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HOMMAGE à mouloud feraoun L’enseignant martyr

11 février 2012

LITTERATURE

le 18/03/2006 | 0:00

HOMMAGE à mouloud feraoun  L'enseignant martyr dans LITTERATURE SPIP-38392

Qu’il soit religieux, linguistique, ethnique ou politique, l’intégrisme fascisant a pour premier ennemi l’intelligence et l’humanisme. C’est pour avoir été porteurs de ces deux valeurs cardinales que des enseignants ont toujours figuré dans le collimateur des «chasseurs de lumières».

Les terroristes intégristes de l’OAS ont mis fin à la vie de Mouloud Feraoun, notre célèbre fils du pauvre en plein printemps de la liberté. Il y a de cela 44 ans, s’en allait dans l’Au-delà, celui dont l’œuvre est inconnue en tant qu’éducateur. Il fit ce voyage sanglant en compagnie de cinq de ses collègues éducateurs – comme lui – et farouches défenseurs de la dignité humaine. Leurs noms méritent de passer à la postérité : Max Marchand, Marcel Basset, Robert Aymard, Ali Hammoutène et Salah Ould Aoudia. Le meilleur hommage est donc de porter à la connaissance de l’opinion publique des traits marquant de l’œuvre pédagogique de cet écrivain de renom et néanmoins instituteur de vocation et normalien de formation. Celui qui disait que «le métier d’instituteur est le plus beau au monde» a laissé derrière lui des enfants. C’est un des témoignages de son fils Ali et publié par le défunt magazine Parcours Maghrébins que nous reproduisons ici. Il est fort instructif. Feraoun le père de famille :«Dans la famille, il suivait de près la scolarité de ses enfants. Il s’était mis à apprendre le latin pour l’enseigner à ma sœur lorsqu’elle suivait les cours de 6e par correspondance. A moi, il a enseigné l’arabe classique et plus tard l’arabe dialectal puisqu’il me fallait apprendre une seconde langue au lycée.» Feraoun l’enseignant :«Ses élèves pour lesquels il servait d’exemple avaient pour lui une grande admiration. Il entretenait avec eux des rapports amicaux. Ils s’attroupaient souvent autour de lui pour discuter de questions communes ou domestiques. Il donnait des conseils et chaque fois que quelqu’un avait des problèmes, il le lui soumettait pour avoir de lui un avis ou une aide morale. L’animation de l’école, il la faisait également autour de la coopérative scolaire. Les élèves étaient organisés en équipes au sein desquelles ils activaient. Il y avait l’équipe des Aigles, celle des Hirondelles et d’autres. Les activités tournaient essentiellement autour de deux ateliers : celui du jardinage et celui du journal scolaire dont le titre était La source. Nous le fabriquions avec la pâte à imprimer et il était envoyé aux élèves d’une école primaire de Berrouaghia. Ces derniers nous envoyaient le leur dénommé Aux pays des asphodèles. On faisait aussi de la correspondance scolaire avec les élèves de Berrouaghia et ceux d’une école de Courcelles, en France. Le moment de la distribution des lettres était très attendu. Le facteur arrivait à 10 h avec une grosse enveloppe et on devinait que c’était les lettres. Dans les écoles où il était passé (Taboudrist, Taourirt Moussa, Fort national et Nador) il animait la vie scolaire des élèves : club de football, foyer rural, conférences débats, projections de films, bibliothèque itinérante etc. Il enseignait le français, la morale, l’histoire, le calcul et le dessin. Feraoun le chef d’établissement : A Fort national, il était directeur d’école et de CEM. Il était cordial avec les enseignants. Il entrait souvent dans la classe d’un jeune maître pour lui donner des conseils et corriger sa méthode. Notre famille a toujours gardé de bonnes relations avec eux.

Ahmed Tessa

© El Watan

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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Une réponse à “HOMMAGE à mouloud feraoun L’enseignant martyr”

  1. fatmi Dit :

    Mouloud Feraoun
    Une écriture impérissable
    Par Yacine Idjer

    Portrait Mouloud Feraoun, tout comme Mouloud Mammeri ou Mohamed Dib, est un pionnier du roman algérien de langue française.

    Né le 8 mars 1913 à Tizi Hibel, près de Taguemount Azouz en Grande-Kabylie, Mouloud Feraoun est issu d?un milieu familial rural ; il était fils de paysan. A 7 ans, il entra à l?école de Taourirt Moussa, à deux kilomètres de Tizi Hibel. Grâce à une bourse d?enseignement, le jeune Mouloud put étudier au collège de Tizi Ouzou. Puis il entra à l?Ecole normale de Bouzaréah (Alger), où il collaborait à une modeste revue, Le Profane. Nommé instituteur d?abord dans son village natal, en 1935, puis à Taourirt Moussa, en 1946, il devint, en 1952, directeur du cours complémentaire de Fort-National (Larbaâ Nath Irathen), avant de venir en 1957 au Clos Salembier (Alger) où il prit la direction de l?école. En 1960, il entra au Service des centres sociaux, fondé en 1955 par Germaine Tillion dans un but éducatif des milieux algériens défavorisés. Le 15 mars 1962, à quelques mois de la proclamation de l?indépendance de l?Algérie, Mouloud Feraoun fut assassiné.
    Mouloud Feraoun disparu, il reste, cependant, présent à travers son ?uvre ; notamment sa trilogie qui est le témoin de ce qu?il était, de ce qu?il a pu vivre et de ce qu?il représentait comme valeurs dans une société, la sienne, durant la période coloniale.
    Mouloud Feraoun a inscrit son ?uvre dans ce courant que nous appelons littérature ethnographique, écrite en général en fonction du lecteur européen. L?écrivain nourrissait le souci de raconter la terre kabyle, de s?attarder sur le détail, de décrire les habitudes, les comportements des siens ; il s?appliquait à mettre en avant sa spécificité ; il mettait l?accent sur sa différence. Face à l?autre, le colonisateur, Mouloud Feraoun se nommait ; il l?interpellait comme pour lui dire qu?il existait. Sa littérature était celle de la nomination et de la différenciation, du «dit» et de l?affirmation. L??uvre littéraire de Mouloud Feraoun est bien connue. Il a écrit trois romans : Le Fils du pauvre (1950), La Terre et le sang (1953), Les Chemins qui montent (1957), mais il a aussi d?autres productions : Jours de Kabylie (1954), un recueil de portraits et de scènes de sa terre natale, ainsi qu?une traduction des poèmes de Si Mohand U M?hand (1960). Son dernier roman, L?Anniversaire, restera inachevé. Il faut ajouter à cela des nouvelles, contes et légendes, un essai et des articles sur des sujets divers.
    Mouloud Feraoun s?est révélé, à travers ses romans, le «témoin de sa société et le témoin de son temps». Témoin de sa société dans la mesure où il mettait en relief le comportement des siens et leur psychologie ; témoin de son temps dans la mesure où il racontait «l?affrontement entre le passé et le présent, l?ancien et le nouveau ; conflits des civilisations, opposition entre deux modes de pensées?»
    La trilogie de Mouloud Feraoun est née de ce désir de dire, de raconter, de montrer. Il a écrit : «Je crois que c?est ce désir de faire connaître notre réalité qui m?a poussé à écrire.» Et cette réalité, présente tout au long de sa carrière littéraire, s?attache à la terre natale, la condition humaine en Grande-Kabylie et les travailleurs algériens en France.

    Y. I.

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