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Chroniques « Tranche de Vie » par El-Guellil

20 avril 2012

El-Guellil

 

Au lit 

Tu gagnes ! 

Gougoude

Juste un conte

Hier c’était mieux 

Tout passe

Protection 

Le fistin 

Nidame, ni damma

Le temps d’un jeu

Kirakerie

Qui est qui ?

Quel statut ?

Et on attend 

Question

C’est pas pareil

Rage et mirage

Le cerbère 

Electriction

Condition

Vœux de printemps

Ni z’ga ni tnégriche

Deux mesures 

Métamorphose

Choukrane chefs! 

Loukène, loukène 

Se marier 

La puce 

Vacance

Ouine ? 

Conseils expérimentés

Le vide se plaint 

L’âge fou

Dégoutage

Sortant et entrant

Les amis dos ronds

 

 

 

 

 

 

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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11 Réponses à “Chroniques « Tranche de Vie » par El-Guellil”

  1. Artisans de l'ombre Dit :

    Ça pousse
    par El-Guellil

    Une poignée de main nécessaire. La réconciliation. Etre ensemble pour mieux combattre les injustices qui touchent les plus faibles de notre communauté. Enfant, dans les cours d’école, déjà des bandes se formaient pour être plus fortes et faire régner ses lois. La force du groupe.

    La guerre des boutons. Je crois qu’adultes on est le fruit de cette éducation. Chaque jour, nous avons des exemples de ces alliances fortuites. Entre voisins. Entre collègues. Entre deux. Ces brouilles telles des brouillards se lèvent par à coup et laissent leurs protagonistes aveugles de méchancetés et avides de revanches. Les revanchards. Les vendus. Les perdus. A quoi bon tout ce cinéma si à la fin personne n’est contentée. La vendetta. Du temps s’écoule et pourtant tout vous rappelle qu’il faudra un jour mettre les compteurs à zéro. Juste pour la tranquillité d’un mal encore plus dangereux qui se nomme l’orgueil. Un orgueil qui souvent est mal placé. Une place qu’on lui fait car on est trop lâche pour régler nos propres problèmes.

    Chacun à sa Colomba qui attend le moment propice pour vous faire sortir de votre réserve contre vous-même. Donc tout est de la faute de l’autre. Si on est malheureux, c’est de la faute du monde entier. Entièrement. C’est tellement plus simple de se «victimiser» que de se voir victorieux d’une situation qui nous échappe car nous nous autorisons à prendre le temps de médire au lieu d’agir. De parler au lieu de faire. De mentir au lieu de dire les vérités. Vivre sans demander de comptes à un tiers qui ne sait même pas que vous existez : alors avancez sans attendre que l’autre vous pousse.

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  2. Artisans de l'ombre Dit :

    Psychanalyse de la fraude
    par Kamel Daoud

    Daho Ould Kablia, le ministre de l’intérieur, l’a dit, fin de semaine dernière : l’Etat ne peut acheter l’âme de chacun des 400.000 agents de l’administration algérienne pour les appeler à frauder. C’est, selon lui, la preuve que c’est impossible de frauder. Raisonnement par l’absurde. Sans remettre en question la bonne foi du bonhomme, on peut remettre en cause son raisonnement et sa logique. D’abord l’Administration algérienne n’aime pas les élus algériens. Par principe : les uns sont choisis par le bas, les autres par le hauts. Les élus et les administrateurs. Ensuite, les seconds veulent avoir un droit de regard sur les pouvoirs de l’autre et cela est mal vu. Dans le jeu de démocratie totale, l’administrateur perd sont pouvoir, le pouvoir sur l’argent, les budgets et le jeu d’influence et de corruptions, au profit d’un clan adverse. A la démocratie, l’administration préfère le pli, l’enveloppe, le formulaire, le chef de Daïra et pas le maire. A peine l’appel d’offre pour contrer le droit de l’urne.

    Donc, 400.000 algériens n’ont pas besoin d’être payés par le gouvernement pour frauder. S’ils le font ou peuvent le faire, c’est par instinct de conservation, de survie, d’intérêts de classe. Ils obéiront à la loi de la vie, pas à l’instruction de Ould Kablia. Ils n’ont pas besoin d’être payés pour frauder. La fraude n’est pas une instruction ou un contrat individuel, mais une psychologie de lutte du plus fort contre la menace de la faiblesse. Cela s‘appelle un «système». Le haut du système peut multiplier les appels à ne pas frauder, tricher ou bourrer.Il peut aussi inviter des observateurs étrangers et tenter, vraiment, le coup de rien dans les mains, rien dans les poches, cela peut ne pas être ce que pense la machine. Alias le système, qui est plus fort que ses hommes, que les siens, que les bonnes volontés ou les soucis de crédibilité. Car l’enjeu est différent : le haut du régime veut être plus légitime, mais le corps du système peut penser «pas à mes dépends et pas au prix de mon repas et de mon salaire et de mes avantages et mon écran LCD offert par un entrepreneur».

