car tout ce qui les entoure n’est pas à leur goût, ou ne les satisfait pas. Eux sont toujours attentifs aux bruits, tels des hyènes, discrets dans leurs besognes, fluides et silencieux comme le courant d’air ; eux sillonnent chaque jour les artères de la ville, butinent les nouvelles, mauvaises de préférence, investissent les créneaux qui leur sont chers : la désinformation. Eux sont les équarrisseurs des temps modernes, ces êtres qu’on craint de provoquer leur courroux. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Ils sont nés chez nous et pourtant on leur fait confiance. On les reconnaît, assis autour d’une table, d’un café, dehors sur le trottoir, une cigarette au bec, achetée à l’occasion, un café noir pressé pour huiler les mécanismes de la réflexion. Ils déballent leurs potins. Tout passe, entre deux bouffées de cigarette, vous pouvez avoir la composante du staff technique de l’équipe nationale, les têtes de listes pour les prochaines élections. Celle des ministres démissionnaires bientôt et remplacés tantôt. Ils se recueillent pendant un instant dans la rubrique nécrologique. Leurs gestes évasifs leur donnent l’impression qu’ils débattent un sujet important, il n’en n’est rien, c’est le club local qui en pâtit . La rumeur remplace l’information et ils excellent dans la médiocrité, la mine renfrognée adaptable à toutes les situations. Ils arrivent même à se contredire, se lever, puis s’asseoir, le regard pointé vers un objectif. Une proie vient de passer et traverser leur champ visuel. On oublie tout, on se réconcilie et on équarrisse, pas un lambeau de chair ne doit rester sur l’os. Une fois terminé, on repart déjeuner, faire une sieste, la plus longue possible car la soirée s’annonce chaude. Ne vous leurrez pas, ils peuvent même être juste à côté de vous. Si vous avez mal au dos, il n’y a qu’un moyen : vous plaindre à Dieu.Plein feu ! par El-Guellil
car tout ce qui les entoure n’est pas à leur goût, ou ne les satisfait pas. Eux sont toujours attentifs aux bruits, tels des hyènes, discrets dans leurs besognes, fluides et silencieux comme le courant d’air ; eux sillonnent chaque jour les artères de la ville, butinent les nouvelles, mauvaises de préférence, investissent les créneaux qui leur sont chers : la désinformation. Eux sont les équarrisseurs des temps modernes, ces êtres qu’on craint de provoquer leur courroux. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Ils sont nés chez nous et pourtant on leur fait confiance. On les reconnaît, assis autour d’une table, d’un café, dehors sur le trottoir, une cigarette au bec, achetée à l’occasion, un café noir pressé pour huiler les mécanismes de la réflexion. Ils déballent leurs potins. Tout passe, entre deux bouffées de cigarette, vous pouvez avoir la composante du staff technique de l’équipe nationale, les têtes de listes pour les prochaines élections. Celle des ministres démissionnaires bientôt et remplacés tantôt. Ils se recueillent pendant un instant dans la rubrique nécrologique. Leurs gestes évasifs leur donnent l’impression qu’ils débattent un sujet important, il n’en n’est rien, c’est le club local qui en pâtit . La rumeur remplace l’information et ils excellent dans la médiocrité, la mine renfrognée adaptable à toutes les situations. Ils arrivent même à se contredire, se lever, puis s’asseoir, le regard pointé vers un objectif. Une proie vient de passer et traverser leur champ visuel. On oublie tout, on se réconcilie et on équarrisse, pas un lambeau de chair ne doit rester sur l’os. Une fois terminé, on repart déjeuner, faire une sieste, la plus longue possible car la soirée s’annonce chaude. Ne vous leurrez pas, ils peuvent même être juste à côté de vous. Si vous avez mal au dos, il n’y a qu’un moyen : vous plaindre à Dieu.S'abonner
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14 février 2012
Chroniques