance d’une cité qui va jouer un rôle religieux puisqu’elle devient le siège d’un diocèse chrétien : l’évêque Victor, qui y officie, joue un rôle important au concile de Carthage de 412.
    En 429, les Vandales, un peuple germanique venant d’Andalousie, débarquent à l’embouchure de la Moulouya et s’emparent de la Maurétanie, mais ils ne contrôlent que la côte ; une principauté berbère s’érige autour de Pomaria, qui prend alors le nom berbère d’Agadir qui signifie « rocher » ou « fort ». On connaît peu de choses de cette période de l’histoire d’Afrique du Nord qu’Émile-Félix Gautier appelle les « siècles obscurs du Maghreb ». C’est une période caractérisée par l’apparition de principautés berbères dirigées par des seigneurs locaux. Elle dure 120 ans, jusqu’à ce que les Romains revenus d’Orient reprennent le pays.
    Les seuls vestiges connus de cette époque sont des pierres tombales enchâssées dans la structure du minaret d’Agadir.
    Les Arabes, qui s’étaient installés à partir de 670 en Tunisie, arrivent à Agadir-Tlemcen en 710 et convertissent, en 80 ans la quasi-totalité de la population à l’islam.

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    Période des dynasties islamiques
    Pour un article plus général, voir : Ifrenides.

    Drapeau ifrenide
    Selon Ibn Khaldoun19, la région est avant l’arrivée des Omeyyades le royaume des Zénètes, dont les Banou Ifren et les Maghraouas, des tribus qui mènent une vie pastorale et rurale. Le même auteur signale que les Maghraouas ont été les premiers Berbères à discuter avec le calife Othmân ibn Affân lors de l’avènement de l’islam ; Ouezmar Ibn Saclab fut leur premier ambassadeur auprès du calife qui le désigne pour gouverner les Zenètes.
    Toujours selon Ibn Khaldoun, à la suite d’Ibn al Raqiq, Tlemcen est conquise par Abou el Mohajir Dinar, successeur de Oqba. En souvenir de ce passage, une source porte encore le nom d’Aïn el Modjir à l’époque d’Ibn Khaldoun qui vécut un temps à la cour des souverains de Tlemcen au xive siècle.
    La ville joue un rôle important lors de la conquête de la péninsule Ibérique puisque c’est dans cette ville que Tariq ibn Ziyad retient en otage les enfants du comte Julien20.
    De 767 à 776, avec à leur tête Abou Qurra qui rassemble toutes les tribus kharidjites du Maghreb, les Banou Ifren d’obédience sufrite19 prennent une part active à la révolte kharidjite qui secoue l’Afrique du Nord peu après le début de son islamisation. Il ne reste comme vestige de cette période que le nom d’une porte occidentale de la ville, appelée Bab Abu Qorra (aujourd’hui Qorrane) mais c’est à l’occasion de cet épisode historique que la cité entre dans l’Histoire du Maghreb21.
    En 790, Idrîss Ier obtient de Mohammed Ibn Khazar, émir des Zénata, la possession de la cité et, après un séjour de quelques mois pendant lequel il pose les fondements de la mosquée-cathédrale, reprend la route du Maghreb el-Aksa (actuel Maroc), installant son frère Muhammad Ibn Soulayman comme gouverneur à Agadir. Les Idrissides y règnent durant 140 ans, de 790 à 93122. Sous les Idrissides, la ville se dote d’une enceinte défensive qui s’ouvre par cinq portes. Al-Bakri la décrit comme « une grande ville qui possède des bazars, des mosquées, des moulins et même une église fréquentée par les chrétiens. Elle est un point de réunion pour les marchands de tous les pays et n’a jamais cessé d’être la demeure des hommes savants dans la loi et la tradition… »20.
    En 931, l’allié des Fatimides, Moussa Ibn Abi el-Afia, marche sur Agadir et détrône le gouverneur idrisside, El-Hassen fils de Abu el-Aich. Les Fatimides règnent durant 24 ans, jusqu’en 955. Agadir est alors enlevée par les troupes omeyyades d’Abd al-Rahman III, calife de Cordoue. L’Ifrénide Yala Ibn Mohamed, maître du pays des Zenata, obtient du souverain le gouvernement de la cité23, mais il est tué par Jawhar al-Siqilli, chef des Fatimides, ce qui provoque un conflit dans toute la région de Tlemcen. Les Maghraouas et les Banou Ifren s’unissent alors contre les Zirides, vassaux des Fatimides. Cette union des Zénètes leur permet de rester souverains dans l’Ouest du Maghreb.
    Mais Ziri Ibn Attia, chef des Maghraouas, fait alliance avec les Zirides, ce qui provoque la réaction de Yeddu des Banou Ifren qui fait la guerre aux trois puissances du Maghreb : les Maghraouas, les Zirides et les Omeyyades. Yeddu est toutefois vaincu par Ziri Ibn Attia24 qui conquiert les villes de Fès, Salé, Oujda, Oran, Tanger, Tiaret, etc. Les Maghraouas et les Banou Ifren chassent les Berghouata et s’emparent d’une partie du Maroc actuel, prenant Fès comme capitale. Agadir-Tlemcen perd alors son titre.
    Les Banou Ifren sont attaqués par la coalition des Hammadides et des Hilaliens en 105825, qui l’emportent. Abu Soda des Banou Ifren de Tlemcen est le dernier commandant des troupes zénètes à tenir tête aux attaques de cette coalition25. Après sa défaite, presque tout le Maghreb passe sous contrôle des Hilaliens et du reste des Hammadides.
    En 1080, avec l’installation des Almoravides, le site de la ville est déplacé plus à l’ouest : c’est Tagrart qui devient, après Marrakech, la seconde capitale de l’empire almoravide. C’est à cette période que l’on commence à employer le nom de Tilimsàn. La nouvelle ville annexe Agadir au cours de son expansion. La ville connaît une certaine dynamique urbanistique sous les Almoravides : c’est durant cette période qu’est érigée la Grande Mosquée fondée par Ali Ben Youssef.
    Au xiie siècle, un changement de population a lieu. Entré à Tagrart tel un conquérant en 1145, après avoir détruit ses remparts, Abd al-Mumin ruine la cité et fait massacrer ses habitants. Il relève ensuite les murs et invite d’autres populations à s’y fixer23. Les Almohades fortifient Tagrart et Agadir ; l’une est habitée par les officiels, l’autre par le peuple26. Tlemcen, de par son rôle stratégique, devient un chef-lieu de province. Les Almohades, qui y frappent leur monnaie, édifient des châteaux, de grandes maisons, des palais et de solides remparts, des foundouks et un port à Honaïne pour le commerce transafricain et méditerranéen. À cette époque, Tlemcen est un pôle commercial de premier plan et la capitale du Maghreb central5.