    La fraude n’est pas une technique, mais un instinct de vie et de mort. Ceci pour la forme. Ensuite vient le fond : Le pays est indépendant depuis 50 ans mais il possède encore la même configuration politique depuis le congrès de la soummam. Il y a l’apparence et le maquis. Le visible et le clandestin. Ould Kablia, autant que Bouteflika, sont desservis par la conviction des algériens que ce n’est pas l’Etat qui décide, mais le Pouvoir. L’administration est une vaste galaxie d’obédience, de réseaux, de nominations, de parenté et de coups de fil qui ne dépend pas du pouvoir formel. Ce n’est pas le ministre de l’Intérieur qui gouverne, en définitive, mais le sombre intérieur de l’intérieur. Le politique en Algérie est, tellement, doublée par sa nature bicéphale que, quand Ould Kablia jure, on sait ou on dit que c’est de l’emballage. Qu’il y a encore primauté de «L’intérieur» sur l’Intérieur, qu’il y a d’autres enjeux, d’autres puissances, d’autres instructions. Les 400.000 agents ont un salaire, des privilèges, des situations bonnes, des familles, des projets et des tuteurs. Ould Kabila ne pourra pas les corrompre un par un, mais il ne peut pas les défendre un par un s’ils obéissent à d’autres plus puissants et plus malins que lui. Lui, qui vient du MALG et qui n’en revient pas, devrait le savoir.

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  3. Artisans de l'ombre Dit :

    Promesses de messies
    par El-Guellil

    Le pays est en fête. Il est au fait en période de fichta. Il va choisir les futurs députés. Ceux qui vont légiférer à bras levés. A bras ouverts, ils seront accueillis par leurs salaires et indemnités. Ce qui explique tous les enjeux de cette campagne. Et les promesses qu’ils sont en train de faire à tire larigot. Des promesses qui n’engagent que ceux qui les croient. Car de toute façon, ils n’auront de compte à rendre à personne s’ils ne les tiennent pas. Même pas à leur parti partant pour l’aventure législative. Mais il paraît que l’autorité, qui fait la pluie et le mauvais temps, a fait la promesse de revoir tout ce méli-mélo. Les salaires des députés vont être revus à la baisse. Les futurs élus seront obligés de créer des permanences dans les circonscriptions qui les ont élus. De recevoir le public et ses doléances. Les indemnités donc serviront à payer directement le personnel de ces permanences. Mais tout cela reste des promesses et des rumeurs colportées par des coiffeurs, des cafetiers et des tiyabate el hamman.

    Mais cette campagne nous permet surtout de jauger les capacités «tribunesques» des candidats et leur esprit créatif. C’est ainsi qu’un indépendant (de sa volonté) a promis qu’il fera tout pour que notre pays ait une équipe de foot des plus performantes. « Il est anormal que Messi et Ronaldo à eux deux, aient inscrit plus de buts en huit mois que notre équipe nationale en dix ans. Des Messi et des Ronaldo, d’après lui, il y en a à la pelle fel bled. C’est la politique qui les empêche d’émerger. Et le piston ne leur permet pas d’émarger dans des clubs. » Trouvaille hors jeu !

    Un autre a soulevé le lourd problème des petits pois. S’ils sont inabordables sur le marché, c’est que leur cueillette ne trouve pas de main-d’œuvre. Il propose que les écoles et collèges organisent des volontariats pour les champs de jelbane. Ça fera des sorties aérées pour les gosses et de l’argent de poche en sus. Trouvaille que vaille !

    Un autre promet de créer 3 millions d’emplois. Un autre veut rétablir le crédit à la consommation, l’importation des véhicules de moins de trois ans. Un autre…. Un autre… Un autre… jusqu’à l’ivresse… politique.

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  4. Artisans de l'ombre Dit :

    Batal
    par El-Guellil

    Dans notre pays, où les voitures fonctionnent plus aux klaxons qu’au carburant, dans ce pays où l’écologiste est souvent bio-dégradé que dire des commerçants qui affichent, en gros caractères, des soldes. Au fait c’est quoi les soldes ?

