
Par Didi Baracho
Quoi ? Vous ne connaissez pas Seddik Chihab ? C’est le fameux porte-flingue d’Ahmed Ouyahia et, accessoirement, des généraux M. dit T. et T. dit. B. Vous ne voyez toujours pas de qui je veux parler ? C’est ce vice-président de l’Assemblée qui est à la politique ce que H’mida Layachi et Anis Rahmani sont au journalisme. Quoi ? Toujours rien ? Je vais donc devoir lui consacrer ce billet. Pour évoquer Seddik Chihab, il faut décapsuler des bières tunisiennes et se rouler quelques joints importés d’Oujda. Son parcours n’est pas simple à comprendre et, pour mieux faire connaissance avec le personnage, il est nécessaire d’avoir quelques notions sur le créationnisme.
Parce qu’il y eut d’abord le néant au royaume des Indigènes. Par la suite, le Dieu de la politique algérienne, créateur du Club des Pins, de Sidi Yaya, de Bouteflika, de Belkhadem, et de toutes les petites créatures qui gravitent autour du RND, du FLN, du MSP et des machins qui s’abreuvent à la mamelle du pouvoir, ce Dieu a considéré que le néant devait avoir une compagne. Il décida par conséquent de créer une chose politique à partir d’une côte du néant. Dieu hésita sur le nom à lui donner. Fallait-il l’appeler Amara Benyounès ou Seddik Chihab. Il convoqua alors tous les démons des terres et des cieux et, ainsi conseillé, il opta finalement pour ce dernier nom considérant qu’Amara Benyounès devrait plutôt incarner, plus tard, un rôle similaire à celui assuré par Judas dans des temps anciens.
C’est ainsi donc que Seddik Chihab naquit du néant. Il fut d’abord appelé à jouer un rôle de distributeur du foncier et de l’immobilier et, un jour, alors qu’il se promenait dans les jardins d’Eden, situés à proximité de la mairie de Kouba, il rencontra un serpent fumant un cigare. Celui-ci lui apprit à parler et lui enseigna, pendant sept jours et sept nuits, l’art de la politique algérienne. Seddik Chihab apprit également à ramper, à mordre par traitrise, à distiller son venin, à ânonner les versets nationalistes et à déverser sa haine de nos amis tunisiens, sa stigmatisation des démocrates et de tous ceux qui risquaient de déplaire à son Créateur. Un jour, le Dieu de la politique lui demanda d’aboyer. Et il aboya ! Depuis, il ne fait rien d’autre. Mais ça, c’est une autre histoire. Alors, malgré tout, vive les Indigènes !






28 février 2012
BILLET