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    Période zianide
    Pour un article plus général, voir : Zianides.

    Mechouar de Tlemcen construit par les Zianides
    En 1235, elle devient la capitale du royaume zianide qui s’étendit au xive siècle, la position de la cité zianide rendait son séjour agréable et favorisait son activité commerciale. Bâtie à mi-hauteur d’une pente (806 m), au milieu des vergers qui lui avaient valu son nom latin, elle présentait tant de charmes qu’un écrivain arabe la comparait à « une jeune fiancée sur son lit nuptial ». Elle commandait le carrefour de plusieurs grandes voies, surtout de celles qui conduisaient des ports de Honaïne (à 36 km. à l’Est de Maghnia) et d’Oran au Tafilelt26.
    Le royaume de Tlemcen, connaît un destin hors du commun. Ce royaume amazigh est d’abord dirigé par Yaghmoracen Ibn Zyan, de la dynastie Zénète des Abdalwadides pour un règne qui va durer près de cinquante ans.
    Yaghmoracen Ibn Zyan prend Tlemcen et fait construire une grande mosquée. Son règne est rapporté par Ibn Khaldûn, qui mentionne des anecdotes à son sujet. Ainsi, le roi qui est décrit comme magnanime se riait des généalogistes qui voulaient le faire descendre du prophète Mahomet, et devant ceux qui voulaient inscrire son nom sur un minaret qu’il avait fait élever à Tlemcen, il répondit dans la seule langue qu’il connaissait, le berbère : « Dieu sait » (Issen Rebbi)27.