    Logiquement, c’est le destockage des invendus de la saison précédente que l’on cherche à bazarder pour éviter la pure perte. Les soldes sont des ventes qui, d’une part, sont accompagnées ou précédées de publicité et d’autre part sont annoncées comme tendant, par une réduction de prix, à l’écoulement accéléré de marchandises en stock. Alors tout y passe. Vêtements, mobilier tendance qui suivent la mode mais comment cela peut-il s’appliquer chez nous autres?

    La majeure partie de nos vitrines exposent des marchandises et rarement leur prix est affiché. Vous devez entrer dans la boutique pour vous rancarder sur tel ou tel autre article. Alors vient le booster les ventes par une opération de solde. De 10 à 50%. La bonne affaire. Tête baissée vous pénétrez dans ces cavernes d’Ali Baba. Du monde, il y en a plein. De la khourda, aussi. Les rares articles potables vous attirent. Pour une fois l’ex prix est affiché, barré; un autre vous est proposé. Mais comment vérifier que les prix sont effectivement revus à la baisse. C’est votre pif. Et paf, vous tombez sur la tête. Une fois l’article acheté, heureux vous le montrez à votre demi. Content vous lui annoncez le prix. Elle pouffe de rire. Elle avait acheté le même pour votre enfant, au même prix en période sans solde. Vous pétez une durite. Etre pris pour un c… ça n’a pas de prix !

    Qui contrôle quoi, quand, comment ? Qui décide de la période des soldes. Dieu seul le sait. Moulana seul le sait. En attendant c’est nous qui sommes soldés. Le client ne vaut pas soldi ! Que dire alors de ce client qui a demandé au garçon de café une eau minérale « sans citron ».

    Désolé, lui répond le cafetier, nous n’avons pas de citron, mais je vous propose une eau minérale « sans orange »… sauf que c’est plus cher ! Kafka n’aurait pas mieux fait.

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  5. Artisans de l'ombre Dit :

    Zerda zradi
    par El-Guellil

    Zid el ma, zid un peu de smid et le smine yakoul hafna. C’est ce que nous enseigne l’adage. C’est zerda zradi organisées fi bladi sous couvert d’intitulés pompant. Sous le haut patronage… de nage qui sait.

    Ces rencontres censées rassembler des jeunes en verve, exposant et débattant leurs expériences, ne sont plus ce qu’on croit. Des colloques ne sont plus ces rencontres d’horizons divers, entièrement consacrées à la pensée et totalement concentrées à la connaissance et au savoir. Les journées dirassiya ne sont plus ces moments, un peu particuliers et craints où seule l’argumentation servait de faire-valoir. Maintenant, tout est vu à travers la paroi fine des msarine et tout est considéré en fonction des odeurs dégagées par la cuisine.

    Les séminaires ne sont plus que de simples festivités où l’on mange et où l’on boit. Ce n’est pas un hasard si les journaux conviés à la couverture de ces événements titrent «la démocratie au menu», «l’handicap chez les jeunes au menu» «la loi de finances au menu». Il se trouve tout le temps ce menu qui trône sur la titraille. C’est le menu au menu.

    Aussi n’est-il pas étonnant de voir se constituer des groupes d’individus qui se spécialisent dans la zerda « scientifique », ces visiteurs non invités qui font irruption, comme sortis de nulle part, au moment de l’inauguration. Ils viennent, ils s’attablent là où dans le champ des caméras et puis…plus rien.

    Lorsque l’inauguration est terminée, c’est-à-dire lorsque la science prend la parole, ils déguerpissent aussi soudainement qu’ils étaient venus. Avec l’allergie qu’ils traînent au savoir, cela ne pouvait en être autrement. Et que les amphithéâtres demeurent à moitié vides, peu leur importe. Et que les conférenciers ne trouvent que quelques dizaines de personnes à qui parler, peu importe. Le problème cependant c’est que, le moment de la bouffe venu, ils sont les premiers à pénétrer dans les salles, à s’attabler, à se faire servir, parfois même avec quelques-uns de leurs propres invités. Et allez donc leur dire qu’ils ne font pas partie des personnes invitées, vous auriez droit là à un véritable discours de personnes défendant des convictions et des positions consacrées.

