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«Révolutions arabes» : pas de service après-vente ? Par Arezki Metref

12 février 2012

Chroniques

Chronique du jour : ICI MIEUX QUE LA-BAS

arezkimetref@free.fr
Chaos en Libye, en Tunisie et en Égypte. Les «révolutions arabes», ça ne marche pas comme prévu. Il y aurait comme un défaut de fabrication. Les ingénieurs qui ont soutenu ou expertisé du haut de leur savoir occidentalo-centré ces expériences périphériques menées par des peuplades qui méritent de changer de maître ne répondent plus. On n’entend pas Bernard-Henri Lévy pérorer sur le chaos libyen comme jadis il le fit sur la dictature de Kadhafi. 
On n’entend pas plus les hérauts de la «révolution de jasmin», exaltant naguère les potentialités éminemment démocratiques de la Tunisie, qui préfèrent, eux aussi, à présent que ça craint, se mettre aux abonnés absents. Pendant ce temps, le pays sombre petit à petit dans l’islamisme à coups d’atteintes — y compris physiques — aux récalcitrants qui veulent redonner à la révolte contre Ben Ali son sens premier et profond, une société démocratique. Bref, c’est le chaos. Et ce chaos n’est pas perdu pour tout le monde. Des forces en profitent. Il est tellement utile, dans certains cas, qu’on l’encourage pour ne pas dire qu’on le suscite. Chaque jour vient alimenter la liste de ces violences qui participent de ce chaos. Un coup, c’est en Libye. On s’aperçoit que les armes y circulent à qui mieux mieux occasionnant des micro-guerres pour tout et n’importe quoi. Un coup, en Tunisie où la violence islamiste s’exerce contre des universitaires, des femmes et des hommes de culture. Un coup, enfin, ce sont de grands affrontements sanglants comme celui qui a marqué la semaine dernière l’Égypte. Partout, ce n’est que conspiration, coups fourrés, luttes souterraines, manipulations. Il faut le dire d’entrée : on aura tort de ne voir les événements tragiques qui se sont déroulés à Port Saïd faisant 74 morts uniquement à travers le filtre de la revanche. Car, oui, on l’entend déjà : les Égyptiens sont violents, la preuve en a été administrée à l’envi. Quand on vous le disait pour le match Égypte-Algérie, etc. On aura tort tout d’abord parce que ce n’est pas top d’analyser les choses d’un point de vue revanchard. Ensuite, et surtout, parce que le contexte et les enjeux ne sont pas les mêmes. Le match Égypte-Algérie allait se jouer dans un contexte qui préfigurait la chute de Moubarak. Contrairement aux desiderata de l’armée qui ne souhaitait pas que le fils du raïs empoche le trône de pharaon, ce dernier tenait à faire plébisciter le rejeton. Quoi de mieux pour ce faire que les masses populaires, férues de foot au point d’en oublier qu’il ne sert à rien d’aller au paradis le ventre creux. Moubarak fils voulait absolument la qualification de l’Égypte à la Coupe du monde, ce qui équivalait à sa propre qualification aux yeux des Égyptiens à la succession du pharaon. Il pensait que la hiérarchie militaire, réfractaire à ce passage de relais dynastique, ne pouvait désapprouver le sauveur qui mènerait l’Égypte parmi les équipes qui caracolent à la tête du foot mondial. Pour cela, il fallait éliminer l’Algérie. Donc, il a été ourdi cette cabale sanglante pour faire perdre l’Algérie. On voit bien qu’on n’était pas que dans le foot. Pour ce qui vient de se passer à Port-Saïd, les enjeux sont radicalement différents. Depuis, il y a eu la chute de Moubarak. Les militaires voulaient cette issue sans toutefois imaginer que cela irait aussi loin dans l’islamisation de la carte politique et, par conséquent, dans leur remise en cause. Le coup décisif est venu de là où ils ne l’attendaient pas. Le maréchal Tantaoui et sa bande croyaient si bien tenir le pays, manipuler à merveille les manifestants, faire et défaire les protesta, qu’ils ne pouvaient imaginer une Place Tahrir II. Eh bien, ce qui n’était pas écrit dans le script est quand même advenu ! Place Tahrir demande maintenant aux militaires de plier leurs tentes et de s’en aller. Ils ne l’entendent pas de cette oreille. De nombreux opposants, notamment les islamistes, voient dans le massacre de Port-Saïd une conspiration de la clique militaire destinée à montrer le danger couru par le pays après la levée de l’état d’urgence. D’où la nécessité de le rétablir. Les images vues à la télévision sont éloquentes sur la passivité des policiers qui, devant les bagarres entre supporters de l’équipe locale Al- Masry et ceux de l’équipe cairote Al Ahly, affichaient la passivité indifférente de ceux qui avaient la conscience tranquille à exécuter des ordres. Les témoignages publiés dans la presse corroborent la thèse du coup monté. Les grilles du stade étaient fermées à clé. Les militaires, présents dans le stade à côté des policiers, semblaient n’être là que pour s’assurer que le massacre s’accomplirait bel et bien. Certains journaux ont recueilli, grâce à leurs correspondants locaux, des témoignages de survivants qui ont pu s’échapper de la boucherie à huis clos avec l’aide d’un soldat, écœuré par le massacre, qui a tiré une première fois en l’air pour faire fuir les hooligans de Port-Saïd et une deuxième fois sur la serrure de la grille pour permettre aux supporters cairotes de quitter le stade. Depuis ce match sanglant, le pays est le théâtre de violentes manifestations, secoué par la contestation et l’incertitude sur la transition. Pas plus le limogeage du gouverneur de Port-Saïd Mohamed Abdel Hashem, par le Premier ministre Kamal al- Ganzouri, que celui du chef de la sécurité de la province, Essam Samak, et enfin celui du conseil d’administration de la Fédération d’Égypte de football n’ont pu apaiser les manifestants. Au contraire, le chaos s’aggrave puisque, se sentant abandonnés par l’armée dans l’assurance de leur sécurité, des Égyptiens songent à s’armer pour pouvoir se défendre par eux-mêmes. L’inconvénient des «révolutions » clé en main, c’est la maintenance ! On le voit bien partout !
A. M.

Source de cet article :
http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2012/02/12/article.php?sid=130157&cid=8

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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