    Minaret des ruines de Mansourah, mosquée bâtie sous le sultan mérinide Abou Yacoub, porte
    En 1370, Ibn Khaldûn est venu se réfugier chez le sultan Zianide de Tlemcen, Abou Hammou Moussa II, alors qu’une guerre éclate entre la cité et Fès. Il y assume les fonctions de grand vizir de la cour, l’un des plus hauts postes qui lui ait été attribué, et prend en charge une mission à Biskra, en vue de recruter des soldats parmi les tribus arabes des Dhawawidas. Son séjour à Tlemcen constitue ainsi une étape très importante dans sa vie. Durant ses différents passages à Tlemcen, il enseigne aussi dans la médersa Khaldouniya, située dans le quartier d’El Eubad à proximité de la mosquée de Abou Madyane et considérée comme un joyaux architectural28.
    À son apogée, au xve siècle, cet État contrôlait un territoire allant de l’Atlas à l’actuelle Tunisie. Il attirait les savants et les artistes de toutes parts. Cette ville était aussi un centre d’études musulmanes, qui comptait cinq médersas renommées. Les Tlemceniens admiraient Sidi Wahhab, qui fut le compagnon du prophète et qui, venu à la suite de Oqba avait été enterré dans la ville ; Sidi Daoudi, le grand saint du xe siècle et surtout Abou Madyane, le célèbre mysthique andalou du xiie siècle.
    « Tlemcen, écrit un auteur arabe du xive siècle, est la patrie d’une foule d’hommes de bien et d’honneur, de personnes sûres et respectables, de gens honnêtes et religieux…. Pour la plupart, les habitants de Tlemcen s’adonnent à l’agriculture et à la fabrication des haïks en laine ; ils excellent dans la confection des vêtements fins…. C’est ce qui a valu aux Tlemceniens la réputation dont ils jouissaient jadis et qu’ils ont encore à présent29.
    Les produits de l’industrie tlemcenienne sont vendus sur les marchés les plus reculés de l’Orient et de l’Occident. Ajoutez à cela que Tlemcen est une pépinière de savants réputés pour leur enseignement remarquable, et de saints bien connus pour leur profonde piété30. » .Au début du xvie siècle, Léon l’Africain insistait sur la loyauté renommée des commerçants de Tlemcen26.La société tlemcénienne était « polie, dévote et cultivée », d’après Georges Marçais.

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  6. Artisans de l'ombre Dit :

    Relation avec l’Andalousie et Reconquista

    Patio de l’hôtel zianide
    Tlemcen eut des échanges divers avec l’Espagne musulmane par des échanges et apportera aides militaires contre la Reconquista Chrétienne. Les Nasrides signent des traités de paix avec les souverains Zianides de Tlemcen, ils deviennent alors alliés un temps contre la Couronne d’Aragon et les Mérinides qui furent précédemment les alliés des Nasrides31.
    Plusieurs Sultans de Tlemcen furent élevés dans les cours d’Al-Andalus, comme le quatrième roi de la dynastie des Banou Abdelouad, Abou Tachfin fils d’Abou Hammou, élevé à la cour Nasride de Grenade où il recevra son initiation princière au palais de l’Alhambra. Tlemcen est restée longtemps une ville amarrée à l’Andalousie décrite et chantée par ses poètes. Les habitants des deux capitales avaient beaucoup d’affinités et partageaient les mêmes traditions dans l’habillement, l’art culinaire enfin, le parler avec ses inflexions particulières communes32.
    Les poètes andalous, Ibn Khafadja, Lissan Eddine Ibn el Khatib, le soufi Mahieddine Ibn Arabi de Murcie témoigneront chacun de sa beauté, la comparant souvent à Grenade. Tout comme les poètes, les princes zianides feront également des séjours fréquents en Andalousie. Honaïne le port de Tlemcen, était distant de Murcie de deux jours de bateau seulement, ce qui la rendait très proche par mer et plus que d’autres villes dans le Maghreb, de Murcie. Cette proximité rendait plus ou moins facile les échanges entre Tlemcen et Grenade les deux capitales zianide et nasride au destin commun né, qui, rappelons-le, au même moment, sur les décombres de l’ancien empire almohade au xiiie siècle s’y sont taillés des royaumes. Le grand poète tlemcenien Ibn el Khamis (xiiiie siècle) passa plusieurs années de sa vie à Grenade où il mourut33. Cette relation perpétuelle entre les deux capitales, a fait de Tlemcen la jumelle africaine de Grenade.