    La science…, elle peut attendre ! Il faudrait d’abord que les panses se remplissent… Mais le pourraient-elles seulement ? Raji chaker l’avait dit avant moi, mais la dikra, cela sert toujours !

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  6. Artisans de l'ombre Dit :

    Attention lumière
    par El-Guellil

    Où qu’ils soient, les voleurs ont toujours horreur qu’on parle de vol en leur présence. Ils ont toujours eu une allergie particulièrement forte à ceux qui racontent le scandale ou qui tendent la main dans la direction où ils se trouvent. Peu importe où ils seront. Ils continueront toujours à reprocher aux victimes de s’être fait délester, ils ne cesseront point de jeter le burnous de privilégiés, lorsqu’ils l’ont bien sûr, sur les trous qu’ils ont faits dans les murs, dans les banques, dans les entreprises…, c’est-à-dire là où ils passent et où passe leur progéniture de disciples et d’adeptes. Lalla et sa slala.

    Où qu’ils soient, les dévêtus n’aiment pas la lumière. Où qu’ils furent, ils ont toujours éprouvé une gêne particulière devant les voyants. Est-ce pour cela qu’ils élisent souvent domicile chez les indigènes et qu’ils ont pour hobby de retirer les yeux aux autres? Où qu’ils seront, ils continueront, certainement, à trembler à la seule vue de la main qui se tend vers l’interrupteur. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils portent des verres fumés, qu’ils roulent dans des carrosses aux vitres fumées…, et qu’ils ne sortent qu’après el icha.

    Voilà donc pour ce qui est de l’opacité et de l’obscurité, seuls espaces où les sangsues poussent, prolifèrent et s’épanouissent. Des menaces, des représailles et des expéditions punitives, voilà pour ce qui est de la méthode des chauves-souris bipèdes qui ont horreur des commutateurs, des ampoules et de tout ce qui peut éclairer fût-ce le verbe, fût-ce même le rêve car, il faudrait le dire yal khaoua, même nos rêves les perturbent et les empêchent de dormir. Ces espèces qui confisquent et puis détournent, à leur profit s’entend, toutes les lois, à commencer par celle de la sélection naturelle, nous interdisent de parler de couleurs, de soleil, de réforme, de remède, bref, elles nous reprochent d’utiliser des termes qui pourraient, sait-on jamais, sentir chaud ou éclairer quelque chose, voire de donner des idées à qui voudrait rêver !

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  7. Artisans de l'ombre Dit :

    «Heureuscope»
    par El-Guellil

    « Depuis l’arrivée du printemps, décidé récemment, vous vous sentez revivre. Les projets redémarrent bon train et le moral est au beau fixe sur le fauteuil».

    En lisant son horoscope, il n’avait qu’une idée en tête: se débrouiller son «presse». Un café qu’il buvait, une cigarette toutes les trois gorgées. Un breuvage mystique et un calumet de paix. Il vivait sa vie comme leitmotiv et un «flash-back» incessant. Il racontait son passé dans le présent, et ainsi, en progressant dans sa vie, il ne pouvait qu’étaler un « travelling» sur un rai qui se rouilIe. Il verrouille 50 ans et d’un compte-rendu à un autre, s’est retrouvé père de trois petites décennies, belles comme tout.

    Il s’est battu et avait été battu. Il a fait du judo, du karaté, a pratiqué le football, s’est baigné à «bomo-plage», 3 tomates, 4 oeufs et une pincée de sel. La voisine toujours en face, rarement à ses côtés au flanc arrière de l’immeuble, «cornets» garnis à souhait.

    Le travail, il en a exercé tellement qu’il est confectionneur-modéliste-mécano-tailleur, «sbabti», plombier, électricien et électeur citoyen, jamais citoyen électeur. Il a même goûté au thé libyen et à la «paëlla» espagnole. Est revenu au pays pour s’apercevoir qu’il a tout connu, et qu’il ne veut plus connaître plus. Ainsi, il se retrouva un journal à la main, le paquet de cigarettes sur la table, le «presse» et les promesses d’un mot à l’autre dans un horoscope qu’il ne peut croire. «Cette semaine, vous recevrez une lettre…». Sourire aux lèvres, il connaît la chanson. «Depuis l’arrivée du printemps». Il n’en connaît même pas la date. «Vous vous sentez revivre», dans un café qu’il ne quitte plus. «Les projets vont bon train et le moral est au beau fixe». Ali lève la tête, tout le monde s’est levé, il se lève. Ils sont embarqués. A l’intérieur du fourgon, il avait, tellement, envie de dire à tous ces siégeurs aux hémicycles : vous n’êtes que des voteurs.

