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«Ya les tiffes» par El-Guellil

7 février 2012

Chroniques

Je rentre à la maison, les bras chargés de bourses noires, «made in». J’ai fait des folies à la «bastille». Ça sera la fête au village, me disais-je pressé d’arriver au bercail. Imagine un peu ! «Zouj rissane bouzellouf» et une «douara» complète, le tout accompagné d’un kilo de pommes. Non, pas de celles qu’on donne aux cochons. Mes pommes étaient «mi golden» «mi Els-tar», de toute façon, elles sont toutes à croquer, nous rabâche-t-on à la télé.

J’étais d’autant plus content, car la veille, j’avais refilé du fric à «bent khaltek» pour se rendre chez la coiffeuse en vue du mariage de son cousin, qui a opté pour le réchauffement climatique en cet hiver pas comme les autres.

Essoufflé, j’arrive chez moi, et que vois-je ?… Ma femme ne s’était pas fait coiffer. Elle se tapait une drôle de «tronche». Deux tranches de citron sur les tempes, que retenait un foulard en bandeau, lui donnaient l’air d’une malade sur laquelle on avait branché des électrodes.

- «Goultlek bâkhri bel kalitousse, y a pas mieux contre la grippe».

- «Ce n’est pas la grippe, c’est la coiffeuse. J’ai attendu deux heures, obligée de supporter la même cassette de Zahouania. J’étais obligée, parce que la priorité était donnée à celles qui avaient pris rendez-vous. «Chta ngoulek !… cilima! Une femme est rentrée, la cinquantaine bien affichée. Elle distribua des bises qui claquaient comme un fouet. «Tchien», «Tchien» une nouvelle, lança-t-elle en ma direction. Elle était venue se faire des anglaises et se teinter les tiffes. Hé oui ! «lalliyati» changent de couleur tous les jours.

La femme était accompagnée d’un jeune pas très masculin, il portait un grand sac à la main d’où il sortit des sous-vêtements féminins. La griffe, disait-il, c’est de la marque tendance et des couleurs «chabbine». Qu’est-ce que c’est trois mille dinars quand on veut se faire coquette ?

Les deux coiffeuses stagiaires ont sauté sur l’occasion, d’autant plus que c’était payable en plusieurs parties. Cilima. A votre place, disait une femme sous son casque, au même prix, j’aurais acheté des «mnaguiche». Allah, Allah aux yeux des envieuses.

En sortant, le demi-siècle de bêtises laissa un pourboire de deux cents dinars… J’avais les yeux fixés sur elle quand une voix me sortit de ma torpeur : «Tu me parais triste et malheureuse, ne veux-tu pas que je te fasses les cartes ? C’était une «gazanna»… Cilima…» Je coupe net. «Noudi, Noudi, chaouti bouzellouf».

À propos de Artisan de l'ombre

Natif de Sougueur ex Trézel ,du département de Tiaret Algérie Il a suivi ses études dans la même ville et devint instit par contrainte .C’est en voyant des candides dans des classes trop exiguës que sa vocation est née en se vouant pleinement à cette noble fonction corps et âme . Très reconnaissant à ceux qui ont contribué à son épanouissement et qui ne cessera jamais de remémorer :ses parents ,Chikhaoui Fatima Zohra Belasgaa Lakhdar,Benmokhtar Aomar ,Ait Said Yahia ,Ait Mouloud Mouloud ,Ait Rached Larbi ,Mokhtari Aoued Bouasba Djilali … Créa blog sur blog afin de s’échapper à un monde qui désormais ne lui appartient pas où il ne se retrouve guère . Il retrouva vite sa passion dans son monde en miniature apportant tout son savoir pour en faire profiter ses prochains. Tenace ,il continuera à honorer ses amis ,sa ville et toutes les personnes qui ont agi positivement sur lui

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