    Carte ottomane du xviiie siècle illustrant la région de Tlemcen.
    L’influence andalouse s’accentua au xiie siècle, lorsque la reconquête dirigée par les rois chrétiens et achevée par les Rois Catholiques fit refluer sur l’Afrique du Nord les Moros (maures) qui sont à l’origine de ces communautés andalouses qui ont gardé les clés de leurs maisons abandonnées en Andalousie mauresque, ainsi que leur connaissance, genre musical et poétique. L’arrivée de ces Andalous raffinés et industrieux va d’ailleurs aider Tlemcen à s’ériger en vraie capitale arabo-musulmane avec ses palais, ses mosquées, ses médersas, ses foundouks, son commerce transsaharien et méditerranéen et, enfin, une riche vie de cour à l’intérieur du Méchouar et où les musiciens avaient une place d’honneur autant que les poètes et les artistes33.
    D’après l’historien tlemcenien Al-Maqqarî, après la chute de Grenade, de nombreux membres du clan Bannigas ont abjuré l’Islam et ont ainsi formé le noyau de la famille chrétienne des Venegas, cela-dit, d’autres membres du clan ont gardé l’islam pour religion et se sont réfugiés à Oran. Quant à Boabdil, il est allé vivre à Fès avec certains membres de sa famille, d’autres sont venus à Tlemcen, comme son oncle Mohammed XIII az-Zaghall34,35. où il sera enterré dans la nécropole royale zianide de Sidi Brahim. Sa pierre tombale sera découverte en 1848, elle fut présentée pour la première fois à l’Exposition universelle de Paris de 1889. Dans ce Maghreb complexe où informations, ouï-dire, rumeurs, imprécisions historiques et propagandes se chevauchent, il est nécessaire de se baser sur des archives authentifiées et indiscutables. C’est pourquoi, à ce jour, les écrits du Tlemcenien Al Maqqari sont les plus vraisemblables.
    À Tlemcen, un nombre relativement important d’Andalous et de Morisques y trouveront la paix, dont de nombreux juifs, fuyant l’inquisition des Rois Catholiques pendant la Reconquista. Avec ces exodes, c’est une partie de la mémoire andalouse qui va également émigrer dans cette ville. Elle sera, l’une des héritières d’Al-Andalus de par son art de vivre et de ses legs philosophiques et artistiques5. L’Histoire de Tlemcen signale que dans cette ville 50.000 Andalous36, venus du royaume de Cordoue, trouvèrent asile; on reconnaît aujourd’hui encore leurs descendants à leur costume particulier, plein d’élégance et de faste, et surtout à leur large ceinturon de soie aux couleurs chatoyantes ; de même qu’on reconnaît leurs maisons de style mauresque, avec le patio formé de galeries à arcades, les vasques à jet d’eau, les parterres de jasmins et de giroflées33.
    Signalons encore que dans le langage de cette ville, qui, pourtant, ne fut pas touchée par les prolongements de la Reconquista, ni investie par les réfugiés espagnols de 1936-39, se mêlent des mots comme rojo/a, moreno/a, cuadra, barato, gusto, falta, miseria, etc37.

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  7. Artisans de l'ombre Dit :