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  8. Artisans de l'ombre Dit :

    Tant que…
    par El-Guellil

    « Kirak, Mahmoud, justement je te cherchais, on m’a dit que tu avais un bon tuyau pour décrocher un… me débrouiller un passeport pour «el hadj» «C’est vrai ça?»

    - «Bien sûr! sauf que c’est un peu cher, c’est 500 euros, dont la moitié payable d’avance, mais tu es sûr de l’avoir dans les 48 heures».

    - «Ça me va, de toute façon je n’ai guère le choix».

    - «Bon c’est d’accord, rendez-vous à 18 h, ramène-toi accompagné de 250 euros».

    S’appuyant sur les talons de ses chaussures en croco, Mahmoud, le magicien, comme on l’appelait, fit un demi-tour et s’en alla d’un pas pressé. Arrivé au café du quartier, il enlève ses lunettes Ray ban: apparemment il était à la recherche de quelqu’un. Au fond de la salle, une main se leva, et il entendit : «Mahmoud, rani ici, viens!».

    - «Oui, oui, s’écria l’«autre, à propos c’est dans combien de temps, que tu me dégoteras mon prêt bancaire ?

    - «Comme je te l’ai dit, au plus tard un mois. J’ai déposé tout ce qu’il fallait… Il y a le compte?»

    - «Oui, 50.000 DA, tu peux compter, le reste ched med».

    - «Non, je te fais confiance. Bon salut, je te tiens au courant».

    - «Saha» répliqua «le futur abonné».

    La journée s’écoulait et Mahmoud, à la même allure, traitait des affaires similaires. «Khassak location? Pas de problème. Khassek mra pour un mariage blanc là-bas, y a pas de soucis». Et ainsi de suite. A entendre ça, on dirait que cet individu connaissait même le Président, enfin il promettait. Vers 20 h, Mahmoud tendit la main pour arrêter un taxi.

    – «Vous allez lelblaça Laflania»?

    - «Oui, montez».

    Apparemment il rentrait chez lui. C’est son frère aîné. «Alors Mahmoud ça va?

    Mahmoud, avec un large sourire, dit: «On ne peut espérer mieux, j’ai plumé quatre pigeons, et j’en ai autant à plumer demain, tant qu’il y a des gens qui pensent que notre pays c’est une jungle».

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  9. Artisans de l'ombre Dit :

    Passé composé
    par El-Guellil

    Ce jour-là, la porte de l’entreprise est fermée et la bouche de ses enfants ouverte. Il vendit alors les meubles qu’il avait achetés par facilités à la coopérative. Puis les bijoux de sa femme que ses parents lui avaient achetés, afin de remplacer les études qu’ils lui avaient refusées. Puis il brada son âme qui ne valait pas une semelle. Puis il attendit et rien ne vint frapper à sa porte.

    Alors, il se retourna vers ses amis qui le vendirent contre un rictus d’excuses. Alors il se donna le luxe d’être indigné, puis constata que c’était vraiment du chiki, lui qui a toujours refusé les chikayette. Alors, il écrivit des lettres ouvertes pour les journaux fermés sur leurs nombrils publicitaires. Puis il attendit. Alors, il signa des pétitions à répétitions, à défaut de chèques. Puis marcha dans les rues avec les autres pour revendiquer, puis tout seul pour oublier. Puis il pleura. Mais cela ne changea rien à la couleur du ciel. Puis il s’assit au seuil de sa maison en retard de paiement de crédit. Et il repensa. Que faire quand que faire est brûlé, et faire queue pour tout devient seconde nature ? Puis il commença ses châteaux d’Espagne avec un jeu Monopoly usé. Puis il fuma sa dernière cigarette et proféra son dernier blasphème. Sur ses quatre enfants, deux étaient scolarisés. Les deux autres étaient en salle d’attente. Puis il visita les cimetières. Et il s’interrogea pourquoi les morts ne disent pas ce qui les a tués. Avant de s’apercevoir que même les morts refusent de parler avec les retraités compressés…

    Alors, il installa une table pour vendre au détail des cigarettes qu’il a fini par griller avec des allumettes importées de Turquie. Alors, se considérant étranger, il songea au Sud. Mais le Grand Sud était pour d’autres étrangers, étrangers. Puis il pensa mettre fin à ses jours, mais cela ne mettait pas fin à sa misère. Alors, il alluma une bougie à l’occasion du prochain 1er Mai et brûla ses fiches de paie pour mieux éclairer les sentiers qui vont mener les futurs retraités au moins-que-parfait à défaut de passé simple.

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  10. Artisans de l'ombre Dit :

    Taxiheurt va !
    par El-Guellil

    Il n’a ni permis de construire. Il ne possède ni lot ni «lauto». Il n’a même pas de permis de conduire. Il ne sait véhiculer que des idées. Modestement soit dit. Il accélère, il est vrai, quand la muse est au rendez-vous. Son seul embrayage c’est la ponctuation. Il freine, installant un point final, toute expression qui peut choquer ou titiller les susceptibilités. Il est vrai qu’il lui arrive de s’engager sur des virages tantôt dangereux, agréables parfois, sans mettre en danger sa seule passagère permanente, la liberté d’expression, qui l’accompagne dans ses voyages «coups de gueule».

    Il ne conduit que son couffin au soug de la rue des Aurès, ex-La Bastille, quand la mercuriale se fait clémente. Si c’est ça la définition d’un chauffeur de taxi, il l’est, mais alors clandestin, car il ne signe jamais de son nom.

    Il gare aux abords des mots simples, refusant le vocabulaire en smoking qui tente de récupérer une société qui le fuit. Société de travailleurs pour un «sal-air» qui pollue l’atmosphère, chaque fin de mois. Quand il faut payer toutes les redevances et donner le masrouf à leurs bonnes femmes qu’on n’appelle plus ménagères tant c’est de l’équilibrisme budgétaire qu’elles font. Acrobatie perpétuelle. Il gare aux côtés des enfants qui n’ont de vacances que la vacance des rues, le soir pour rêver à une éventuelle «hedda».

    Son vocabulaire côtoie les jeunes diplômés-chômeurs. On ne les appelle plus, d’ailleurs, diplômés. On les surnomme les «dipômés». Le «L» a disparu, leurs études n’étant plus les ailes qui permettent l’envol dans la vie active.

    Son mot côtoie «mossiba», celle qui n’arrête pas de s’abattre sur nos têtes. Il gare son verbe pour essayer de comprendre, autrement, le silence des jeunes en se demandant si c’est le langage lui-même qui leur fait défaut depuis qu’on a appelé leur discours spontané, «chahut de gamin».

    Ce billet est dédié à ceux qui savent que «lorsque le dire n’est pas plus beau que le silence… il faut se taire».

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  11. Artisans de l'ombre Dit :

    Pense qui veut !
    par El-Guellil

    L’été pointe du nez. Un nez qu’on n’a plus. Il commence à faire chaud dehors, chaud dedans, chaud devant, show partout. Chacun y va de sa partition. Tout le monde donc, se met à souffler sur la flamme. Chacun invente sa démocratie. Même les anonymes, ces individus qui se signalent par un manque de signalements. L’administration, disent-ils, est un mot femelle qui commence comme admiration et qui finit comme frustration. Les banquiers sont des hommes qui vous prêtent un parapluie quand il fait beau et vous le réclament dès qu’il commence à pleuvoir. Les scientifiques, eux, affirment que le lit est l’endroit le plus dangereux, car 99% des gens y meurent. C’est d’ailleurs pour cela que les autorités ne considèrent plus que le tapage nocturne soit une infraction. Ce dernier permet à la population de rester hors du lit. Zaggou, crier, mettez à fond vos baffles ! Si les gens meurent moins de crises cardiaques, c’est qu’ils meurent bien avant pour autre chose. Le cheveu rare, ça donne l’air intellectuel, à défaut d’être intelligent. Rares sont les politiciens à la chevelure bien fournie.

    Les syndicalisteurs innovent, ils jurent à l’adresse de ceux qui ne les croient pas que la grève est la plus vieille pratique de l’humanité. Son ancêtre est la bouderie : grève des gamins. Et comme l’éducation c’est ce qui manque au syndicalisteur pour reconnaître qu’il ne sait rien, il te définit les élections comme étant une opération par laquelle des citoyens libres se choisissent des maîtres. Si donc on transpose cette définition aux élections syndicales, cela donnerait : l’élection est l’opération par laquelle des travailleurs libres se choisissent d’autres patrons. Conclusion du sage : quand on voit ce qu’on voit et que l’on entend ce que l’on entend, on est content de penser ce qu’on pense. Ne penser qu’à sa panse !

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