    Période ottomane

    Vue de Tlemcen au XVIIIe siècle
    En 1516, le souverain zianide Abou Abdallah Mohamed II meurt sans laisser de successeur, ce qui engendre des conflits dans la dynastie. Son oncle Abou Hammou Moussa III devient souverain, après avoir attaqué et mis en prison l’émir Abou Zeyane, frère ainé du défunt roi. Il s’allie aux Espagnols, ce qui provoque l’hostilité de la population qui appelle à son secours le fameux Arudj Barberousse. Accueilli en libérateur, il rétablit Abou Zeyane sur le trône. Abou Hammou Moussa prend alors la fuite et demande asile et vengeance aux Espagnols basés à Oran38.
    Ces derniers s’emparent de la Kalâa des Beni Rached et tuent Ishaq, un frère d’Aroudj. Ils attaquent ensuite Tlemcen sous le commandant de Dom Martin d’Argote, qui avait ramené avec lui les contingents musulmans restés fidèles à Abou Hammou Moussa. Pendant une courte durée, la ville passe sous la souveraineté du gouverneur espagnol d’Oran puis sous la domination d’Arudj Barberousse qui est fait prisonnier à Tlemcen en 1518 puis tué.
    La cité devient ottomane en 1553, après que le dernier roi zianide, Moulay Hassan, se réfugie à Oran38. Les Ottomans font du pays de Tlemcen un deylik mais, ultérieurement, les villes de Mazouna, Mascara et enfin Oran, reprise aux Espagnols au xviiie siècle, la remplacent comme capitale de l’Ouest algérien3. Tlemcen donne à la Régence d’Alger et à l’Empire ottoman deux beylerbeys : Youssef Pacha et Uludj Ali, respectivement gouverneur de Tlemcen et dey d’Alger.
    Les Kouloughlis, à côté de la population autochtone de souche citadine dite Hadar, forment la majorité de la population. Ils ont leur propre divan et perçoivent l’impôt de zones délimitées qui constituent leur « État » personnel39.

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  8. Artisans de l'ombre Dit :

    Colonisation française
    Après la chute d’Alger en 1830 et le début de la conquête de l’Algérie par la France, le souverain chérifien souhaite s’emparer de la ville mais les habitants se défendent pour le compte des Ottomans puis des Français. Les Marocains se retirent finalement de la ville devant l’émir Abd el-Kader40. Après l’expédition de Mascara en 1834, la ville est conquise en 1836 par le maréchal Bertrand Clauzel qui impose un impôt aux habitants40.
    Par le traité de Tafna, la ville devient en 1837 l’une des capitales de l’État d’Abd el Kader avant d’être définitivement occupée par les Français en 184240. Elle devient alors chef-lieu de la cinquième division militaire d’Oran et se voit dotée d’un sous-préfet en 185840.
    Durant cette période, la ville est marquée par un exode de sa population qui préfère s’expatrier à l’étranger, notamment vers la Syrie, la Turquie et le Maroc, que de rester sous domination coloniale. Ainsi, une importante communauté s’implante à Fès et forme, avec des Algériens d’origines diverses, une communauté privilégiée, administrée par un naqib tlemcenien. L’activité commerciale de la ville décline alors au profit de la ville d’Oran41.
    Cependant, la colonisation bouleverse moins la structure sociale de la ville qu’elle ne l’a fait dans la plupart des autres villes algériennes, la bourgeoisie locale ayant participé à l’évolution urbaine de cette période. La proportion des Européens est toujours restée relativement faible par rapport aux autres villes algériennes de même taille42. De toutes les villes de l’Ouest oranais, Tlemcen est celle qui a été la moins pénétrée par l’immigration espagnole ; la limite de cet exode ibérique du milieu du xixe siècle semble avoir été la région d’El Malah (Rio Salado), Sidi Bel Abbès et Béni Saf43.
    La colonisation française a provoqué la destruction de certains monuments dans le cadre d’« aménagements »44,5 :

    Palais El Mechouar en 1836
    le palais El Mechouar, aménagé en poste militaire5 ;
    la porte Bab El Key’yis, édifice monumental encadré par deux tours carrées avec une troisième de style zianide, circulaire au centre de la terrasse, possédant un double accès intérieur et extérieur à trois arcs avec couleurs ;
    la medersa Tachfinia, siège de l’enseignement de toutes les sciences connues, détruite durant les années 187044,5 ;
    la médersa El Yaqoûbia5 ;
    le quartier commerciale de la Qissaria remplacée par un marché couvert en 19045 ;
    la forteresse, symbole de l’époque zianide, qui alignait dix tours carrées ;
    une ancienne maison mauresque et son jardin remplacée par la caserne Mustapha5 ;
    un tiers de la ville remplacé par la caserne Gourmala5 ;
    les deux places du foundouk et de la mosquée déstructurées en 18875.

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